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Les Rites et Rituels

Créé par le 20 mar 2016

 

Cercles sacrés

 Les trois cercles du Néméton Le Néméton , lieu où se déroule les rituels druidiques, est composée de trois cercles concentriques dont les diamètres ont entre eux les rapports suivants : 9, 27, 81. Le cercle de 81 correspond au cercle Divin, ou Keugant. Le cercle de 27 correspond au cercle des Migrations ou Abred. Le cercle de 9 correspond au cercle de la Lumière blanche ou Gwenwed. Dans une vision plus moderne , de la périphérie vers le centre, Keugant symbolise  l’Univers dans sa globalité, sans limite et éternel, la source de toute matière, toute vie et la Conscience Cosmique. Toutes les formes de vie de l’Univers s’y manifestent.  La démarche spirituelle de ce cercle est de prendre conscience de notre interdépendance dans la Globalité. Le cercle d’Abred, cercle des incarnations, dans la langue ancienne, nous place dans le monde de la manifestation, la Vie et la Conscience manifestées, la dimension dans la quelle nous évoluons à chaque jour. Abred désigne le cercle de ceux et  celles qui sont engagés dans une démarche de l’Éveil spirituel; la Quête. Ainsi le moment où l’individu du cercle Abred réalisa son  État d’Éveil, le fruit de cette réalisation spirituel est diffusé dans le cercle Keugant et bénéficie  au reste de l’univers. Dans ce monde , il y a notre corps , notre conscience, notre Terre, notre Soleil ainsi que toutes les planètes qui forment notre Univers. En fait, notre Univers est notre Galaxie. A ratisser plus large nous nous perdons inutilement, notre esprit est incapable de tout saisir. Puis,  toujours  vers le centre nous aboutissons à Gwenwed le foyer du feu qui anime la Vie, le  foyer  de la Conscience Cosmique et individuelle.  L’illumination spirituelle , l’éclatement de l’individualité illusoire , se manifeste dans un mouvement subite, involontaire, du centre de l’individu vers la périphérie de l’Univers ou de la Galaxie. : dans un mouvement centrifuge. L’individu fait alors l’expérience de plus grand que soi , il devient la globalité. Cette expérience spirituelle est  inaccessible à l’hémisphère gauche du cerveau humain, seul l’hémisphère droit est capable de saisir le moment présent,  et la synthèse de la réalité. Une fois la prise de conscience réalisée, l’hémisphère gauche va tenter de réorganiser les différents éléments et de rendre communicable cette expérience spirituelle.

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Le rituel dans les célébrations

Les célébrations Célébrer signifie marquer ou rappeler solennellement la beauté, la grandeur, les exploits, les mérites ou les vertus de quelqu’un. Lors de certaines fêtes la communauté et les amis de la communauté sont conviés à une célébration. Chaque fête veut souligner un évènement ou une démarche. Mais à chaque célébration, l’assistance rend hommage aux forces de la Nature, aux divinités et à la Conscience Cosmique qui habite l’humain et l’Univers. Célébrer, c’est aussi explorer nos capacités d’éveil spirituel.
 Le rituel qui encadre la célébration vise à nous aider à entrer en symbiose avec ces forces de l’environnement et ainsi ouvrir notre intuition, notre ressenti, devenir plus que ce que nous sommes au quotidien.

Les rituels et la  symbiose.

La tradition celtique, notre tradition, celle qui est compatible à notre psyché occidentale nous donne un support psychique pour bien gérer notre imaginaire et notre démarche spirituelle.
Lors des célébrations les membres et amis de la communauté se rassemblent à un point du terrain puis socialisent. Un des maitres du rituel donne ses directives pour le déroulement de la célébration. Ici la communauté prend tout son sens, une communauté formée de personnes d’aujourd’hui poursuivant une démarche spirituelle. Le rituel doit donc faire vibrer l’âme de ces personnes. Le rituel doit parler à ces personnes d’aujourd’hui. 
Pendant ce temps, un officiant, le Maitre du feu, prépare et rassemble les différentes essences de bois nécessaire au Feu Sacré. Puis, une femme désignée ou la Druidesse allumera la structure. Idéalement, elle utilisera une loupe. L’énergie solaire concentrée sur le papier blanc qui sert allumer le Feu. Dans la vision celtique, la femme donne naissance à la vie. Elle est l’image de la Déesse, source de la vie cosmique. Le féminin donne naissance au Feu qui symbolise les forces de la Vie dans l’Univers. La femme symbolise cette synthèse Tripartite: la Nature , la Vie et l’Univers.   Le cercle de pierre symbolise le centre de notre Galaxie, notre Univers immédiat. Notre cerveau a besoin d’un support physique pour pouvoir fonctionner à plein régime et être créatif. Tout individu qui entreprend une action ou une démarche,  doit définir clairement ses objectifs  et une stratégie pour les atteindre. Le spirituel n’est pas différent du quotidien de la vie. La prochaine étape est de se positionner. Sans ce positionnement, l’individu ne peut rien faire, il est voué à l’échec, il est paralysé. Or se centrer peut se faire de deux façons : a) Se concentrer : c’est-à-dire dans une démarche de fermeture de la conscience, l’esprit se fixe sur un seul objet et rejette tout le reste. 
Le mouvement de fermeture rétrécie la vision, du périphérique vers le centre. Mouvement centripète b) Expansion mentale. L’autre approche est de définir un  centre et de s’ouvrir vers la périphérie, dans une démarche d’expansion mentale. Il faut pousser sa conscience, dans un mouvement d’expansion jusqu’aux limites de la périphérie, jusqu’aux confins de l’Univers. Mouvement centrifuge.
 Or, il est impossible pour le cerveau d’imaginer le centre de l’Univers. Dans le processus de visualisation, le cerveau doit pouvoir avoir accès à un symbole, une image ou une scène virtuelle. Tous ces éléments s’activent dans l’hémisphère droit du cerveau. L’individu définit sa place en visualisant la Galaxie ou l’image de la Galaxie. Puis il se positionne au centre de cette image. Jusqu’à là le cerveau  ronronne de bonheur!

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Notre Voie Lactée

Au Centre de la Galaxie ,on visualise un gigantesque  Feu Cosmique qui est la Conscience Cosmique et le feu de la Vie. Éviter tout rapport avec  un Dieu ,surtout celui de notre enfance.. On ne doit pas retomber dans les clichés paralysants du monothéiste.  Cette démarche est païenne et scientifique. Il n’y a pas de foi,  seulement une   connaissance et une démarche spirituelle ( de l’esprit ou de la conscience). En  tant que conscience individuelle, vous allez vous  positionner, en vous servant de votre imaginaire et votre créativité, au centre de cette activité vitales et Cosmique.   Votre cerveau va associer la Conscience Cosmique et votre conscience individuelle.  Ici démarre le long processus de l’expansion mentale et spirituelle . Votre cerveau ignore si ce que vous imaginez, votre image de l’Univers , est réel le ou une construction de votre imaginaire. Pour lui, ce que vous créez dans votre imaginaire est réel. Lors des rituels,  vous renouvelez  et intensifiez cette image mentale.   Le rituel est l’occasion d’expérimenter la symbiose avec la Nature et l’Univers. Centre du cercle, centre de l’Univers. La Conscience cosmique se manifeste à travers la chaleur vivifiante du Feu. Le lieu du rituel est divisé en trois cercles , divisés  en 4 sections Aux quatre points cardinaux  du  grand cercle périphérique , au Nord, à l’Est, au Sud et à l’Ouest , on y positionne  un objet sacré. Dans ce grand cercle cosmique  se positionnent les membres de la communauté et les invités.. . Puis dans le deuxième cercle interne,  on y prépare le bucher du rituel. Les officiants  et officiantes prennent place  afin de diriger le déroulement du rituel ou de la célébration.  Le dernier cercle est vide,; il symbolise le lieu divin ou le cœur de la Nature. C’est  Gwenwedla dimension invisible et spirituelle de l’Univers.

La communauté se rassemble à l’extérieur du lieu du rituel.  Dès que les participants se mettent en marche ,jusqu’au moment où ils arrivent à leurs position dans le cercle, la marche se fait au son d’un tambour. L’effet sonore de l’instrument donne un sentiment de solennité à l’évènement. La Communauté entre dans le cercle par la porte de l’Est , dans la direction où  se lève le Soleil , et elle  se déplace dans l’ordre des points cardinaux suivant la course du Soleil , dans le sens des aiguilles d’une montre: Est, Sud, Ouest et Nord. Une fois chaque membre à sa place prédéterminée, l’officiant débute le rituel. Je ne fais ici que donner certaines explications sur les points importants des rituels. Chaque rituel peut présenter des variantes qui s’adaptent aux objectifs visés par le maitre du rituel et selon la Célébration. 
Les rituels sont solaires. Le fait d’imiter la course solaire, permet aux individus entrer en harmonie avec le Soleil et la Nature. C’est une première prise de contact avec l’océan cosmique.

 L’officiant, le druide, ou le maitre de rituel va faire les invocations d’usage. La communauté invoque les divinités ou les forces de la Nature et les éléments qui forment la flore et la faune. 
Les anciennes divinités païennes  étaient la personnification des différentes  manifestations  de la Nature. Rien à voir avec un dieu tyran, revanchard, possessif et jaloux qui règne à quelque part et qui écoute et juge vos moindres pensées! Le rite force l’imaginaire à concevoir l’environnement comme sacré et vivant et invite les participants à entrer en phase avec ce courant vital. La communauté n’est pas coupée de cette source vitale, au contraire elle prend conscience à quel point elle est dépendante de cette source.
Vient ensuite le moment où chaque individu s’unit aux autres membres , fusionne sa volonté, sa conscience aux autres consciences individuelles présentes pour créer un égrégore. L’égrégore est cette entité spirituelle du groupe, du lieu ou de la communauté.

Partant de la porte de l’Est et se déplaçant dans la ronde solaire chaque membre à tour de rôle chante le AA-OO-OU-MM. Le nombre de tours peut-être de 3, 6 ou 9. Les chants doivent s’imbriquer un à la suite de l’autre comme des couches stratifiées.
Dans certains rituels , une invocation est adressée au Soleil. Les celtes savaient que le soleil était un astre et ils rendaient hommage au rôle de cet astre dans le maintient de la Vie sur Terre. Sans le soleil, pas de vie possible.
Ces rites adressés aux choses, aux astres ou aux éléments imprègnent dans la psyché un profond respect pour les forces de la Nature, de la Vie et du Monde. Vers la fin du rituel, les membres sont invités à prendre la parole. Les femmes, particulièrement les druidesses énonceront les intuitions et les impressions qu’elles ont reçues durant le rituel. L’art de la divination, ou le décodage des impressions subtiles, demeurent une affaire de femme.

À la fin du rituel, l’officiant va remercier les esprits de la nature et les divinités d’être venu assister au rituel et d’avoir contribué à enrichir la démarche spirituelle de la communauté. Puis la communauté va se mettre en marche autour du cercle, toujours dans le même sens, trois tours, puis l’officiant retourne le site à son usage profane, si le lieux est utilisé occasionnellement. 
Finalement la communauté se réunit autour d’une table et les membres partagent la nourriture, l’hydromel , le cidre ou le vin apportés pour la célébration. Durant le repas, les membres partagent leurs impressions et leurs expériences.
La tradition druidique est vivante, une cérémonie doit être adaptée et actualisée au temps et au lieu où elle se produit pour être efficiente. Les courants culturels qui ont survécu, les rites des autres traditions ancestrales encore utilisés aujourd’hui dans les traditions anciennes non monothéistes présentent une similarité des objectifs et des symboles avec la tradition occidentale druidique. Les cérémonies  doivent permettre aux participants de se sentir en harmonie avec ceux et celles qui les entourent créant ainsi un égrégore puissant, ainsi que le sentiment d’être en harmonie avec le Grand Tout Cosmique, permettant de sentir l’Unité dans la Diversité

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Entretiens et réflexion

Créé par le 27 août 2011 | Dans :

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Alain de Benoist  est un intellectuel, philosophe et politologue français, principal représentant du mouvement dit de la « Nouvelle Droite » à la fin des années 1970. Il est également connu sous les pseudonymes de Fabrice Laroche — qu’il utilisait au début de sa carrière de journaliste —, Robert de Herte — sous lequel il rédige les éditoriaux d’Éléments — et David Barney.  ( Wikpedia)

 

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ENTRETIEN À PROPOS DU “ PAGANISME”


  1) Vous êtes apparu, à une époque, comme la cheville ouvrière

intellectuelle du paganisme en Europe. Vous considériez-vous alors

comme un néopaïen ? Comment avez-vous évolué spirituellement

depuis ?

