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Cours et formation

Créé par le 31 jan 2012

 

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Genistos

 

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Collège des Semnas du Québec

Programme d’études au rôle de

** Les prêtresses  ou religieuses étaient qualifiées de semnitai, en variante de semnai ou au singulier respectivement : semnita, semna.

Ce nom au sens de « révérende, vénérable », vient du celtique sebnos / semnos.

 

Prêtresse et de Druidessse

Le programme de formation sacerdotale

pour les femmes  a pour   objectifs :

 

a)   Offrir un programme académique et pratique

       pour la formation de prêtresses et de druidesses.

 b)   Initier et entraîner les candidates à l’organisation et

       la gestion de rituels de magie ou la  célébration,

      des  fêtes celtiques, des rites  de  naissance ,   

      d’adolescence , de mariage , de rites funéraires..ect

 c)    Inciter les candidates à poursuivre leurs études dans

        des champs d’intérêts ; phytothérapie, anthropologie,

        médecines alternatives  ou traditionnelles, etc.

d)   Transmettre un enseignement ésotérique traditionnel

 

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Niveau :    NOVICE

Le premier niveau est défini comme « novice »du latin ‘novus’ (‘nouveau’).

 Les candidates doivent être interrogées sur leurs motifs et intérêts .

Cette formation requière une grande discrétion de la part des novices.

Un fois  acceptée  et autorisée à suivre la formation, la Novice participera

à une cérémonie  « introduction à la communauté  spirituelle» .

Les autres  novices seront ses sœurs spirituelles.

Elles devront former une entité spirituelle et physique dévouées aux bien-être de leur communauté: » Les filles de la Déesse »

Cours et sujets

 

  •             Initiation aux mécanismes Hémisphère gauche/ Hémisphère droit
  •             Initiation à la méditation : différentes techniques
  •             Initiation à la tradition  du paganisme occidental.
  •             Vision  comparée du Paganisme polythéiste  et du monothéisme
  •             Techniques de respiration
  •             Visualisation
  • -           Les Prêtresses et les Druidesses : rôle, devoir et obligations
  •             Tradition druidique en Nouvelle-France
  •             L’occultisme et l’ésotérisme
  •             L’humain et l’Univers; la place de l’humain dans l’Univers
  •             Les liens entre l’humain et l’Univers
  •             Description et définition de l’Énergie Cosmique selon les
  •             différentes traditions :Celtique, Hindouiste, Bouddhiste et Taoiste
  •             Les 5 éléments , leur rôle dans la définition de notre monde
  •            et  dans les rituels.
  •            Les énergies et le Pentacle
  •            Études des symboles et leur rôle dans  l’étude des rituels.
  • -         Histoires et légendes celtiques ,
  • -         Histoire des celtes

 

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Niveau:  Gardienne

 

La gardienne ou guerrière est l’étape suivante de la Novice.   La gardienne veillait à la protection du clan et des prêtresses.

Ces femmes s’entraînaient au maniement des armes et à l’art du combat.

De plus, elles  assistaient les prêtresses et les druidesses dans l’exercice des rituels et des activités de cueillette des plantes en forêt.

Les activités secrètes des prêtresses exigeaient qu’elles tiennent à l’écart les non-initiés. À cause de cela,

la sécurité des druidesses était assurée par des femmes du cercle, les gardiennes-guerrières.

 

Cours, sujets et pratiques

 

1-    Initiation et études du maniement du bâton de combat,

2-    Étude des Divinités celtiques

3-    Regard sur les différentes traditions celtiques :

irlandaise,bretonne, galloise, gauloise,….

4-    Les fêtes celtiques et leur célébration.

5-    Déterminer, dans la forêt,  un lieu propice aux rituels

6-    Étude de la structure  et de la création d’un rituel

7-    Rituels.

  •   Préparation des participants
  •   Création du cercle
  •   Définir l’orientation des points cardinaux
  •   Construire le bûcher
  •   Apporter le feu
  •   Allumer le bûcher
  •   La Circumambulation (3) : Cycle solaire :est-sud-ouest-nord
  •   Ouverture du Rituel
  • ·Invocation du Hérault
  • ·Invocation aux esprits de la forêt
  • ·Invitations aux esprits des ancêtres et aux puissances des 4 points cardinaux.
  • ·Invitation à la Conscience cosmique
  • ·Invocation à la Déesse Bélisama
  • ·Invocation des druidesses ou des druides
  • ·Chant sacré : OAM 9 fois
  • ·Exposé sur le sens de la célébration
  • ·Communion : hydromel et aliments
  • ·Offrantes au feu
  • ·Demande de la communauté
  • ·Méditation sur le feu
  • ·Fin du Rituel
  • ·Sortie du Cercle
  • ·Banquet

8-    Rituels Druidiques et rituels Wiccans

9     Célébrations des rites de passage :

naissance,  enfance, adolescence,   mariage ou union  et rites mortuaires.

10-   Préparer « le Sanctum » dans sa demeure ou le « Néméton » à l’extérieur.

Les rituels peuvent se faire seul ou avec quelques participants.

S’il y a d’autres personnes, comme un cercle de fidèles ,placer les autour

de l’autel  ou à l’extérieur autour du cercle de pierres.

a)    Choisir un emplacement et l’orienter

b)    Monter l’autel
c)     Regrouper les instruments pour le rituels
d)    Consécration de chacun des instruments de rituel
e)    Sélectionner les encens, selon le rituel et la saison
f)     Invocations des forces de la Nature et de la Déesse
g)    Rencontre des  4 éléments
h)    Communion
i)     Demandes de la communauté : faveurs,guérisons, protection
j)     Fin du Rituel

11-   Préparer un livre des rituels :

  • Créer un livre de rituels
  • Définir son format
  • Sélectionner les invocations et les évocations
  • Choisir sa symbolique : couleur,lettrage, musique…ect
  • Rédiger un deuxième livre réservé aux réflexions et à la rédaction des intuitions.

12-    Créer un costume  pour la célébration des rituels

13-    Étude du maniement du sabre ,de la baguette et de la gestuelle

à main nue lors de rituels

14-    Astrologie et rituels

 

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Prêtresse ou Druidesse

                 (Semna)

-Initiation à la tradition celtique ancienne.

-Étude de la Phytothérapie et des mélanges de plantes médicinales

- Sexualité et magie

- Les Mantras

- Les principes thérapeutiques de l’acupuncture

- Massothérapie et  différentes méthodes de traitement.

- Maniement du sabre et du bâton

- Utilisation des points de pression pour immobiliser une personne agressive

ou traiter des douleurs physiologiques

- Invocation et évocation des forces cosmiques

- Grand Rituel

Consécration à la Déesse par un Druide: début d’une nouvelle vie.

- Règles et gestion d’une communauté de Semna.

 

Ce programme est conçu pour une période d’étude de 6 sessions ( 3 ans) totalisant environ 120 semaines à 3 heures semaine: 360 heures.

Entre les périodes de cours, les candidates participeront à des rituels mensuels.

Ce programme n’est qu’une initiation. La candidate à la prêtrise devra  poursuivre ses études. C’est le travail de toute une vie.

Notre programme permet de donner un cadre d’étude bien structuré et guider les élèves dans leur démarche et leurs recherches.

 

Pour plus d’information: enorus@gmail.com

 

 

Entretiens et réflexion

Créé par le 27 août 2011 | Dans :

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Alain de Benoist  est un intellectuel, philosophe et politologue français, principal représentant du mouvement dit de la « Nouvelle Droite » à la fin des années 1970. Il est également connu sous les pseudonymes de Fabrice Laroche — qu’il utilisait au début de sa carrière de journaliste —, Robert de Herte — sous lequel il rédige les éditoriaux d’Éléments — et David Barney.  ( Wikpedia)

 

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ENTRETIEN À PROPOS DU “ PAGANISME”


  1) Vous êtes apparu, à une époque, comme la cheville ouvrière

intellectuelle du paganisme en Europe. Vous considériez-vous alors

comme un néopaïen ? Comment avez-vous évolué spirituellement

depuis ?

 

« Cheville ouvrière », c’est beaucoup dire. Elevé dans la religion

catholique, j’ai perdu assez tôt une foi chrétienne que j’avais prise très

au sérieux à la fin de mon enfance. Au début des années soixante, à la

fois par réaction contre cette éducation catholique que j’avais reçue (et

dont le peu de crédibilité des réponses données aux questions

fondamentales que je me posais m’avait déçu) et sous l’effet d’un certain

nombre de lectures, j’ai oscillé entre un nietzschéisme classique, encore

assez superficiel, et un néopositivisme qui, en matière de théorie de la

connaissance, m’a amené aux frontières du scientisme. Ma grande affaire

était de concilier l’inconciliable, en l’occurrence la pensée de Nietzsche

et la critique décapante de la métaphysique menée par les représentants

du Cercle de Vienne, Moritz Schlick et Hans Reichenbach

principalement, mais aussi Rudolf Carnap ou Otto Neurath, dont Louis

Rougier avait dès les années trente introduit les idées en France. Toutes ces philosophies

étant étrangères ou hostiles au christianisme, il me semblait que l’on

devait pouvoir en faire la synthèse. Dans cette intention, j’explorais des

« voies moyennes » aussi différentes que celles correspondant aux

philosophies de Bergson, Wittgenstein, Otto Driesch ou Ludwig van

Bertalanffy. Tout cela n’a évidemment débouché sur rien. J’ai alors

totalement rejeté le positivisme et le scientisme, dont les liens avec

l’idéologie libérale m’étaient entre temps apparus évidents. Quant à

Nietzsche, dont la pensée m’a longtemps semblé indépassable, je devais

par la suite prendre quelque distance avec lui, essentiellement sous

l’influence de Heidegger. Dans le même temps, l’athéisme m’est

clairement apparu comme une position tout aussi métaphysique que la

croyance en Dieu qu’il prétendait contredire. Enfin, la lecture d’un certain

nombre d’ouvrages sur la place du sacré dans les cultures traditionnelles

m’a convaincu qu’on ne se débarrassait pas si facilement de l’idée qu’il

est en ce monde des choses qui nous dépassent infiniment. Mon goût de

l’Antiquité, nourri par l’intérêt que j’ai toujours porté à l’archéologie, à la

linguistique ou à l’histoire des religions, a probablement fait le reste.

Dans le courant des années soixante-dix, j’ai commencé à écrire sur le

paganisme et à employer mot « païen » dans une acception positive. En

1981, la publication de Comment peut-on être païen ?, ouvrage qui

développait la matière d’un dossier paru un an plus tôt dans Eléments

(« La libération païenne »), m’a permis, indirectement tout au moins

(car je n’y parlais guère à la première personne) de faire un bilan de cette

évolution.

Dans ce livre, je ne me souviens pas d’avoir employé le terme de

« néopaïen ». Je parlais de paganisme, tout simplement, et je le faisais de

la manière qui a toujours été la mienne : une approche intellectuelle et

philosophique, mais aussi historique et « généalogique ». Il s’agissait

pour moi, d’une part, de cerner ce qui séparait le plus fondamentalement

le paganisme européen du christianisme et de la pensée biblique, et de

l’autre de montrer en quoi nombre d’idéologies modernes d’apparence

tout à fait profane pouvaient être considérées comme les héritières

sécularisées de cette même pensée biblique ou chrétienne. Il y avait

donc là l’amorce d’une réflexion sur la notion de sécularisation.

J’éprouve rarement le besoin de relire les livres que j’ai publiés.

Mais je n’ignore pas que Comment peut-on être païen ? a continué, sans

moi pourrait-on dire, à faire son chemin. Le livre a d’ailleurs déjà été

traduit en allemand, en italien, en néerlandais, en espagnol et en russe,

et il paraîtra prochainement en anglais. Je m’y reconnais toujours pour

l’essentiel, ce qui veut dire que je n’ai pas tellement « évolué

spirituellement » depuis. Cependant, si je devais le réécrire aujourd’hui,

j’aurais quand même à tenir compte de ce qui m’a enrichi depuis.

D’abord, j’éliminerais les quelques erreurs de perspective qui s’y sont

glissées. Je ferais un usage plus mesuré de l’expression « judéochristianisme

», qui n’est certes pas fausse dans certaines acceptions

précises, tant historiques que théologiques, mais qui, employée de façon

trop systématique, fait bon marché des différences profondes existant

entre le christianisme et le judaïsme. Enfin, j’aborderais certainement des

problématiques nouvelles, dont je ne me souciais pas il y a une vingtaine

d’années. Je ne me contenterais pas, par exemple, d’opposer la tolérance

des religions païennes, fondée sur le polythéisme des valeurs, à

l’intolérance constitutive de religions révélées. Je soulignerais aussi,

comme Cornélius Castoriadis l’a fait dans son séminaire des années

1982-83, l’« opposition entre la tradition monothéiste en tant que

tradition d’hétéronomie et la tradition grecque proprement dite, ou

démocratique, en tant que tradition d’autonomie ». Cette opposition très

importante, généralement ignorée par les païens « de droite » — dont les

sentiments démocratiques tiennent bien souvent à l’aise sur un confetti

—, avait en revanche été très bien perçue par certains socialistes

français du XIXe siècle.

 

2) La Nouvelle Droite est elle-même apparue aux yeux de certains

comme un mouvement avant tout néopaïen. Etait-ce justifié ?

 Je ne le pense pas. La réflexion que j’ai exprimée à titre personnel

dans Comment peut-on être païen ? a certes trouvé une résonance

somme toute naturelle dans cette mouvance : aujourd’hui comme hier, la

grande majorité des membres de la ND, soit se considèrent eux-mêmes

comme païens, soit éprouvent pour l’héritage du paganisme antique une

évidente sympathie. Cependant, la ND a toujours compté en son sein une

minorité de catholiques ou d’athées. Pour le dire autrement, il n’a jamais

été requis de « profession de foi païenne » à aucun membre de la ND !

Par ailleurs, si l’on regarde les mouvances culturelles ou intellectuelles

qui, en dehors de la France, ont collaboré le plus étroitement avec la ND

— parfois jusqu’à s’identifier avec elle —, on constate immédiatement

que nombre d’entre elles, généralement pour des raisons historiques,

n’ont pas repris à leur compte ce qu’il y avait de plus « païen » dans le

discours de la ND. De façon générale, c’est dans les pays de la partie

nord de l’Europe que ce « paganisme » de la ND a été le mieux accueilli,

alors qu’il a fréquemment été négligé ou laissé de côté dans les pays

latins, plus anciennement christianisés. Cette différence d’appréciation

n’a jamais fait obstacle à une coopération ou un travail commun qui s’est

déroulé durant des décennies. Définir sans plus la ND comme un

« groupe païen », ainsi qu’ont pu le faire certains catholiques intégristes

ou des journalistes paresseux, revient donc à prendre la partie pour le

tout. L’apport principal de la ND réside dans les innombrables travaux

qu’elle a réalisés dans les aspects les plus divers du domaine des idées,

non dans un de ces aspects seulement. Et l’on pourrait en dire tout

autant de ma production ou de mon oeuvre personnelle, qui est avant

tout une oeuvre de philosophie politique et d’histoire des idées.

 

3) Avec le recul, l’accent mis par la suite par la ND sur le paganisme vous

apparaît-il comme ayant été opportun ?

 Cette question rejoint évidemment la précédente. Mais c’est en

effet une question que l’on peut se poser. Je pense personnellement

qu’une critique en profondeur des grands « récits idéologiques »

constitutifs de la modernité conduit nécessairement, pour des raisons de

méthode généalogique précisément, à s’interroger sur leurs origines, et

donc à déterminer la part de responsabilité du christianisme dans

l’avènement des conditions qui ont présidé à leur émergence. (Je ne veux

évidemment pas dire par là que les idéologies modernes sont des

idéologies « chrétiennes », mais qu’on ne peut expliquer leur apparition

qu’à partir d’un terreau d’origine où le christianisme est indéniablement

impliqué. Le mot de Chesteron sur les « vérités chrétiennes devenues

folles » correspond ici à une réalité). C’est un fait par ailleurs que la ND a

toujours prêté de l’importance à la longue durée historique, et qu’elle a

toujours porté un regard empreint de sympathie sur les cultures

préchrétiennes qui sont à l’origine de notre civilisation (sans pour autant

la résumer). Ces deux démarches conduisent tout naturellement à mettre

en perspective l’affrontement du paganisme et du christianisme et à

s’interroger sur sa signification. Aurait-on pu le faire sans s’affirmer

« païen » d’une manière ou d’une autre ? C’est possible. Je n’ignore pas

ce qu’une telle autodésignation peut avoir d’étrange pour l’oreille d’un

certain nombre de nos contemporains. D’un autre côté, c’était aussi une

façon de reprendre toute une problématique qui fait partie de notre

histoire, et de favoriser des prises de conscience qui avaient besoin

d’être éveillées. Vieille histoire du verre à moitié vide et à moitié plein.

 

4) On voit un certain nombre d’ex-membres de la ND se passionner

depuis quelques années pour l’hindouisme, y compris pour sa version

politique. Que pensez-vous de cet engouement ?

 D’abord qu’il ne concerne, à ma connaissance, qu’une ou deux

personnes tout au plus. Il me paraît bien entendu très légitime de

s’intéresser à l’Inde, à la fois compte tenu du rôle que ce pays-continent

va être appelé à jouer dans les années qui viennent, et en considération

du fait que l’hindouisme reste aujourd’hui la seule grande religion vivante

issue du paganisme européen. Cela dit, je pense qu’il faut beaucoup de

temps pour apprécier à sa juste valeur une réalité aussi complexe que la

réalité indienne. N’étant pas un spécialiste, je me bornerai à dire que je

me sens personnellement assez loin, sur le plan spirituel, de l’expérience

d’Auroville, due aux disciples de Sri Aurobindo, tout comme je me sens

assez loin, sur le plan politique, des orientations du BJP.

 

5) Que pensez-vous de l’éventuelle émergence d’un néopaganisme que

l’on pourrait qualifier d’archéofuturiste : soirées rave, musique techno,

marquages physiques néotribaux comme les tatouages ou les piercings,

etc.

