CORRESPONDANCES BOUDDHISTES – DRUIDIQUES

Par Boutios et Genistos

 

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Jardin Zen :    lieu de méditation bouddhiste

lopjg5w4.jpg Magique forêt de Brocéliande

Référence de cette photo: http://blog.locatour.com/mythes-legendes-france/

Néméton:        lieu de méditation  druidique

A prime abord, le bouddhisme et le druidisme semblent être situés l’un de l’autre aux antipodes géographiques et philosophiques.

Or, il n’y a pas d’incompatibilité entre le druidisme antique en général, encore moins avec certaines lignées anciennes druidiques, et le Bouddhisme. N’oublions pas que les deux philosophies sont d’origine indo-européenne et qu’elles sont structurées sur les mêmes bases. Étant donné que le druidisme antique était ouvert, à priori moniste et relativiste, voire à tendance antithéiste par certaines lignées, qu’il n’est pas difficile d’y trouver des points communs.

À partir du règne de l’empereur bouddhiste Asoka, l’influence du bouddhisme se fait fortement sentir non seulement aux confins de la péninsule indienne au Ceylan et en Indonésie mais aussi dans les anciennes provinces grecques alexandrines et à une moindre mesure, jusqu’en Europe celtique sous influence hellénique.

Le bouddhisme est né à une époque de réformes à l’intérieur des courants philosophiques indo-européens. Le bouddhisme naissant se voulait avant tout une contestation du système des varnas pétrifié dans ses castes héréditaires. N’oublions pas que le prince Siddartha Gautama, dit Bouddha, était le contemporain indo-européen de Zoroastre, d’Homère, d’Héraclite, de Parménide, de Socrates et de Platon et des chinois Lao-tseu et Confucius.

« C’est le contact avec l’hellénisme qui fait évoluer le bouddhisme vers des conceptions moins rigides et plus proches des simples réalités humaines. L’art gréco-bouddhique du Gandhâra fournit à la foi bouddhique sous les traits d’un fils d’Apollon le type même du Bouddha qui, s’il reflète la Loi, lui donne sa coloration particulière. »

(in Le Bouddha par Henri Arvon, p. 9).

 

La meilleure source que nous avons sur des contacts possibles entre moines bouddhistes et druides provient d’une inscription du 3e siècle avant notre ère gravée sur une colonne de pierre à la demande de L’empereur indien Asoka. Sous son ordre, les moines allèrent le plus loin possible d’est en ouest dans des régions aussi lointaines que la Macédoine, ils établirent des centres bouddhistes, des hospices pour les voyageurs, creusèrent des puits en plus de cultiver les herbes médicinales. C’est l’écossais Donald Mackenzie, qui dès 1928 (Buddhism in pre-Christian Britain), fut le premier à proposer un contact possible entre druides et bouddhistes. Mackenzie comprit que les moines d’Asoka, présents en Macédoine à cette époque, pouvaient très bien avoir étés en contact avec les druides des proches contrées danubiennes.
Aussi, le védantiste David Frawley fit remarquer qu’à une époque reculée la Voie de la Sagesse appelée Vidya en sanscrit et Uidiia en celtique ou Gnose en Grec était maintenue par des sages qui erraient dans toute l’aire eurasienne.

Les contemporains sous-estiment les moyens de transport, les réseaux de communications, les routes terrestres et maritimes fréquentées depuis la nuit des temps par les sages errants. La route de soie était déjà ancienne à l’époque de l’Antiquité.

L’Aryavarta, l’aire de civilisation des peuples Aryens (dits Indo-européens par nos scientifiques), qui s’étendait sur un territoire allant du pied des Alpes, du Danube à la Mer d’Aral au pied de l’Himalaya (ca. 8000 à 2000 avant notre ère dite ère vulgaire), débordait aussi dans les régions limitrophes, principalement en Baltique, Méditerranée, Plateau Iranien, Sin-Kiang Takla-Makan et vallée de l’Indus.

Ces Aryens de la « Ceinture de feutre » (région des mers eurasiennes) se disaient descendre de la déesse Danu et se qualifiaient de Dananéens, soit Danawoi en Grec proto-ionien, Danava en sanskrit et Danuuioi en celtique. La langue Sanskrite distinguait deux sortes de Dananéens, les Danavas et les Sudanavas, c’est-à-dire les Bons Dananéens.

 

Nous savons par la tradition védique que tous les peuples Aryens de la plus ancienne époque possédaient leur propre version des Veda. Selon le Rig Veda, les cinq peuples des Aryas (Pancha Mànavas) avec les Dasyus comprenaient les Turvashas, Druhyus, Yadus, Purus, et Anus. Les Puranas les décrivent comme les descendants du roi Aryen Yayati, qui descendait à son tour de la dynastie lunaire de Manu par le fils de Nashusha. Ces peuples sont d’ailleurs appelés Nahushas dans le Rig Veda. À l’époque des Veda, on retrouve les Turvashas au sud-ouest, les Druhyus à l’ouest, les Yadus au sud sur l’Indus et plus à l’ouest dans le Gujarat, les Purus au centre sur les rives du fleuve Sarasvati et les Anus se retrouvent au nord. Anu, Druhyu et Puru étaient les fils de Yayati par Sharmishtha la fille Vrishaparvan, roi des Asura, alors que Turvasha et Yadu étaient les fils de Yayati par Devayani, la fille du sage Shukra de la lignée des Bhrigu. Les Asura, comparables aux Ases de la tradition germanique, étaient de race ancienne. Le sage Bhrigu était lui-même fils de Manu, un des sept sages du septentrion et fondateur d’une ancienne lignée de sages. Dhryu, «le ferme» (même sens que le Celtique Druos||Druuos), joue avec Dhruva, alpha du Dragon, l’ancienne étoile polaire. Il devient clair que toutes ces races étaient originaires du nord, c. à d. du pourtour de la Mer d’Aral.