 

« Cheville ouvrière », c’est beaucoup dire. Elevé dans la religion

catholique, j’ai perdu assez tôt une foi chrétienne que j’avais prise très

au sérieux à la fin de mon enfance. Au début des années soixante, à la

fois par réaction contre cette éducation catholique que j’avais reçue (et

dont le peu de crédibilité des réponses données aux questions

fondamentales que je me posais m’avait déçu) et sous l’effet d’un certain

nombre de lectures, j’ai oscillé entre un nietzschéisme classique, encore

assez superficiel, et un néopositivisme qui, en matière de théorie de la

connaissance, m’a amené aux frontières du scientisme. Ma grande affaire

était de concilier l’inconciliable, en l’occurrence la pensée de Nietzsche

et la critique décapante de la métaphysique menée par les représentants

du Cercle de Vienne, Moritz Schlick et Hans Reichenbach

principalement, mais aussi Rudolf Carnap ou Otto Neurath, dont Louis

Rougier avait dès les années trente introduit les idées en France. Toutes ces philosophies

étant étrangères ou hostiles au christianisme, il me semblait que l’on

devait pouvoir en faire la synthèse. Dans cette intention, j’explorais des

« voies moyennes » aussi différentes que celles correspondant aux

philosophies de Bergson, Wittgenstein, Otto Driesch ou Ludwig van

Bertalanffy. Tout cela n’a évidemment débouché sur rien. J’ai alors

totalement rejeté le positivisme et le scientisme, dont les liens avec

l’idéologie libérale m’étaient entre temps apparus évidents. Quant à

Nietzsche, dont la pensée m’a longtemps semblé indépassable, je devais

par la suite prendre quelque distance avec lui, essentiellement sous

l’influence de Heidegger. Dans le même temps, l’athéisme m’est

clairement apparu comme une position tout aussi métaphysique que la

croyance en Dieu qu’il prétendait contredire. Enfin, la lecture d’un certain

nombre d’ouvrages sur la place du sacré dans les cultures traditionnelles

m’a convaincu qu’on ne se débarrassait pas si facilement de l’idée qu’il

est en ce monde des choses qui nous dépassent infiniment. Mon goût de

l’Antiquité, nourri par l’intérêt que j’ai toujours porté à l’archéologie, à la

linguistique ou à l’histoire des religions, a probablement fait le reste.

Dans le courant des années soixante-dix, j’ai commencé à écrire sur le

paganisme et à employer mot « païen » dans une acception positive. En

1981, la publication de Comment peut-on être païen ?, ouvrage qui

développait la matière d’un dossier paru un an plus tôt dans Eléments

(« La libération païenne »), m’a permis, indirectement tout au moins

(car je n’y parlais guère à la première personne) de faire un bilan de cette

évolution.

Dans ce livre, je ne me souviens pas d’avoir employé le terme de

« néopaïen ». Je parlais de paganisme, tout simplement, et je le faisais de

la manière qui a toujours été la mienne : une approche intellectuelle et

philosophique, mais aussi historique et « généalogique ». Il s’agissait

pour moi, d’une part, de cerner ce qui séparait le plus fondamentalement

le paganisme européen du christianisme et de la pensée biblique, et de

l’autre de montrer en quoi nombre d’idéologies modernes d’apparence

tout à fait profane pouvaient être considérées comme les héritières

sécularisées de cette même pensée biblique ou chrétienne. Il y avait

donc là l’amorce d’une réflexion sur la notion de sécularisation.

J’éprouve rarement le besoin de relire les livres que j’ai publiés.

Mais je n’ignore pas que Comment peut-on être païen ? a continué, sans

moi pourrait-on dire, à faire son chemin. Le livre a d’ailleurs déjà été

traduit en allemand, en italien, en néerlandais, en espagnol et en russe,

et il paraîtra prochainement en anglais. Je m’y reconnais toujours pour

l’essentiel, ce qui veut dire que je n’ai pas tellement « évolué

spirituellement » depuis. Cependant, si je devais le réécrire aujourd’hui,

j’aurais quand même à tenir compte de ce qui m’a enrichi depuis.

D’abord, j’éliminerais les quelques erreurs de perspective qui s’y sont

glissées. Je ferais un usage plus mesuré de l’expression « judéochristianisme

», qui n’est certes pas fausse dans certaines acceptions

précises, tant historiques que théologiques, mais qui, employée de façon

trop systématique, fait bon marché des différences profondes existant

entre le christianisme et le judaïsme. Enfin, j’aborderais certainement des

problématiques nouvelles, dont je ne me souciais pas il y a une vingtaine

d’années. Je ne me contenterais pas, par exemple, d’opposer la tolérance

des religions païennes, fondée sur le polythéisme des valeurs, à

l’intolérance constitutive de religions révélées. Je soulignerais aussi,

comme Cornélius Castoriadis l’a fait dans son séminaire des années

1982-83, l’« opposition entre la tradition monothéiste en tant que

tradition d’hétéronomie et la tradition grecque proprement dite, ou

démocratique, en tant que tradition d’autonomie ». Cette opposition très

importante, généralement ignorée par les païens « de droite » — dont les

sentiments démocratiques tiennent bien souvent à l’aise sur un confetti

—, avait en revanche été très bien perçue par certains socialistes

français du XIXe siècle.

 

2) La Nouvelle Droite est elle-même apparue aux yeux de certains

comme un mouvement avant tout néopaïen. Etait-ce justifié ?

 Je ne le pense pas. La réflexion que j’ai exprimée à titre personnel

dans Comment peut-on être païen ? a certes trouvé une résonance

somme toute naturelle dans cette mouvance : aujourd’hui comme hier, la

grande majorité des membres de la ND, soit se considèrent eux-mêmes

comme païens, soit éprouvent pour l’héritage du paganisme antique une

évidente sympathie. Cependant, la ND a toujours compté en son sein une

minorité de catholiques ou d’athées. Pour le dire autrement, il n’a jamais

été requis de « profession de foi païenne » à aucun membre de la ND !

Par ailleurs, si l’on regarde les mouvances culturelles ou intellectuelles

qui, en dehors de la France, ont collaboré le plus étroitement avec la ND

— parfois jusqu’à s’identifier avec elle —, on constate immédiatement

que nombre d’entre elles, généralement pour des raisons historiques,

n’ont pas repris à leur compte ce qu’il y avait de plus « païen » dans le

discours de la ND. De façon générale, c’est dans les pays de la partie

nord de l’Europe que ce « paganisme » de la ND a été le mieux accueilli,

alors qu’il a fréquemment été négligé ou laissé de côté dans les pays

latins, plus anciennement christianisés. Cette différence d’appréciation

n’a jamais fait obstacle à une coopération ou un travail commun qui s’est

déroulé durant des décennies. Définir sans plus la ND comme un

« groupe païen », ainsi qu’ont pu le faire certains catholiques intégristes

ou des journalistes paresseux, revient donc à prendre la partie pour le

tout. L’apport principal de la ND réside dans les innombrables travaux

qu’elle a réalisés dans les aspects les plus divers du domaine des idées,

non dans un de ces aspects seulement. Et l’on pourrait en dire tout

autant de ma production ou de mon oeuvre personnelle, qui est avant

tout une oeuvre de philosophie politique et d’histoire des idées.

 

3) Avec le recul, l’accent mis par la suite par la ND sur le paganisme vous

apparaît-il comme ayant été opportun ?

 Cette question rejoint évidemment la précédente. Mais c’est en

effet une question que l’on peut se poser. Je pense personnellement

qu’une critique en profondeur des grands « récits idéologiques »

constitutifs de la modernité conduit nécessairement, pour des raisons de

méthode généalogique précisément, à s’interroger sur leurs origines, et

donc à déterminer la part de responsabilité du christianisme dans

l’avènement des conditions qui ont présidé à leur émergence. (Je ne veux

évidemment pas dire par là que les idéologies modernes sont des

idéologies « chrétiennes », mais qu’on ne peut expliquer leur apparition

qu’à partir d’un terreau d’origine où le christianisme est indéniablement

impliqué. Le mot de Chesteron sur les « vérités chrétiennes devenues

folles » correspond ici à une réalité). C’est un fait par ailleurs que la ND a

toujours prêté de l’importance à la longue durée historique, et qu’elle a

toujours porté un regard empreint de sympathie sur les cultures

préchrétiennes qui sont à l’origine de notre civilisation (sans pour autant

la résumer). Ces deux démarches conduisent tout naturellement à mettre

en perspective l’affrontement du paganisme et du christianisme et à

s’interroger sur sa signification. Aurait-on pu le faire sans s’affirmer

« païen » d’une manière ou d’une autre ? C’est possible. Je n’ignore pas

ce qu’une telle autodésignation peut avoir d’étrange pour l’oreille d’un

certain nombre de nos contemporains. D’un autre côté, c’était aussi une

façon de reprendre toute une problématique qui fait partie de notre

histoire, et de favoriser des prises de conscience qui avaient besoin

d’être éveillées. Vieille histoire du verre à moitié vide et à moitié plein.

 

4) On voit un certain nombre d’ex-membres de la ND se passionner

depuis quelques années pour l’hindouisme, y compris pour sa version

politique. Que pensez-vous de cet engouement ?

 D’abord qu’il ne concerne, à ma connaissance, qu’une ou deux

personnes tout au plus. Il me paraît bien entendu très légitime de

s’intéresser à l’Inde, à la fois compte tenu du rôle que ce pays-continent

va être appelé à jouer dans les années qui viennent, et en considération

du fait que l’hindouisme reste aujourd’hui la seule grande religion vivante

issue du paganisme européen. Cela dit, je pense qu’il faut beaucoup de

temps pour apprécier à sa juste valeur une réalité aussi complexe que la

réalité indienne. N’étant pas un spécialiste, je me bornerai à dire que je

me sens personnellement assez loin, sur le plan spirituel, de l’expérience

d’Auroville, due aux disciples de Sri Aurobindo, tout comme je me sens

assez loin, sur le plan politique, des orientations du BJP.

 

5) Que pensez-vous de l’éventuelle émergence d’un néopaganisme que

l’on pourrait qualifier d’archéofuturiste : soirées rave, musique techno,

marquages physiques néotribaux comme les tatouages ou les piercings,

etc.

 On pourrait faire une analyse « dumézilienne » des néopaganismes

contemporains. A la première fonction correspondrait une approche

spirituelle ou intellectuelle, fondée sur l’amicale connivence avec les

oeuvres et le système de valeurs que nous ont légués les grandes

cultures et les religions de l’Antiquité. C’est évidemment dans une telle

démarche que je pourrais me reconnaître. Les néopaganismes brutaux,

intolérants et ethnocentrés, à base d’exaltation de la violence pure sur

fond de musique gothic ou hard metal, qui ne sont bien souvent que des

« paganismes » de caricature, se laisseraient aisément ranger dans la

deuxième fonction. Quant à la troisième, on pourrait y placer à la fois, sur

un versant « soft », les « paganismes » niais du type « New Age » et les

néopiétismes naturalistes caractéristiques de certaines sectes, et, sur un

versant plus « hard » les phénomènes que vous évoquez. Mais relèvent-ils

vraiment d’un « néopaganisme » ? Le terme de « néotribalisme »

serait sans doute plus approprié. Bien entendu, il n’est pas difficile d’en

identifier des éléments qu’on pourrait appeler « dionysiaques », mais ce

serait au sens que donne à ce mot un Michel Maffesoli. J’ai l’impression,

en d’autres termes, que l’on est en présence d’un phénomène

sociologique plus que d’un phénomène doté d’une quelconque valeur

spirituelle. Ce qui ne veut pas dire qu’il manque d’intérêt. Le

néotribalisme témoigne d’un vitalisme élémentaire, d’une nostalgie de la

« barbarité », où l’on peut voir une réaction contre l’intellectualisme

abstrait d’une société qui se veut gouvernée par une desséchante

rationalité. Une telle attitude comporte néanmoins des risques évidents,

à commencer par celui de n’inspirer qu’une rébellion superficielle à base

d’agitation bruyante et de pure expression de soi.

 

6) Vous avez été un critique sévère du christianisme. Or, vous avez écrit

un petit ouvrage sur Jésus et ses frères. Votre pensée sur cette foi a-telle

évolué ? Condamnez-vous toujours toutes les formes du

monothéisme ?

 Je ne pense pas que mon essai sur Jésus et ses frères ait

spécialement enchanté les lecteurs chrétiens, qui sont convaincus de la

naissance virginale de Jésus et croient que ses frères n’étaient que des

« cousins » ! Je vois donc mal en quoi le fait d’écrire sur un tel sujet ferait

de moi un critique moins « sévère » du christanisme que je ne l’ai été. La

vérité est que le monothéisme en général, et le christianisme en

particulier, me sont tout aussi étrangers aujourd’hui qu’ils l’étaient

qu’hier. Il n’en est pas moins vrai que je ne me définirai certainement pas

par mon opposition au christianisme, car ce serait encore rester dans sa

dépendance. Mais surtout, je me suis toujours appliqué à ne pas répondre

à l’intolérance chrétienne par une intolérance inverse. Je critique le

christianisme parce que je le crois critiquable, je ne critique pas les

chrétiens. Ils rentrent pour moi dans la catégorie des gens qui ont au

moins le mérite de croire à quelque chose dans une époque où la plupart

des gens, gagnés par le matérialisme pratique et l’utilitarisme marchand,

ne croient plus à rien. Je ne critique pas non plus les prêtres : ils ont mis

leur vie entière au service de leurs convictions, ce que je respecte et

admire — quelles que soient ces convictions. Ma critique, enfin, n’est pas

de type essentialiste. Elle ne me fait pas perdre de vue en quoi, d’une

époque à l’autre, le christianisme a pu varier. Il n’y a qu’une Eglise

catholique, mais je ne confonds pas pour autant François d’Assise et

Torquemada. La lecture d’Origène et de Tertullien m’accable, celle de

Péguy et de Bernanos me touche au plus profond. Quant aux « croix

ostentatoires », au foulard islamique et autres kippas, ils me gênent

assurément moins que la laideur du monde actuel et le spectacle

quotidien de la publicité !