 On pourrait faire une analyse « dumézilienne » des néopaganismes

contemporains. A la première fonction correspondrait une approche

spirituelle ou intellectuelle, fondée sur l’amicale connivence avec les

oeuvres et le système de valeurs que nous ont légués les grandes

cultures et les religions de l’Antiquité. C’est évidemment dans une telle

démarche que je pourrais me reconnaître. Les néopaganismes brutaux,

intolérants et ethnocentrés, à base d’exaltation de la violence pure sur

fond de musique gothic ou hard metal, qui ne sont bien souvent que des

« paganismes » de caricature, se laisseraient aisément ranger dans la

deuxième fonction. Quant à la troisième, on pourrait y placer à la fois, sur

un versant « soft », les « paganismes » niais du type « New Age » et les

néopiétismes naturalistes caractéristiques de certaines sectes, et, sur un

versant plus « hard » les phénomènes que vous évoquez. Mais relèvent-ils

vraiment d’un « néopaganisme » ? Le terme de « néotribalisme »

serait sans doute plus approprié. Bien entendu, il n’est pas difficile d’en

identifier des éléments qu’on pourrait appeler « dionysiaques », mais ce

serait au sens que donne à ce mot un Michel Maffesoli. J’ai l’impression,

en d’autres termes, que l’on est en présence d’un phénomène

sociologique plus que d’un phénomène doté d’une quelconque valeur

spirituelle. Ce qui ne veut pas dire qu’il manque d’intérêt. Le

néotribalisme témoigne d’un vitalisme élémentaire, d’une nostalgie de la

« barbarité », où l’on peut voir une réaction contre l’intellectualisme

abstrait d’une société qui se veut gouvernée par une desséchante

rationalité. Une telle attitude comporte néanmoins des risques évidents,

à commencer par celui de n’inspirer qu’une rébellion superficielle à base

d’agitation bruyante et de pure expression de soi.

 

6) Vous avez été un critique sévère du christianisme. Or, vous avez écrit

un petit ouvrage sur Jésus et ses frères. Votre pensée sur cette foi a-telle

évolué ? Condamnez-vous toujours toutes les formes du

monothéisme ?

 Je ne pense pas que mon essai sur Jésus et ses frères ait

spécialement enchanté les lecteurs chrétiens, qui sont convaincus de la

naissance virginale de Jésus et croient que ses frères n’étaient que des

« cousins » ! Je vois donc mal en quoi le fait d’écrire sur un tel sujet ferait

de moi un critique moins « sévère » du christanisme que je ne l’ai été. La

vérité est que le monothéisme en général, et le christianisme en

particulier, me sont tout aussi étrangers aujourd’hui qu’ils l’étaient

qu’hier. Il n’en est pas moins vrai que je ne me définirai certainement pas

par mon opposition au christianisme, car ce serait encore rester dans sa

dépendance. Mais surtout, je me suis toujours appliqué à ne pas répondre

à l’intolérance chrétienne par une intolérance inverse. Je critique le

christianisme parce que je le crois critiquable, je ne critique pas les

chrétiens. Ils rentrent pour moi dans la catégorie des gens qui ont au

moins le mérite de croire à quelque chose dans une époque où la plupart

des gens, gagnés par le matérialisme pratique et l’utilitarisme marchand,

ne croient plus à rien. Je ne critique pas non plus les prêtres : ils ont mis

leur vie entière au service de leurs convictions, ce que je respecte et

admire — quelles que soient ces convictions. Ma critique, enfin, n’est pas

de type essentialiste. Elle ne me fait pas perdre de vue en quoi, d’une

époque à l’autre, le christianisme a pu varier. Il n’y a qu’une Eglise

catholique, mais je ne confonds pas pour autant François d’Assise et

Torquemada. La lecture d’Origène et de Tertullien m’accable, celle de

Péguy et de Bernanos me touche au plus profond. Quant aux « croix

ostentatoires », au foulard islamique et autres kippas, ils me gênent

assurément moins que la laideur du monde actuel et le spectacle

quotidien de la publicité !

 

Alain de Benoist

 

Cet article fut emprunté à:

 http://www.alaindebenoist.com/pages/textes.php?cat=entretiens&lang=fr

 

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Entretien à propos du livre

paru dans la revue   « Eléments »

 

« Comment peut-on être païen ? »,

 

1 - Avec la parution de Comment peut-on être païen ?, voici une quinzaine d’années, le néopaganisme faisait irruption sur la scène intellectuelle française. Comment juges-tu avec distance, ce livre-manifeste ? Et au fond, pourquoi s’être engagé dans cette voie ?

 Il faut partir de choses simples. Pendant plusieurs millénaires, les peuples d’Europe ont pratiqué des religions que l’on appelle habituellement « païennes », désignation ancienne et au départ péjorative. Ces religions constituaient un système de représentations, de valeurs, de figures spécifiques. Elles ont été le cadre et le soutien spirituel de nombreuses cultures et degrandes civilisations dont nous sommes, directement ou indirectement, les héritiers. Les religions païennes ont ensuite été combattues par le christianisme, qui était porteur d’un autre  système de représentation et qui envisageait le fait religieux sous une autre forme. L’étude comparée de ces deuxsystèmes permet de comprendre les causes de leuraffrontement. Du même coup, elle nous incite à nous déterminer par rapport à eux. Prendre position pour le paganisme, cela veut dire s’efforcer, non pas de concevoir, mais de voir le monde selon les lignes directrices du système de représentation qui lui est propre.Il y a bien des façons de venir au paganisme. Ce peut être par sentiment esthétique, ou par rejet instinctif de la conception chrétienne du monde. Ce peut être par volonté de se rattacher à une tradition ou à des sources qui lui sont intimement associées. Ce peut être aussi, et ce serait plutôt mon cas, à travers la conviction que les pathologies du monde moderne sont les filles, illégitimes mais certaines, de la théologie chrétienne. Un mouvement tout naturel porte alors à jeter un regard de sympathie, d’amicale connivence vers cette autre religion, païenne, qui a si longtemps fait résistance à la christianisation. Bien entendu, en cette dernière analyse, il n’y a jamais de raison impérieuse absolue d’adhérer à un système plutôt qu’à un autre. S’il y en avait une, elle justifierait que ce système soit proposé ou imposé à tout le monde, ce que je me refuse à faire. Tout au plus pouvons-nous constater que l’un de ces systèmes correspond mieux à notre sensibilité, qu’il a dans le passé eu des effets que nous jugeons meilleurs, qu’il se situe dans le prolongement plus exact d’une tradition à laquelle nous souhaitons adhérer, bref qu’il correspond plus qu’un autre à ce que nous croyons être la vérité.Le paganisme est un système global. C’est ce système que je m’étais efforcé de décrire dans.Comment peut-on être païen ?, en mettant systématiquement en lumière en quoi il s’oppose,de façon à mon avis irréductible, à la conception chrétienne de l’homme et du monde. Certains ont jugé cette démarche trop « intellectuelle ». Elle l’est en effet, mais je n’en vois pas d’autre possible. Etudier le paganisme, outre le plaisir de connaître que l’on en retire, offre une alternative à la fois intellectuelle et spirituelle. Cela permet de voir comment nos plus lointains ancêtres concevaient les rapports de l’homme au monde et les relations des hommes entre eux, quelles étaient les attitudes éthiques qu’ils privilégiaient, quelle place ils attribuaient au lien social, quelle idée ils se faisaient de la temporalité, quelle était leur conception du sacré. Les enseignements que l’on en retire valent pour tous les temps, et d’abord pour le nôtre.Ils déterminent des lignes de conduite et aident au travail de la pensée. Quand le mythe nous dit qu’en épousant Thémis, déesse de l’ordre et de la justice, Zeus a engendré les Saisons et les. Destinées, par exemple, nous apprenons quelque chose qui va bien au-delà du récit. De même, le mythe de Gullweig nous met en garde contre la « passion de l’or ». Le sort réservé à Prométhée nous apprend quelque chose sur les conséquences de la ruse et du déchaînementtechniciens. Et le précepte delphique : « Rien de trop » nous aide à comprendre le caractère pervers du principe contemporain d’un « toujours plus ».

 2 - On peut aujourd’hui identifier de nombreux « néopaganismes ». Je distinguerai pour ma part trois grands ensembles : un néopaganisme communautaire ou « sectaire », à base d’imitation de rites anciens ou de réactivation de traditions populaires régionales,un néopaganisme littéraire, surtout fondé sur l’intuition et l’inspiration poétique, et enfin un néopaganisme intellectuel, où le mythe, l’imaginaire, l’archétype, le « polythéisme des valeurs », sont autant d’éléments actifs d’interprétation et de compréhension du monde. Cet ensemble te paraît-il unitaire ou, au contraire, dispersé ?

 La tradition païenne (ou, de façon plus générale, la référence à l’Antiquité) n’a cessé, à des degrés divers, d’inspirer les écrivains et les artistes. La plupart des romantiques allemands, àcommencer par Schelling, Göres ou Novalis, ont opposé à un monde moderne jugé sans âme le souvenir d’un monde ancien où, comme le dit Schiller, « tout était vestige d’un dieu ». Au XIXe siècle, l’Antiquité fut également une source d’inspiration majeure aussi bien pour les néoclassiques que pour les symbolistes ou les parnassiens. Mais en fait, ce sont des pans  entiers de la littérature contemporaine qu’il faudrait citer si l’on voulait faire un inventaire complet de ce « paganisme ». Songeons seulement à Leconte de Lisle, José Maria de Hérédia, Théodore de Banville, Louis Ménard, Jean Moréas, Pierre Louÿs, Edouard Schuré,Hugues Rebell, Edouard Dujardin, Gabriele d’Annunzio, D.H. Lawrence, Jean Giono, Knut Hamsun, Henry de Montherlant, Marguerite Yourcenar, John Steinbeck, Henry Miller, sans oublier Fernando Pessoa qui, dans Le retour des dieux, écrit : « Les dieux ne sont pas morts : seule est morte notre perception des dieux. Ils ne sont pas partis: nous avons cessé de les voir [...] Mais ils continuent d’être là et de vivre comme ils ont toujours vécu, dans la même perfection et la même sérénité ».Bien entendu, chez les auteurs que je viens de citer, l’inspiration « païenne » revêt des formes différentes. Chez les uns, ce peut être une référence formelle, faisant seulement appel à l’esthétique des images et des mots. Chez les autres, il peut s’agir d’une réaction nostalgique contre le désenchantement induit par l’idéologie du progrès. D’autres ont plus nettement cherché à fonder au travers du paganisme un nouveau sentiment de la nature, un autre type derapport au monde. Mais dans tous les cas, cette référence permanente, ce désir spontané de se rattacher à un passé perçu, plus ou moins consciemment, comme un remède aux maux du présent, a valeur de symptôme.Le néopaganisme communautaire ou « sectaire »est évidemment tout autre chose, et je serais sur ce point beaucoup plus réservé. J’écrivais déjà, dans Comment peut-on être païen? : « Ce  qui nous semble surtout à redouter aujourd’hui, c’est moins la disparition du paganisme que sa résurgence sous des formes primitives et puériles, apparentées à cette religiosité seconde dont Spengler faisait, à juste titre, l’un des traits caractéristiques des cultures en déclin ». La floraison des groupes néopaïens à laquelle on assiste depuis quinze ans n’a fait que me renforcer dans ce sentiment. A elle seule, l’extrême diversité de ces groupes laisse songeur.Pour les uns, le « paganisme » se ramène essentiellement à des réunions joyeuses, à des soirées sympathiques où l’on célèbre, avec quelques rituels appropriés, la vie communautaireet les plaisirs de l’existence. D’autres se regroupent au sein de véritables « Eglises »ou de communautés religieuses, dont les cérémonies tiennent plutôt de l’intériorisation protestanteou néopiétiste. D’autres encore tirent le « paganisme » vers la transgression pure, allant de la « magie sexuelle »à la messe noire. Le tout s’assortit presque invariablement de rituelscompliqués, d’invocations grandiloquentes, de titres ronflants. Ce qui fait que les « ceremonies païennes » peuvent aussi bien ressembler à la fête communautaire bien arrosée qu’à laméditation austère, à la « tenue » de maçonnerie de marge, à la partouze ou au bal costumé.De toute évidence, nombre de ces mouvements n’ont strictement rien à voir, sinon l’usage du mot, avec le paganisme. Quant aux groupes à vocation plus strictement religieuse, leur mode de fonctionnement les apparente souvent à des sectes. Tout en réprouvant l’hystérie antisecte àlaquelle on assiste aujourd’hui, hystérie qui ne fait qu’ajouter à la confusion en raison desamalgames qu’elle pratique, je dois dire que je me sens personnellement assez étranger à toutcela. J’y vois beaucoup de pastiche, beaucoup de parodie, mais fort peu de paganisme !La confusion atteint son comble avec les groupes « néopaïens », surtout anglo-saxons, quis’inscrivent dans la mouvance du New Age. Plus ou moins issus du mouvement hippie et de lacontestation californienne des années soixante, cette mouvance a comme principalecaractéristique son caractère syncrétique et composite : « anything goes ». Ses thèmesprincipaux sont l’écoféminisme, le millénarisme du « Verseau », un penchant invincible vers toutes les formes d’occultisme et de paranormal, une aspiration à la transformation personnelle permettant à l’individu de vibrer à l’unisson de l’« âme du monde ». Ses références sont  éclectiques : la « voie du Nord » et l’ « astrologie runique » y font bon ménage avec lesoufisme, la kabbale, les spiritualités orientales, le spiritisme (rebaptisé channeling), lathéosophie ou le « voyage astral ». L’idée centrale est que nous entrons dans l’ère du Verseau,qui se caractérisera par la fluidité des rapports humains et l’émergence d’une conscienceplanétaire. Les groupes « néopaïens », extrêmements nombreux, qui évoluent dans ce milieu échappent rarement à ce syncrétisme, en fait un patchwork de croyances et de thèmes de toutes sortes, où l’on voit se mêler les tarots et les « charmes » karmiques, l’interprétation des rêves et les invocations à la Grande Déesse, les traditions hermétiques égyptiennes et lesUpanishads, Castaneda et le roi Arthur, Frithjof Schuon et la psychologie jungienne, le marteau de Thor et le Yi-King, la « magie thélèmite » et le yoga, l’Arbre de vie et la « transe chamanique », etc.Dans ce fatras, tout n’est évidemment pas à rejeter, à commencer par des thèmes comme l’écoféminisme, la vision holistique des choses, le non-dualisme, etc. Mais ces thèmes sont noyés, sans la moindre rigueur, dans un confusionnisme débridé, fondé sur le postulatimplicite de la compatibilité, voire de la convertibilité, de toutes les croyances, de toutes les sagesses et de toutes les pratiques. S’y ajoutent une débauche de bon sentiments, qui versesouvent dans l’optimisme niais dont les Américains sont coutumiers, et surtout cette croyance naïve que l’expérience individuelle est le seul critère de validation du cheminement intérieur et qu’on peut recourir à des spiritualités ready made comme à autant de recettes de bonheur et d’ « épanouissement ». En fin de compte, avec ses modes et ses engouements successifs (Hildegarde de Bingen, la divination runique, les « anges gardiens »), le New Age constitue une subculture évoquant irrésistiblement ces croyances composites que l’on vit se développer à Rome sous l’antiquité tardive, en marge des rites officiels, et qui associaient sans plus de discernement spéculations égyptiennes ou chaldéennes, fragments de cultes orientaux, théorie astrale, pratiques superstitieuses, « gnose » d’origine iranienne ou babylonienne, oracles de toutes provenances.Certes, tous les groupes « néopaïens » actuels ne s’inscrivent pas dans cette mouvance, mais ils en sont rarement séparés par une frontière étanche. Un trait qui leur est commun, par exemple, est leur propension à la spéculation ésotérique ou « magique ». Je ne prendrai pas ici position sur l’ésotérisme en général. Mais il n’est que trop évident qu’il sert aisément de support à tous les délires. Et de fait, nombre de groupes « néopaïens » suppléent à leur absence de savoir, ou surtout de critères permettant d’apprécier la valeur de ce qu’ils savent, par une imagination débordante : interprétation personnelle assénées comme des arguments d’autorité, affirmations sans preuves, extrapolations fantaisistes, etc.

 3 – Le jugement que tu portes est assez sévère. Est-ce que ces groupes « néopaïens »que l’on voit aujourd’hui se développer dans à peu près tous les pays occidentaux, y comprd’ailleurs en Europe de l’Est, n’ont pas au moins le mérite de remettre en honneur une matière restée trop longtemps oublié?