Puisque les Veda datent d’au moins 5000 ans, donc d’avant les grandes dispersions, il est invraisemblable que ces gens puissent ignorer les peuples parents de l’Ouest. Les Anus sont peut-être les mêmes que les Toutai Deuas Danunas «qui étaient dans les îles du nord du monde». Les Druhyus sont peut-être les Cimmériens, peuple Proto-Celtique apparenté aux Tochariens. Ces Tochariens, appelés Twyry par les Uighurs, seraient les Turvashas. Les textes védiques les appellent aussi Utara-Kuru, c’est-à-dire « la Race du Nord ».

Il devient alors clair que les Purus sont les Aryens des plateaux de l’Iran et que les Yadus sont les Aryens de l’Indus. Les trois Veda les plus importants, dits Trayi-Vidyà, étaient le Rig, Sàma, et Yajur Véda. Connaissant la propension de ces Aryens pour les jeux de mots, il est fort possible que les Tri-Uidiiai deviennent les Dru-Uidiiai des Druuioi (Druhyus) abandonnant ainsi le titre de Beromen (Brahmane) pour celui de Dru-Uis (Druide). Selon le Shrimad Bhagavatan : «le Véda fut divisé en quatre parties pour être disséminé par les hommes. Paila Rishi devint le maître du Rig-véda, Jaimini maître du Sàma-véda, et Vaishampàyana celui du Yajur-véda, qui lui fit d’ailleurs sa gloire propre. Le sage Angirà, Sumantu Muni, à la dévotion fervente, se vit confier l’Arthava-véda». La notion de quatre sages gardiens des textes sacrés se retrouve aussi dans la tradition irlandaise. Ce sont, Arios ou *Uesciatis, Semios ou *Semiatis, Morios Uesos ou Marouesos, et Urios/Uros ou *Esdratis. Donc selon le schéma, Arios devint le maître de l’*Areuidiia (Areuidia = étude des symboles, Livre de Ballymote), semblable à l’Atharva-véda, qui contient chants et rites, Semios de la *Samiauidiia (Sàma-véda, étude des chants), Marouesos de la *Marauidiia (Rig-véda, hymnes) et Urios ou Uros devint maître de l’*Urauidiia ou *Urouidiia, (Yajur-véda, instructions pour exécuter les sacrifices).

 

Bref, il ne faut pas imaginer les communautés de sages ascètes comme étant désorganisées. Traditionnellement militantes, elles étaient structurées sur le modèle militaire. L’activité première dans les cités fortifiées d’Eurasie du Ve avant notre ère était l’activité guerrière. Ces royaumes se donnaient des armées professionnelles à la manière des cités helléniques. Pensons à Philippe de Macédoine et la ligue de Corinthe, Brennos de Gaule, Darius de Perse,  Ajatashatru de Maghada et Açoka d’Inde. Il n’est donc pas surprenant que ces réformes de la tradition très ritualiste des prêtres aient été opérées par des érudits de la classe guerrière. À l’exemple du guerrier, le religieux militant quittait sa famille et ses occupations au service du maintien de l’ordre universel, du dharma. Comme le religieux, le guerrier se rasait le crâne, portait la tonsure, l’habit, de son ordre et s’entraînait à surmonter les privations et les souffrances physiques. Comme le guerrier, le religieux, par un impérieux devoir, s’abandonnait à toute forme de confort pour la frénésie du combat par la conquête du soi.

Il faut dire que le réformateur Gautama est né de la classe des guerriers. Malgré son adresse dans les arts martiaux, suite à une illumination, quitta à 29 ans les conforts de la vie aristocratique pour mener une vie d’ascète errant. Selon la doctrine du Bouddha, toutes choses sont en perpétuel changement, que tout est constitué de vide ou d’irréel à l’exception du Nirvâna, qui apparaît alors comme la plénitude même.

 

Ainsi, on parle de dharma et en sanscrit, darna en vieux-prussien, et dedma en celtique, termes issus de la racine PIE *derma. Puisque dans la religion celtique, il y avait mobilité des classes, voire possibilité de transcender sa classe héréditaire en poursuivant son dedma selon le mérite, la nécessité de réformer la société ne s’est pas fait sentir comme avec l’hindouisme.

Donc, dans le druidisme comme dans le bouddhisme, il y a la notion du vide et du plein qualifiés de Couocanton et de Couiocanton.

Aussi est présente la grande roue du temps, la Kalacakra, qui se dit Tarabara en celtique. Certains seraient tentés de faire le rapprochement entre la déesse souveraine Tara bouddhiste et la Tara celtique, elle aussi souveraineté (des lieux).

Les auteurs grecs constataient qu’il y avait chez les druides une tendance antithéiste.

Est-ce dû à une influence bouddhiste ou est-ce une tendance normale dans l’évolution des philosophies indo-européennes ?