 

Alain de Benoist

 

Cet article fut emprunté à:

 http://www.alaindebenoist.com/pages/textes.php?cat=entretiens&lang=fr

 

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Entretien à propos du livre

paru dans la revue   « Eléments »

 

« Comment peut-on être païen ? »,

 

1 - Avec la parution de Comment peut-on être païen ?, voici une quinzaine d’années, le néopaganisme faisait irruption sur la scène intellectuelle française. Comment juges-tu avec distance, ce livre-manifeste ? Et au fond, pourquoi s’être engagé dans cette voie ?

 Il faut partir de choses simples. Pendant plusieurs millénaires, les peuples d’Europe ont pratiqué des religions que l’on appelle habituellement « païennes », désignation ancienne et au départ péjorative. Ces religions constituaient un système de représentations, de valeurs, de figures spécifiques. Elles ont été le cadre et le soutien spirituel de nombreuses cultures et degrandes civilisations dont nous sommes, directement ou indirectement, les héritiers. Les religions païennes ont ensuite été combattues par le christianisme, qui était porteur d’un autre  système de représentation et qui envisageait le fait religieux sous une autre forme. L’étude comparée de ces deuxsystèmes permet de comprendre les causes de leuraffrontement. Du même coup, elle nous incite à nous déterminer par rapport à eux. Prendre position pour le paganisme, cela veut dire s’efforcer, non pas de concevoir, mais de voir le monde selon les lignes directrices du système de représentation qui lui est propre.Il y a bien des façons de venir au paganisme. Ce peut être par sentiment esthétique, ou par rejet instinctif de la conception chrétienne du monde. Ce peut être par volonté de se rattacher à une tradition ou à des sources qui lui sont intimement associées. Ce peut être aussi, et ce serait plutôt mon cas, à travers la conviction que les pathologies du monde moderne sont les filles, illégitimes mais certaines, de la théologie chrétienne. Un mouvement tout naturel porte alors à jeter un regard de sympathie, d’amicale connivence vers cette autre religion, païenne, qui a si longtemps fait résistance à la christianisation. Bien entendu, en cette dernière analyse, il n’y a jamais de raison impérieuse absolue d’adhérer à un système plutôt qu’à un autre. S’il y en avait une, elle justifierait que ce système soit proposé ou imposé à tout le monde, ce que je me refuse à faire. Tout au plus pouvons-nous constater que l’un de ces systèmes correspond mieux à notre sensibilité, qu’il a dans le passé eu des effets que nous jugeons meilleurs, qu’il se situe dans le prolongement plus exact d’une tradition à laquelle nous souhaitons adhérer, bref qu’il correspond plus qu’un autre à ce que nous croyons être la vérité.Le paganisme est un système global. C’est ce système que je m’étais efforcé de décrire dans.Comment peut-on être païen ?, en mettant systématiquement en lumière en quoi il s’oppose,de façon à mon avis irréductible, à la conception chrétienne de l’homme et du monde. Certains ont jugé cette démarche trop « intellectuelle ». Elle l’est en effet, mais je n’en vois pas d’autre possible. Etudier le paganisme, outre le plaisir de connaître que l’on en retire, offre une alternative à la fois intellectuelle et spirituelle. Cela permet de voir comment nos plus lointains ancêtres concevaient les rapports de l’homme au monde et les relations des hommes entre eux, quelles étaient les attitudes éthiques qu’ils privilégiaient, quelle place ils attribuaient au lien social, quelle idée ils se faisaient de la temporalité, quelle était leur conception du sacré. Les enseignements que l’on en retire valent pour tous les temps, et d’abord pour le nôtre.Ils déterminent des lignes de conduite et aident au travail de la pensée. Quand le mythe nous dit qu’en épousant Thémis, déesse de l’ordre et de la justice, Zeus a engendré les Saisons et les. Destinées, par exemple, nous apprenons quelque chose qui va bien au-delà du récit. De même, le mythe de Gullweig nous met en garde contre la « passion de l’or ». Le sort réservé à Prométhée nous apprend quelque chose sur les conséquences de la ruse et du déchaînementtechniciens. Et le précepte delphique : « Rien de trop » nous aide à comprendre le caractère pervers du principe contemporain d’un « toujours plus ».

 2 - On peut aujourd’hui identifier de nombreux « néopaganismes ». Je distinguerai pour ma part trois grands ensembles : un néopaganisme communautaire ou « sectaire », à base d’imitation de rites anciens ou de réactivation de traditions populaires régionales,un néopaganisme littéraire, surtout fondé sur l’intuition et l’inspiration poétique, et enfin un néopaganisme intellectuel, où le mythe, l’imaginaire, l’archétype, le « polythéisme des valeurs », sont autant d’éléments actifs d’interprétation et de compréhension du monde. Cet ensemble te paraît-il unitaire ou, au contraire, dispersé ?

 La tradition païenne (ou, de façon plus générale, la référence à l’Antiquité) n’a cessé, à des degrés divers, d’inspirer les écrivains et les artistes. La plupart des romantiques allemands, àcommencer par Schelling, Göres ou Novalis, ont opposé à un monde moderne jugé sans âme le souvenir d’un monde ancien où, comme le dit Schiller, « tout était vestige d’un dieu ». Au XIXe siècle, l’Antiquité fut également une source d’inspiration majeure aussi bien pour les néoclassiques que pour les symbolistes ou les parnassiens. Mais en fait, ce sont des pans  entiers de la littérature contemporaine qu’il faudrait citer si l’on voulait faire un inventaire complet de ce « paganisme ». Songeons seulement à Leconte de Lisle, José Maria de Hérédia, Théodore de Banville, Louis Ménard, Jean Moréas, Pierre Louÿs, Edouard Schuré,Hugues Rebell, Edouard Dujardin, Gabriele d’Annunzio, D.H. Lawrence, Jean Giono, Knut Hamsun, Henry de Montherlant, Marguerite Yourcenar, John Steinbeck, Henry Miller, sans oublier Fernando Pessoa qui, dans Le retour des dieux, écrit : « Les dieux ne sont pas morts : seule est morte notre perception des dieux. Ils ne sont pas partis: nous avons cessé de les voir [...] Mais ils continuent d’être là et de vivre comme ils ont toujours vécu, dans la même perfection et la même sérénité ».Bien entendu, chez les auteurs que je viens de citer, l’inspiration « païenne » revêt des formes différentes. Chez les uns, ce peut être une référence formelle, faisant seulement appel à l’esthétique des images et des mots. Chez les autres, il peut s’agir d’une réaction nostalgique contre le désenchantement induit par l’idéologie du progrès. D’autres ont plus nettement cherché à fonder au travers du paganisme un nouveau sentiment de la nature, un autre type derapport au monde. Mais dans tous les cas, cette référence permanente, ce désir spontané de se rattacher à un passé perçu, plus ou moins consciemment, comme un remède aux maux du présent, a valeur de symptôme.Le néopaganisme communautaire ou « sectaire »est évidemment tout autre chose, et je serais sur ce point beaucoup plus réservé. J’écrivais déjà, dans Comment peut-on être païen? : « Ce  qui nous semble surtout à redouter aujourd’hui, c’est moins la disparition du paganisme que sa résurgence sous des formes primitives et puériles, apparentées à cette religiosité seconde dont Spengler faisait, à juste titre, l’un des traits caractéristiques des cultures en déclin ». La floraison des groupes néopaïens à laquelle on assiste depuis quinze ans n’a fait que me renforcer dans ce sentiment. A elle seule, l’extrême diversité de ces groupes laisse songeur.Pour les uns, le « paganisme » se ramène essentiellement à des réunions joyeuses, à des soirées sympathiques où l’on célèbre, avec quelques rituels appropriés, la vie communautaireet les plaisirs de l’existence. D’autres se regroupent au sein de véritables « Eglises »ou de communautés religieuses, dont les cérémonies tiennent plutôt de l’intériorisation protestanteou néopiétiste. D’autres encore tirent le « paganisme » vers la transgression pure, allant de la « magie sexuelle »à la messe noire. Le tout s’assortit presque invariablement de rituelscompliqués, d’invocations grandiloquentes, de titres ronflants. Ce qui fait que les « ceremonies païennes » peuvent aussi bien ressembler à la fête communautaire bien arrosée qu’à laméditation austère, à la « tenue » de maçonnerie de marge, à la partouze ou au bal costumé.De toute évidence, nombre de ces mouvements n’ont strictement rien à voir, sinon l’usage du mot, avec le paganisme. Quant aux groupes à vocation plus strictement religieuse, leur mode de fonctionnement les apparente souvent à des sectes. Tout en réprouvant l’hystérie antisecte àlaquelle on assiste aujourd’hui, hystérie qui ne fait qu’ajouter à la confusion en raison desamalgames qu’elle pratique, je dois dire que je me sens personnellement assez étranger à toutcela. J’y vois beaucoup de pastiche, beaucoup de parodie, mais fort peu de paganisme !La confusion atteint son comble avec les groupes « néopaïens », surtout anglo-saxons, quis’inscrivent dans la mouvance du New Age. Plus ou moins issus du mouvement hippie et de lacontestation californienne des années soixante, cette mouvance a comme principalecaractéristique son caractère syncrétique et composite : « anything goes ». Ses thèmesprincipaux sont l’écoféminisme, le millénarisme du « Verseau », un penchant invincible vers toutes les formes d’occultisme et de paranormal, une aspiration à la transformation personnelle permettant à l’individu de vibrer à l’unisson de l’« âme du monde ». Ses références sont  éclectiques : la « voie du Nord » et l’ « astrologie runique » y font bon ménage avec lesoufisme, la kabbale, les spiritualités orientales, le spiritisme (rebaptisé channeling), lathéosophie ou le « voyage astral ». L’idée centrale est que nous entrons dans l’ère du Verseau,qui se caractérisera par la fluidité des rapports humains et l’émergence d’une conscienceplanétaire. Les groupes « néopaïens », extrêmements nombreux, qui évoluent dans ce milieu échappent rarement à ce syncrétisme, en fait un patchwork de croyances et de thèmes de toutes sortes, où l’on voit se mêler les tarots et les « charmes » karmiques, l’interprétation des rêves et les invocations à la Grande Déesse, les traditions hermétiques égyptiennes et lesUpanishads, Castaneda et le roi Arthur, Frithjof Schuon et la psychologie jungienne, le marteau de Thor et le Yi-King, la « magie thélèmite » et le yoga, l’Arbre de vie et la « transe chamanique », etc.Dans ce fatras, tout n’est évidemment pas à rejeter, à commencer par des thèmes comme l’écoféminisme, la vision holistique des choses, le non-dualisme, etc. Mais ces thèmes sont noyés, sans la moindre rigueur, dans un confusionnisme débridé, fondé sur le postulatimplicite de la compatibilité, voire de la convertibilité, de toutes les croyances, de toutes les sagesses et de toutes les pratiques. S’y ajoutent une débauche de bon sentiments, qui versesouvent dans l’optimisme niais dont les Américains sont coutumiers, et surtout cette croyance naïve que l’expérience individuelle est le seul critère de validation du cheminement intérieur et qu’on peut recourir à des spiritualités ready made comme à autant de recettes de bonheur et d’ « épanouissement ». En fin de compte, avec ses modes et ses engouements successifs (Hildegarde de Bingen, la divination runique, les « anges gardiens »), le New Age constitue une subculture évoquant irrésistiblement ces croyances composites que l’on vit se développer à Rome sous l’antiquité tardive, en marge des rites officiels, et qui associaient sans plus de discernement spéculations égyptiennes ou chaldéennes, fragments de cultes orientaux, théorie astrale, pratiques superstitieuses, « gnose » d’origine iranienne ou babylonienne, oracles de toutes provenances.Certes, tous les groupes « néopaïens » actuels ne s’inscrivent pas dans cette mouvance, mais ils en sont rarement séparés par une frontière étanche. Un trait qui leur est commun, par exemple, est leur propension à la spéculation ésotérique ou « magique ». Je ne prendrai pas ici position sur l’ésotérisme en général. Mais il n’est que trop évident qu’il sert aisément de support à tous les délires. Et de fait, nombre de groupes « néopaïens » suppléent à leur absence de savoir, ou surtout de critères permettant d’apprécier la valeur de ce qu’ils savent, par une imagination débordante : interprétation personnelle assénées comme des arguments d’autorité, affirmations sans preuves, extrapolations fantaisistes, etc.

 3 – Le jugement que tu portes est assez sévère. Est-ce que ces groupes « néopaïens »que l’on voit aujourd’hui se développer dans à peu près tous les pays occidentaux, y comprd’ailleurs en Europe de l’Est, n’ont pas au moins le mérite de remettre en honneur une matière restée trop longtemps oublié?