 Je ne porte là qu’un jugement d’ensemble. Si l’on examinait séparément chacun de ces groupes, ce qui est difficile à faire ici, je serai le premier à apporter des corrections et des nuances.Il est évident que certaines communautés « néopaïennes » sont plus intéressantes et plus sérieuses que d’autres. Parmi leurs animateurs, dont la sincérité et les bonnes intentions ne sont pas en cause, il en est qui ont une connaissance réelle des anciennes religions païennes et qui travaillent sérieusement pour mieux les connaître encore. Leurs publications sont parfois bien faites, et je ne ferai pas non plus l’erreur de croirequ’elles ne s’adressent qu’à de  doux rêveurs ou à des monomaniaques, ou encore à des individus en situation d’échec, qui espèrent résoudre leurs frustrations et leurs problèmes intimes en adhérant à des groupes dans lesquels ils espèrent trouver la place que la vie réelle leur refuse. Il reste néanmoins que, prise globalement, cette mouvance s’inscrit fort bien sur l’actuel « marché des croyances » où chacun, sur la base d’une sorte de bricolage spirituel, vient au gré de ses humeurs faire son choix entre différentes religions et « sagesses » possibles. Ce « marché », où fleurissent quantité de spiritualités de marge oscillant entre la tentation fusionnelle représentée par les sectes et un désir de « soigner » son âme comme on soigne son corps, par des recettes à la carte, est l’un des symptômes les plus évident de la crise spirituelle de notre époque. Toute la question est en fait de savoir si l’on peut ou non redonner vie à d’anciens cultes sans verser dans le sectarisme ou dans le simulacre, c’est-à-dire sans retomber finalement dans ce nihilisme que tout véritable paganisme devrait au contraire avoir pour objectif de surmonter.Or, les tentatives faites dans ce domaine me semblent se heurter à de sérieux obstacles.Il y a tout d’abord le problème de la filiation. Il n’y a bien entendu aucune continuité entre l’ancien paganisme et, quoi qu’ils en disent, les modernes groupes néopaïens. Cela ne les empêche pourtant pas d’affirmer qu’ils transmettent un savoir hérité venu du fond des âges, alors que ce savoir n’est bien souvent que le produit de leur imagination ou une compilation de spéculations avancées par d’autres avant eux. La vérité est que, si nous savons beaucoup de choses sur les anciennes religions européennes, nous en ignorons plus encore. Je prendrai un exemple simple. Nombre de groupes néodruidiques ou druidisants prétendent développer un « enseignement druidique ». Mais, s’il est bien certain que les anciens druides enseignaient quelque chose (le fait est attesté par les témoignages d’époque), nous ne savons strictement rien de ce qui constituait leur enseignement. Les textes classiques, grecs ou latins, sont muets sur ce point. Les textes médiévaux, essentiellement des récits de l’Irlande médiévale, sont des compilations de récits oraux préchrétiens, souvent fort bien conservés, mais dépourvus de tout commentaire proprement druidique. Les rituels adoptés par la plupart des groupes druidisants modernes ont été en fait fabriqués de toutes pièces au XVIIIe siècle par l’érudit gallois Iolo Morgannwg (Edward Williams). S’y ajoutent des emprunts à la maçonnerie écossaise, ainsi qu’à certains récits gallois, comme le Mabinogi. Tout cela est fort intéressant, mais ne nous dit strictement rien sur la « tradition druidique ». Aucune filiation druidique n’ayant survécu au christianisme, toute résurgence druidique ne peut être que parodique ou folkorique. Il en va de  même de l’« astrologie runique » ou de la « magie nordique ». Nous savons que les runes ont été utilisées dans le passé pour la divination, et qu’il y a de bonnes chances pour qu’elles soient d’origine religieuse ou « cosmique ». Nous savons aussi que toutes les cultures anciennes ont peu ou prou eu recours à la magie. Nous savons enfin que certaines traditions populaires, conservée surtout en milieu rural, ont prolongé d’anciennes croyances. Mais nous ne savons rien de plus. Tout ce qui s’écrit sur le sujet n’est donc, là encore, que spéculation contemporaine ou compilation de spéculations antérieures.Bien entendu, on ne peux exclure que l’intuition, ajoutée à une connaissance en profondeur de ce que nous savons d’assuré sur les religions païennes, puisse parvenir à restituer une partie d’un savoir perdu. Une telle démarche reste cependant arbitraire, et dans une large mesure subjective.Certains de ces groupes tombent d’ailleurs aisément dans une sorte de christianisme retourné.On connaît de ces cercles où les textes de l’Edda ont remplacé la Bible, mais où la même morale de patronage a été conservée et où l’on continue apparemment d’attendre du « paganisme » ce que les chrétiens attendent du christianisme : des normes morales et des recettes de salut. De tels groupes me paraissent avoir repris à leur compte deux traits que Walter W. Otto décrit, non sans raison, comme spécifiquement chrétiens : le « virus de l’intériorité », c’est-à-dire l’idée « que la religion est inséparable d’une relation personnelle avec Dieu, que le seul commerce avec la divinité se noue à travers un sujet individuel », et  l’idée « que le sentiment religieux naît d’un besoin de salut qui va de pair avec la transcendance ». Or, dans le paganisme, non seulement il n’y a pas de perspective de salut,mais Dieu ne surgit pas dans le for intérieur de l’individu; il vient à sa rencontre à partir des choses du monde.

De façon plus générale, il faut quand même dire que l’actuelle littérature « néopaïenne » atteste le plus souvent un niveau de réflexion assez pauvre. L’approche « holistique » sertfréquemment de prétexte à une sorte d’égalitarisme cosmique, où ce qu’il y a de spécifique à l’homme disparaît complètement. La réflexion en profondeur est remplacée par une rhétorique convenue, à base de références à l’« Eveil », à l’« énergie cosmique », à l’« identité avec l’Un- Monde » ou avec le « Grand Tout ». La notion même de paganisme est parfois présentée de façon fumeuse.La définition du paganisme comme apologie de la « vie », par exemple,renvoie le plus souvent à un nietzschéisme vulgaire (le Dieu de la Bible comme expression d’un ressentiment contre la vie) ou à un vitalisme confus (la « vie saine, robuste, vitale,combative ») allant de pair avec un « surhumanisme » vaguement biologisant tout aussi naïf.C’est oublier que presque toutes les religions donnent une valeur positive à la vie. Aucuned’entre elles, peut-être, ne lui donne même autant de valeur que le judaïsme, qui va jusqu’àrécuser le martyre et à faire de la survie une valeur en soi. Le christianisme considère lui aussique toute vie humaine possède une valeur absolue, alors que le paganisme ne professe pascette idée, et qu’au surplus les païens ont toujours considéré qu’il y a des choses pires que lamort, c’est-à-dire des choses qui justifient que l’on donne sa vie pour elles ou que l’onchoisisse de mourir plutôt que de vivre sans elles. La définition du paganisme comme « religion de la nature » », que l’on trouve de façonrécurrente dans la littérature « néopaïenne », n’est pas moins problématique. On oublie qu’à l’origine, elle émane des chrétiens, qui voyaient dans la « nature » une limitation intrinsèquepar rapport à la surnature. Ce sentiment était si vif que, malgré l’éloge de la création fait par saint Augustin dans La Cité de Dieu, il faudra attendre le début du XIIIe siècle pour le voir s’atténuer. Mais après les travaux d’Eliade et Dumézil, on ne peut plus réduire les anciennes religions païennes à un simple culte de la nature.Le paganisme n’a jamais été un pur naturalisme, même si les données « naturelles » et cosmiques y jouent un rôle central. Il n’a jamais non plus été un panthéisme, comme chez Giordano Bruno ou Spinoza, car la notion de panthéisme est peu compatible avec la distinction du sacré et du profane. Chez certains « néopaïens », le panthéisme n’est d’ailleurs qu’un prétexte pour mettre l’homme à la place deDieu, dans la meilleure tradition de la modernité ! Parlant de « nature » enfin, on ne peut pas faire comme si ce mot n’était pas l’un des plus chargés d’ambiguïté de toute l’histoire de la pensée occidentale. On ne peut pas non plus faire comme si la théologie chrétienne n’avait jamais existé, c’est-à-dire sans prendre parti sur les problématiques qu’elle a soulevées.Que veut-on dire au juste quand on parle de « retrouver l’harmonie avec la nature » ou encore de « renouer avec les lois naturelles » ? Le simple fait qu’on puisse violer une « loi naturelle » ne démontre-t-il pas déjà que sa « naturalité » est douteuse ? La philosophie a mis la notion de  nature en relation (ou en opposition) avec la culture, l’artifice, l’histoire ou la liberté.La théologie chrétienne a encore compliqué les choses en posant la nature par rapport à la grace (la nature humaine est ce que présuppose la grâce, à savoir un homme capable de rencontrer Dieu), ce qui revient à définir la nature comme ce qui, chez certains philosophes, correspond à l’antinature, c’est-à-dire à la liberté. On sait par ailleurs que la traduction du grec physis par le latin natura a entraîné une véritable « dénaturation » du terme. Or, c’est bien à partir de la notion de physis que l’idée de nature doit être repensée. Si l’on réfléchit sur la nature des choses à partir de leur origine propre, comme physis précisément, et non pas comme ktisis (oucreatura), on comprend que le paganisme ne saurait poser platement Dieu comme synonyme de la nature, mais qu’il pose l’être comme la dimension qui permet à tous les étants d’exister,sans cependant être leur cause.Mais il y a encore un autre problème, plus fondamental peut-être. Dans le paganisme, il n’y a de sens à notre présence au monde que pour autant que ce paganisme constitue l’atmosphère générale dans laquelle baigne la cité. Si dans le paganisme, la cité se définit avant tout comme une «association religieuse », pour reprendre les termes de Fustel de Coulanges, la religion se définit à l’inverse comme l’âme de la cité ou de la collectivité. En se posant comme êtreséparé, autosuffisant, l’individu moderne ramène sur terre, à son profit, l’idée d’un Dieuunique se suffisant à lui-même. Mais dans le paganisme, les dieux eux-mêmes forment enquelque sorte une société : même si on pouvait être « comme eux », ce ne serait jamais pourse retrouver seul. La société, c’est la personnalité élargie; la personnalité, la société restreinte.

La question se pose alors de savoir si le paganisme peut être, à l’instar de tant de croyances actuelles, une opinion professée en privée par quelques uns. Certains s’imaginent apparemment qu’il pourrait exister un « paganisme des catacombes » analogue à ce que futautrefois le« christianisme des catacombes ». Mais cela n’a rien d’évident, car le christianisme possède un soubassement individualiste que le christianisme n’a pas : la foi y est moinsétroitement dépendantes des circonstances extérieures, et notamment du lien social. Vivre enpaïen dans un monde qui ne l’est pas ne va donc nullement de soi.Certes, on peut individuellement tenter de se (re)mettre à l’écoute du mythe. On peut chercher à éveiller en soiune pensée méditante. Mais il faut être conscient qu’une telle démarche implique de se retirer mentalement du monde, c’est-à-dire de faire exactement le contraire de ce que prône le paganisme : la participation active et l’adhésion sans réserve au monde. Bien entendu, il n’y a rien de commun entre le monde actuel et le monde de l’Antiquité. Le monde actuel est unmonde qui a été changé, remodelé, par ceux qui en furent à l’origine les contempteurs. C’estbien là que réside le problème. Car, je le répète, on ne peut pas faire comme si nous n’avions pas derrière nous deux millénaires d’histoire non païenne (ou fort peu). On ne peut pas faire comme si cette histoire n’était pas advenue, en s’efforçant de renouer, sans autre forme deprocès, avec une tradition interrompue. Cette histoire nous structure profondément malgrénous. Elle informe notre manière de regarder le monde, y compris quand nous le contestons.Elle nous rend incapables de voir dans le paganisme ce que les Anciens y voyaient, c’est-à-dire le reflet même de la totalité du réel, un « discours » fondateur organisant l’ensemble de nos représentations. Le paganisme était autrefois la vie même. Il ne peut être aujourd’hui qu’uneconviction parmi d’autres, professée en privé par quelques uns ? Mais peut-on alors parler encore de paganisme ? C’est la raison pour laquelle je doute sincèrement que nos modernes « néopaïens » adhèrent à leurs dieux comme leurs lointains ancêtres pouvaient lefaire. Le voudraient-ils qu’ils ne le pourraient tout simplement pas : le monde actuel les enempêche de par sa seule existence. Nous pouvons aller nous recueillir à Delphes et tirer la leçon du mythe d’Apollon, mais Apollon ne peut plus être pour nous ce qu’il était pour le Grec qui allait consulter la Pythie. Et comme la foi ne se décrète pas, le risque est grand de retomber, là encore, dans le simulacre ou la commémoration.

 

4 – En dehors des groupes qui se déclarent officiellement « néopaïens », y a-t-il aujourd’hui des milieux que l’on puisse considérer comme plus réceptifs que d’autres aux thématiques païennnes ? Je pense bien entendu d’abord aux écologistes.

 L’écologie est évidemment très proche du paganisme, en raison de son approche globale des problèmes de l’environnement, de l’importance qu’elle donne à la relation entre l’homme et le monde, et aussi bien sûr de sa critique de la dévastation de la Terre sous l’effet de l’obsession productiviste, de l’idéologie du progrès et de l’arraisonnement technicien. Cette proximité est spécialement marquée dans l’écologie radicale, dite parfois « écologie profonde », même si, à mon avis, celle-ci commet l’erreur, symétriquement inverse de celle de l’humanisme cartésien,de dissoudre de façon réductionniste la spécificité humaine dans le reste du vivant. Il est d’ailleurs notoire que les adversaires de l’écologie profonde l’ont fréquemment accusée derenouer avec l’inspiration des vieux cultes païens.Mais il n’y a pas que l’écologie. Certains milieux néoféministes, principalement aux Etats-Unis, mais aussi ailleurs, se montrent aujourd’hui singulièrement réceptifs au idées « païennes ». Que cette réceptivité s’inscrive souvent dans le cadre d’une idéologie du type New Age ne l’empêche pas d’être symptomatique. Dans Noa Noa, Gauguin disait : « Les dieux d’autrefois se sont gardé un asile dans la mémoire des femmes ». Je crois, moi aussi, qu’il y a un élément fondamentalement « féminin » dans le paganisme.Pas seulement parce que les « sorcières » ont parfois été considérées comme des « femmes sages » qui auraient su conserver d’anciennes croyances (la vérité est que nous ne savons pas grand chose là-dessus). Pas seulement non plus parce que le paganisme dont nous avons hérité est aussi le paganismepré-indo-européen, qui, comme on le sait, accordait aux divinités féminines une place  essentielle : derrière le culte marial chrétien, on retrouve sans peine la Déesse-Mère des civilisations néolithiques pré-indo-européennes. Pas seulement enfin parce que les traditions païennes qui nous sont le mieux parvenues sont celles qui avaient trait à la troisième fonction, au sens dumézilien du terme, et que cette fonction, liée de façon privilégiée au milieu rural dans lequel ces traditions ont été conservées, correspond notamment au domaine de la production et de la reproduction. (Le paganisme a survécu grâce au peuple, aux paysans et aux  femmes, beaucoup plus que grâce aux élites, aux citadins et aux hommes. Et c’est également au sein de la troisième fonction qu’ont été intégrées la plupart des croyances issues du fond pré-indo-européen). Mais aussi, tout simplement, parce que le paganisme, comme toute religion cosmique et traditionnelle, possède de nombreuses caractéristiques qui l’apparentent symboliquement à la nature et à l’univers féminins.

Que la société indo-européenne soit essentiellement patriarcale, que son panthéon s’organise en général autour d’un Dieu-Père, que son univers fasse une place importante aux valeurs masculines et guerrières, ne doit pas faire illusion sur ce point. La comparaison avec l’univers biblique, qui est lui proprement masculin, est révélatrice. Typiquement masculin est en effet le primat de la Loi (par rapport aux moeurs), de l’écoute (par rapport à la vue), du logos (par rapport à la physis), du concept (par rapport à l’image), de l’abstrait (par rapport au concret), de l’histoire (par rapport au mythe). Masculine est également la conception linéaire de l’histoire, conception rectiligne opposée à la vision cyclique ou sphérique, qui perçoit l’univers comme un grand organisme soumis de toute éternité à la loi des cycles. Inversement, la mentalité féminine, dans ce qu’elle peut avoir de plus spécifique, rejoint directement la pensée païenne dans la mesure où l’une et l’autre se caractérisent par une approche plus globale (plus holiste) des choses, une approche plus concrète (mais faisant en même temps une plus grande place à l’imaginaire) que strictement analytique ou conceptuelle, une plus grande proximité par rapport au corps, aux réalités charnelles, à la nature conçue comme totalité se donnant àsaisir au travers du visible, etc. Cet aspect-là, que je crois fondamental, a souvent été perdu devue.

 5 – On a parfois l’impression que Dieu est absent du néopaganisme. On y parle volontiers  de sacré ou de mythe, plus rarement du divin. Nos critiques d’inspiration chrétiennes posent d’ailleurs volontiers l’équation : paganisme = athéisme. Cette absence de Dieu (oudes dieux) résulte-t-elle d’une simple inflexion terminologique, le sacré équivalant en faitau divin ? Cela signifie-t-il au contraire que le paganisme ne reconnaît aucune transcendance ? Enfin, pour synthétiser cette question, le paganisme suppose-t-il une foi ou une croyance ?

 D’abord une simple remarque : le mot « dieu » (indo-européen *deywÓ-) est un mot strictement païen, qui trouve son origine dans la désignation indo-européenne du « cieldiurne » (*dyew-). La Bible ne parle jamais de « Dieu ». Elle parle de Iahvé, d’Adonaï, d’Elohim, de l’Eternel, du Père, du Christ, du Messie – quand elle parle de « Dieu », c’est enfaisant appel à un terme d’origine païenne ! J’ai maintes fois expliqué que ce qui spécifie le christianisme, et avec lui les autres religions« abrahamiques », ce n’est nullement le monothéisme (qui, à l’origine, n’est qu’une monolâtrie), mais son ontologie dualiste, en l’occurrence la distinction qu’il opère entre l’Etrecréé et l’Etre incréé.Ce qui contient implicitement toute le foi chrétienne, ce ne sont pas lespremiers mots du credo : « credo in unum Deum », mais bien ceux qui suivent :«patremomnipotentem, factorem coeli et terrae ». Ce trait distinctif sépare de manière radicale les religions issues de la Bible, qui sont des religions « historiques », de toutes les autres religionsdu monde, qui sont des religions « cosmiques ». Le dualisme chrétien s’exprime à laperfection dans cette formule du IVe concile du Latran : « Car entre le créateur et la créatureaucune ressemblance ne peut être affirmée, sans que celle-ci implique une dissemblance encore plus grande ». Posant le monde comme le résultat d’une création contingente qui, par définition, n’ajoute rien à la perfection de son créateur, ce dualisme affecte le monde d’un moindre-être, et donc le dévalorise. « N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde », liton dans la Première épître de Jean (2,15). Dans le christianisme, cet impératif constitue le fondement négatif de l’amour de Dieu et de l’amour d’autrui, par opposition à tout solidaritéavec une « nature inférieure ». Etant désacralisé, profané au sens propre, c’est-à-dire rejeté du côté du profane, le monde se trouve alors transformé en objet. Comme l’ont montré des auteurs aussi différents qu’Etienne Gilson, Alexandre Koyré ou Martin Heidegger, il n’est plus une partie du cosmos, formant un tout harmonieux où les hommes et les dieux coexistent dans le visible et l’invisible, mais un simple objet qui peut à bon droit devenir la proie de l’arraisonnement technicien. Ainsi se trouve ouverte la voie qui mène à la sécularisation, et donc à l’athéisme.L’accusation d’athéisme portée par les chrétiens contre le paganisme est donc totalement dénuée de sens. L’athéisme apparaît avec le christianisme, comme cette forme de négation qui lui est propre.Le nouveau statut que le christianisme attribue à l’homme est aussi celui sans  lequel l’homme ne pourrait pas s’opposer à lui. L’athéisme continue d’ailleurs à opposer Dieuet le monde. Il n’explique plus l’un par l’autre, mais les met en concurrence, donnant au secondtout ce qu’il entreprend méthodiquement d’enlever au premier. Il veut démontrer que Dieu n’existe pas, exactement comme les chrétiens se sont évertués à prouver son existence, alorsque l’idée de Dieu ne saurait s’énoncer sous l’horizon de la preuve. L’athéisme chrétien est donc bel et bien un phénomène moderne, qui implique le théisme chrétien comme l’antithèse sans laquelle il ne pourrait pas exister. Dans le paganisme, il en va autrement. Les peoples païens n’ont pas connu l’athéisme, du moins au sens que nous lui donnons. Je pense donc que le paganisme est incompatible avec l’athéisme, si l’on définit ce dernier comme la negation radicale de toute forme de divin ou d’absolu. J’ajouterai que le paganisme n’est pas non plus « prométhéen », mais implique au contraire le refus de cette hybris titanesque qui conduit l’homme à destituer les dieux dans le vain espoir de se mettre à leur place.