Rappelons-nous qu’il y avait dans l’Antiquité dans toute l’aire eurasienne des maîtres errants qui intruisaient disciples et élèves. Il y avait aussi en Grèce depuis l’époque alexandrine une école de pensée bouddhiste. Les anciens concluaient des ententes entre eux dans le but de faire avancer la Gnose (Uidiia chez les druides). « Alexandre, dans son livre sur les symboles pythagoriciens, expose que Pythagore était un élève de Nazaratus l’Assyrien, et il prétend en outre, que Pythagore était un auditeur des [druides] Galates et des Brahmanes (Clément d’Alexandrie, Stromata I, XV).

« Parmi les textes extra-canoniques qui exposent la doctrine primitive du Bouddha, une place de choix revient au Milindapañha (les questions de Milinda). Éprouvant une sympathie pour le bouddhisme, le roi Grec Milinda (Méandre), qui régna en Bactriane de 125 à 95 avant notre ère, fit venir à sa cour un moine bouddhiste du nom de Nâgasena. L’ouvrage relate divers entretiens qui permirent au moine de répondre à toutes les questions du roi portant sur le bouddhisme, et la conversion du roi qui en résulta. » (in Le Bouddha par Henri Arvon, p. 31)

Que les bouddhistes et les druides purent entrer en contact est chose probable vu la longue et constante présence celtique en Asie-centrale et en Asie-mineure ! N’oublions pas que ceux qui ont fait connaître le bouddhisme au Nord, à l’Est et l’Ouest de l’Inde étaient majoritairement des Proto-celtes Tochariens Cimmériens et Tochariens de la Bactriane et du Basin de Tarim / désert du Takla-Makan. Shambala semble bien une description indienne de ce royaume proto-celtique d’au-delà des Himalayas. « Mère patrie » ne se dit-elle pas Xaimon en vieux-celtique et Bala trouve aussi sont équivalent dans le Balion des Celtes (= «domaine », lieu de résidence) ?

 

Le bouddhisme Tocharien d’Asie Centrale

Les anciens manuscrits turcs désignaient les peuples I.E. distincts des Indo-iraniens habitant l’Asie Centrale par le nom de Twghry. Or ce nom, qui est assez proche du grec Tocharoi, désignait au IIe siècle av. è.v. les peuples de Bactriane (à l’est de Iran et de l’Afghanistan).

La langue tocharienne avec ses deux dialectes, attestées par les manuscrits bouddhistes de Qarashahr, Turfan et Kucha, appartenait au même groupe linguistique que l’italique et le celtique anciens. Les Tibétains du Nord les appelaient Tokh et les Chinois les appelaient Yuexhi ou Wsuen, quand ce n’était pas Gimzi ou Hien Yuen. La linguiste et ethnologue Marie Halun, qui a bien étudié les anciens écrits chinois, restitue les dérives phonétiques chinoises dans leurs formes I.E. originelles. Ainsi, Gimzi dérive d’une forme plus ancienne Xiem-Mier, la forme chinoise du tocharien *Kimmior, terme parallèle au grec Kimmeroi. Les Cimmériens, un ancien peuple Pontique proto-celtique, étaient bien connus par les historiens grecs et en ont fait ample mention. Les Cimmériens faisaient donc partie de cette coalition de peuples aryens qui, vers 900 avant notre ère, attaquaient régulièrement les « royaumes combattants » de Chine. Leur plus grande victoire sur les royaumes chinois fut celle de la prise de la citadelle de Hao, capitale de Zhou (l’actuelle Shaanxi), en 771 avant notre ère. Ils forcèrent ainsi le transfert de la résidence royale de Zhou d’Hao à Loyan (Luoyan dans l’actuelle Henan). Kimeri, chez les Kowars du Kouch, proches parents des Kalasha, est le terme pour femme, épouse. Or, ce mot n’apparaît dans aucunes des autres langues I.E. de la région. Ce qui laisse entendre que les femmes des plus anciens Kowars étaient des Cimmériennes, peut-être du clan Kalash.

D’après les manuscrits bouddhistes (Tocharien A), les Tochariens se désignaient eux-mêmes par le nom Agni (> Agnoi = « splendides, rapides, ardents, ignés » en proto-celtique). Six cent ans plus tard, on les retrouve dans la région du Kuch où ils se font appeler Kushanas (= « ceux du Kuch »). D’après les Chinois ils se faisaient appeler Wusuen, de la racine tocharienne wes-, « nous » (< I.E. wei- = « nous », « moi », « toi »). Les Tochares de Taklamakan vont finir par se fondre aux Turcs pour se faire appeler Uighurs.

 

Ces mêmes Tochariens ont joué un rôle majeur dans la dissémination du bouddhisme en Asie Centrale auprès des populations turques mongoles et chinoises. Au départ, ces populations sino-turco-mongoles devaient pratiquer un type de chamanisme proche du taoïsme. Les Tochares, quant à eux, devaient pratiquer une religion pas très différente de celles des autres peuples I.E. proches parents tels les Cimmériens et les Scythes.

Ainsi, ces peuples occupaient la vaste région à l’est de la mer d’Aral englobant les vallées des fleuves Syr-Daria et Amou-Daria jusqu’aux pieds des Himalayas (Hindu Kuch) et des Monts Altai dans les bassins du Tarim et de Tourfan dans le désert du Taklamakan. Les présents Kalash du Kuch indien en sont sûrement les descendants directs. Le bouddhisme des Tochariens était de type dualiste, en harmonie avec leur tempérament guerrier. Suite au déclin de l’empire hellénique de Bactriane sous le règne du roi Kanichka au IIe siècle de notre ère, le bouddhisme va se répandre dans toute l’Asie Centrale. (Joseph Monard, 1999)

 

Les pythagoriciens, les brahmanes et les druides

Nous savons d’après les sources classiques que les pythagoriciens entretenaient des relations avec la plupart des sages du monde Antique. Les Druides d’Europe et d’Asie Mineure, les Chamans de Bactriane, les Mages de Perse et les Brahmanes de l’Inde sont explicitement mentionnés.