 Je ne porte là qu’un jugement d’ensemble. Si l’on examinait séparément chacun de ces groupes, ce qui est difficile à faire ici, je serai le premier à apporter des corrections et des nuances.Il est évident que certaines communautés « néopaïennes » sont plus intéressantes et plus sérieuses que d’autres. Parmi leurs animateurs, dont la sincérité et les bonnes intentions ne sont pas en cause, il en est qui ont une connaissance réelle des anciennes religions païennes et qui travaillent sérieusement pour mieux les connaître encore. Leurs publications sont parfois bien faites, et je ne ferai pas non plus l’erreur de croirequ’elles ne s’adressent qu’à de  doux rêveurs ou à des monomaniaques, ou encore à des individus en situation d’échec, qui espèrent résoudre leurs frustrations et leurs problèmes intimes en adhérant à des groupes dans lesquels ils espèrent trouver la place que la vie réelle leur refuse. Il reste néanmoins que, prise globalement, cette mouvance s’inscrit fort bien sur l’actuel « marché des croyances » où chacun, sur la base d’une sorte de bricolage spirituel, vient au gré de ses humeurs faire son choix entre différentes religions et « sagesses » possibles. Ce « marché », où fleurissent quantité de spiritualités de marge oscillant entre la tentation fusionnelle représentée par les sectes et un désir de « soigner » son âme comme on soigne son corps, par des recettes à la carte, est l’un des symptômes les plus évident de la crise spirituelle de notre époque. Toute la question est en fait de savoir si l’on peut ou non redonner vie à d’anciens cultes sans verser dans le sectarisme ou dans le simulacre, c’est-à-dire sans retomber finalement dans ce nihilisme que tout véritable paganisme devrait au contraire avoir pour objectif de surmonter.Or, les tentatives faites dans ce domaine me semblent se heurter à de sérieux obstacles.Il y a tout d’abord le problème de la filiation. Il n’y a bien entendu aucune continuité entre l’ancien paganisme et, quoi qu’ils en disent, les modernes groupes néopaïens. Cela ne les empêche pourtant pas d’affirmer qu’ils transmettent un savoir hérité venu du fond des âges, alors que ce savoir n’est bien souvent que le produit de leur imagination ou une compilation de spéculations avancées par d’autres avant eux. La vérité est que, si nous savons beaucoup de choses sur les anciennes religions européennes, nous en ignorons plus encore. Je prendrai un exemple simple. Nombre de groupes néodruidiques ou druidisants prétendent développer un « enseignement druidique ». Mais, s’il est bien certain que les anciens druides enseignaient quelque chose (le fait est attesté par les témoignages d’époque), nous ne savons strictement rien de ce qui constituait leur enseignement. Les textes classiques, grecs ou latins, sont muets sur ce point. Les textes médiévaux, essentiellement des récits de l’Irlande médiévale, sont des compilations de récits oraux préchrétiens, souvent fort bien conservés, mais dépourvus de tout commentaire proprement druidique. Les rituels adoptés par la plupart des groupes druidisants modernes ont été en fait fabriqués de toutes pièces au XVIIIe siècle par l’érudit gallois Iolo Morgannwg (Edward Williams). S’y ajoutent des emprunts à la maçonnerie écossaise, ainsi qu’à certains récits gallois, comme le Mabinogi. Tout cela est fort intéressant, mais ne nous dit strictement rien sur la « tradition druidique ». Aucune filiation druidique n’ayant survécu au christianisme, toute résurgence druidique ne peut être que parodique ou folkorique. Il en va de  même de l’« astrologie runique » ou de la « magie nordique ». Nous savons que les runes ont été utilisées dans le passé pour la divination, et qu’il y a de bonnes chances pour qu’elles soient d’origine religieuse ou « cosmique ». Nous savons aussi que toutes les cultures anciennes ont peu ou prou eu recours à la magie. Nous savons enfin que certaines traditions populaires, conservée surtout en milieu rural, ont prolongé d’anciennes croyances. Mais nous ne savons rien de plus. Tout ce qui s’écrit sur le sujet n’est donc, là encore, que spéculation contemporaine ou compilation de spéculations antérieures.Bien entendu, on ne peux exclure que l’intuition, ajoutée à une connaissance en profondeur de ce que nous savons d’assuré sur les religions païennes, puisse parvenir à restituer une partie d’un savoir perdu. Une telle démarche reste cependant arbitraire, et dans une large mesure subjective.Certains de ces groupes tombent d’ailleurs aisément dans une sorte de christianisme retourné.On connaît de ces cercles où les textes de l’Edda ont remplacé la Bible, mais où la même morale de patronage a été conservée et où l’on continue apparemment d’attendre du « paganisme » ce que les chrétiens attendent du christianisme : des normes morales et des recettes de salut. De tels groupes me paraissent avoir repris à leur compte deux traits que Walter W. Otto décrit, non sans raison, comme spécifiquement chrétiens : le « virus de l’intériorité », c’est-à-dire l’idée « que la religion est inséparable d’une relation personnelle avec Dieu, que le seul commerce avec la divinité se noue à travers un sujet individuel », et  l’idée « que le sentiment religieux naît d’un besoin de salut qui va de pair avec la transcendance ». Or, dans le paganisme, non seulement il n’y a pas de perspective de salut,mais Dieu ne surgit pas dans le for intérieur de l’individu; il vient à sa rencontre à partir des choses du monde.

De façon plus générale, il faut quand même dire que l’actuelle littérature « néopaïenne » atteste le plus souvent un niveau de réflexion assez pauvre. L’approche « holistique » sertfréquemment de prétexte à une sorte d’égalitarisme cosmique, où ce qu’il y a de spécifique à l’homme disparaît complètement. La réflexion en profondeur est remplacée par une rhétorique convenue, à base de références à l’« Eveil », à l’« énergie cosmique », à l’« identité avec l’Un- Monde » ou avec le « Grand Tout ». La notion même de paganisme est parfois présentée de façon fumeuse.La définition du paganisme comme apologie de la « vie », par exemple,renvoie le plus souvent à un nietzschéisme vulgaire (le Dieu de la Bible comme expression d’un ressentiment contre la vie) ou à un vitalisme confus (la « vie saine, robuste, vitale,combative ») allant de pair avec un « surhumanisme » vaguement biologisant tout aussi naïf.C’est oublier que presque toutes les religions donnent une valeur positive à la vie. Aucuned’entre elles, peut-être, ne lui donne même autant de valeur que le judaïsme, qui va jusqu’àrécuser le martyre et à faire de la survie une valeur en soi. Le christianisme considère lui aussique toute vie humaine possède une valeur absolue, alors que le paganisme ne professe pascette idée, et qu’au surplus les païens ont toujours considéré qu’il y a des choses pires que lamort, c’est-à-dire des choses qui justifient que l’on donne sa vie pour elles ou que l’onchoisisse de mourir plutôt que de vivre sans elles. La définition du paganisme comme « religion de la nature » », que l’on trouve de façonrécurrente dans la littérature « néopaïenne », n’est pas moins problématique. On oublie qu’à l’origine, elle émane des chrétiens, qui voyaient dans la « nature » une limitation intrinsèquepar rapport à la surnature. Ce sentiment était si vif que, malgré l’éloge de la création fait par saint Augustin dans La Cité de Dieu, il faudra attendre le début du XIIIe siècle pour le voir s’atténuer. Mais après les travaux d’Eliade et Dumézil, on ne peut plus réduire les anciennes religions païennes à un simple culte de la nature.Le paganisme n’a jamais été un pur naturalisme, même si les données « naturelles » et cosmiques y jouent un rôle central. Il n’a jamais non plus été un panthéisme, comme chez Giordano Bruno ou Spinoza, car la notion de panthéisme est peu compatible avec la distinction du sacré et du profane. Chez certains « néopaïens », le panthéisme n’est d’ailleurs qu’un prétexte pour mettre l’homme à la place deDieu, dans la meilleure tradition de la modernité ! Parlant de « nature » enfin, on ne peut pas faire comme si ce mot n’était pas l’un des plus chargés d’ambiguïté de toute l’histoire de la pensée occidentale. On ne peut pas non plus faire comme si la théologie chrétienne n’avait jamais existé, c’est-à-dire sans prendre parti sur les problématiques qu’elle a soulevées.Que veut-on dire au juste quand on parle de « retrouver l’harmonie avec la nature » ou encore de « renouer avec les lois naturelles » ? Le simple fait qu’on puisse violer une « loi naturelle » ne démontre-t-il pas déjà que sa « naturalité » est douteuse ? La philosophie a mis la notion de  nature en relation (ou en opposition) avec la culture, l’artifice, l’histoire ou la liberté.La théologie chrétienne a encore compliqué les choses en posant la nature par rapport à la grace (la nature humaine est ce que présuppose la grâce, à savoir un homme capable de rencontrer Dieu), ce qui revient à définir la nature comme ce qui, chez certains philosophes, correspond à l’antinature, c’est-à-dire à la liberté. On sait par ailleurs que la traduction du grec physis par le latin natura a entraîné une véritable « dénaturation » du terme. Or, c’est bien à partir de la notion de physis que l’idée de nature doit être repensée. Si l’on réfléchit sur la nature des choses à partir de leur origine propre, comme physis précisément, et non pas comme ktisis (oucreatura), on comprend que le paganisme ne saurait poser platement Dieu comme synonyme de la nature, mais qu’il pose l’être comme la dimension qui permet à tous les étants d’exister,sans cependant être leur cause.Mais il y a encore un autre problème, plus fondamental peut-être. Dans le paganisme, il n’y a de sens à notre présence au monde que pour autant que ce paganisme constitue l’atmosphère générale dans laquelle baigne la cité. Si dans le paganisme, la cité se définit avant tout comme une «association religieuse », pour reprendre les termes de Fustel de Coulanges, la religion se définit à l’inverse comme l’âme de la cité ou de la collectivité. En se posant comme êtreséparé, autosuffisant, l’individu moderne ramène sur terre, à son profit, l’idée d’un Dieuunique se suffisant à lui-même. Mais dans le paganisme, les dieux eux-mêmes forment enquelque sorte une société : même si on pouvait être « comme eux », ce ne serait jamais pourse retrouver seul. La société, c’est la personnalité élargie; la personnalité, la société restreinte.

La question se pose alors de savoir si le paganisme peut être, à l’instar de tant de croyances actuelles, une opinion professée en privée par quelques uns. Certains s’imaginent apparemment qu’il pourrait exister un « paganisme des catacombes » analogue à ce que futautrefois le« christianisme des catacombes ». Mais cela n’a rien d’évident, car le christianisme possède un soubassement individualiste que le christianisme n’a pas : la foi y est moinsétroitement dépendantes des circonstances extérieures, et notamment du lien social. Vivre enpaïen dans un monde qui ne l’est pas ne va donc nullement de soi.Certes, on peut individuellement tenter de se (re)mettre à l’écoute du mythe. On peut chercher à éveiller en soiune pensée méditante. Mais il faut être conscient qu’une telle démarche implique de se retirer mentalement du monde, c’est-à-dire de faire exactement le contraire de ce que prône le paganisme : la participation active et l’adhésion sans réserve au monde. Bien entendu, il n’y a rien de commun entre le monde actuel et le monde de l’Antiquité. Le monde actuel est unmonde qui a été changé, remodelé, par ceux qui en furent à l’origine les contempteurs. C’estbien là que réside le problème. Car, je le répète, on ne peut pas faire comme si nous n’avions pas derrière nous deux millénaires d’histoire non païenne (ou fort peu). On ne peut pas faire comme si cette histoire n’était pas advenue, en s’efforçant de renouer, sans autre forme deprocès, avec une tradition interrompue. Cette histoire nous structure profondément malgrénous. Elle informe notre manière de regarder le monde, y compris quand nous le contestons.Elle nous rend incapables de voir dans le paganisme ce que les Anciens y voyaient, c’est-à-dire le reflet même de la totalité du réel, un « discours » fondateur organisant l’ensemble de nos représentations. Le paganisme était autrefois la vie même. Il ne peut être aujourd’hui qu’uneconviction parmi d’autres, professée en privé par quelques uns ? Mais peut-on alors parler encore de paganisme ? C’est la raison pour laquelle je doute sincèrement que nos modernes « néopaïens » adhèrent à leurs dieux comme leurs lointains ancêtres pouvaient lefaire. Le voudraient-ils qu’ils ne le pourraient tout simplement pas : le monde actuel les enempêche de par sa seule existence. Nous pouvons aller nous recueillir à Delphes et tirer la leçon du mythe d’Apollon, mais Apollon ne peut plus être pour nous ce qu’il était pour le Grec qui allait consulter la Pythie. Et comme la foi ne se décrète pas, le risque est grand de retomber, là encore, dans le simulacre ou la commémoration.

 

4 – En dehors des groupes qui se déclarent officiellement « néopaïens », y a-t-il aujourd’hui des milieux que l’on puisse considérer comme plus réceptifs que d’autres aux thématiques païennnes ? Je pense bien entendu d’abord aux écologistes.