Cela dit, croire que les païens vénéraient leurs dieux comme les chrétiens adorent le leur serait une erreur. A la fois immanent et transcendant, le Dieu des chrétiens n’existe qu’à partir de luimême, comme autosuffisance absolue, réalité absolument inconditionnée et liberté parfaite. Et c’est comme tel qu’il se   révèle à l’homme. Dans le paganisme, il n’y a pas de révélation, mais plutôt monstration, dévoilement, épiphanie. Le monde dans sa totalité est transparent au divin.

D’autre part, alors que dans le christianisme, la relation de l’homme à Dieu est avant tout hiérarchique (je dois obéir à Dieu), dans le paganisme, la relation de l’homme aux dieux est avant tout de l’ordre du don et du contre-don : le dieux me donnent, je donne aux dieux. Le sacrifice n’est pas témoignage d’obéissance, mais façon de maintenir et de contribuer à l’ordre du cosmos.

Les dieux, pourrait-on dire, ne sont pas le dernier mot du paganisme, précisément parce que le paganisme place les dieux eux-mêmes sous l’horizon de l’Etre. On connaît les admirables paroles d’Héraclite : « Ce monde-ci, le même pour tous, nul des dieux ni des hommes ne l’afait. Mais il était toujours là, est et sera. Feu éternel s’allumant en mesure et s’éteignant en mesure » (fragm. 30). Il permet de comprendre pourquoi le mythe place le Destin au-dessus des dieux. Et aussi pourquoi le paganisme donne tant d’importance au raisonnement par analogie, où Platon voyait le plus beau de tous les liens, car où il se fonde sur l’idée d’uneharmonie inhérente au cosmos.

Quant à savoir si le paganisme est une foi ou une religion, il faudrait commencer par se demander si l’usage indiscriminé du mot « religion » pour désigner n’importe quelle forme de croyance attestée dans le monde, ne constitue pas une facilité sémantique ayant surtout l’avantage de permettre à nos contemporains de disserter sur la prétendue « convergence » de ces religions, que ce soit dans une perspective oecuménique ou dans celle d’une imaginaire« Tradition primordiale ». Dans le Nord de l’Europe, en tout cas, le mot « religion » est un terme d’importation étrangère. Je serais tenté, pour ma part, de dire qu’un païen ne croit pas, mais qu’il adhère. Et que cette adhésion, indissociable d’une appartenance collective, implique une pietas, qui est la claire conscience de l’assomption de la finitude comme réalité commune.

 

6 – Depuis quelques temps, on assiste à une offensive assez délirante visant à assimiler le paganisme à des pratiques morbides, comme les profanations de sépultures, ou au « satanisme » professé dans certains milieux musicaux « hard » plus ou moins liés àl’extrême droite. Que t’inspire ce parallèle ? Plus largement, le paganisme est-il nécessairement antichrétien ? A l’inverse, le christianisme a-t-il toujours été antipaïen ?

 Il ne fait pas de doute que le « satanisme » n’est que du christianisme inversé. Adorer Satan, c’est adorer l’Ange déchu, c’est-à-dire le double négatif du Dieu de la Bible. La contradiction de toute démarche « sataniste », c’est qu’elle ne peut se passer du Dieu auquel elle prétend s’opposer, car dans le cas contraire ses « transgressions » n’auraient aucun sens. A quoi bonblasphémer contre Dieu si l’on est convaincu qu’il n’existe pas ? Quel sens peut avoir la profanation d’une hostie si celle-ci n’est qu’une rondelle de pain azyme ? On pourrait dire de ce point de vue que le « satanisme » contribue sur le versant noir à la pérennité du christianisme – en même temps qu’il fournit aux journaux en mal de copie un « sensationnel » bien dans l’esprit du temps. Sur les milieux auxquels tu fais allusion, il n’y a pas grand chose à dire. On y trouve surtout des adolescents désireux de surenchérir dans la provocation, qui naviguent entre fanzines éphémères et créations musicales agressives, de style « hard metal » ou « black gothic ».Certains sont de francs psychopathes, qui se sentent invinciblement attirés par la brutalité, les cimetières, les messes noires, voire la nécrophilie. Le plus grand nombre, heureusement, n’ontsubi que l’influence de la bande dessinée et de la science-fiction ! Leur « paganisme » consiste essentiellement à rêver sur des héros à gros biceps et maxillaires en béton, ou à faire l’apologie de ce qui est le contraire même du paganisme : la violence pure et le chaos.

Peut-être faudrait-il, les concernant, parler de paganisme style Conan le Barbare ou Donjons et Dragons. Les rapports entre christianisme et paganisme sont une question autrement plus complexe, et la vérité oblige à dire qu’ils ont souvent été sanglants. Alors que sous l’empire romain, leschrétiens n’avaient jamais été inquiétés que pour des raisons religieuses, l’Eglise a pendant plus d’un millénaire persécuté les païens pour des motifs religieux. Le paganisme a été interditdans l’empire romain en 392, avant d’être puni de mort en 435. L’ère du massacre moralement justifié, et même recommandé, commence historiquement avec les hécatombes ordonnées par Iahvé (Deut. 7,16 ; 20,16). Celle des guerres de religion, et aussi celle des hérésies (terme quin’a tout simplement pas de sens dans le paganisme), se poursuit avec le christianisme. Durant l’Antiquité tardive et le bas Moyen Age, l’évangélisation a entraîné l’éradication du paganisme par tous les moyens. A partir des XIe et XIIe siècle, comme l’a bien montré Robert Moore, la société occidentale devient, sous l’impulsion des princes et des prélats chrétiens, une société structurellement persécutrice. Au sein de cette société, une partie censée incarner le « mal » –qu’il s’agisse des païens, des hérétiques, des juifs, des « lépreux », des « sodomites », des « sorcières », etc. – doit désormais être mise à l’écart, et parfois même éradiquée.

L’intolérance chrétienne, fondée sur l’impératif de conversion et sur la croyance en un bien et un mal absolus, aboutit ainsi à la ségrégation. Sa transposition dans la sphère profane donnera lieu à toutes les pratiques normatives d’exclusion, de relégation et d’enfermement des « nonconformes» étudiées par Michel Foucault. Cela amène à douter de l’opinion de René Girard, selon qui le christianisme est la seule religion à ne pas recourir à la pratique du bouc émissaire, c’est-à-dire à ne pas faire de la persécution et du recours à l’infamie légale un desmoyens de la cohésion sociale.

Les chrétiens ont d’abord dénoncé le paganisme comme un culte rendu à des « idoles » ou àdes démons. Dans un second temps, ne parvenant pas à déraciner les croyances populaires, Ils ont repris à leur compte tout ce qui, dans la tradition païenne, pouvait être « récupéré » sans porter atteinte aux fondements essentiels de leur foi. Le christianisme occidental est ainsi devenu un phénomène mixte, qui a pu finalement se présenter, ainsi que le disait le P. Festugière, « comme l’achèvement de ce qu’avaient pensé déjà les meilleurs d’entre lesvpaïens ». Il faut bien voir en réalité qu’un tel héritage n’a été accepté qu’après avoir été rendu inoffensif. Au Moyen Age, l’auteur de la vie de saint Eloi (Vita Eligii) prononce encore contre les lettres païennes de révélatrices invectives inspirées de saint Jérôme : « Que nous conseillent dans leur philosophie Pythagore, Socrate et Aristote ? Quel profit retirons-nous de la lecture de ces poètes criminels qui se nomment Homère, Virgile et Ménandre ? En quoi sont utiles à la société chrétienne Salluste, Hérodote, Tite-Live, qui racontent l’histoire des païens ? En quoi les discours de Lysias, Gracchus, Démosthène et Cicéron, exclusivement occupés de l’art oratoire, peuvent-ils être comparés aux doctrines pures et belles du Christ ? »

Quand on parle des rapports entre le paganisme et le christianisme, on doit donc prendre en compte en même temps deux données fondamentales. D’un côté, sur le plan doctrinal, il n’y a aucune conciliation possible entre la théologie chrétienne et l’ontologie païenne. D’autre part, sur le plan historique et sociologique, il est évident que le christianisme se présente comme un phénomène mixte, ce qui l’a par exemple conduit à développer une sorte de polythéisme inavoué par le biais du culte marial et du culte des saints. C’est ce dont témoigne le christianisme populaire. Fernando Pessoa, là encore, me paraît voir juste quand il écrit : « Ce que le païen accepte le plus volontiers dans le christianisme, c’est la dévotion populaire aux saints, c’est le rite, ce sont les processions [...] Le païen accepte volontiers une procession, mais tourne le dos à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. L’interprétation chrétienne du monde lui soulève le coeur, mais une fête de l’Eglise avec ses lumières, ses fleurs, ses chants […] tout cela il l’accepte comme autant de bonnes choses, même issues d’une chose mauvaise, car ce sont des choses véritablement humaines et elles sont la manifestation païenne du christianisme ». On notera en passant que c’est à cette « manifestation païenne du christianisme » que les chrétiens traditionalistes sont souvent le plus attachés, tandis que le courant moderniste veut au contraire l’éliminer.

Dans la biographie qu’il a consacré à Heidegger, Rüdiger Rafranski rapporte une anecdote qui va dans le même sens. Lorsqu’il entrait dans une chapelle ou une église, Heidegger portait toujours la main dans le bassin d’eau bénite et faisait une génuflexion. Cela avait surpris Max Müller qui, raconte Safranski, « lui demanda un jour si son attitude n’avait pas quelque chose d’inconséquent, puisqu’il avait rejeté les dogmes de l’Eglise ». Heidegger répondit : « Il faut penser historiquement. Et dans un lieu où l’on a tant prié, le divin est proche d’une façon toute particulière ». C’est une belle réponse.

Tout ceci pour dire qu’un paganisme qui ne se définirait que par son opposition aux dogmes chrétiens se condamnerait par là même à n’avoir d’identité que par rapport à eux. Ce serait encore du christianisme retourné (au sens où Joseph de Maistre distinguait la Contre- Révolution d’une « révolution en sens contraire »). C’est la raison pour laquelle, tout en étant évidemment critique vis-à-vis du christianisme, je ne me définirai personnellement pas comme antichrétien, mais plutôt comme a-chrétien.

Le paganisme se voulant hospitalier à la différence, la notion de « guerre des religions » n’a tout simplement pas de sens pour lui. L’existence du christianisme ne le gêne donc pas plus que celle du judaïsme ou de l’islam. Il est même prêt à se batter en leur faveur, si leur liberté religieuse était menacée. Le problème ne commence qu’avec le prosélytisme. Du point de vue païen, toute volonté de convertir les autres – c’est-à-dire finalement de les changer, de les transformer en autre chose que ce qu’ils sont – est en effet une aberration. Le judaïsme, à cet égard, ne pose pas de problème, car il est avant tout la religion d’un peuple. L’islam est déjà plus problématique, car il se donne pour vocation d’excéder la civilisation qui l’a vu naître.

Mais c’est surtout le christianisme qui, par son universalisme, se condamne lui-même à ne pouvoir s’accommoder d’un paganisme qui sera toujours à ses yeux une injure à la « vraie foi » et un obstacle au règne du Christ. Entre ce désir chrétien de convertir le monde, qui est avant tout désir de produire et de reproduire autrui à travers son discours propre, et la conception chrétienne de l’« amour », je pense qu’il existe un lien puissant. Philippe Forget l’a bien mis en valeur dans un article sur les « vertus catholiques » paru dans la revue Panoramiques. « Le catholique prétend à l’amour, écrit-il, mais il rencontre toujours autrui à travers un sentiment d’incomplétude. Il veut le parachever. Il n’accueille donc jamais autrui dans son altérité singulière, son “étrangeté” foncière.

Il vise à lui ajouter du sens, son sens. Il n’admet donc pas l’autre dans son effectivité et ne peut le laisser croître vers l’excellence dans son identité singulière. L’autre est toujours quelque part en défaut. Il faut lui apporter la vérité [...] Thomas d’Aquin définissait l’amour comme convoitise : l’amour catholique est une incessante convoitise herméneutique, qui vise à immerger le sens d’autrui. Ici, le catholicisme, décelé dans son originarité, se révèle être la matrice de l’Occident, lieu d’une volonté insatiable qui, définissant et normant l’être d’autrui, s’incarne dans une planète de l’homogène. Autrui comme soi-même : telle est la fin (telos) de cette volonté qui s’origine dans le catholicité, et qu’ignorent le Grec, ennemi radical de toute démesure (hybris), le juif ou l’hindou ».

 

7 – Dans le passé, les religions ont toujours été normatives. Elles n’étaient pas seulement de grands récits exemplaires, mais imposaient le respect d’un certain nombre de normes.Cela est vrai, bien sûr, pour le christianisme, mais aussi pour les religions préchrétiennes. Les apôtres de la « tolérance païenne » ne peuvent tout de même pas oublier que Socrate a été condamné à boire la ciguë pour crime d’athéisme, ou que le refus de reconnaître le caractère divin du pouvoir impérial a parfois été sévèrementréprimé ! Le néopaganisme a-t-il la même prétention normative ? Le sacré qu’il débusque dans le monde peut-il à son tour définir des interdits, donc des lois ? Le néopaganisme, en d’autres termes, est-il neutre ou ordonnateur de valeurs ? A-t-il undiscours impératif sur le bien et le mal ?

 La question est à mon sens mal posée. Ainsi formulée, elle laisse supposer que la religion constitue nécessairement la source de la morale, ce qui ne va pas du tout de soi. Le christianisme est assurément une religion morale, puisque sa raison d’être est d’offrir une possibilité de « salut ». La faute morale se confond alors avec le péché, c’est-à-dire le manquement aux commandements de Dieu. Inversement, « si Dieu n’existe pas, tout est permis ». Mais il n’en est pas de même dans le paganisme. Les dieux du paganisme ne sont pas là pour sanctionner des manquements à la morale, encore moins pour se livrer à la comptabilité des bonnes et des mauvaises actions. Il peut même arriver que leurs propres actions nous paraissent « immorales ». Cela signifie-t-il que les païens sont affranchis de toute norme éthique ? Evidemment pas. Cela signifie seulement que pour eux la religion n’est pas le fondement de la morale, ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas d’être normative en un autre sens (tout rite est normatif, sans être pour autant moral). Lorsque Titus, Pythagore ou Publius Syrus recommandent instamment de pratiquer la charité, lorsque Sénèque ou Marc-Aurèle prônent la bienveillance et la générosité, ils n’ont nul besoin de fonder leurs exhortations sur un décret des dieux. Platon affirme certes qu’aucune morale n’est possible sans la croyance en une rétribution dans l’au-delà. Pourtant, Aristote écrit l’Ethique à Nicomaque, alors qu’il nie explicitement l’immortalité personnelle de l’âme. C’est que la morale païenne n’est pas une morale de la rétribution : moralement, l’homme n’a pas besoin d’être « sauvé », mais d’être aidé à se construire lui-même.

L’humanité n’a pas attendu le christianisme pour avoir des préoccupations morales. Une société qui ne distinguerait pas entre ce qui est moralement bon et moralement mauvais ne pourrait en effet tout simplement pas exister. Il y a de quoi rire, de ce point de vue, quand onlit dans certaines publications « néo-païennes » que le bien et le mal n’existent pas pour un païen (ou encore que la « morale païenne » se ramène au point de vue hédoniste libéral :« Fais tout ce qui te plaît, pour autant que cela ne nuise pas à autrui ») ! Cependant,l’idéalisme kantien est lui-même bien incapable de déterminer le fondement de l’exigence morale – c’est-à-dire, selon Kant, la source de l’aspiration à une volonté pure et formellement autonome. Aristote voit plus juste quand il dit que la morale est une « vertu héritée »(Politique, 4, 9). La source fondamentale de la morale est en fait la plasticité humaine.

L’homme n’est pas entièrement déterminé par ses instincts, et ses instincts ne sont pasentièrement programmés dans leur objet. Il en résulte qu’il est toujours en position de se construire ou de se perdre, de s’abaisser ou de se grandir, et que la réalisation de ses désirspeut aussi bien entraîner sa destruction. N’étant pas intégralement agi par sa nature, étant comme le dit Héraclite capable du meilleur comme du pire, il ne peut se construire lui-même  à partir des présupposés de sa nature qu’à condition de disposer d’un code moral qui donne un sens à ces mots : le meilleur et le pire. C’est en ce sens que l’on peut dire que la morale, avant d’être inculquée et apprise, se fonde d’abord sur une disposition (hexeis), au sens aristotélicie du terme.