 

Ainsi dans :

 

Hipppolyte, Philosophumena I, XXV :

« Les druides des Celtes ont assidûment étudié la philosophie de Pythagore, étant incités à cette étude par Zalmoxis, l’esclave de Pythagore, Thrace de naissance, qui vint dans ces contrées après la mort de Pythagore et leur fournit l’occasion d’étudier le système philosophique. Et les Celtes croient en leurs druides comme voyants et comme prophètes parce qu’ils peuvent prédire certains évènements par le calcul et l’arithmétique des Pythagoriciens. Nous ne passerons pas sous silence les origines de leur doctrine puisque certains ont cru pouvoir distinguer chez ces gens plusieurs écoles de philosophie. En effet les druides pratiquent aussi les arts graphiques ».

(J. Zwicker, op. cit., pp. 88-89)

A cette époque, Pythagore jouissait d’une très grande renommée et réputation auprès des écoles païennes du monde. Les brahmanes de l’Inde et d’Asie-Centrale l’appelaient affectueusement Pitrguru, c’est-à-dire « grand-père guru (maître) ».

Le Thrace Zalmoxis, un des disciples de Pythagore, se rendit dans les contrées celtiques afin de partager les enseignements et la philosophie de son maître avec les druides.

 

Juste retour des choses car les druides avaient précédemment exercer une influence certaine sur les mêmes Grecs :

« La philosophie, qui est une science de la plus haute utilité, a été florissante dans l’antiquité chez les barbares, répandant sa lumière chez les nations. Elle arriva ensuite en Grèce. Au premier rang sont les prophètes des Égyptiens, les Chaldéens chez les Asyriens, et les Druides chez les Gaulois, les Samanéens (Chamans) chez les Bactriens, les (Semnothées = Siludunioi en celtique) philosophes des Celtes et les Mages des Perses ».

(J. Zwicker, op. cit., p. 82.)

 

« Pythagore le Samien, fils de Mnesarchos, disait que la monade est dieu et que rien n’a été amené à être à part cela. Il avait coutume de dire que les sages ne devraient en aucun temps ni sacrifier les animaux aux dieux, ni manger ce qui était vivant, ou de fèves, ou boire de vin. Et il avait coutume de dire que toutes choses, de la Lune en haut au bas, étaient sujettes au changement, alors que tout ce qui était du bas vers la Lune ne l’était pas. Et il disait que l’âme pouvait, à la mort, passer dans d’autres animaux. Et il demanda à ses disciples de garder silence pour une période de cinq ans, pour finalement considérer celui-ci comme un dieu. »

(Epiph. Haer. iii. 8; Dox. 390)

 

Notons au passage que les pythagoriciens, à l’exemple des bouddhistes et des druides, tenaient à l’idée du changement, de l’impermanence des choses et des êtres, à l’idée de l’existence d’une monade et à la survie de l’âme après la mort, donc à l’idée de la métempsychose.

 

Bouddhisme et druidisme comparés :

Les bases métaphysiques du druidisme, du védisme et du bouddhisme sont donc fondamentalement les mêmes. Les enseignements reposent sur les mêmes principes ou conventions pris comme certitudes et non comme dogmes. La tripartition, il va sans dire, joue dans ces traditions, dites aryennes, un rôle structurant. Ces phénomènes sont toujours classées dans l’ordre trinitaire, c’est-à-dire selon la classification par trois : physique, mental, spirituel ou petit moyen et grand, par exemple. Chacune de ces composantes est dépendante de la première ou  de la seconde. Ces phénomènes sont aussi conditionnés par d’autres attributs selon certaines conditions, causes et concepts inhérents au paradigme indo-européen.

Curieusement, les manuscrits bardiques (Barddas ou Livre des bardes de l’Île de Bretagne) collectionnés et retranscrits au XVIIIe siècle par le « celtomane » Edward Williams, dit Iolo Morganwg, sont truffés de triades métaphysiques. Williams s’était fait à un jeune âge collectionneur de manuscrits bardiques attribués au barde Llywellyn Sion du XVIe siècle.  Collectionneur maniaque ou habile faussaire ? Jugée frauduleuse, l’œuvre conserve malgré les gloses cette structure en triades propre à la tradition druidique. Trop tôt pour reprendre les bribes de la tradition hindoue ou bouddhiste (pas encore diffusées en éditions) et trop prêt du christianisme pour ne pas en être marqué, les Barddas conservent néanmoins une métaphysique propre au druidisme. Edward Williams était donc le dernier colporteur de la tradition païenne d’Europe. Les traducteurs compétents de la tradition bouddhiste n’apparaîtront qu’au début du siècle dernier avec W.Y. Evans-Wentz et Alexandra David-Neel.

En voici un exemple :

« Qu’étais-tu avant de devenir homme en Abred?

J’étais dans l’Abîme la moindre particule de vie qu’on puisse concevoir, le plus près possible de la mort absolue ; puis, je passai dans chaque forme et à travers toute forme où soit possibles le corps et la vie ; je vins jusqu’à l’état d’homme du cercle d’Abred où fut vide et pénible ma condition à travers les âges, depuis mon dégagement de la mort en l’Abîme, par la grâce de Dieu, de sa grande Bonté et de son amour infini. » (Barddas VII, de la Transmigration)

Ainsi, dans ces Barddas on retrouve des notions complètement étrangères au christianisme. Par exemple, la division des éléments en triades qualifiées Gwyar (< uergon = « agissant », « performant » avec idée de changement), Calas (< caletia = la « solidité », « dureté », donc la structure) et Nwyfre (< gneuo = « savoir », la conscience) en Gallois. En termes celtiques anciens le changement se dit Uelio, et la conscience se disait conuidtu.