 L’écologie est évidemment très proche du paganisme, en raison de son approche globale des problèmes de l’environnement, de l’importance qu’elle donne à la relation entre l’homme et le monde, et aussi bien sûr de sa critique de la dévastation de la Terre sous l’effet de l’obsession productiviste, de l’idéologie du progrès et de l’arraisonnement technicien. Cette proximité est spécialement marquée dans l’écologie radicale, dite parfois « écologie profonde », même si, à mon avis, celle-ci commet l’erreur, symétriquement inverse de celle de l’humanisme cartésien,de dissoudre de façon réductionniste la spécificité humaine dans le reste du vivant. Il est d’ailleurs notoire que les adversaires de l’écologie profonde l’ont fréquemment accusée derenouer avec l’inspiration des vieux cultes païens.Mais il n’y a pas que l’écologie. Certains milieux néoféministes, principalement aux Etats-Unis, mais aussi ailleurs, se montrent aujourd’hui singulièrement réceptifs au idées « païennes ». Que cette réceptivité s’inscrive souvent dans le cadre d’une idéologie du type New Age ne l’empêche pas d’être symptomatique. Dans Noa Noa, Gauguin disait : « Les dieux d’autrefois se sont gardé un asile dans la mémoire des femmes ». Je crois, moi aussi, qu’il y a un élément fondamentalement « féminin » dans le paganisme.Pas seulement parce que les « sorcières » ont parfois été considérées comme des « femmes sages » qui auraient su conserver d’anciennes croyances (la vérité est que nous ne savons pas grand chose là-dessus). Pas seulement non plus parce que le paganisme dont nous avons hérité est aussi le paganismepré-indo-européen, qui, comme on le sait, accordait aux divinités féminines une place  essentielle : derrière le culte marial chrétien, on retrouve sans peine la Déesse-Mère des civilisations néolithiques pré-indo-européennes. Pas seulement enfin parce que les traditions païennes qui nous sont le mieux parvenues sont celles qui avaient trait à la troisième fonction, au sens dumézilien du terme, et que cette fonction, liée de façon privilégiée au milieu rural dans lequel ces traditions ont été conservées, correspond notamment au domaine de la production et de la reproduction. (Le paganisme a survécu grâce au peuple, aux paysans et aux  femmes, beaucoup plus que grâce aux élites, aux citadins et aux hommes. Et c’est également au sein de la troisième fonction qu’ont été intégrées la plupart des croyances issues du fond pré-indo-européen). Mais aussi, tout simplement, parce que le paganisme, comme toute religion cosmique et traditionnelle, possède de nombreuses caractéristiques qui l’apparentent symboliquement à la nature et à l’univers féminins.

Que la société indo-européenne soit essentiellement patriarcale, que son panthéon s’organise en général autour d’un Dieu-Père, que son univers fasse une place importante aux valeurs masculines et guerrières, ne doit pas faire illusion sur ce point. La comparaison avec l’univers biblique, qui est lui proprement masculin, est révélatrice. Typiquement masculin est en effet le primat de la Loi (par rapport aux moeurs), de l’écoute (par rapport à la vue), du logos (par rapport à la physis), du concept (par rapport à l’image), de l’abstrait (par rapport au concret), de l’histoire (par rapport au mythe). Masculine est également la conception linéaire de l’histoire, conception rectiligne opposée à la vision cyclique ou sphérique, qui perçoit l’univers comme un grand organisme soumis de toute éternité à la loi des cycles. Inversement, la mentalité féminine, dans ce qu’elle peut avoir de plus spécifique, rejoint directement la pensée païenne dans la mesure où l’une et l’autre se caractérisent par une approche plus globale (plus holiste) des choses, une approche plus concrète (mais faisant en même temps une plus grande place à l’imaginaire) que strictement analytique ou conceptuelle, une plus grande proximité par rapport au corps, aux réalités charnelles, à la nature conçue comme totalité se donnant àsaisir au travers du visible, etc. Cet aspect-là, que je crois fondamental, a souvent été perdu devue.

 5 – On a parfois l’impression que Dieu est absent du néopaganisme. On y parle volontiers  de sacré ou de mythe, plus rarement du divin. Nos critiques d’inspiration chrétiennes posent d’ailleurs volontiers l’équation : paganisme = athéisme. Cette absence de Dieu (oudes dieux) résulte-t-elle d’une simple inflexion terminologique, le sacré équivalant en faitau divin ? Cela signifie-t-il au contraire que le paganisme ne reconnaît aucune transcendance ? Enfin, pour synthétiser cette question, le paganisme suppose-t-il une foi ou une croyance ?

 D’abord une simple remarque : le mot « dieu » (indo-européen *deywÓ-) est un mot strictement païen, qui trouve son origine dans la désignation indo-européenne du « cieldiurne » (*dyew-). La Bible ne parle jamais de « Dieu ». Elle parle de Iahvé, d’Adonaï, d’Elohim, de l’Eternel, du Père, du Christ, du Messie – quand elle parle de « Dieu », c’est enfaisant appel à un terme d’origine païenne ! J’ai maintes fois expliqué que ce qui spécifie le christianisme, et avec lui les autres religions« abrahamiques », ce n’est nullement le monothéisme (qui, à l’origine, n’est qu’une monolâtrie), mais son ontologie dualiste, en l’occurrence la distinction qu’il opère entre l’Etrecréé et l’Etre incréé.Ce qui contient implicitement toute le foi chrétienne, ce ne sont pas lespremiers mots du credo : « credo in unum Deum », mais bien ceux qui suivent :«patremomnipotentem, factorem coeli et terrae ». Ce trait distinctif sépare de manière radicale les religions issues de la Bible, qui sont des religions « historiques », de toutes les autres religionsdu monde, qui sont des religions « cosmiques ». Le dualisme chrétien s’exprime à laperfection dans cette formule du IVe concile du Latran : « Car entre le créateur et la créatureaucune ressemblance ne peut être affirmée, sans que celle-ci implique une dissemblance encore plus grande ». Posant le monde comme le résultat d’une création contingente qui, par définition, n’ajoute rien à la perfection de son créateur, ce dualisme affecte le monde d’un moindre-être, et donc le dévalorise. « N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde », liton dans la Première épître de Jean (2,15). Dans le christianisme, cet impératif constitue le fondement négatif de l’amour de Dieu et de l’amour d’autrui, par opposition à tout solidaritéavec une « nature inférieure ». Etant désacralisé, profané au sens propre, c’est-à-dire rejeté du côté du profane, le monde se trouve alors transformé en objet. Comme l’ont montré des auteurs aussi différents qu’Etienne Gilson, Alexandre Koyré ou Martin Heidegger, il n’est plus une partie du cosmos, formant un tout harmonieux où les hommes et les dieux coexistent dans le visible et l’invisible, mais un simple objet qui peut à bon droit devenir la proie de l’arraisonnement technicien. Ainsi se trouve ouverte la voie qui mène à la sécularisation, et donc à l’athéisme.L’accusation d’athéisme portée par les chrétiens contre le paganisme est donc totalement dénuée de sens. L’athéisme apparaît avec le christianisme, comme cette forme de négation qui lui est propre.Le nouveau statut que le christianisme attribue à l’homme est aussi celui sans  lequel l’homme ne pourrait pas s’opposer à lui. L’athéisme continue d’ailleurs à opposer Dieuet le monde. Il n’explique plus l’un par l’autre, mais les met en concurrence, donnant au secondtout ce qu’il entreprend méthodiquement d’enlever au premier. Il veut démontrer que Dieu n’existe pas, exactement comme les chrétiens se sont évertués à prouver son existence, alorsque l’idée de Dieu ne saurait s’énoncer sous l’horizon de la preuve. L’athéisme chrétien est donc bel et bien un phénomène moderne, qui implique le théisme chrétien comme l’antithèse sans laquelle il ne pourrait pas exister. Dans le paganisme, il en va autrement. Les peoples païens n’ont pas connu l’athéisme, du moins au sens que nous lui donnons. Je pense donc que le paganisme est incompatible avec l’athéisme, si l’on définit ce dernier comme la negation radicale de toute forme de divin ou d’absolu. J’ajouterai que le paganisme n’est pas non plus « prométhéen », mais implique au contraire le refus de cette hybris titanesque qui conduit l’homme à destituer les dieux dans le vain espoir de se mettre à leur place.

Cela dit, croire que les païens vénéraient leurs dieux comme les chrétiens adorent le leur serait une erreur. A la fois immanent et transcendant, le Dieu des chrétiens n’existe qu’à partir de luimême, comme autosuffisance absolue, réalité absolument inconditionnée et liberté parfaite. Et c’est comme tel qu’il se   révèle à l’homme. Dans le paganisme, il n’y a pas de révélation, mais plutôt monstration, dévoilement, épiphanie. Le monde dans sa totalité est transparent au divin.

D’autre part, alors que dans le christianisme, la relation de l’homme à Dieu est avant tout hiérarchique (je dois obéir à Dieu), dans le paganisme, la relation de l’homme aux dieux est avant tout de l’ordre du don et du contre-don : le dieux me donnent, je donne aux dieux. Le sacrifice n’est pas témoignage d’obéissance, mais façon de maintenir et de contribuer à l’ordre du cosmos.

Les dieux, pourrait-on dire, ne sont pas le dernier mot du paganisme, précisément parce que le paganisme place les dieux eux-mêmes sous l’horizon de l’Etre. On connaît les admirables paroles d’Héraclite : « Ce monde-ci, le même pour tous, nul des dieux ni des hommes ne l’afait. Mais il était toujours là, est et sera. Feu éternel s’allumant en mesure et s’éteignant en mesure » (fragm. 30). Il permet de comprendre pourquoi le mythe place le Destin au-dessus des dieux. Et aussi pourquoi le paganisme donne tant d’importance au raisonnement par analogie, où Platon voyait le plus beau de tous les liens, car où il se fonde sur l’idée d’uneharmonie inhérente au cosmos.

Quant à savoir si le paganisme est une foi ou une religion, il faudrait commencer par se demander si l’usage indiscriminé du mot « religion » pour désigner n’importe quelle forme de croyance attestée dans le monde, ne constitue pas une facilité sémantique ayant surtout l’avantage de permettre à nos contemporains de disserter sur la prétendue « convergence » de ces religions, que ce soit dans une perspective oecuménique ou dans celle d’une imaginaire« Tradition primordiale ». Dans le Nord de l’Europe, en tout cas, le mot « religion » est un terme d’importation étrangère. Je serais tenté, pour ma part, de dire qu’un païen ne croit pas, mais qu’il adhère. Et que cette adhésion, indissociable d’une appartenance collective, implique une pietas, qui est la claire conscience de l’assomption de la finitude comme réalité commune.

 

6 – Depuis quelques temps, on assiste à une offensive assez délirante visant à assimiler le paganisme à des pratiques morbides, comme les profanations de sépultures, ou au « satanisme » professé dans certains milieux musicaux « hard » plus ou moins liés àl’extrême droite. Que t’inspire ce parallèle ? Plus largement, le paganisme est-il nécessairement antichrétien ? A l’inverse, le christianisme a-t-il toujours été antipaïen ?

 Il ne fait pas de doute que le « satanisme » n’est que du christianisme inversé. Adorer Satan, c’est adorer l’Ange déchu, c’est-à-dire le double négatif du Dieu de la Bible. La contradiction de toute démarche « sataniste », c’est qu’elle ne peut se passer du Dieu auquel elle prétend s’opposer, car dans le cas contraire ses « transgressions » n’auraient aucun sens. A quoi bonblasphémer contre Dieu si l’on est convaincu qu’il n’existe pas ? Quel sens peut avoir la profanation d’une hostie si celle-ci n’est qu’une rondelle de pain azyme ? On pourrait dire de ce point de vue que le « satanisme » contribue sur le versant noir à la pérennité du christianisme – en même temps qu’il fournit aux journaux en mal de copie un « sensationnel » bien dans l’esprit du temps. Sur les milieux auxquels tu fais allusion, il n’y a pas grand chose à dire. On y trouve surtout des adolescents désireux de surenchérir dans la provocation, qui naviguent entre fanzines éphémères et créations musicales agressives, de style « hard metal » ou « black gothic ».Certains sont de francs psychopathes, qui se sentent invinciblement attirés par la brutalité, les cimetières, les messes noires, voire la nécrophilie. Le plus grand nombre, heureusement, n’ontsubi que l’influence de la bande dessinée et de la science-fiction ! Leur « paganisme » consiste essentiellement à rêver sur des héros à gros biceps et maxillaires en béton, ou à faire l’apologie de ce qui est le contraire même du paganisme : la violence pure et le chaos.

Peut-être faudrait-il, les concernant, parler de paganisme style Conan le Barbare ou Donjons et Dragons. Les rapports entre christianisme et paganisme sont une question autrement plus complexe, et la vérité oblige à dire qu’ils ont souvent été sanglants. Alors que sous l’empire romain, leschrétiens n’avaient jamais été inquiétés que pour des raisons religieuses, l’Eglise a pendant plus d’un millénaire persécuté les païens pour des motifs religieux. Le paganisme a été interditdans l’empire romain en 392, avant d’être puni de mort en 435. L’ère du massacre moralement justifié, et même recommandé, commence historiquement avec les hécatombes ordonnées par Iahvé (Deut. 7,16 ; 20,16). Celle des guerres de religion, et aussi celle des hérésies (terme quin’a tout simplement pas de sens dans le paganisme), se poursuit avec le christianisme. Durant l’Antiquité tardive et le bas Moyen Age, l’évangélisation a entraîné l’éradication du paganisme par tous les moyens. A partir des XIe et XIIe siècle, comme l’a bien montré Robert Moore, la société occidentale devient, sous l’impulsion des princes et des prélats chrétiens, une société structurellement persécutrice. Au sein de cette société, une partie censée incarner le « mal » –qu’il s’agisse des païens, des hérétiques, des juifs, des « lépreux », des « sodomites », des « sorcières », etc. – doit désormais être mise à l’écart, et parfois même éradiquée.