Quand on parle de morale, je crois par ailleurs qu’il faut distinguer trois niveaux différents. Ily a d’abord les règles morales élémentaires qui sont indispensables à toute vie en société. Ces règles sont a peu près universelles, ce qui donne à penser qu’elles ont été acquises au cours de l’évolution de l’espèce. Elles se traduisent par des lois déterminant les conduites de façon telle que celles-ci puissent répondre aux exigences de la morale même si ce n’est pas le sens moral(mais par exemple la peur de la sanction) qui les inspire. Il y a ensuite les valeurs (ou les systèmes de valeurs) éthiques qui se sont cristallisées au sein des différentes cultures, et qui peuvent varier considérablement d’une culture à l’autre. Ces valeurs ont aussi un contenu social, mais leur transgression n’est pas toujours sanctionnée par la loi. Dans le paganisme, le système de valeur dominant est de toute évidence le système de l’honneur, qui met avant tout l’accent sur le don, la gratuité, la fierté, la parole donnée. Jean-Pierre Vernant, après Dodds et bien d’autres, a très justement décrit la Grèce antique comme une « culture de la honte et de l’honneur opposée aux cultures de la faute et du devoir ». « Quand un Grec a mal agi, écrit-il, il n’a pas le sentiment de s’être rendu coupable d’un péché, qui serait comme une maladie intérieure, mais d’avoir été indigne de ce que lui-même et autrui attendaient de lui, d’avoir perdu la face. Quand il agit bien, ce n’est pas en se conformant à une obligation qui lui serait imposée, une règle de devoir décrétée par Dieu ou l’impératif catégorique d’une raison universelle. C’est en cédant à l’attrait de valeurs, tout à la fois esthétiques et morales, le Beau et le Bien. L’éthique n’est pas obéissance à une contrainte, mais accord intime de l’individu avec l’ordre et la beauté du monde » (Entre mythe et politique).

Le troisième niveau, enfin, correspond à l’éthique des vertus, c’est-à-dire à l’effort qu’on doit exercer sur soi-même pour parvenir à l’excellence grâce à la pratique des vertus. (Le terme est évidemment à prendre dans son sens originel de « bonne qualité naturelle »). Cette éthique des vertus possède une dimension plus personnelle évidente, mais elle n’est pas non plus indépendante du système de valeurs dans lequel elle s’exerce. Le mot « éthique » renvoie au grec éthos, « habitude », tout comme le mot « morale » renvoie au latin mores, « les moeurs ».

Aristote dit que les vertus ne surgissent pas en nous par nature ni contre nature, mais que nous sommes par nature capables de les acquérir et d’atteindre à l’excellence par l’habitude, c’est-àdire par un désir continu de construction de soi.

La différence entre païens et chrétiens n’est donc pas du tout une différence « morale », au sens où les uns se conduiraient moralement mieux que les autres. Elle porte bien plutôt sur les fondements et les motifs de l’acte moral, et sur les valeurs que les uns et les autres choisissent de privilégier. Vladimir Soloviev soutenait par exemple que seule la pitié peut servir de fondement intérieur au rapport moral avec autrui. Cette idée est étrangère au paganisme, selon lequel il y a d’autres façons de reconnaître la valeur des autres qu’en se bornant à éprouver de la pitié pour eux. De même, la question n’est pas de savoir si la morale est nécessaire ou superflue, car sa nécessité est évidente, mais de savoir si le sens même de notre présence au monde et si ce monde lui-même sont redevables d’un jugement moral, ce que je ne crois évidemment pas. Le paganisme ne porte pas de jugement moral sur le monde. Il n’y a pour lui qu’un seul Etre, et il n’y a pas de bien supérieur à cet Etre.

Quant au procès de Socrate, qui est un cas d’exception, on ne peut le comprendre qu’en le remplaçant dans son contexte politique. Je rappellerai seulement que les disciples de Socrate n’ont jamais été persécutés et que le plus célèbre d’entre eux, Platon, put enseigner sans obstacle dans son académie. Mais je relèverai aussi que le procès de Socrate présente au moins l’intérêt de montrer que, contrairement à ce que certains ont affirmé un peu vite, les Anciens croyaient à leurs mythes. Dans le cas contraire, en effet, le meilleur moyen de perdre Socrate n’aurait certainement pas été de l’accuser d’« athéisme » ! André Neyton écrit que « la foi absolue de la très grande masse païenne pendant plusieurs millénaires ne peut pas être mise en doute ». Si ce n’avait pas été le cas, il n’aurait pas été nécessaire de persécuter les païens pendant des siècles pour les faire renoncer à leur foi déjà perdue.

 

8 – Le ton de Comment peut-on être païen ? était assez nietzschéen. Depuis, tes écrits surle sacré – je pense à L’éclipse du sacré et aussi à L’empire intérieur – paraissent s’inspirer plus volontiers de Heidegger. Quelle a été l’influence du maître de Fribourg sur taréflexion ? Les grands thèmes de la pensée heideggerienne définissent-ils selon toi uneontologie « païenne » ?

Je pense en effet qu’en résolvant l’antinomie de l’Etre et du Devenir, et en séparant de façonradicale métaphysique et ontologie, Heidegger restitue dans sa plénitude ce qu’il y a de plusprofond dans la conception païenne de l’Etre. L’Etre devient. L’Etre n’est pas le monde, mais il ne peut être sans lui. Le reproche essentiel que fait Heidegger à la métaphysique occidentaleest d’avoir prospéré sur l’oubli de l’Etre, et d’avoir créé les conditions d’une constante aggravation de cet oubli. La métaphysique occidentale ne considère l’Etre que comme raisonnécessaire, comme simple cause première de tous les étants. Cette approche a finalement débouché sur la subjectivité moderne, qui n’est que de la métaphysique réalisée. PourHeidegger, le début de tout travail de la pensée ne consiste pas à spéculer sur la raison d’être de l’étant, mais à méditer sur le fait qu’il y a quelque chose, et non pas rien. Or, je crois que le paganisme trouve lui-même sa source dans l’étonnement, dans le regard étonné qui se pose sur le monde et suscite cette question fondamentale : comment se fait-il qu’il y ait quelque chose,et non pas rien ?

Heidegger voit dans la Grèce antique le moment « auroral » de la pensée. Mais contrairement à d’autres avant lui, il n’entend pas se borner à relire Aristote ou Platon, car il estime que la philosophie grecque de l’époque classique repose déjà sur sa propre inadéquation vis-à-vis de l’essence de la vérité. L’origine de la pensée se trouve pour lui chez les présocratiques. Ce sont eux qui représentent l’origine la plus absolument originaire. Pour Heidegger, l’origine grecque fait signe en direction du « pas encore », en ce sens qu’elle contient toujours plus que ce qui a pu jusqu’ici tirer d’elle son origine, à savoir une « disposition » permettant d’appréhender l’Etre historialement, comme destin spirituel, de façon à créer les conditions grâce auxquelles le commencement pourrait être recommencé d’une façon plus authentique et plus originaire.C’est en cela que le dialogue avec les penseurs grecs de l’origine « attend encore d’être commencé ».

L’« origine » ne renvoie pas ici à un événement « primitif », ni même à un lieu déterminé.Elle signifie bien plutôt ce à partir de quoi la chose est ce qu’elle est, c’est-à-dire la provenance de son essence. Dans le paganisme, on ne peut de même aller que vers là d’où l’on vient, vers la donation première, où l’être se confond avec le don inaugural qui accorde l’homme à la totalité du monde, sans rien réduire de ce qui lui est propre. Ce rattachement aux fondements n’exclut aucune influence ultérieure. Il ne cherche pas à dégager un élément plus « pur » queles autres, mais se borne à reconnaître le rôle déterminant de ce qui fonde. Le « passé » commande l’expérience spirituelle, tout simplement parce que la mémoire constitue un lieu majeur d’enracinement du sacré. Toute conscience spirituelle est conscience d’un fondement lié à l’origine sans être pour autant antagoniste de l’histoire. L’histoire est ouverte aux influences les plus diverses. La conscience de l’origine les met en perspective en stimulant la faculté de mémoire. Le recours à la mémoire se trouve aujourd’hui directement affronté à une idéologie dominante qui ne s’inscrit que dans l’instantané (le perpétuel présent) et dans l’opératoire. Il constitue un contrepoids vital à l’omnipotence des procédures de domination du réel qui fonctionnent dans le seul registre de l’immédiateté et de l’efficacité.

 

9 – Certains critiques du néopaganisme, adeptes de la « reductio ad hitlerum » dénoncéejadis par Leo Strauss, affirment volontiers que le nazisme peut s’interpréter comme un grand mouvement païen du XXe siècle (les néopaïens devenant du même coup desnéonazis !). Quel a été exactement le rapport du nazisme à la religion ?

La fable d’un « paganisme nazi » n’a cessé d’être entretenue par certains à des fins de propagande évidentes. L’exaltation des « vieux Germains » sous le IIIe Reich a paru la cautionner, alors qu’elle n’avait qu’un caractère purement nationaliste et n’avait pas plus de signification « païenne » que l’exaltation de Vercingétorix sous le régime de Vichy. A cela se sont ajoutées des spéculations délirantes sur le « nazisme magique » ou l’« occultisme nazi »,qui n’ont cessé de tourner la tête des esprits faibles depuis l’époque du Matin des magiciens.

Tout cela ne correspond strictement à rien.

Le nazisme est d’abord un pur produit de la modernité. Historiquement, comme l’avait bien remarqué Denis de Rougemont, la révolution nationale-socialiste de 1933 est l’équivalent de la révolution française de 1789 et de la révolution russe de 1917. Toutes trois, en dépit de leurs

incontestables divergences doctrinales, se caractérisent par l’institution d’un parti unique, la dictature de salut public, la centralisation, la mobilisation des masses, l’usage délibéré de la terreur, la conviction d’inaugurer des « temps nouveaux », de produire une « humaniténouvelle », etc. Dans sa pratique, le nazisme fut un jacobinisme brun tout comme le bolchevisme fut un jacobinisme rouge. Sa devise (« Ein Reich, Ein Volk, Ein Fuher »), avec son insistance sur l’Unique, relève clairement du « monothéisme » politique. Né en Bavière, terre catholique par excellence, le parti nazi, quoique moins monolithique qu’on a pu le penser(le « Fuhrerstaat » était à bien des égards une polycratie), sécularise en outre la conception catholique de l’institution. Il se présente comme une Eglise dirigée par un pape infaillible (leFuhrer), avec son clergé (les fonctionnaires du parti), son élite de « jésuites » (la SS), ses vérités dogmatiques, ses excommunications, ses persécutions contre les « hérétiques ».Le 24e point du programme officiel de la NSDAP, adopté à Munich le 24 février 1920, stipule que « le parti en tant que tel défend le point de vue d’un christianisme positif, sans se lier à une confession précise ». Par « christianisme positif » (positives Christentum), il faut entendremau plan idéologique un christianisme aussi déjudaïsé que possible, et surtout, au plan politique, un christianisme s’abstenant de toute opposition au régime. En janvier 1933, c’estd’ailleurs avec l’appui du parti catholique, le Zentrum, alors dirigé par Franz von Papen, que Hitler parvient au pouvoir. C’est également avec les voix du Zentrum qu’est votée le 23 mars 1933 la loi lui accordant les pleins pouvoirs pour quatre ans (Ermächtigungsgesetz). Le 20 juillet, un concordat est signé entre le Reich et le Vatican, grâce aux efforts de Franz von Papen et de Mgr Ludwig Kaas. Il oblige les évêques à prêter serment au Reich. Cette signature soulève une opposition immédiate dans les milieux antichrétiens. Von Papen sera par la suite nommé ambassadeur du Reich en Turquie, avant d’être élevé après la guerre à la dignité de camérier du pape par Pie XII.

Dans Mein Kampf, Hitler exprime sa volonté expresse de ne pas s’engager dans des querelles religieuses. « C’est la volonté de Dieu, écrit-il, qui a jadis donné aux hommes leur forme, leur nature et leurs facultés. Détruire son oeuvre, c’est déclarer la guerre à la création du Seigneur, à la volonté divine. Ainsi chacun doit agir – bien entendu, au sein de son Eglise – et chacun doitconsidérer comme le premier et le plus sacré des devoirs de prendre position contre tout homme qui, par sa conduite, ses paroles ou ses actes, quitte le terrain de sa propre confessionpour aller chercher querelle à l’autre confession ». « Je n’hésite pas à déclarer, ajoute-t-il, que je vois dans les hommes qui cherchent aujourd’hui à mêler le mouvement raciste aux querellesreligieuses, de pires ennemis de mon peuple que ne peut être n’importe quel communiste internationaliste [...] Ce sera toujours le premier devoir des chefs du mouvement nationalsocialiste de s’opposer, de la façon la plus décidée, à toute tentative faite pour engager le mouvement national-socialiste, et d’exclure immédiatement des rangs du parti, ceux qui feraient de la propagande pour de tels projets ».

Hitler raisonnait en fait en politique. Il savait que ses électeurs étaient en majorité catholiqueou protestants, et n’avait que mépris pour les groupes völkische ou néopaïens, apparus dès le début du siècle, qui se proposaient de combattre ouvertement le christianisme. « Cesprofesseurs obscurantistes qui propagent leurs religions nordiques ne font que tout gâcher », disait-il. Parallèlement, comme tout dictateur, il contestait aux Eglises le droit « de se mêler des affaires temporelles », c’est-à-dire d’interférer avec sa politique. Son objectif officiel était la « déconfessionnalisation de la vie publique ». La vie religieuse était ainsi rabattue sur le privé, dans la meilleure tradition du laïcisme. Dès 1928, il fait exclure Artur Dinter, à qui il reprochait de vouloir fonder une Eglise chrétienne où les catholiques auraient été placés en position subordonnée. Lui-même, d’ailleurs, continua jusqu’à sa mort d’acquitter sa cotisation à l’Eglise catholique. Convaincu que « l’Etat doit demeurer le maître absolu », ce qu’il aurait en fait souhaité, c’est une Eglise nationale entièrement détachée de Rome. « Contre une Eglise qui s’identifie à l’Etat, comme c’est le cas en Angleterre, je n’ai rien à dire », déclarait-il le 1erdécembre 1941. C’est la raison pour laquelle il encouragea la mouvance des « chrétiens allemands » (Deutsche Christen), organisée dès 1925 au sein de la Deutsch-christliche Arbeitsgemeinschaft qui, sous le IIIe Reich, se définissait comme la « branche intraecclésiastique du mouvement national-socialiste ».

Le paganisme n’était toléré sous le IIIe Reich que pour autant qu’il restait cantonné dans le domaine privé et n’entrait pas en conflit avec la politique officielle. Mais les groupes païens furent en fait progressivement
mis au pas, tout comme le furent les Eglises, notamment après la publication de
l’encyclique Mit brennender Sorge, en 1937. Le Tannenbergbund du couple
Erich et Mathilde Ludendorf fut interdit dès 1933,
et le Bund für deutsche Götterkenntnis, qui lui succéda en 1937, fut aussitôt placé en liberté surveillée. L’indologue et sanskritiste Jakob Wilhelm Hauer
dut abandonner dès mars 1936 la présidence de la Deutsche Glaubensbewegung. «
La Foi allemande et les Juifs tirent sur la même ficelle ! », proclamait en
1938 le journal antisémite Der Sturmer ! Friedrich
Bernhard Marby
, fondateur en 1931 du Bund der Runenforscher et éditeur
de la Marby-Runen-Bucherei, se vit interdire toute activité éditoriale à partir
de 1935. Arrêté en mars 1937, condamné à la détention à vie, il passa près de
neuf ans en camp de concentration, notamment à Dachau et Flossenburg, avant
d’être libéré en 1945 par les troupes alliées. H.A. Weiss-Haar
(Kurt Paehlke),
fondateur en 1918 du Bund der Guoten, fut lui aussi
interné jusqu’à la fin de la guerre au camp de Bergen-Belsen.

L’écrivain et dramaturge völkisch Ernst Wachler, fondateur en 1903 du Herzer Bergtheaterprès de Thale, fut poursuivi pour raisons « raciales »et mourut en septembre 1944 au camp de Theresienstadt. Wilhelm Kusserow, fondateur en 1935 de la Nordische Glaubensgemeinschaft, fut dénoncé comme « agent britannique ». En 1941, pratiquement tous les groupes païens avaient été interdits.

En privé, Hitler se montrait certes plus radical envers les Eglises. Mais la critique qu’il leur adressait n’avait strictement rien de « païen ». Elle relève beaucoup plus du rationalisme et du scientisme le plus plat. La lecture des « propos de table » (Tischgespräche), parus chez Flammarion en 1952, est à cet égard édifiante. A l’Eglise catholique, dont il admire néanmoins l’habileté séculaire à conjuguer pouvoir spirituel et temporel, Hitler reproche avant tout d’« exploiter la bêtise humaine ».

La religion n’est pour lui qu’« obscurantisme » et « superstition », auxquels s’opposent, comme chez les Lumières, l’« esprit scientifique » et les prérogatives de la « raison ». « Il n’est pas question, déclare-t-il le 23 septembre 1941, que jamais le national-socialisme se mette à singer une religion par l’établissement d’un culte. Son unique ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui ne soit rien de plus qu’un hommage à la raison ». Et le 14 octobre 1941, en présence de Himmler : « L’homme, alourdi par un passé de superstition, a peur des choses qu’il ne peut, ou ne peut pas encoreexpliquer – c’est à dire de l’inconnu.

Si quelqu’un éprouve des besoins d’ordre métaphysique, je ne puis le satisfaire avec le programme du Parti. Le temps coulera jusqu’au moment où la science pourra répondre à toutes les questions [...]