Du côté bouddhiste, on retrouve la même conception de l’âme avec cette progression ou errance dans les différents mondes de l’Au-delà ou éthériques. Voici comment sont décrites les quatre réalisations :

1)    « En surmontant complètement les perceptions de forme, en faisant s’évanouir les images réfléchies, en réduisant toutes les perceptions de multiplicité, l’ascète pense « éther infini » et atteint le monde de l’éther infini. »

2)    « Après le surpassement complet du domaine de l’éther infini, avec la pensée : « infinité de conscience », l’ascète atteint le monde de l’infinité de conscience. »

3)    « Après le surpassement complet du domaine de l’infinité de conscience, avec la pensée : « non-existence », l’ascète atteint le monde de la non-existence. »

4)    « Après le surpassement complet du domaine de la non-existence, l’ascète atteint le monde qui se trouve au-delà de la conscience et de l’inconscience. »

5)    « Après le surpassement complet du domaine qui se trouve au-delà de la conscience et de l’Inconscience, l’ascète parvient à la destruction des déterminations. »

« À ce point, est-il dit, la « manie » de l’ascète voyant est détruite, les âsavas (intoxiquants, manies) sont dissous. Ne subsiste plus que de « lien gros ou mince », et la conscience absolue resplendit. » (Julius Evola in La doctrine de l’éveil p. 206)

Selon Evans-Wentz, la doctrine ésotérique celte des renaissances n’admet pas l’idée d’une immortalité personnelle. Ce qu’elle admet cependant, c’est une plus grande immortalité, l’immortalité du principe de la monade qui unifie chaque personnalité temporaire qualifiée individualité ou « personnificateur ». Selon la théorisation druidique, la personnalité occupe une position entre le corps humain et la monade d’essence spirituelle. En plus clair, un peu comme la Lune occupe l’espace entre la Terre et le Soleil.

La conscience personnelle est au corps humain ce que la lumière réfléchie lunaire est à la terre, c’est-à-dire une pâle réflexion de troisième ordre. La monade spirituelle

ou individualité est l’ultime source des deux sortes d’unités.  Le corps physique ou matériel dans son aspect double physique et personnel étant l’entité consciente intégrale. Chaque personne est temporaire alors que l’individualité, comme le Soleil (esprit) en relation avec la Terre (corps) et la Lune (pensée) est capable d’une certaine immortalité. Dans cet ordre, la lumière solaire est à l’origine de celle de la Lune avant même qu’elle ne réfléchisse sur la terre nocturne. Et elle continuera à briller après la désintégration des corps et des consciences individuelles.

La nature essentielle de l’énergie solaire ou énergie de vie échappe à l’examen du mental, de même que la nature essentielle de l’énergie ou du principe de vie qui se manifeste dans les individus.

 

L’énergie prânique, qualifiée de Brigo, « force », « position de force », « valeur », « vertu », « principe actif », « essence », « hauteur », « vitalité », « mérite », « prestige », est sous l’égide de la Déesse Brigindo, « Sublimité » ou Brigantia, « Noblesse », Brixtia, « l’Ensorcelante ». Passons ses autres noms, trop nombreux pour les nommer, mais pour résumer en voici quelques-uns : Cana, l’Accomplissement », Dexsiua, « la Droite Loyale », Marriga, la « Grande Reine », la « Reine des Cailloux (glandes / chacras) »,  et Matrona, la « Matrone », « Rivière Sacrée », et Medua, « l’Ivresse ».

La Déesse incarne tout ce qui est d’ordre matériel (Terre) et psychologique (eau), de la forme, Delua, et de la pensée, Mana ou Ménmania. En fait, Ménmania, joue le même rôle que la Çakti indienne dont l’équivalent celtique est Cacto, « Puissance » ;  l’équivalente de la Maya indienne étant chez les Celtes Maia / Maiia (= « Grandeur »). Les trois principes (Canes) de la pensée régis par la Déesse sont :

 

MÉNMANIA (Mental)

BUDA (Buddhi), libre décision, libre consentement, bonne entente, harmonie.

OINANTIO (Ahamkara), l’individualité, identité particulière.

MANA (Manas), la pensée.

 

Le Dharma

Dharma est la loi sacrée universelle qui régit les êtres. Les hindouistes confondent souvent le terme dharma avec celui de religion. Pris au sens large c’est un peu juste car le dharma règle la vie du croyant, autant les devoirs religieux que les devoirs sociaux, familiaux (svadharmas). Sanatana dharma désigne la plus ancienne Loi Sacrée. En celtique c’est Senotamodedma qui désigne la plus ancienne règle ou tradition religieuse. En bouddhisme, le Dharma désigne la totalité des enseignements du Bouddha alors que le bodhidarma, loi de la félicité, désigne plus précisément le dharma des bouddhistes en opposition à celui des hindous.

Dharma, la religion, la loi rituelle se dit Derma < Dedma en Celtique alors qu’Adharma, «manière profane», en dehors de la religion se dit Andedma et Svadharma, les devoirs de l’homme, se dit Suaddedma et a le sens « douce loi ».