L’intolérance chrétienne, fondée sur l’impératif de conversion et sur la croyance en un bien et un mal absolus, aboutit ainsi à la ségrégation. Sa transposition dans la sphère profane donnera lieu à toutes les pratiques normatives d’exclusion, de relégation et d’enfermement des « nonconformes» étudiées par Michel Foucault. Cela amène à douter de l’opinion de René Girard, selon qui le christianisme est la seule religion à ne pas recourir à la pratique du bouc émissaire, c’est-à-dire à ne pas faire de la persécution et du recours à l’infamie légale un desmoyens de la cohésion sociale.

Les chrétiens ont d’abord dénoncé le paganisme comme un culte rendu à des « idoles » ou àdes démons. Dans un second temps, ne parvenant pas à déraciner les croyances populaires, Ils ont repris à leur compte tout ce qui, dans la tradition païenne, pouvait être « récupéré » sans porter atteinte aux fondements essentiels de leur foi. Le christianisme occidental est ainsi devenu un phénomène mixte, qui a pu finalement se présenter, ainsi que le disait le P. Festugière, « comme l’achèvement de ce qu’avaient pensé déjà les meilleurs d’entre lesvpaïens ». Il faut bien voir en réalité qu’un tel héritage n’a été accepté qu’après avoir été rendu inoffensif. Au Moyen Age, l’auteur de la vie de saint Eloi (Vita Eligii) prononce encore contre les lettres païennes de révélatrices invectives inspirées de saint Jérôme : « Que nous conseillent dans leur philosophie Pythagore, Socrate et Aristote ? Quel profit retirons-nous de la lecture de ces poètes criminels qui se nomment Homère, Virgile et Ménandre ? En quoi sont utiles à la société chrétienne Salluste, Hérodote, Tite-Live, qui racontent l’histoire des païens ? En quoi les discours de Lysias, Gracchus, Démosthène et Cicéron, exclusivement occupés de l’art oratoire, peuvent-ils être comparés aux doctrines pures et belles du Christ ? »

Quand on parle des rapports entre le paganisme et le christianisme, on doit donc prendre en compte en même temps deux données fondamentales. D’un côté, sur le plan doctrinal, il n’y a aucune conciliation possible entre la théologie chrétienne et l’ontologie païenne. D’autre part, sur le plan historique et sociologique, il est évident que le christianisme se présente comme un phénomène mixte, ce qui l’a par exemple conduit à développer une sorte de polythéisme inavoué par le biais du culte marial et du culte des saints. C’est ce dont témoigne le christianisme populaire. Fernando Pessoa, là encore, me paraît voir juste quand il écrit : « Ce que le païen accepte le plus volontiers dans le christianisme, c’est la dévotion populaire aux saints, c’est le rite, ce sont les processions [...] Le païen accepte volontiers une procession, mais tourne le dos à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. L’interprétation chrétienne du monde lui soulève le coeur, mais une fête de l’Eglise avec ses lumières, ses fleurs, ses chants […] tout cela il l’accepte comme autant de bonnes choses, même issues d’une chose mauvaise, car ce sont des choses véritablement humaines et elles sont la manifestation païenne du christianisme ». On notera en passant que c’est à cette « manifestation païenne du christianisme » que les chrétiens traditionalistes sont souvent le plus attachés, tandis que le courant moderniste veut au contraire l’éliminer.

Dans la biographie qu’il a consacré à Heidegger, Rüdiger Rafranski rapporte une anecdote qui va dans le même sens. Lorsqu’il entrait dans une chapelle ou une église, Heidegger portait toujours la main dans le bassin d’eau bénite et faisait une génuflexion. Cela avait surpris Max Müller qui, raconte Safranski, « lui demanda un jour si son attitude n’avait pas quelque chose d’inconséquent, puisqu’il avait rejeté les dogmes de l’Eglise ». Heidegger répondit : « Il faut penser historiquement. Et dans un lieu où l’on a tant prié, le divin est proche d’une façon toute particulière ». C’est une belle réponse.

Tout ceci pour dire qu’un paganisme qui ne se définirait que par son opposition aux dogmes chrétiens se condamnerait par là même à n’avoir d’identité que par rapport à eux. Ce serait encore du christianisme retourné (au sens où Joseph de Maistre distinguait la Contre- Révolution d’une « révolution en sens contraire »). C’est la raison pour laquelle, tout en étant évidemment critique vis-à-vis du christianisme, je ne me définirai personnellement pas comme antichrétien, mais plutôt comme a-chrétien.

Le paganisme se voulant hospitalier à la différence, la notion de « guerre des religions » n’a tout simplement pas de sens pour lui. L’existence du christianisme ne le gêne donc pas plus que celle du judaïsme ou de l’islam. Il est même prêt à se batter en leur faveur, si leur liberté religieuse était menacée. Le problème ne commence qu’avec le prosélytisme. Du point de vue païen, toute volonté de convertir les autres – c’est-à-dire finalement de les changer, de les transformer en autre chose que ce qu’ils sont – est en effet une aberration. Le judaïsme, à cet égard, ne pose pas de problème, car il est avant tout la religion d’un peuple. L’islam est déjà plus problématique, car il se donne pour vocation d’excéder la civilisation qui l’a vu naître.

Mais c’est surtout le christianisme qui, par son universalisme, se condamne lui-même à ne pouvoir s’accommoder d’un paganisme qui sera toujours à ses yeux une injure à la « vraie foi » et un obstacle au règne du Christ. Entre ce désir chrétien de convertir le monde, qui est avant tout désir de produire et de reproduire autrui à travers son discours propre, et la conception chrétienne de l’« amour », je pense qu’il existe un lien puissant. Philippe Forget l’a bien mis en valeur dans un article sur les « vertus catholiques » paru dans la revue Panoramiques. « Le catholique prétend à l’amour, écrit-il, mais il rencontre toujours autrui à travers un sentiment d’incomplétude. Il veut le parachever. Il n’accueille donc jamais autrui dans son altérité singulière, son “étrangeté” foncière.

Il vise à lui ajouter du sens, son sens. Il n’admet donc pas l’autre dans son effectivité et ne peut le laisser croître vers l’excellence dans son identité singulière. L’autre est toujours quelque part en défaut. Il faut lui apporter la vérité [...] Thomas d’Aquin définissait l’amour comme convoitise : l’amour catholique est une incessante convoitise herméneutique, qui vise à immerger le sens d’autrui. Ici, le catholicisme, décelé dans son originarité, se révèle être la matrice de l’Occident, lieu d’une volonté insatiable qui, définissant et normant l’être d’autrui, s’incarne dans une planète de l’homogène. Autrui comme soi-même : telle est la fin (telos) de cette volonté qui s’origine dans le catholicité, et qu’ignorent le Grec, ennemi radical de toute démesure (hybris), le juif ou l’hindou ».

 

7 – Dans le passé, les religions ont toujours été normatives. Elles n’étaient pas seulement de grands récits exemplaires, mais imposaient le respect d’un certain nombre de normes.Cela est vrai, bien sûr, pour le christianisme, mais aussi pour les religions préchrétiennes. Les apôtres de la « tolérance païenne » ne peuvent tout de même pas oublier que Socrate a été condamné à boire la ciguë pour crime d’athéisme, ou que le refus de reconnaître le caractère divin du pouvoir impérial a parfois été sévèrementréprimé ! Le néopaganisme a-t-il la même prétention normative ? Le sacré qu’il débusque dans le monde peut-il à son tour définir des interdits, donc des lois ? Le néopaganisme, en d’autres termes, est-il neutre ou ordonnateur de valeurs ? A-t-il undiscours impératif sur le bien et le mal ?

 La question est à mon sens mal posée. Ainsi formulée, elle laisse supposer que la religion constitue nécessairement la source de la morale, ce qui ne va pas du tout de soi. Le christianisme est assurément une religion morale, puisque sa raison d’être est d’offrir une possibilité de « salut ». La faute morale se confond alors avec le péché, c’est-à-dire le manquement aux commandements de Dieu. Inversement, « si Dieu n’existe pas, tout est permis ». Mais il n’en est pas de même dans le paganisme. Les dieux du paganisme ne sont pas là pour sanctionner des manquements à la morale, encore moins pour se livrer à la comptabilité des bonnes et des mauvaises actions. Il peut même arriver que leurs propres actions nous paraissent « immorales ». Cela signifie-t-il que les païens sont affranchis de toute norme éthique ? Evidemment pas. Cela signifie seulement que pour eux la religion n’est pas le fondement de la morale, ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas d’être normative en un autre sens (tout rite est normatif, sans être pour autant moral). Lorsque Titus, Pythagore ou Publius Syrus recommandent instamment de pratiquer la charité, lorsque Sénèque ou Marc-Aurèle prônent la bienveillance et la générosité, ils n’ont nul besoin de fonder leurs exhortations sur un décret des dieux. Platon affirme certes qu’aucune morale n’est possible sans la croyance en une rétribution dans l’au-delà. Pourtant, Aristote écrit l’Ethique à Nicomaque, alors qu’il nie explicitement l’immortalité personnelle de l’âme. C’est que la morale païenne n’est pas une morale de la rétribution : moralement, l’homme n’a pas besoin d’être « sauvé », mais d’être aidé à se construire lui-même.

L’humanité n’a pas attendu le christianisme pour avoir des préoccupations morales. Une société qui ne distinguerait pas entre ce qui est moralement bon et moralement mauvais ne pourrait en effet tout simplement pas exister. Il y a de quoi rire, de ce point de vue, quand onlit dans certaines publications « néo-païennes » que le bien et le mal n’existent pas pour un païen (ou encore que la « morale païenne » se ramène au point de vue hédoniste libéral :« Fais tout ce qui te plaît, pour autant que cela ne nuise pas à autrui ») ! Cependant,l’idéalisme kantien est lui-même bien incapable de déterminer le fondement de l’exigence morale – c’est-à-dire, selon Kant, la source de l’aspiration à une volonté pure et formellement autonome. Aristote voit plus juste quand il dit que la morale est une « vertu héritée »(Politique, 4, 9). La source fondamentale de la morale est en fait la plasticité humaine.

L’homme n’est pas entièrement déterminé par ses instincts, et ses instincts ne sont pasentièrement programmés dans leur objet. Il en résulte qu’il est toujours en position de se construire ou de se perdre, de s’abaisser ou de se grandir, et que la réalisation de ses désirspeut aussi bien entraîner sa destruction. N’étant pas intégralement agi par sa nature, étant comme le dit Héraclite capable du meilleur comme du pire, il ne peut se construire lui-même  à partir des présupposés de sa nature qu’à condition de disposer d’un code moral qui donne un sens à ces mots : le meilleur et le pire. C’est en ce sens que l’on peut dire que la morale, avant d’être inculquée et apprise, se fonde d’abord sur une disposition (hexeis), au sens aristotélicie du terme.

Quand on parle de morale, je crois par ailleurs qu’il faut distinguer trois niveaux différents. Ily a d’abord les règles morales élémentaires qui sont indispensables à toute vie en société. Ces règles sont a peu près universelles, ce qui donne à penser qu’elles ont été acquises au cours de l’évolution de l’espèce. Elles se traduisent par des lois déterminant les conduites de façon telle que celles-ci puissent répondre aux exigences de la morale même si ce n’est pas le sens moral(mais par exemple la peur de la sanction) qui les inspire. Il y a ensuite les valeurs (ou les systèmes de valeurs) éthiques qui se sont cristallisées au sein des différentes cultures, et qui peuvent varier considérablement d’une culture à l’autre. Ces valeurs ont aussi un contenu social, mais leur transgression n’est pas toujours sanctionnée par la loi. Dans le paganisme, le système de valeur dominant est de toute évidence le système de l’honneur, qui met avant tout l’accent sur le don, la gratuité, la fierté, la parole donnée. Jean-Pierre Vernant, après Dodds et bien d’autres, a très justement décrit la Grèce antique comme une « culture de la honte et de l’honneur opposée aux cultures de la faute et du devoir ». « Quand un Grec a mal agi, écrit-il, il n’a pas le sentiment de s’être rendu coupable d’un péché, qui serait comme une maladie intérieure, mais d’avoir été indigne de ce que lui-même et autrui attendaient de lui, d’avoir perdu la face. Quand il agit bien, ce n’est pas en se conformant à une obligation qui lui serait imposée, une règle de devoir décrétée par Dieu ou l’impératif catégorique d’une raison universelle. C’est en cédant à l’attrait de valeurs, tout à la fois esthétiques et morales, le Beau et le Bien. L’éthique n’est pas obéissance à une contrainte, mais accord intime de l’individu avec l’ordre et la beauté du monde » (Entre mythe et politique).