Les mythes se délabrent peu à peu. Il ne reste plus qu’à apporter la preuve que dans la nature nulle frontière n’existe entre l’organique et l’inorganique. Quand la connaissance de la nature sera largement répandue [...] alors la doctrine chrétienne sera convaincue d’absurdité [...] La science a déjà imprégné l’humanité.

Ainsi, plus le christianisme s’accroche aux dogmes, et plus son déclin sera rapide [...] Rien ne serait plus stupide à mes yeux que de rétablir le culte de Wotan. Notre vieille mythologie a perdu toute valeur lorsque le christianisme s’est implanté en Allemagne [...] Un mouvement comme le nôtre ne doit pas se laisser entraîner dans des digressions d’ordre métaphysique.

Il doit s’en tenir à l’esprit de la science exacte » !

Comme l’ont reconnu beaucoup de ceux qui ont étudié sérieusement l’idéologie nazie, le national-socialisme apparaît en fin de compte comme une religion millénariste de salut.

Religion sécularisée bien entendu, mais néanmoins parfaitement reconnaissable, qui vise, au travers d’une liturgie de masse envoûtante, mettant en scène de façon spectaculaire les espoirs et les peurs de chacun, au travers également d’un culte du chef présenté comme un sauveur envoyé par la Providence, à réaliser une promesse de salut collectif, fondée sur une transformation totale de la vie, une domination absolue de la Terre et l’instauration d’un « règne » de mille ans. Comme dans toutes les religions séculières de ce type, la réalisation du nouveau millennium implique l’élimination des agents du mal et de la corruption. Telle est la fonction dévolue à l’antisémitisme hitlérien qui, tout en s’inscrivant sur fond de philosophie d’inspiration socialedarwinienne

(« le succès justifie le droit »), réinterprète en même temps l’histoire en terme de Bien (l’Aryen) et de Mal (le Juif) absolus ; il faut que l’un disparaisse pour que l’autre puisse survivre. « Le Juif, écrit Hitler dans Mein Kampf, accomplit sa funeste mission, jusqu’au jour où une autre puissance se dressera contre lui et le rejettera, après une lutte féroce, lui l’assaillant des cieux, chez Lucifer » ! La « race des seigneurs » n’étant de toute evidence qu’une caricature de l’idée d’élection, il n’est pas exagéré de parler ici de messianisme mimétique. Jean-Joseph Goux, dans son livre Les iconoclastes, l’a très bien remarqué : la « théologie pratique » du nazisme est entièrement commandée par une obsession judéophobe qui pousse Hitler à poser le peuple allemand en « peuple élu » rival du peuple juif, c’est-à-dire à tenter de déplacer en direction de son peuple le « fantasme religieux de l’Alliance ». A Hermann Rauschning, il aurait d’ailleurs déclaré : « Il ne peut y avoir deux peuples élus. Nous sommes le peuple de Dieu. Ces quelques mots décident tout ». Un tel délire est évidemment tout à fait étranger au paganisme qui, selon moi, ne saurait admettre que des hommes ou des femmes soient persécutés pour leur appartenance à un peuple. « Autant que le dieux jaloux des monothéismes chrétien et musulman, le délire raciste était totalitaire, écrit François Perrin. Le paganisme ne l’était pas » (Franc-parler). C’est également ce que rappelait récemment Christopher Gérard dans la revue Antaios : « La faute suprême est ce que les Grecs, nos maîtres, appelaient l’hybris, la démesure [...] Le plus terrible exemple d’hybris contemporain, ce sont les totalitarismes modernes qui, à force de vouloir “changer l’homme”, ne font que l’avilir ».

Cet article fut emprunté à; http://www.alaindebenoist.com/pages/textes.php?cat=entretiens&lang=fr

 

 

 

 

La Voie initiatique

Créé par le 02 jan 2009

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Caverne sur l’ Ile d’Anticosti, Québec

Pourquoi les Druides n’ont-ils pas codifiés par écrit  leur enseignement? 

Je ne suis qu’un étudiant Québécois. J’ai découvert les racines de ma culture que depuis une dizaine d’années. Pour moi le Druidisme est à l’Occident ce qu’est le  Bouddhisme à l’Orient, soit une Sagesse, une Lumière.   

 Dans l’étude du Druidisme et des traditions celtiques, deux écoles s’affrontent : l’école académique qui déclare que la tradition des druides est morte au Ve siècle avec  les persécutions et l’autre qui proclame qu’une grande partie de l’héritage des druides  et des druidesses est encore vivant. Cet héritage culturel se serait transmis  à  travers les siècles via de nombreux canaux dont nous parlerons.

Pour les besoins de cet article, je suis allé piger dans mon expérience personnelle .

Depuis trente ans, j’étudie le bouddhisme, les voies martiales traditionnelles japonaises (kobudo) et la culture japonaise.Au Japon, dans les écoles traditionnelles, il y a un enseignement ouvert à tous ( exotérique) et un enseignement réservé  aux élèves( ésotérique) qui deviendront professeur et  qui transmettront la tradition (ryu). Je ne parle pas de l’étude dans les fédérations qui sont des institutions impersonnelles , artificielles et très limitées dans leur corpus d’enseignement.  

 On appelle école traditionnelle la méthode d’enseignement et la passation des pouvoirs. Dans un ryu, l’enseignement est donné directement du maître aux élèves. Cette façon de faire rappelle  la relation du maître –apprenti  que l’on retrouve dans l’étude de diverses disciplines en Europe, au Moyen-âge.

Dans le Koryu, le professeur enseigne les techniques, la  vision du fondateur du ryu  , sa vision personnelle qui réactualise cette tradition  et il guide l’élève dans sa démarche spirituelle. Dans certaines traditions martiales, l’individu qui est accepté comme élève, fait serment sur son honneur et par le sang ( keppa) de ne jamais révéler les secrets de sa tradition.

Pour avoir fréquenté de nombreux académiciens japonais et des historiens, je peux vous assurer que ces gens n’ont jamais accès aux archives des  ryu,  à  moins d’être eux-mêmes étudiant en kobudo

Lors de mes études , au département des Études-est-asiatiques, de l’Université de Montréal, aucun professeur  ne pouvait  nous parler des Voies Martiales traditionnelles japonaises, si ce n’est que de quelques éléments que l’on retrouve dans des publications grand public. Ceci dit, lors de mes études ,le chargé de cours , connaissant ma formation dans deux ryu  traditionnels , il m’invita  à parler aux élèves de la classe  du système d’enseignement marginal et traditionnel des ryu.   Malgré toutes les connaissances de l’élite académique, une large part de la culture japonaise demeure cachée au grand public. Les écoles traditionnelles ou  ryu ont des archives ( makimono) qui ont entre 500 et 1000 années d’histoire.  Ces makimono sont des rouleaux sur lesquels sont rédigés  les secrets des ryu et leur lecture encodée est réservée à celui qui deviendra le Maître de la Tradition, le Soke.

Aucun historien n’a accès à ces archives. Ces documents  véhiculent des erreurs volontaires dans la description des techniques d’arme et de la stratégie de combat. Ces erreurs visent à préserver le secret du ryu, si par  malheur le makimono tombait entre les mains ennemies. Les clés du codage sont transmises verbalement du Soke à son Deshi, son successeur.La transmission se fait dans le secret et en privé, de  le principe d’initiation.

Il est interdit  au disciple de mettre par écrit les secrets du makimono. Encore aujourd’hui, si le Maître meurt subitement, sans avoir transmis  les secrets  du Ryu, la lignée de la transmission s’éteint  avec la disparition du maître . 

Ceci veut dire  que le Ryu n’aura plus de Soke: Maître en ligne directe avec le fondateur de la Tradition.

Par la suite, la discipline se transmettra  via les  élèves les plus compétents, les plus anciens. Chacun des élèves qui perpétuent la tradition  comblera   le vide  laissés par l’enseignement du  Maître avec des éléments  stratégiques, psychologiques ou spirituels puisés dans son expérience personnelle et ses cogitations.

Cette  nouvelle orientation , donnera une couleur personnelle à cette  branche du Ryu.  À  l’origine la discipline était un art martial (bujutsu) une discipline guerrière , alors  qu’aujourd’hui  elle devient pour l’homme moderne une discipline, une Voie martiale qui vise à faire épanouir chez l’individu la Sagesse.

 Ceci dit, il est possible que le professeur qui a consacré plusieurs décennies à l’étude d’une discipline, ait sûrement les compétences pour enrichir sa tradition de ses réflexions et de ses intuitions spirituelles. Un Ryu est une entité vivante qui a une croissance et qui a  tendance à s’ajuster aux époques et aux individus. Les traditions  doivent se réactualiser (keikoshokon) si non , elles meurent dans la solitude ;elles n’intéressent personne.

 Eh bien, nous pouvons nous rendre compte qu’une importante partie de la culture japonaise  s’est transmise à  l’extérieur des canaux académiques formels. Cette transmission me rappelle  celle des Ordres et des Sociétés secrètes d’Occident. Ces organismes marginaux ont suivi une démarche parallèle  à  celle de la société, tout en préservant  un enseignement réservé à des élèves choisis.  L’enseignement de la sagesse druidique en Occident a été  victime des persécutions religieuses et de  la sauvagerie de l’Inquisition romaine. Mais elle a survécu.

 Oui, les Druides, refusaient de mettre par écrit leurs enseignements, pour les raisons mentionnées ci-dessus, mais également parce que la tradition étant vivante, le savoir se devait de l’être également, par les disciples, qui devaient connaître par cœur le vaste enseignement, et ils pouvaient s’aider pour cela de certaines techniques mnémoniques. Pour chaque initié druide, c’est le savoir qui se transmet et se réincarne, comme la vie.   Les Celtes connaissaient l’écriture, il existait différents dialectes, notamment en Gaule. Les celtes utilisaient également la langue Grecque pour rédiger la chronologie de leurs batailles et les grands événements sociaux.  

 Comme dans les ryu japonais, il y avait chez les  druides un enseignement public, contenu dans les rituels des célébrations et un enseignement  secret réservé aux disciples, un enseignement initiatique .  Or, une large partie de la culture celte nous est parvenue à travers les rites, les rituels, la musique, la mythologie irlandaise, écossaise, galloise et bretonne et les écrits d’historiens. Par ailleurs, l’enseignement initiatique s’est perpétué, notamment, par la croix initiatique, les triades bardiques et philosophiques, le Bardas, et l’enseignement de maîtres à disciples. 

 Ici au Québec, la tradition celtique a trouvé un terrain fertile et un environnement favorable à son épanouissement. En 1665, le roi de France accorde une aide importante à la défense de sa colonie et envoie 1300 soldats appartenant au Régiment de  Carignan-Salières pour mater l’Iroquois. Le 18 juin 1665, le premier contingent du Régiment de Carignan-Salières (ainsi nommé parce qu’il est commandé par le colonel Salières) débarque à Québec.L’arrivée du Régiment de Carignan met fin à la menace iroquoise, et les efforts de Colbert et de l’intendant Talon font passer, en quelques mois, la population québécoise de 4000 à 6300personnes. Une large partie de notre population est  descendante de ces gens parti de Larochelle dont la plus part étaient d’origine bretonne et gauloise.

Il y a en nous, québécois,  de très puissantes racines celtiques. De plus, nos frères amérindiens pratiquaient des rites et des rituels qui sont très près  des rites celtiques. Les peuples de la terre ont une façon de s’exprimer qui leur est commune.  D’ailleurs, au Japon dans le Shintoisme et le bouddhisme Shingonshu (ésotérique-Mikkyo) on retrouve là encore des rituels tournant autours de l’usage des 5 éléments et des forces de la Nature. Tous ces peuples célèbrent les grands cycles de la Vie et de l’évolution.. 

Les rites varient  selon la culture. Cette démarche spirituelle, des traditions ancestrales, est en train de renaître. L’homme occidental, être raisonnable qui questionne tout, n’accepte plus de se plier aux mythes d’une religion étrangère, d’un monothéisme exclusif , jaloux qui va  à l’encontre des valeurs morales de l’homme moderne. Le druidisme est une Sagesse comme le bouddhisme, il ne donne pas de réponse,  seulement des outils qui aident à trouver les grandes réponses existentielles.

Dans la tradition druidique, il y a des éléments traditionnels transmis à travers la culture, des éléments rassemblés et regroupés grâce à des hommes érudits comme Philéas Lebesque et une réactualisation de rituel qui correspondent mieux à la psyché de l’homme d’aujourd’hui.  Rien ne traverse le temps sans subir des modifications.     La tradition inchangée est un mythe et va contre tous les principes de l’évolution. 

Le druidisme est en train d’évoluer et de s’ajuster aux attentes de l’homme moderne. Nous verrons l’homme dans un avenir rapproché découvrir qu’il  n’est pas un élément isolé de la nature, ni un pion dans une création mythique mais une fibre  d’un Tissus cosmique et qu’il est aussi cet Univers.  Cet individu cherchera à explorer la voie de la symbiose avec les forces de la Nature, au lieu de percevoir cette dernière comme une entité à être dominée . Pour plus de renseignement sur la tradition druidique, vous pouvez communiquer avec «Les Druides du Québec» et poser votre question sur le Forum. 

GENISTOS
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Musique: The celtic circle

 

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La communauté des druides du Québec

Créé par le 27 mar 2008 | Dans : page d'acceuil

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INVOCATION DES DRUIDES

 

Dits Ater,

donne nous Ton appui,

Et avec Ton appui, la force,

Et, avec la force, la compréhension,

Et , avec la compréhension, la science,

Et , avec la science, la Sagesse

Et ,avec la Sagesse ,le pouvoir d’aimer

Et en aimant ,  l’amour de toute chose vivante

Et avec l’amour de toute chose vivante,

L’ Amour de la Vie

Aweentia    

 

Fondée en 2002,la Communauté des Druides du Québec célèbre ses 15 ans d’activité.

Voir le texte au bas ce cette page.

 

INVITATION À LA CÉRÉMONIE DE BELOTEPNIA

 

2017 è.v.En l’an 4591 de l’ère Catus Magos Turetion (Mag Tured)(Bataille de la Plaine des Tours),ou en l’an 4391 de l’ère Celtique de la Renaissance.

 Organisé par la Clairière du Cygne,Partie intégrante la Communauté des druides du Québec

 

Bonjour à tous les Celios et Celiai (compagnons et compagnes) de notre communauté, vous êtes cordialement invité à participer à la cérémonie de à la cérémonie druidique de BELOTEPNIA qui aura  lieu samedi le 6 mai 2017 à 14h30 à Rawdon, dans la région de Lanaudière, au Québec, situé à environ 70km de Montréal.La Clairière du Cygne est reconnaissante de l’hospitalité de Bhashan et Julie d’organiser cette cérémonie sur son site privé à Rawdon, qui tient lieu d’accueil pour l’Alliance des Nations, dont vous pouvez visiter le site internet à l’adresse suivante :

http://alliancedesnations.org/L’Alliance Des Nations

4533 Langlois
Rawdon, Québec
J0K-1S0
Téléphone : (450) 834-1006

 

Pour assister à nos cérémonies, aucune expérience n’est nécessaire, seul l’élan du cœur compte et le désir sincère de participer à une célébration spirituelle en pleine nature, sous l’œil du Soleil, selon les rites de nos ancêtres Celtes, Gaulois et Indo-européens.

Aux dires du Druide Boutios /I\:BELOTEPNIA (< Beltaine) ou la fête Sacerdotale Belotepnia est la fête sacerdotale par excellence dont les traits ont été
largement effacés par la christianisation qui en a fait la fête des travailleurs. Toutefois, nos ancêtres canadiens – français célébraient cette fête de fertilité dans leurs champs par l’érection du mat de mai aux XVII e et XVIII e siècles.« Beltaine, feu de Bel, feu bénéfique, à savoir un feu que les Druides faisaient par leur magie ou leurs grandes incantations; et on amenait les troupeaux pour les protéger contre les épidémies chaque année à ces feux. Ils faisaient passer les troupeaux entre eux. (Glossaire de Cormac) »

 Le sens de la fête est inscrit dans le nom : Belo- tepnia <Belos + tepnia = »Feu lumineux » ou « Feu de Belos ». Beltaine est donc la fête de la chaleur et de la lumière initiant la saison estivale.

Aux dires de Iuos Uedons : «Belotepnia est la dernière fête printanière et la première fête célébrant l’arrivée de l’été; la lumière est de retour et la chaleur également. Cette cérémonie célèbre l’engagement sous toutes ses formes; car elle symbolise l’union du ciel et de la terre permettant la fertilité, l’éclosion de la vie et la promesse de l’abondance. C’est un temps propice aux fiançailles et au mariage, à la célébration de la vie sous toutes ses formes, à l’amour et à la fécondité.»Veuillez prendre note que les photos et vidéos des cérémonies sont interdites, à moins d’autorisations expresses.

DÉROULEMENT- Accueil et visite du site- Recueillement, pouvant inclure asanas (postures de yoga) et pranayama (exercices de respirations)- Bâtir le bûcher sacré, sous forme d’offertoire selon l’adage d’Hermès Trismégiste, selon lequel «ce qui est en haut est comme ce qui est en bas» de façon à représenter dans l’harmonie les principes cosmiques, en utilisant différentes essences d’arbres ainsi que des feuilles de plantes médicinales dans un ordre précis.- Allumer le feu sacré- Procession et recueillement  /|\- Explications de la CérémonieLes différents cercles de Gwenved, Abred et Keugant- Ouverture
– Prières, Invocations / incantations- Offrande au Feu du Sacrifice (Chaque personne qui le désire peut faire une offrande: elle peut être fait par un vœu que l’on écrit et que l’on jette dans le Feu, ou elle peut consister en une offrande matérielle, apporter au choix, céréales, noix, fruits, pain)

- Chaîne d’Union fraternelle

- Communion

- Clôture de la cérémonie
– Festin communautaire et discussion

Banquet fraternel («Pot luck»): Comme toujours, un somptueux festin composé de toutes les bonnes choses de la Terre apportées par les invités viendra clore avec brio cette joyeuse assemblée.