 

Le Karma

Le Karma c’est la Loi de la nature selon laquelle toute action matérielle, bonne ou mauvaise, entraîne obligatoirement des conséquences, lesquelles ont pour effet de maintenir l’être enchaînée au cycle des vies, des morts et des renaissances. Le karma est le résultat des actions, bonnes ou mauvaises.

Le Karma a le sens de Trodma, poids, fardeau (que l’on porte) en celtique (J. Monard).

 

Akarma: *Antrodma, «sans poids», libéré de toute contingences, du cycle des renaissances.

 

Les Margas

En bouddhisme, les sentiers, pas ou pistes, sont les voies qui mènent à l’éveil. Prises cosmologiquement, les margas sont les sentiers des étoiles ou des vents. Les margas sont pour l’homme la voie tracée par le Bouddha dans l’espoir d’échapper aux souffrances de l’existence.

 

Le noble sentier  / Sudharma : le bonDharma Les huit sentiers marécageux / Anomalie : Adharma
1 – La Compréhension juste2 – La pensée juste3 – La parole juste4 – Les actions justes5- Bon mode de vie

6 – Effort juste

7 – Attention juste

8 – Concentration juste

1 – Mauvaise compréhension2- Mauvaises pensées3- Paroles injustes4- Mauvaises actions5- Mauvais mode de vie

6- Manque d’effort

7- Mauvaise attention

8 – Manque de concentration

 

Le sentier élevé Les faux sentiers
1 – Foi pure2 – Volonté pure3 – Langage pur4 – Actions pures5- Vie pure

6 – Application pure

7 – Mémoire pure

8 – Méditation pure

1 – La fausse foi2-  La fausse volonté3- Le faux langage4- Les actions fausses5- La vie fausse

6- Les applications fausses

7- La mémoire fausse

8 – La fausse méditation

 

Chez les Celtes (Le dialogue des deux sages), nous avons un schéma tout à fait semblable, mais avec neuf voies de la sagesse… huit pour les rayons de la roue solaire et une pour le moyeu. La gante étant Uidiia, la sagesse elle-même.

 

Uidiia, la voie de la sagesse Anuidiia, la voie de l’ignorance
1. Etana,                  la Poésie.2. Apomarcos,         l’Examen3. Ambirateia,          la Méditation

4. Rouidtu,               le Grand Savoir

5. Ambiuritu,            la Recherche

6. Insagia,               l’investigation

7. Connos,        a raison,le Grand Bon Sens

8. Couira,               la Compréhension

9. Uidia / Ueda,      la Sagesse ou

    Eula,                     la Science

1. Anmatis Etana,        a mauvaise poésie2. Atredia,                    l’imitation3. Camba Ambirateia,   la fausse méditation

4. Mara Anuidiia,          la grande ignorance

5. Dipesla,                    l’indiférence

6. Exconnio,                 la déraison

7. Anmatis Bratos,       le mauvais jugement

8. Anmatis couira,    la mauvaise         compréhension
9. Anmato,                  l’idiotie,

la  stupidité

 

L’équivalent celtique des margas est Senton qui a le sens de piste, voie ou allée. En druidisme comme en bouddhisme, le concept de la voie, du cheminement est capital. Au point où ce motif est divinisé par le couple Sentona et Sentonos, « Celle et celui qui va ». C’est aussi le nom de la divinité héroïque Setanta Cuchulain.

 

L’Aedonios (Aedonia au fém.), c’est le fervent, l’ardent, l’allumé, c’est-à-dire le (ou la) Iugodubnos (Iugodumna) accompli. Evidemment,  avec l’incroyable exagération poétique des bardes, cette chaleur décrite dans les poèmes épiques décrivent comment les héros celtes usaient de celle-ci. Cuchulainn (Cuculantios), entre autres, pouvait littéralement changer d’apparence et accomplir des gestes incroyables. Cette habilité lui valut le surnom gaélique de « Riastarta », c’est-à-dire contorsionniste.  Or, justement, le iugodubnos, le yogin, c’est le Rixtustrctos (Rixtustrcta), de Rixtutrctu, « contorsion ». Rixtutrctuiaxto étant l’art des gymnastiques extrêmes, l’art des positions yogiques.

Moksa

Le terme Moksa désigne la volonté d’émancipation ou de libération de la condition d’existence. Il s’agit de l’anéantissement de l’égo dans le but de franchir l’obligation des cycles de transmigration et d’incarnation. Dans ce processus, l’âme indivuduée se fond et se dissout dans la monade essentielle.

Moksa: qui se dit Dits < Dis en Celtique, a le sens de «dissolution», «destruction», *Diteios, «être accompli», libéré du monde des apparences, des cycles karmiques de vie et de mort.

La Monade

La Monade est la substance essentielle, l’essence spirituelle active, invisible, qui compose toutes les âmes et êtres incluant la divinité suprême. En bouddhisme le Bodhisattva est rempli de cette essence.

Le Bodhisattva est d’essence pure et de parfaite sagesse et connaissance. C’est celui qui a atteint la réalisation spirituelle, celui qui est prêt d’atteindre l’état suprême du Bouddha, puis du Nirvana. Maitreya est le Bodhisattva à venir attendu par les bouddhistes.