Le troisième niveau, enfin, correspond à l’éthique des vertus, c’est-à-dire à l’effort qu’on doit exercer sur soi-même pour parvenir à l’excellence grâce à la pratique des vertus. (Le terme est évidemment à prendre dans son sens originel de « bonne qualité naturelle »). Cette éthique des vertus possède une dimension plus personnelle évidente, mais elle n’est pas non plus indépendante du système de valeurs dans lequel elle s’exerce. Le mot « éthique » renvoie au grec éthos, « habitude », tout comme le mot « morale » renvoie au latin mores, « les moeurs ».

Aristote dit que les vertus ne surgissent pas en nous par nature ni contre nature, mais que nous sommes par nature capables de les acquérir et d’atteindre à l’excellence par l’habitude, c’est-àdire par un désir continu de construction de soi.

La différence entre païens et chrétiens n’est donc pas du tout une différence « morale », au sens où les uns se conduiraient moralement mieux que les autres. Elle porte bien plutôt sur les fondements et les motifs de l’acte moral, et sur les valeurs que les uns et les autres choisissent de privilégier. Vladimir Soloviev soutenait par exemple que seule la pitié peut servir de fondement intérieur au rapport moral avec autrui. Cette idée est étrangère au paganisme, selon lequel il y a d’autres façons de reconnaître la valeur des autres qu’en se bornant à éprouver de la pitié pour eux. De même, la question n’est pas de savoir si la morale est nécessaire ou superflue, car sa nécessité est évidente, mais de savoir si le sens même de notre présence au monde et si ce monde lui-même sont redevables d’un jugement moral, ce que je ne crois évidemment pas. Le paganisme ne porte pas de jugement moral sur le monde. Il n’y a pour lui qu’un seul Etre, et il n’y a pas de bien supérieur à cet Etre.

Quant au procès de Socrate, qui est un cas d’exception, on ne peut le comprendre qu’en le remplaçant dans son contexte politique. Je rappellerai seulement que les disciples de Socrate n’ont jamais été persécutés et que le plus célèbre d’entre eux, Platon, put enseigner sans obstacle dans son académie. Mais je relèverai aussi que le procès de Socrate présente au moins l’intérêt de montrer que, contrairement à ce que certains ont affirmé un peu vite, les Anciens croyaient à leurs mythes. Dans le cas contraire, en effet, le meilleur moyen de perdre Socrate n’aurait certainement pas été de l’accuser d’« athéisme » ! André Neyton écrit que « la foi absolue de la très grande masse païenne pendant plusieurs millénaires ne peut pas être mise en doute ». Si ce n’avait pas été le cas, il n’aurait pas été nécessaire de persécuter les païens pendant des siècles pour les faire renoncer à leur foi déjà perdue.

 

8 – Le ton de Comment peut-on être païen ? était assez nietzschéen. Depuis, tes écrits surle sacré – je pense à L’éclipse du sacré et aussi à L’empire intérieur – paraissent s’inspirer plus volontiers de Heidegger. Quelle a été l’influence du maître de Fribourg sur taréflexion ? Les grands thèmes de la pensée heideggerienne définissent-ils selon toi uneontologie « païenne » ?

Je pense en effet qu’en résolvant l’antinomie de l’Etre et du Devenir, et en séparant de façonradicale métaphysique et ontologie, Heidegger restitue dans sa plénitude ce qu’il y a de plusprofond dans la conception païenne de l’Etre. L’Etre devient. L’Etre n’est pas le monde, mais il ne peut être sans lui. Le reproche essentiel que fait Heidegger à la métaphysique occidentaleest d’avoir prospéré sur l’oubli de l’Etre, et d’avoir créé les conditions d’une constante aggravation de cet oubli. La métaphysique occidentale ne considère l’Etre que comme raisonnécessaire, comme simple cause première de tous les étants. Cette approche a finalement débouché sur la subjectivité moderne, qui n’est que de la métaphysique réalisée. PourHeidegger, le début de tout travail de la pensée ne consiste pas à spéculer sur la raison d’être de l’étant, mais à méditer sur le fait qu’il y a quelque chose, et non pas rien. Or, je crois que le paganisme trouve lui-même sa source dans l’étonnement, dans le regard étonné qui se pose sur le monde et suscite cette question fondamentale : comment se fait-il qu’il y ait quelque chose,et non pas rien ?

Heidegger voit dans la Grèce antique le moment « auroral » de la pensée. Mais contrairement à d’autres avant lui, il n’entend pas se borner à relire Aristote ou Platon, car il estime que la philosophie grecque de l’époque classique repose déjà sur sa propre inadéquation vis-à-vis de l’essence de la vérité. L’origine de la pensée se trouve pour lui chez les présocratiques. Ce sont eux qui représentent l’origine la plus absolument originaire. Pour Heidegger, l’origine grecque fait signe en direction du « pas encore », en ce sens qu’elle contient toujours plus que ce qui a pu jusqu’ici tirer d’elle son origine, à savoir une « disposition » permettant d’appréhender l’Etre historialement, comme destin spirituel, de façon à créer les conditions grâce auxquelles le commencement pourrait être recommencé d’une façon plus authentique et plus originaire.C’est en cela que le dialogue avec les penseurs grecs de l’origine « attend encore d’être commencé ».

L’« origine » ne renvoie pas ici à un événement « primitif », ni même à un lieu déterminé.Elle signifie bien plutôt ce à partir de quoi la chose est ce qu’elle est, c’est-à-dire la provenance de son essence. Dans le paganisme, on ne peut de même aller que vers là d’où l’on vient, vers la donation première, où l’être se confond avec le don inaugural qui accorde l’homme à la totalité du monde, sans rien réduire de ce qui lui est propre. Ce rattachement aux fondements n’exclut aucune influence ultérieure. Il ne cherche pas à dégager un élément plus « pur » queles autres, mais se borne à reconnaître le rôle déterminant de ce qui fonde. Le « passé » commande l’expérience spirituelle, tout simplement parce que la mémoire constitue un lieu majeur d’enracinement du sacré. Toute conscience spirituelle est conscience d’un fondement lié à l’origine sans être pour autant antagoniste de l’histoire. L’histoire est ouverte aux influences les plus diverses. La conscience de l’origine les met en perspective en stimulant la faculté de mémoire. Le recours à la mémoire se trouve aujourd’hui directement affronté à une idéologie dominante qui ne s’inscrit que dans l’instantané (le perpétuel présent) et dans l’opératoire. Il constitue un contrepoids vital à l’omnipotence des procédures de domination du réel qui fonctionnent dans le seul registre de l’immédiateté et de l’efficacité.

 

9 – Certains critiques du néopaganisme, adeptes de la « reductio ad hitlerum » dénoncéejadis par Leo Strauss, affirment volontiers que le nazisme peut s’interpréter comme un grand mouvement païen du XXe siècle (les néopaïens devenant du même coup desnéonazis !). Quel a été exactement le rapport du nazisme à la religion ?

La fable d’un « paganisme nazi » n’a cessé d’être entretenue par certains à des fins de propagande évidentes. L’exaltation des « vieux Germains » sous le IIIe Reich a paru la cautionner, alors qu’elle n’avait qu’un caractère purement nationaliste et n’avait pas plus de signification « païenne » que l’exaltation de Vercingétorix sous le régime de Vichy. A cela se sont ajoutées des spéculations délirantes sur le « nazisme magique » ou l’« occultisme nazi »,qui n’ont cessé de tourner la tête des esprits faibles depuis l’époque du Matin des magiciens.

Tout cela ne correspond strictement à rien.

Le nazisme est d’abord un pur produit de la modernité. Historiquement, comme l’avait bien remarqué Denis de Rougemont, la révolution nationale-socialiste de 1933 est l’équivalent de la révolution française de 1789 et de la révolution russe de 1917. Toutes trois, en dépit de leurs

incontestables divergences doctrinales, se caractérisent par l’institution d’un parti unique, la dictature de salut public, la centralisation, la mobilisation des masses, l’usage délibéré de la terreur, la conviction d’inaugurer des « temps nouveaux », de produire une « humaniténouvelle », etc. Dans sa pratique, le nazisme fut un jacobinisme brun tout comme le bolchevisme fut un jacobinisme rouge. Sa devise (« Ein Reich, Ein Volk, Ein Fuher »), avec son insistance sur l’Unique, relève clairement du « monothéisme » politique. Né en Bavière, terre catholique par excellence, le parti nazi, quoique moins monolithique qu’on a pu le penser(le « Fuhrerstaat » était à bien des égards une polycratie), sécularise en outre la conception catholique de l’institution. Il se présente comme une Eglise dirigée par un pape infaillible (leFuhrer), avec son clergé (les fonctionnaires du parti), son élite de « jésuites » (la SS), ses vérités dogmatiques, ses excommunications, ses persécutions contre les « hérétiques ».Le 24e point du programme officiel de la NSDAP, adopté à Munich le 24 février 1920, stipule que « le parti en tant que tel défend le point de vue d’un christianisme positif, sans se lier à une confession précise ». Par « christianisme positif » (positives Christentum), il faut entendremau plan idéologique un christianisme aussi déjudaïsé que possible, et surtout, au plan politique, un christianisme s’abstenant de toute opposition au régime. En janvier 1933, c’estd’ailleurs avec l’appui du parti catholique, le Zentrum, alors dirigé par Franz von Papen, que Hitler parvient au pouvoir. C’est également avec les voix du Zentrum qu’est votée le 23 mars 1933 la loi lui accordant les pleins pouvoirs pour quatre ans (Ermächtigungsgesetz). Le 20 juillet, un concordat est signé entre le Reich et le Vatican, grâce aux efforts de Franz von Papen et de Mgr Ludwig Kaas. Il oblige les évêques à prêter serment au Reich. Cette signature soulève une opposition immédiate dans les milieux antichrétiens. Von Papen sera par la suite nommé ambassadeur du Reich en Turquie, avant d’être élevé après la guerre à la dignité de camérier du pape par Pie XII.

Dans Mein Kampf, Hitler exprime sa volonté expresse de ne pas s’engager dans des querelles religieuses. « C’est la volonté de Dieu, écrit-il, qui a jadis donné aux hommes leur forme, leur nature et leurs facultés. Détruire son oeuvre, c’est déclarer la guerre à la création du Seigneur, à la volonté divine. Ainsi chacun doit agir – bien entendu, au sein de son Eglise – et chacun doitconsidérer comme le premier et le plus sacré des devoirs de prendre position contre tout homme qui, par sa conduite, ses paroles ou ses actes, quitte le terrain de sa propre confessionpour aller chercher querelle à l’autre confession ». « Je n’hésite pas à déclarer, ajoute-t-il, que je vois dans les hommes qui cherchent aujourd’hui à mêler le mouvement raciste aux querellesreligieuses, de pires ennemis de mon peuple que ne peut être n’importe quel communiste internationaliste [...] Ce sera toujours le premier devoir des chefs du mouvement nationalsocialiste de s’opposer, de la façon la plus décidée, à toute tentative faite pour engager le mouvement national-socialiste, et d’exclure immédiatement des rangs du parti, ceux qui feraient de la propagande pour de tels projets ».

Hitler raisonnait en fait en politique. Il savait que ses électeurs étaient en majorité catholiqueou protestants, et n’avait que mépris pour les groupes völkische ou néopaïens, apparus dès le début du siècle, qui se proposaient de combattre ouvertement le christianisme. « Cesprofesseurs obscurantistes qui propagent leurs religions nordiques ne font que tout gâcher », disait-il. Parallèlement, comme tout dictateur, il contestait aux Eglises le droit « de se mêler des affaires temporelles », c’est-à-dire d’interférer avec sa politique. Son objectif officiel était la « déconfessionnalisation de la vie publique ». La vie religieuse était ainsi rabattue sur le privé, dans la meilleure tradition du laïcisme. Dès 1928, il fait exclure Artur Dinter, à qui il reprochait de vouloir fonder une Eglise chrétienne où les catholiques auraient été placés en position subordonnée. Lui-même, d’ailleurs, continua jusqu’à sa mort d’acquitter sa cotisation à l’Eglise catholique. Convaincu que « l’Etat doit demeurer le maître absolu », ce qu’il aurait en fait souhaité, c’est une Eglise nationale entièrement détachée de Rome. « Contre une Eglise qui s’identifie à l’Etat, comme c’est le cas en Angleterre, je n’ai rien à dire », déclarait-il le 1erdécembre 1941. C’est la raison pour laquelle il encouragea la mouvance des « chrétiens allemands » (Deutsche Christen), organisée dès 1925 au sein de la Deutsch-christliche Arbeitsgemeinschaft qui, sous le IIIe Reich, se définissait comme la « branche intraecclésiastique du mouvement national-socialiste ».