Il s’agit d’apporter un plat à partager (il peut aussi s’agir également de pain, fromage, fruits, desserts); apporter de la nourriture qui se mange froid, tel que salade et légumes; salade de riz; salades tofu, fèves, fromage, fruits, noix, céréales, etc. ainsi  que la boisson (non alcoolisé ou alcoolisé) pour vous-même ou que vous désirez également  partager avec l’ensemble des convives.

Pour ceux désirant venir en co-voiturage, le départ s’effectue à partir de Montréal. Prière de communiquer avec nous à ce sujet. Une participation au coût de transport est appréciée.

/|\ Par Belenos, Lug et Belisama!

Par le souffle de l’Awen! Que cela soit!

Iuos, pour la Clairière du Cygne

cducygne@outlook.com

 

 

Vision du monde  chrétien durant  l’Antiquité
 Nos connaissances actuelles

 

 

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L’humain et la religion.

Tant que l’humain ignorait tout de sa place dans cet univers, il sentit le besoin de se donner un cadre qui donnait un sens à cette immense interrogation. Les communautés humaines se donnèrent des légendes et une mythologie. Delà, s’élabora le mythe nordique, celtique, sumérien, égyptien, maya,…ect. Même le dieu Yaweh, Jéhova ou Adonaï du monothéisme fut créé autour du 7 ième siècle avant notre ère. Les croyants ignorent qu’avant la création du Judaisme, la région de Canaan était habitée par de nombreuses communautés polythéistes. Deux événements importants forceront les tribus de Canaan à s’unifier en un seul peuple, se donner un dieu et un temple commun. Pour comprendre cette page de l’histoire de la naissance du Judaisme je vous invite à lire l’œuvre du Professeur Israël Finkelstein:  » La bible dévoilée » Ceci dit, nous pouvons dire que là où l’humain du passé voyait une divinité, l’homme moderne, armé de ses connaissances en physique, en chimie,en astronomie, en physique quantique est capable d’ y voir un Tissus cosmique d’une extrême complexité et de  prendre sa place dans cet Univers infini. Non seulement nous sommes de la poussière de la terre, mais cette poussière est de la poussière d’étoile. Chacun de nos atomes est le produit du Big Bang. Il est dit «  rien ne se crée, rien ne se perd; tout se transforme. » Nous sommes le produit de l’Univers et l’Univers se perçoit en nous. image LCMD3  

L’humain du troisième millénaire.

L’humain est fondamentalement un animal. Je sais que cette vision va déplaire aux croyants qui se voient régnant au-dessus « de la création » et issu d’un dieu qui fabrique ses créatures à son image. Nous partageons 98% de nos gènes avec les grands singes. Comme nous, ils souffrent, pensent, utilisent des outils, aiment, détestent et vivent en communauté. Notre évolution nous a forcé à développer notre hémisphère gauche et elle nous a placé ainsi dans un univers mental plus structuré et mieux géré que chez nos frères des autres espèces. Ce développement s’est fait aux dépend du développement de l’hémisphère droit. Les autres espèces animales vivent intimement en symbiose avec les forces de l’Univers. Elles perçoivent une dimension de l’Univers qui nous échappe totalement. Cette dimension subtile est le propre  des artistes, des créateurs et des personnes qui cultivent par la méditation une hypersensibilité, une perception intuitive, une activité hors du commun de l’Hémisphère droit. Le druidisme adhère au monde de la science qui nous éclaire sur l’Univers et notre relation avec lui, mais il demeure fidèle à la vision du passé où l’humain est à la fois une conscience individuelle qui est inconsciemment en relation avec cette  immensité cosmique.

L’Univers est matière, énergie , vie et conscience. Nous ne sommes pas isolé de cet Univers mais chacune de nos fibres de matière et notre conscience sont issues de cet Univers. Dans l’histoire de l’humanité, nous voyons apparaître des individus que l’on dit inspirés et qui nous parlent d’un « humain réalisé ». Chez les bouddhistes nous parlons d’un « Bouddha » , l’éveillé , et chez les druides de « Budhios », le glorieux. Cet humain, animal qui réalise son « être global » prend conscience de son état véritable et de son infinité. Accéder à cette vision globale défini un état de connaissance, la Ouidia ou en sanskrit Vidya. La Ouidia ,une expérience spirituelle qui fait basculer une vision archaïque du monde et de l’Univers. Une fois cette expérience vécue, il est impossible de retourner en arrière et de s’attacher à la vision première. A travers la Ouidia, l’humain réalise sa véritable humanité: il devient un Être humain réalisé, éveillé, un Bouddha, un Budhios. L’humain moderne est conscient de sa multi-dimensionnalité et donc incapable de se replonger dans l’état de soumission et de dépendance face à une divinité créatrice et contrôlante. L’humain libéré ne peut retourner à un état d’esclavage. Nous assistons à une croissance continue d’une humanité qui s’assume et qui fait une plus grande place à un humain renouvelé. Les religions monothéistes orthodoxes meurent lentement pour être remplacées par une vision qui répond  aux préoccupations de l’humain moderne. L’humain du futur sera un être qui assume son rôle de protecteur de la Terre Mère, un individu qui équilibre sa dimension spirituelle à sa dimension rationnelle et un être éclairé par une connaissance véritable et non contaminé par des superstitions qui sont responsables du chaos du monde actuel. Le Druidisme est tournée vers la réalisation de l’humain du futur, un véritable « Être humain » un être en devenir et un être réalisé.

 » Bible dévoilée de Israel Finkelstein »  4 vidéos Conférence: https://www.youtube.com/watch?v=4j04JeJYRa8   Genistos   .images Le Druidisme

Pour l’individu occidental, la « spiritualité » présente deux  voies :  le monothéisme créé au Moyen-Orient et importé en Occident  et  le Druidisme un courant de sagesse issue de la psyché indo-européenne et développé sur plus de 3 millénaires. Nous sommes donc  face à  deux  visions aux antipodes :le monothéisme  qui est une religion, alors que le Druidisme insiste sur une approche de Sagesse. Le premier impose des dogmes, des obligations et il exige une soumission à une divinité, et dans l’Église catholique romaine une soumission à l’institution. Le Druidisme propose une démarche intelligente et intuitive sur les grandes questions existentielles. Le succès de la démarche réside sur la volonté et la détermination de l’adepte. Il est seul responsable de son échec ou de son succès.La Sagesse est de se tenir debout et d’assumer son humanité. Le Druidisme est un organisme vivant qui est capable d’assimiler tout ce qui aide à sa croissance et qui parle  le langage de l’homme moderne. Malgré son âge, il n’est pas un cadavre momifié qui est bourré de concepts inutiles. On ne peut pas étudier le chant des oiseaux sur des modèles empaillés.

Mais qu’est-ce que l’éveil? <Être plus, c’est s’unir davantage>  ( Pierre Teilhard de Chardin)  L’éveil est une prise de conscience. Tout individu  conçoit le monde et la Vie à partir des notions et des enseignements de ses parents et de sa communauté. L’enfant n’a pas les outils et la capacité d’évaluer la véracité des valeurs et des principes qui lui sont imposés.Une fois à l’âge adulte, l’individu qui est encadré par l’establishment social et religieux , ne sentira pas le besoin de questionner les valeurs qui dominent sont environnement. Il vivra toute sa vie dans l’illusion et l’ignorance , en vivant dans les valeurs des autres. Vous n’avez qu’à penser aux enseignements religieux qui excluent les non-croyants, qui entretiennent le racisme et le mépris de l’autre qui n’est pas conforme aux valeurs de la communauté. Pour des  millions d’individus, cette attitude méprisante est dans l’ordre des choses et surtout imposée par la divinité; ce qui justifie tout, même l’injustifiable. La première étape dans l’éveil est de sentir intuitivement que nous sommes plus que ce qu’on veut nous faire croire. Sommes-nous seulement l’individu qui porte un nom et qui habite l’Univers ou y’a-t-il une relation entre l’humain et l’Univers? L’expérience spirituelle de l’Éveil peut se définir comme la fusion de la conscience individuelle à la Conscience cosmique. Devenir plus, étreinte l’Univers, devenir l’Univers. Dans la physique Quantique, cette perception n’a rien d’ésotérique mais décrit très bien la relation de l’individu avec l’Univers. Il est dit : « Le sage fusionne  cette énergie avec sa conscience . La conscience individuelle devient énergie cosmique ; et l’énergie cosmique devient la conscience individuelle L’humain est en harmonie, en total unité avec le système cosmique. Dans le Druidisme, l’individu  fait l’expérience de la totalité. On n’est plus dans la théorie académique mais on accède  au ressenti. Le ressenti est  ce qu’on appelle la Connaissance. Qui dit Connaissance dit inévitablement Ignorance. Comme deux diapasons, quand  la conscience de l’individu résonne à la même fréquence qu’à la Conscience Universelle, il n’y a pas deux sons, mais un seul où les diapasons perdent leur identité.Au moment de l’Éveil, il n’y a plus d’individu, l’égo  s’estompe ; il n’y a plus d’Univers, il n’y a plus d’individualité; il n’y a que le son! L’objectif du Druidisme est de dissoudre l’Ignorance. Ce qu’on appelle ignorance n’est pas l’absence de connaissance ou de notions académiques, mais le trop plein de notions et de prétendues vérités.  L’esprit de l’individu est comme une pièce remplie de détritus et de débris académiques, intellectuels et religieux et dans laquelle la lumière du soleil ne peut pas pénétrer. Le coeur de cette Ignorance est la perception de la Vie et de la Mort. L’existence de la Mort crée une angoisse qui trouble le quotidien. Les religions monothéistes ont tenté de libérer l’humain de cette souffrance en lui donnant une mythologie divine. Le Druidisme s’est attaqué au problème en poursuivant une démarche qui s’appuie sur l’intelligence, la lucidité et l’intuition.. Le Maître de sabre du 17e siécle ,Miyamoto Musashi  disait qu’il faut respecter  et honorer les dieux ( les kami) mais qu’on ne doit pas dépendre d’eux. Le programme du Druidisme est simple : le Bonheur  est ce qui perpétue la Vie et c’est le résultat d’un équilibre et d’un sentiment d’harmonie. Tant et aussi longtemps que la peur de la Mort habite l’individu l’équilibre est rompu et l’harmonie intérieure ne peut pas se positionner. La majorité des individus s’accommodent de l’anxiété morbide. Ils essaient de ne pas y penser ou ils compensent avec les théologies religieuses. Le sage est celui qui mets tout en œuvre pour résoudre cette énigme. Aucun enseignement ne peut apporter de réponse.Comme pour connaître  le vin ,son bouquet et ses qualités gustatives  et olfactives., il faut y goûter ! Tout le reste n’est que verbiage oiseux. Notre manière de percevoir est  à partir de points de références; Mort ou Vie, réalité ou illusion, l’Univers ou l’individu,etc. Nous vivons dans un Univers dualiste créé par la dualité de notre cerveau : hémisphère gauche et hémisphère droit. La vérité n’est pas dans l’un ou dans l’autre, mais au de-là des deux extrêmes. Harmoniser les opposés et retrouver un équilibre. Voilà le terme la démarche du Druidisme. Cette vérité n’est pas  par un processus de logique ou d’analyse. Le Triban,  /I\ symbolise  les trois phases de l’Éveil. Perception vulgaire, ordinaire,  puis l’instant de la fusion totale et de la perte d’identification individuelle et finalement le regard  renouvelé par l’expérience de fusion. Cette prise de conscience  intuitive surgit de l’hémisphère droit dans une action spontanée. Finalement, quand cet instant éclatant s’atténue l’individu revient  à un état  « normal ». L’individu constate que sa perception  a  changé, les  oeillières sont tombées et le regard embrasse une plus grande perspective de la Vie et de  la Conscience.  La conscience qui a goûté  au bien être de la Lumière ne peut plus se réfugier dans l’obscurité. Genistos  2013

 

La communauté des druides du Québec dans page d'acceuil images-1             

Druidisme:     relation de l’humain et de  l’Univers    Nous  ne pouvons exister hors de l’Univers. Le père Teilhard de Chardin  positionne ainsi l’humain : « L’Homme ne saurait se voir complètement en dehors de l’Humanité ; ni l’Humanité en dehors de la Vie, ni la Vie en dehors de l’Univers. »  L’Univers ne peut pas être réduit à de la matière. À partir du Big Bang, la matière a suivi un cheminement qui la rendait de plus en plus complexe. Les particules se regroupaient pour former des éléments, les éléments pour former des structures, des structures définissaient les nouvelles formes,etc. Ce regroupement alla jusqu’à ce que la matière ait atteint une telle complexité qu’elle devait  s’ouvrir à un autre stage de l’évolution. Poursuivant son évolution, la matière monopolisa toute sa complexité et engendra la Vie. Cette vie se manifesta en premier dans les monos cellulaires et sur des millions d’années se complexifia au point d’en arriver à une forme de vie hautement raffinée, les primates. Déjà dans ces créatures la Vie  n’est plus qu’une action programmées mais  elle témoigne d’une certaine indépendance d’activités , d’individualisation , se manifeste et imprègne dans  la mémoire l’expérience de vie. Puis , un nouvel animal, fit l’expérience de l’existence : l’humain.  Cette nouvelle espèce animale allait pousser la Vie à un autre niveau, celui de la créativité, de l’imaginaire et de la conscience de soi. Le vivant devenait conscience. La conscience devint humaine. Mais toute cette trame de complexification est traversée par une constante énergie qui retient et vitalise chacune de ces particules. Cette trame se déroule premièrement dans l’Univers, puis elle crée  une trame similaire qui favorise le même développement au niveau de la Géosphère, de la Biosphère et de la Noosphère. La conscience humaine est en somme un reflet de la Conscience Cosmique. Nous pouvons dire que l’humain et toutes les autres formes intelligentes dans l’Univers sont des miroirs de l’Univers. L’Univers pousse plus avant sa Conscientisation à travers l’activité des intelligences qui peuples l’Univers. L’Univers prend conscience de lui même par le truchement des consciences individuelles, et les consciences individuelles prennent conscience de leur globalité en se fusionnant à la Conscience Cosmique. La véritable démarche spirituelle n ‘est autre chose que l’Éveil de la conscience individuelle à sa véritable nature. Cette nature est habituellement défigurée par l’idée que l’individu est une créature dépendante d’un divin, qu’elle  est incapable de survivre par elle-même et qu’elle est une quantité négligeable et dérisoire dans un univers infini. Les religions ont entretenu ce mythe afin de maintenir les nations sous leur joug. Le Druidisme, s’appuyant sur les dernières connaissances scientifiques,  reformule le rôle de l’humain dans cet Univers. L’humain n’est pas au-dessus des autres formes de vie, il est parmi ces formes et en tant qu’être conscient de son privilège  de sapience, il doit exercer ses responsabilités de protecteur du Grand Jardin qu’est la  Terre. L’humain ainsi que toutes les formes vivantes et matérielles sont des fibres du Tissus cosmique. Notre vision  archaïque de l’humain dominant et privilégié des dieux, nous a conduit directement dans la fosse où s’agite actuellement l’humanité et qui sera notre nécropole, si nous ne prenons pas conscience de notre ignorance et notre arrogance  démesurée. Spiritualité  Au cours des siècles nous avons totalement dénaturé le mot « spiritualité ». Les religions monothéistes en particulier se sont servies grassement dans le buffet de la spiritualité. Soyons clairs sur le sujet; il n’y a pas de spiritualité dans les systèmes religieux. Spiritualité et système sont des antagonistes. Les religions sont des systèmes. Ces systèmes utilisent des textes que l’on dit inspirés. On y impose des dogmes dont la compréhension défit les bases de  la logique et on appelle « spiritualité »  la démarche qui tente d’imposer une vision dont les objectifs est de s’assurer la soumission  des adeptes et leur adhésion totale. Afin de renforcer la diffusion de cette doctrine, les leaders ont recours à des rituels . Ici les rites ont pour fonction de  percuter l’imagination du fidèle, d’encrer dans l’inconscient, à la manière du chien de Pavlov le message que ce groupe possède la Vérité et que de s’en éloigner attire sur soi toutes les malédictions divines. Cette portion de l’endoctrinement est efficace à deux périodes; chez l’enfant où l’esprit est incapable de faire la part des choses et remettre en question les concepts qu’on lui impose et souvent quand l’individu  est dans une phase très vulnérable, que tout dérape dans sa vie ou qu’il  est en période de désintoxication de drogue ou d’alcool. Ici l’individu laisse une béquille pour une autre. L’histoire des religions montre clairement que la soumission des peuples et des nations passe par trois étapes : créer un mythe afin de forcer la cohésion de tribus disparates, imposer  une fiction sous le couvert  d’une révélation et encadrer les comportements des groupes sociaux par des règles strictes, réductrices et qui exigent un complet abandon et une totale soumission. À cela s’ajoute les rétributions et les châtiments corporels, pouvant aller jusqu’au meurtre. L’histoire des religions est exemplaire à ce chapitre. Ceci dit, on doit souligner que ces systèmes artificiels ont donné certains grands personnages dans l’histoire. Ce résultat n’est pas dû au système de valeurs et de croyances, mais à une démarche personnelle du personnage. Tous et toutes furent des marginaux dans leur communauté. Certains furent persécutés et mêmes brûlé par leur propre autorité religieuse. Encore aujourd’hui, les prêtres, les imans ou les rabbins qui  dénoncent les abus de leur système religieux sont persécutés et intimidés par l’establishment religieux. Alors qu’est-ce la spiritualité? La Vie est spiritualité.  Le spirituel est l’état originel et primordial de la conscience humaine. On ne pratique pas la spiritualité, on ne développe pas sa spiritualité et  on ne devient pas spirituel. La spiritualité, esprit, spiritus, est un état , non une acquisition. La connaissance véritable, la Vidya ou Ouidia en  druidisme, est au cœur de notre conscience, comme l’électron est au cœur de la matière. Or cette connaissance est ensevelie sous un ramassis de détritus accumulé par notre éducation académique, sociale et religieuse. Nous vivons dans l’ obscurité alors que sur le sol, sous  cet amoncellement de faussetés ,la lumière brille de tous ses éclats. Avant, les années 60, au Québec,   la « spiritualité » était associée aux pratiques religieuses de l’époque. Le catholicisme dominait la scène et le clergé était omni présent. Puis vint une bourrasque qui balaya  le religieux et laissa un vide. Dans les années 70, la nouvelle génération  découvrit avec le reste du monde les traditions asiatiques, orientales et le mouvement Nouvel-Âge  issu des communautés hippies. Le New Age (ou nouvel-âge) est un courant spirituel occidental des XXe siècle et XXIe siècle, caractérisé par une approche individuelle et éclectique de la « spiritualité ». Défini par certains sociologues comme un « bricolage » syncrétique de pratiques et de croyances, ce courant sert de catégorie pour un ensemble hétéroclite d’auteurs indépendants et de mouvements dont la vocation commune est de transformer les individus par l’éveil spirituel et par voie de conséquence changer l’humanité.  Ceci dit, le mouvement s’est transformé en  une sorte de marché des cristaux, de poudres magiques, de bling-bling de symboles de toutes sortes et de métissage de paganisme de surface et de monothéiste décadent. On remarque que les adeptes pratiquent une démarche naïve et parfumée d’encens. La spiritualité authentique  nous est rappelée par cette phrase : « Nous nous déplaçons dans l’obscurité,  une chandelle à la main, alors que le soleil, à nos pieds explose de tous ses feux. » Tout dans l’Univers est spirituel. De l’Énergie universelle des cordes quantiques,  au regroupement de plus en plus complexe des particules, aux  formes  vivantes, aux systèmes solaires jusqu’aux galaxies, une spiritualité que seule peux ressentir l’humain émane de ce grand Tout. Le Tissus cosmique est à la fois matière et Vie, Vie et Conscience. Notre conscience, au moment où elle désintègre  le tas de détritus encombrants, libère la place et  le  spirituel, la lumière de la connaissance intuitive, la prise de conscience de la réalité se manifeste, nous réalisons notre véritable nature.  Il est dit : «  la conscience  sommeille dans la pierre, s’active dans la plante, rêve dans l’animal et s’éveille dans l’Humain. » L’instant de l’éveil, nous révèle notre état  d’osmose avec l’Univers. La spiritualité  nécessite que l’individu livre un combat  avec toute son intelligence s’il veut  se libérer de sa prison.  La première condition est de s’affirmer. L’acte de se soumettre à une divinité est dévitalisant pour la conscience et rien de bon ne peut sortir de cet état de torpeur et de dépendance. Il est aussi ridicule de parler de spiritualité dans les religions que d’étudier le chant des oiseaux sur des modèles empaillés. Le Druidisme du 21e siècle s’est épuré d’une certaine façon. Dans sa forme primitive d’il y a 2000 ans , il ne correspondrait plus aux préoccupations de l’homme moderne. Mis à part qu’il serait une fascinante curiosité archéologique, il serait lourdement hypothéqué  par son manque de modernisme.  En tant qu’institution,  nous avons conservé les éléments intemporels et un héritage culturel  du passé . Dans le Druidisme moderne, la préoccupation de la relation de l’humain avec son environnement et la Nature redevient un sujet de réflexion et d’hygiène morale. Le druidisme insiste sur  la nécessité de rétablir un contact et une harmonie avec les forces de la vie, avec la Nature. Durant l’antiquité, le druide était avant tout un savant, un philosophe, un chercheur de vérité. Aujourd’hui, cette poursuite  occupe toute la place. La vérité ,dans le quotidien est en mouvement perpétuelle. Le sage sait qu’il faut toujours tout remettre en question, toujours questionner ses convictions. La Vérité comme l’Univers est en perpétuel changement. Le monde fixe d’Aristote et des religions est une hérésie. La Sagesse doit être vivante, surtout pas  être emprisonnée dans des textes poussiéreux. Finalement , disons que le druide n’impose rien, ne prétend pas posséder la Vérité, mais il  questionne, il questionne et écoute les réponses de son intuition. A titre de leader, il  est le gardien du Grand Jardin. Géosphère :