Dans le concept druidique, la monade, l’essence spirituelle, se dit Oinalio. L’individualité, l’identité spirituelle quant à elle, se dit Oinantio et une entité (physique ou spirituelle), se dit Oinantos. La Divinité Cosmique Suprême, Guton Uxellimon, a ensuite par hypostasie engendrée les autres entités.
Ces entités après plusieurs incarnations dans divers séjours en plusieurs mondes seront résorbées dans la Divinité Suprême. Il s’agit d’une fin d’existence considérée comme un renouvellement ou une reconstruction. Areudengto > Aredengto > Erdathe, a le sens précis de restauration, de reconstruction, de renouveau.

« Somme toute, dans le cadre de cette vue moniste du druidisme, la pluralité des âmes humaines ou autres constitue « un capital roulant » dans le Grand Tout. Leur « fin dernière » est cette réabsorption dans la Divinité. C’est d’ailleurs une thèse que proposait aussi le chrétien celte et druidisant du IXe  siècle Scot Erigène, puis ce que Theillard de Chardin a désigné comme le « Point Oméga » ; (tous deux tenus en odeur d’hérésie par l’Église Romaine qui pourtant tient Dieu pour « l’alpha et l’oméga ») ». (J. Monard).

 

Le Samsàra

Samsàra a le sens de voyage, de migration, c’est-à-dire de transmigration. Il s’agit en fait, d’un cours ou d’un passage dans les états successifs de vie à trépas. Ce terme Sanskrit est un équivalent du Grec metempsychosis ou métempsychose.

Dans la philosophie bouddhiste, le mot est venu à qualifier le cycle des réincarnations et l’empétrissement dans la vie illusoire de souffrance.

En celtique, Samsàra peut se traduire par *Abredio, avec l’idée d’affranchissement. *Ancommen traduit l’idée d’oubli tel qu’on le retrouve en filigrane dans le concept général de Màyà. Ahimsa: ataraxie, «absence de désir» proposée comme l’une des conditions d’affranchissement de la Samsarà se traduirait alors par Anneisiau = non-besoin, absence de besoin (J. Monard).

Parà prakrti et Aparà prakrti ou Yin et Yang

Les prakti établissent une opposition dialectique entre les notions de vide et de plein. En Sanskrit, Shunyata exprime le vide, l’absence de vie, d’existence ou de nature propre. « Le Dhamapada associe « vide » et sans-signe » à viveka, « libération » ou « détachement ». Ce ne sont point là les seuls endroits où le thème du vide – sunna ou sunnata – apparaît, puisqu’on le retrouve déjà dans les textes du bouddhisme des origines. » (J. Evola in Doctrine de l’éveil)

Dans le Bouddhisme chinois, la notion védique de l’aparà prakti est qualifiée Yin. Le Yin, principe féminin et passif, représente l’absorption et l’ombre ainsi que la Terre. Le Yang, quant à lui, est d’essence masculine et active et représente la lumière et la pénétration.

Dans la conception druidique, Parà prakrti (la vie, les êtres vivants), le Yang devient Couocanton, la plénitude, et Aparà prakrti (les choses inertes, sans vie),le Yin, devient Couiocanton, la vacuité. Termes qui rejoignent le concept des Gunas dans l’idée des contenants avec le jeux de mots de Caneton = > Caneto = «intégralité» et Gandneto > Ganneto = «contenance» (J. Monard).

 

Sattva

Sattva signifie « être », « existence », « entité », « essence », au sens de réalité sous-entendant « existence de l’Être (Suprême). Il s’agit plus précisément d’une qualité d’esprit, du caractère, de la pensée ou d’essence spirituelle. En bouddhisme, ce terme est jumelé à bodhi, bodhisattva et a le sens d’Être Suprême, le Bouddha, le Maitreya dans ce qu’il a de plus transcendant et pur.

En druidisme, la notion de Sattva est rendue par le terme Sueoinon qui désigne le Soi, l’Être, l’Existence (être soi) alors que Bituioto exprime l’Immortalité, la vie éternelle.

 

Équivalences terminologiques

SANSKRIT :Adharma:sans précepte, hors loi.Ahimsa: ataraxie, absence de désir.Anatman: le non-être, sans esprit.Annitya:  changement, impermanence.

Asuras:  Ases, Titans ou demi-dieux.

Avidya:   ignorance.

Bodhi:  contentement, félicité,béatitude.

Buddha:  l’éveillé.

Citta,:  pensée. Devas, les dieux.

Dharma:  précepte, Loi, statut.

Dhyana:   (ch’an, zen), méditation.

Dvesha:   manque, défaut, haine, colère.

Gandharvas:   esprits angéliques musiciens.

Karma:    rétribution suite à une action.

Madhyamaka:   mauvaise logique, hésitation.

Manas:   pensée, intelligence.     à

Mantra:   chant religieux, sons sacrés.

Mara:  déesse de la Mort,  elle fait obstacle à la réalisation et à   l’illumination spirituelle.

Marga: le sentier, les huit nobles sentiers.

Nagas: serpents ou dragons. Le Roi des Serpents porta assistance au Bouddha pendant une tempête.

Prajña: sagesse.

Prajña:    déesse de la Sagesse. La mère du Bouddha en était l’incarnation.

Puja: cérémonie, rite rituel. Rupa — forme, l’aspect physique.

Samadhi: méditation.

Samsàra: libération, le cycle des vies successives, des morts et des naissances, cause de souffrance.
Sattva: être, existence, entité, essence.

Shrota-appana: « Vainqueur de torrent » (stade d’acquisition vers la libération de cycles du Samsàra).

Shunyata: vacuité, vide inhérent de « nature propre ».

Skandhas: parts, parts de l’être.

Smrti (sati): prévoyance, méditation.

Theravada:, « Tradition des Anciens ».