  • Partie minérale, non vivante, de la Terre, qui sert de support à l’ensemble des êtres vivants. (Elle comprend l’atmosphère, l’hydrosphère et la partie externe de la lithosphère.)

Biosphère :

  • Système planétaire incluant l’ensemble des organismes vivants

et des milieux où  ils vivent. Noosphère : * Pierre Teilhard de Chardin dans Le Phénomène humain7, C’est la représentation d’une couche de faible épaisseur entourant la Terre (qu’on comparerait presque aujourd’hui à un biofilm) qui matérialiserait à la fois toutes les consciences de l’humanité et toute la capacité de cette dernière à penser. Genistos 2012

 

 

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 Hémisphère gauche

Hémisphère droit

Pour débuter, je vous invite à lire le livre du Dre Jill Bolte  Taylor . Dre. J.B.Taylor  est une neuroanatomistede l’Université de  Havard.dans son  livre « Voyage au-delà de mon cerveau » elle raconte les événements où elle fut victime d’un AVC—accident vasculaire cérébral– dans l’hémisphère gauche et comment elle a expérimenté l’hémisphère droit. Comprenez  que ce n’est pas un exposé scientifique sur les théories neurologiques  qui font frémir de plaisir les académiciens, mais une académicienne en neurologie qui décrit son expérience : la perte de l’hémisphère gauche et les conclusions de vie qu’elle en a tirées.                                                                                                                                                                                                              Ceci dit, les septiques intégristes sont priés d’aller vomir ailleurs. Il faut comprendre qu’en général nous n’avons pas accès directement à notre Hémisphère Droit (HD). Son accès doit se faire d’une manière  indirect : visualiser des symboles, des images, associer des symboles ou des images à une action volontaire ou en utilisant  des moyens virtuels. Les méthodes de méditation et de relaxation accordent une très grande place   aux  techniques qui permettent  à l’Hémisphère droit de se manifester consciemment sous forme d’intuitions. La démarche vise à « fermer la gueule »  à l’hémisphère gauche qui crie à tue-tête et écrase la petite voix de l’intuition. Dans le « silence » l’hémisphère droit est à l’écoute de l’environnement et de  l’Univers. Screen-shot-2010-10-16-at-6.06.27-AM     Dans un exposé médiatisé en vidéo, Dre. Jill Bolte Taylor  présente le sujet de l’asymétrie cérébrale.Elle affirme que les deux hémisphères cérébraux sont complètement séparés physiquement (mais reliés par un pont, le corps calleux), et qu’ils traitent différents sujets de différentes manières, de sorte qu’ils auraient des « personnalités » distinctes : http://www.dailymotion.com/video/x8agq2_jill-bolte-taylor-sous-titre-franca_tech

  • Le « cerveau droit » fonctionnerait comme un processeur parallèle (qui traite toutes les informations simultanément), fonctionnant dans l’« ici et maintenant ». Il transposerait en images (voir aussi pensée visuelle), et apprendrait « par kinesthésie » à travers les mouvements du corps. Il gérerait et associerait dans l’instant le ressenti global des sens : bruits, odeurs, images, état du corps dans l’espace, etc.

Fonctions de l’hémisphère droit:

  • Féminin
  • Intuition
  • Inconscient
  • Esprit de synthèse
  • Créativité
  • utilise les émotions
  • Les énergies  activées par les énergies
  • orienté vers le tableau général
  • l’imagination a préséance
  • symboles et images
  • le moment présent
  • philosophie et religion
  • spontanéité
  • Ici et maintenant
  • croit
  • connaît la fonction des objets
  • impétueux
  • goût du risque
  • Ressenti des sens

 

  • Le « cerveau gauche » fonctionnerait comme un processeur série (qui traite les informations de manière séquentielle). Il penserait de façon linéaire et comparative, notamment dans le temps. Il serait destiné à extraire les détails du moment présent pour les catégoriser et les organiser, les comparer aux événements passés afin de projeter les possibilités futures (voir aussi abstraction). Il transposerait en langage et gérerait la séparation et la distinction des choses. Il serait à l’origine du ressenti d’être ce que l’on est, distinct des autres, ce qui selon elle est le plus important de ce qu’elle a perdu au moment de son AVC (qui touchait la partie gauche du cerveau).

Fonctions de l’hémisphère gauche:

  • Masculin
  • utilise la logique
  • Conscient
  • mémorisation
  • orienté vers les details
  • esprit d’analyse
  • esprit qui a tendance à structurer
  • le temps est linéaire
  • les faits ont préséance
  • mots et langages
  • présent et passé
  • mathématiques et sciences
  • sait
  • connaît le nom des objets
  • basé sur les réalités
  • pratique
  • sécurité

Le concept de HG et HD ne se présente pas comme une vérité scientifique absolue. Il semblerait que cette vision donne des vers solitaires aux académiciens intégristes.  Selon ces Imans, ce qui n’est pas dans les textes sacrés de la science n’a pas le droit de citer. Le vécu n’est d’aucun intérêt! Ce  concept  n’est qu’un outil  facilitant la compréhension  des mécanismes du ressenti et de la  connaissance intellectuelle.. C’est comme déguster du vin : je peux prendre quelques gouttes de vin, les déposer dans un appareil qui analysera le précieux liquide et qui imprimera une longue liste de molécules et de substances chimiques. Ici la science sera bien servi. Or « On n’a pas d’avis tant qu’on n’a pas goûté » Max Léglise.  L’essentiel du vin, se révèle au moment où le nectar entre dans la bouche. A ce moment-là , seulement, vous faites connaissance avec les odeurs, les arômes et les sensations gustatives. N’en déplaise aux intégristes septiques, il y a des dimensions de la vie qui échappent aux éprouvettes et aux instruments de laboratoire.C’est très bien ainsi et c’est ce qui donne une saveur à la Vie. Oh,pardon! C’est vrai….. ( : «  Illogique, la vie n’a pas de saveur! ( Spock) Je n’ai pas besoin de connaître la composition des éléments qui forment la construction d’un instrument de musique.La raison d’être d’une guitare est de résonner sous les doigts de l’artiste et de transmettre des émotions. L’essentiel n’est pas dans la fabrication de l’instrument mais  la sensation, le rythme et la sensibilité  qui guident le toucher de l’artiste. Un acteur sur la scène est un mélange des deux activités des hémisphères. Il prend possession de son rôle en étudiant l’histoire et le comportement du personnage.  Tout ce qui est mémorisation du texte, relève de HG. Si le comédien est un véritable  acteur, il  va créer son personnage . Plus l’égo du comédien a tendance à s’évanouir, plus le personnage prend forme, plus le personnage créé est crédible. On est dans un HD. Quand le personnage prend  vie et qu’un courant d’énergie  circule entre les  comédiens et les spectateurs on est  aussi  dans HD. Si je regarde un tableau de Vincent Van Gogh, je peux analyser la technique de l’artiste et  tout connaître sur l’histoire du tableau, mais si je me contente d’un regard logique et rationnel, je viens de passer complètement à côté de la dimension humaine de l’oeuvre.  Pour apprécier l’oeuvre, on doit contempler, s’imprégner et ressentir. On doit laisser l’hémisphère droit faire son travail.                        Finalement,  si vous assistez à un concert de musique  classique, pour bien profiter  de cette période vous devez décrocher votre gros cerveau gauche et devenir réceptif  (HD) aux vibrations émises par les musiciens . Si vous ne comprenez pas ces simples exemples alors retourner faire la conversation avec votre ordinateur! Quand on aborde la spiritualité nous  centrons l’expérience spirituelle sur Hémisphère droit. Dans le Zen, l’expérience du « satori »  relève de HD. Les techniques et les méthodes d’entraînement  visent à favoriser une prise de conscience qui est déclenchée dans HD. Saisir la réalité dans  le moment présent, sans le processus analytique. Si je marche sur la rue, et que j’ai l’impression d’être suivi par un individu, ce sentiment ou ce ressenti est  déclenché dans HD. Il en va de même quand je dois imaginer ou visualiser une scène,une situation ou un rituel Pour comprendre et juger de la pertinence  de la célébration de rituels de magie ou religieux, il faut tenir compte des rôles des hémisphères, droit et gauche, et des mécanismes qui s’activent  lors du déroulement des célébrations. ****Attention.      Certains éléments de cet article furent empruntés à: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jill_Bolte_Taylor Awentia     brigit111-240x300

Déesse Bélisama    » Tout homme qui  méprise  les femmes, de ce fait rejette  sa mère, ses soeurs et ses filles. Un tel homme n’est pas digne de partager cette vie avec  d’autres hommes. Même le chien respecte et protège sa femelle! »

Genistos enorus@gmail.com

 

La fondation  de «  La Communauté des Druides du Québec »   Un appel solennel   La Communauté des Druides du Québec a été fondée par un appel public solennel lors de la célébration de Belotepnia (01/05) :le Feu de la Fertilité en mai 2002, organisé par la Communauté païenne de Montréal au Parc Maisonneuve de Montréal, appel prenant effet l’année suivante. En effet, l’union de trois forces vives, réunissant Boutios, un druidisant de plus de 30 ans d’expérience, Genistos et Iuos, a permis de concrétiser cet appel, lors de la célébration du solstice d’été 2003, fondant ainsi ladite Communauté. Notre calendrier sacré est à l’image de la Grande Roue Cosmique, à savoir 8 cérémonies de nature solaire et lunaire sous l’œil du Soleil, selon l’adage druidique : La Vérité à la face du Monde! Reprenant ainsi sur une base annuelle, la Grande Roue des cycles de la Vie. Les membres de notre Communauté entretiennent des liens fraternels avec  plusieurs associations celto-druidiques du Québec et de l’étranger. Le 11 novembre 2004,  La Communauté des Druides du Québec, obtenait un status officiel du Gouvernement du Québec, à titre d’ordre religieux de tradition païenne, avec privilège de célébrer les baptêmes, les mariages et les funérailles de ses membres.  Selon  le Régime constitutif sur la Loi sur les corporations religieuses et le Régime courant,  Loi sur les corporations religieuses ,La Communauté des Druides du Québec et l’Ordre des Druides du Québec furent la première entité religieuse païenne reconnue officiellement en Occident par un gouvernement démocratique.  

https://www.registreentreprises.gouv.qc.ca/RQAnonymeGR/GR/GR03/GR03A2_19A_PIU_RechEnt_PC/PageEtatRens.aspx?T1.JetonStatic=0b6bb2cc-ba9d-4459-a7ea-209ce6c5377f&T1.CodeService=S00436

Nos racines Celtiques La plupart des québécois  ignorent  tout de leurs racines celtiques  et de la mystique qui les relie  à  l’Univers et  à  la Nature. En effet, le druidisme appartient à la tradition Indo-Européenne, basée sur la Tripartition de la société civile. Elle provient de l’enseignement des Sages du Septentrion, ultime sagesse appelée Dru Uidia. Cette démarche spirituelle, plusieurs fois millénaire définissait l’âme et la culture de nos ancêtres. Puis vinrent les bandes prosélytes de la  chrétienté romaine et avec elles les persécutions. Mais voici que le temps a démontré que l’on ne pouvait pas greffer une religion  étrangère  sur l’âme d’un Celte.  Tôt ou tard il la rejette. Des centaines de milliers de nos ancêtres Gaulois et Bretons sont morts dans la torture et les feux des bûchers  parce qu’ils  refusaient de vendre leur âme à des mythologies importées du Moyen Orient. Depuis une centaine d’année nous assistons à un retour en force de notre culture celtique et des valeurs spirituelles  qui nous sont propres. Les anciens druides ont disparu mais la tradition a continuées sa marche à travers les siècles, par le biais de la culture et des traditions orales, les coutumes ancestrales, les traditions familiales, des écrits reproduits par les clercs, les pratiques ésotériques, la maçonnerie, les arts et la musique celtique.

Participer en toute égalité

Pour découvrir votre âme véritable, votre spiritualité et la démarche qui  vous convient, communiquez avec nous, venez  participer à nos cérémonies celtiques qui se déroulent en pleine nature. Venez célébrer les forces divines, cosmiques et telluriques que chantaient et priaient nos ancêtres. Nos ancêtres véhiculaient une religion cosmique de l’environnement sacré. Chez nous, contrairement  aux  religions du désert, les femmes  participent  en toute égalité à la vie et aux rites religieux de  la Communauté. La femme est reconnue l’égale de l’homme et de ce fait peut officier aux différentes cérémonies en tant que Druidesse. Nos cercles de rencontres sont une occasion unique de célébrer le vivre ensemble. Il s’agit d’un lieu de formation personnel et de développement du Soi véritable. La tradition primordiale druidique est aux antipodes de l’individualisme, du sectarisme et du dogmatisme. Par la recherche de la Transcendance et de l’Immanence, elle favorise la fraternité et l’entraide mutuelle.

Aimer, créer et apprendre

Les membres de notre Nemeton souscrivent à l’adage druidique suivant :              Fais le bien et pratique l’honneur, la vérité et le courage ! Notre méthode, outre l’observation et la participation aux cérémonies, consiste en des lectures dirigées, du tutorat, de la recherche personnelle, des travaux, des ateliers et séminaires, une ascèse personnelle, (yoga, méditation et arts martiaux celtiques) et une alimentation équilibrée, de préférence végétarienne. Pour participer, aucune expérience ou connaissance requise en matière de celto-druidisme, seul compte l’élan du cœur et le désir sincère de partager et d’approfondir cette expérience spirituelle en lien avec les forces divines de la Nature. La Communauté est sans but lucratif; il n’y a pas de frais annuels, seulement des frais à la carte servant à défrayer les coûts des activités.à La Communauté des Druides du Québec ne fait pas de recrutement . Notre Mission est de faire découvrir les racines celtiques à notre peuple. Nous célébrons les rites celtiques afin de faire découvrir  les liens entre l’humain et l’Univers. Pour le reste l’individu doit faire lui même sa quête. Il n’y a pas de Vérité à conquérir seulement une Voie à découvrir. ( Genistos) Bienvenue à notre Nemeton. Pour communiquer avec nous : Communauté des druides du Québec

 

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