Tantra: force, puissance, magique.

Taras:     groupe de 21 déesses nées des larmes d’Avalokiteshwara dont les plus connues sont la Tara Verte et la Tara Blanche. Trishna (tanha), désir ardent.

Vedana: sensation, sens.

Vidya: la science, connaissance.
Vijñana: conscience.  \

 

CELTIQUE :Andedma:   sans  précepte, hors loi.Anneisiau:  non-besoin, absence de besoin.Ananatmon: le non-être, sans esprit.Uelio: changement.

Aisues: Esprits divins.

Anuidiia:   ignorance.

Budi:  satisfaction, contentement.

Boudios:  le victorieux.

Qeisla /Peisla: pensée.

Deuoi:   les dieux.

Dedma:  précepte, Loi, statut.

Dianna:  (divinité) lumineuse.

Duexbutis:  défaut, manque.

Candaros:  lumineux, parfait.

Trodma: karma,      poids, rétribution.

Beromen: porteur d’offrandes, flamen.

Maro: hésitation, inquiétude, doute.

Mana: pensée, intelligence.

Menmen: esprit, psychisme.

Comuartis / Comuertis: cercle fait autour de quelque chose, circuit.

Iiulu: chant religieux, mantra.

Marriga: déesse, reine de la Mort.

Maruo: Mort.

Oxtusentai:les huit sentiers.

Natris // Nadris: serpent.

Natira: vipère

Rato // Rata: attention, dessein, compréhension, grâce, sagesse.

Rata:   déesse de la Grâce, de la Sagesse.

Gnoto: cérémonie, rite, rituel.

Delba // Delua: forme, apparence, aspect

Ambirateia: méditation.

Abredio: émancipation, libération, le Samsàra.

Sueoinon: le soi, l’être, l’existence.

Andesrutus: le super torrent, d’éloquence, titre de sagesse.

Couiocanton: vacuité, vide.

Partes // Qartes: parties, parts, divisions.

Smert: prévoyance.

Senicatis: la tradition ancienne, antique.

Brixtia // Brictia: puissance magique.

Tara // Tura > Turra > Torra, « Tertre »: résidence mythique des rois d’Irlande, nom de la déesse Tiana Matra (Tea Mhair), épouse du dieu Ariomanos (Eremon).

Aueidos: désir ardent.

Muto: sens, sensation.

Uidia / Uidiia: la science, connaissance.

Ambignto, Conuidia: conscience.

Emon: Jumeau,

Emnoi: les Dioscures.

Labaron: enseigne, emblème, image utilisée pour la méditation.

Iugon, joug:   yoga.

 

Pour Conclure

 

Vu la mobilité des individus à l’intérieur de la société celtique ainsi que de l’apparente flexibilité des princes confédérés en royaumes autonomes, il ne sera donc pas surprenant d’y trouver les influences les plus diverses. Il est vrai que ces royaumes n’arriveront jamais à se constituer en empire véritable, au sens Grec ou Romain, mais disons que ceux-ci arriveront malgré tout à maintenir une certaine cohésion satellitaire. Cohésion culturelle et cultuelle, s’étendant sur de vaste territoires allant de l’Atlantique à l’Asie mineure. Et le ciment de cette société donc, était l’institution druidique.
Bref, il y avait sûrement dans l’Antiquité en Gaule méridionale, dans la région de Marseille principalement, des rencontres entre pythagoriciens, druides et bouddhistes. Et comme ces traditions étaient non dogmatique ou fermées sur elles-mêmes, dans un tel bouillon de culture ou sas de réflexion il n’est donc pas surprenant que la tradition bouddhiste voyait le prochain avatar, le Kalkin, venir de l’Ouest. En fait, c’est le Christianisme qui a tout fait disparaître en laissant un semblant d’homogénéité dans son effort de conversion des « païens ».

 


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Musique: Enya -Album Pilgrim

Sources :

Arvon, Henri. Le Bouddha. Presse universitaires de France, Paris, 1972.

 Le Roux, Françoise et Guyonvarc’h, Christian-J.. Les Druides. Editions Ouest-France Université, Rennes, 1986.

Evans-Wentz, W.Y. The Recorded Fairy-Faith, chap VII, The Celtic Doctrine of Rebirth, textes en ligne : http://www.sacred-texts.com/neu/celt/

Evola, Julius. La Doctrine de l’Éveil – Éssai sur l’ascèse bouddhique. Archè Milano, 1976.

Frawley, David. The Rig Veda and the History of India.Aditya Prakashan, New Delhi, 2001.

Lamirault, Paul. Tradition des Bardes de l’Île de Bretagne, le Livre du Bardisme ou Abrégé du Barddas, Éditions Lire Canada (Québec), Acton, Québec, 1997.Mackenzie, Donald A.. Buddhism in pre-Christian Britain, pub Blackie and Son Ltd, Glasgow, 1928, préface p. xx
Monard, Joseph. Dictionnaire de Celtique Ancien. Keltia Publications, Edimbourg, 2001.

Monard, Joseph. Tradition celtique et druidisme. Monographie, causerie donnée à Lyon à la Maison des Amis de l’Inde, 1987.

 Thurman, Robert A.F. Essential Tibetan Buddhism. Castle Books, Edison, New Jersey, 1997.

Mackenzie, Donald A.. Buddhism in pre-Christian Britain, pub Blackie and Son Ltd, Glasgow, 1928, Preface p. xx.
Toulson, Shirley. Buddhists and Druids in pre-Christian Britain and Ireland, About Ulverston site :

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