Le paganisme n’était toléré sous le IIIe Reich que pour autant qu’il restait cantonné dans le domaine privé et n’entrait pas en conflit avec la politique officielle. Mais les groupes païens furent en fait progressivement
mis au pas, tout comme le furent les Eglises, notamment après la publication de
l’encyclique Mit brennender Sorge, en 1937. Le Tannenbergbund du couple
Erich et Mathilde Ludendorf fut interdit dès 1933,
et le Bund für deutsche Götterkenntnis, qui lui succéda en 1937, fut aussitôt placé en liberté surveillée. L’indologue et sanskritiste Jakob Wilhelm Hauer
dut abandonner dès mars 1936 la présidence de la Deutsche Glaubensbewegung. «
La Foi allemande et les Juifs tirent sur la même ficelle ! », proclamait en
1938 le journal antisémite Der Sturmer ! Friedrich
Bernhard Marby
, fondateur en 1931 du Bund der Runenforscher et éditeur
de la Marby-Runen-Bucherei, se vit interdire toute activité éditoriale à partir
de 1935. Arrêté en mars 1937, condamné à la détention à vie, il passa près de
neuf ans en camp de concentration, notamment à Dachau et Flossenburg, avant
d’être libéré en 1945 par les troupes alliées. H.A. Weiss-Haar
(Kurt Paehlke),
fondateur en 1918 du Bund der Guoten, fut lui aussi
interné jusqu’à la fin de la guerre au camp de Bergen-Belsen.

L’écrivain et dramaturge völkisch Ernst Wachler, fondateur en 1903 du Herzer Bergtheaterprès de Thale, fut poursuivi pour raisons « raciales »et mourut en septembre 1944 au camp de Theresienstadt. Wilhelm Kusserow, fondateur en 1935 de la Nordische Glaubensgemeinschaft, fut dénoncé comme « agent britannique ». En 1941, pratiquement tous les groupes païens avaient été interdits.

En privé, Hitler se montrait certes plus radical envers les Eglises. Mais la critique qu’il leur adressait n’avait strictement rien de « païen ». Elle relève beaucoup plus du rationalisme et du scientisme le plus plat. La lecture des « propos de table » (Tischgespräche), parus chez Flammarion en 1952, est à cet égard édifiante. A l’Eglise catholique, dont il admire néanmoins l’habileté séculaire à conjuguer pouvoir spirituel et temporel, Hitler reproche avant tout d’« exploiter la bêtise humaine ».

La religion n’est pour lui qu’« obscurantisme » et « superstition », auxquels s’opposent, comme chez les Lumières, l’« esprit scientifique » et les prérogatives de la « raison ». « Il n’est pas question, déclare-t-il le 23 septembre 1941, que jamais le national-socialisme se mette à singer une religion par l’établissement d’un culte. Son unique ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui ne soit rien de plus qu’un hommage à la raison ». Et le 14 octobre 1941, en présence de Himmler : « L’homme, alourdi par un passé de superstition, a peur des choses qu’il ne peut, ou ne peut pas encoreexpliquer – c’est à dire de l’inconnu.

Si quelqu’un éprouve des besoins d’ordre métaphysique, je ne puis le satisfaire avec le programme du Parti. Le temps coulera jusqu’au moment où la science pourra répondre à toutes les questions [...]

Les mythes se délabrent peu à peu. Il ne reste plus qu’à apporter la preuve que dans la nature nulle frontière n’existe entre l’organique et l’inorganique. Quand la connaissance de la nature sera largement répandue [...] alors la doctrine chrétienne sera convaincue d’absurdité [...] La science a déjà imprégné l’humanité.

Ainsi, plus le christianisme s’accroche aux dogmes, et plus son déclin sera rapide [...] Rien ne serait plus stupide à mes yeux que de rétablir le culte de Wotan. Notre vieille mythologie a perdu toute valeur lorsque le christianisme s’est implanté en Allemagne [...] Un mouvement comme le nôtre ne doit pas se laisser entraîner dans des digressions d’ordre métaphysique.

Il doit s’en tenir à l’esprit de la science exacte » !

Comme l’ont reconnu beaucoup de ceux qui ont étudié sérieusement l’idéologie nazie, le national-socialisme apparaît en fin de compte comme une religion millénariste de salut.

Religion sécularisée bien entendu, mais néanmoins parfaitement reconnaissable, qui vise, au travers d’une liturgie de masse envoûtante, mettant en scène de façon spectaculaire les espoirs et les peurs de chacun, au travers également d’un culte du chef présenté comme un sauveur envoyé par la Providence, à réaliser une promesse de salut collectif, fondée sur une transformation totale de la vie, une domination absolue de la Terre et l’instauration d’un « règne » de mille ans. Comme dans toutes les religions séculières de ce type, la réalisation du nouveau millennium implique l’élimination des agents du mal et de la corruption. Telle est la fonction dévolue à l’antisémitisme hitlérien qui, tout en s’inscrivant sur fond de philosophie d’inspiration socialedarwinienne

(« le succès justifie le droit »), réinterprète en même temps l’histoire en terme de Bien (l’Aryen) et de Mal (le Juif) absolus ; il faut que l’un disparaisse pour que l’autre puisse survivre. « Le Juif, écrit Hitler dans Mein Kampf, accomplit sa funeste mission, jusqu’au jour où une autre puissance se dressera contre lui et le rejettera, après une lutte féroce, lui l’assaillant des cieux, chez Lucifer » ! La « race des seigneurs » n’étant de toute evidence qu’une caricature de l’idée d’élection, il n’est pas exagéré de parler ici de messianisme mimétique. Jean-Joseph Goux, dans son livre Les iconoclastes, l’a très bien remarqué : la « théologie pratique » du nazisme est entièrement commandée par une obsession judéophobe qui pousse Hitler à poser le peuple allemand en « peuple élu » rival du peuple juif, c’est-à-dire à tenter de déplacer en direction de son peuple le « fantasme religieux de l’Alliance ». A Hermann Rauschning, il aurait d’ailleurs déclaré : « Il ne peut y avoir deux peuples élus. Nous sommes le peuple de Dieu. Ces quelques mots décident tout ». Un tel délire est évidemment tout à fait étranger au paganisme qui, selon moi, ne saurait admettre que des hommes ou des femmes soient persécutés pour leur appartenance à un peuple. « Autant que le dieux jaloux des monothéismes chrétien et musulman, le délire raciste était totalitaire, écrit François Perrin. Le paganisme ne l’était pas » (Franc-parler). C’est également ce que rappelait récemment Christopher Gérard dans la revue Antaios : « La faute suprême est ce que les Grecs, nos maîtres, appelaient l’hybris, la démesure [...] Le plus terrible exemple d’hybris contemporain, ce sont les totalitarismes modernes qui, à force de vouloir “changer l’homme”, ne font que l’avilir ».

Cet article fut emprunté à; http://www.alaindebenoist.com/pages/textes.php?cat=entretiens&lang=fr

 

 

 

 

Les Fêtes Celtiques

Créé par le 27 août 2011 | Dans :

 

 La Roue Gauloise:       Cycles et célébrations annuelles

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Fêtes et célébrations

 

Artuana Alba 

Solstice d’Hiver (21/12) : Lueurs au Cœur de la Nuit

 

Cette fête marque le début de l’hiver et du temps d’hibernation. Nommée  Artuana Alba  mais aussi Yule, nuit la plus longue, c’est aussi la fête du Soleil invaincu .En son sein, la nuit porte le germe de la Lumière.C’est à partir du Solstice que les jours rallongent. C’est le symbole de la Lumière au cœur des Ténèbres. Le Soleil débute sa grande course cosmique. En fait , ce jour de Lumière est le renouvellement du cycle d’un an, le nouvel An. Dans le Culte Druidique, c’est un véritable appel à la Lumière. Les Rituels sont surtout des rites d’appel au Feu, on y allumait au cœur des cercles de pierres un petit feu, souvent dédiés aux rites solaires, le Feu Sacré à l’image du Soleil naissant dans la Nuit. Au solstice d’Été, alors que le Soleil est dans sa pleine puissance, on allumait un énorme bûcher . On pourrait symboliquement comparer le Solstice d’Hiver à la Vie qui se développe dans la Matrice sombre, le germe qui s’éveille dans la terre ou l’embryon dans l’utérus de la mère. C’est aussi une prise de conscience spirituelle de chacun, qui au cœur de l’hiver porte dans son reclus, dans son isolement, dans son hibernation symbolique, l’espoir du renouveau, une étincelle divine qui commence à embraser l’Être.

Artuana Alba  marque ainsi le temps de l’espoir, le temps d’une régénération de chacun, un temps d’initiation nécessaire à toute évolution .

Dans le mythe celtique, la Déesse donne naissance à un enfant de la Lumière, l’Enfant qui apporte la Lumière au Monde. Le Cycle de la Grande Roue Cosmique est aussi le cycle de vie de cet enfant qui naît au solstice et qui meurt le 1er novembre, plongeant ainsi le monde dans la noirceur.

 

Ambiuolcaia    Imbolc (01/02) : La Lumière Latente

Le 1er février est marqué par Ambiuolcaia C’est une fête de la Lumière, car en plein cœur de l’Hivers elle témoigne du rallongement des jours, et de la venue du printemps. C’est une fête qui marque la latence du Renouveau de la vie au printemps.

Dans le milieu paysan, c’était une période où l’on préparait les activités de l’été et où l’on s’apprête à labourer la Terre. C’est la période de la Nouvelle Année (son renouveau) en quelque sorte, mis en parallèle avec Samonios qui marque la fin de l’année et la période de Latence de la vie qu’est l’hiver.

Dans la tradition, c’est la Grande Déesse Bélisama qui domine cette fête ou Brigit en Irlande.

Chez les Celtes, on fêtait Imbolc , Ambiuolcaia en gaulois , le 1er février. . Ce rite, en l’honneur de la déesse Brigid, célébrait la purification et la fertilité au sortir de l’hiver. Il était coutume pour les paysans de choisir un couple dont l’enfant était né le plus près du solstice d’hiver, de les amener dans les champs avec l’enfant , de disposer en cercle autour de la famille des torches et d’invoquer la Déesse pour qu’elle intercède auprès de son fils  et qu’il apporte aux paysans la chaleur nécessaire aux labours. Les paysans priaient la Déesse de purifier la terre avant les semailles. Nous pouvons voir ici la substitution que fera l’Église du rôle de Marie, celle qui donne naissance à celui qui amène la « Lumière au monde’ et son rôle d’intercession auprès de son fils.

Au Ve siècle, le pape Gélase Ier associe ce rite païen de la « fête des chandelles » avec la présentation de Jésus au Temple et la purification de la Vierge. Le clergé romain, voyant les paysans s’adonner à ces rites païens forcèrent la population à se réunir dans l’église du village et remplacèrent les torches par des cierges. Ainsi  Ambiuolcaia  devient par La Chanteleur.

A la Communauté des Druides du Québec, Ambiuolcaia est la fête des femmes et de la Déesse. Le rituel est pris en charge par la prêtresse qui allume le cierge central de l’ autel, puis passe la lumière aux autres femmes qui à leur tour passent la Lumière à leur conjoint ou conjointe. La femme qui apporte la Lumière au Monde. Elle donne au Monde la Lumière en donnant naissance à l’enfant de la Lumière .

Après la cérémonie, il y a dégustation des crêpes bretonnes.

On dit aussi que les crêpes, par leur forme ronde et dorée, rappellent le disque solaire, chaud et réconfortant , évoquant ainsi  le retour du printemps après l’hiver sombre et froid.

 

Elaris Alba

Équinoxe de printemps (21/03) : Equilibre et Renaissance

Appelé Elaris Alba, cette fête trouve sont équivalent : Pâque dans la tradition judéo chrétienne. Elle marque l’Equilibre entre le jour et la nuit avec la promesse d’une lumière plus grande encore, une lumière Renaissante. Les jours rallongent toujours et prennent le pas sur la nuit.

L’Eau et le Feu sont en équilibre parfait même si le feu va prendre le pas sur l’eau. Ainsi l’Air est l’élément qui prédomine (synthèse du Feu et de l’Eau).La tradition des œufs de Pâques vient de cette symbolique de Renaissance, marquée par la venue au monde de la lumière, de la Vie, tel un œuf qui éclos. L’œuf est aussi le symbole de l’équilibre entre le Dieu et la Déesse, le Soleil et la Lune, avec son jaune et son blanc, qui vont donner la vie.

Dans la Traditions Nordiques, c’est la fête d’Ostara, que l’on retrouve dans l’anglais Easter ou Ostern en allemand (qui signifie les fêtes de pâques) étymologiquement, on y retrouve la Racine du mot « East » , ou bien « Ost » en allemand qui signifient le point cardinal de l’Est, là où justement naît chaque jour le soleil, à l’Aube, Aube qui symbolise cette même fête.

C’est une fête de l’Espoir, le germe de toutes Vies prête à renaître. Ca n’est pas aussi pour rien que Pâques correspond pour les chrétien à la résurrection du Christ, sortant de son tombeau ( symboliquement ,la matrice, la nuit) après une période d’Initiation profonde.

Le Frêne est un symbole de cette fêtes, … Yggdrasil le Frêne cosmique dans la tradition norroise est lui-même un puissant symbole d’initiation, car c’est pendu à ses branche qu’Odin reçoit l’Initiation et la Révélation des Runes.

Dans la démarche évolutive de chacun, c’est une période du cycle annuelle de renaissance de l’énergie positive, qui jaillie après un temps de latence, et qu’il peut être bon de saisir pour soi même renaître et donner de nouvelles impulsion à notre existence, ce sur tous les plans. C’est dans cet esprit que la fêtes de l’Equinoxe était pratiquée chez les druides.

Finalement , c’est la période où l’Enfant de la Lumière atteint l’âge de la raison, le moment où il peut faire la part des choses, ou du moins , il amorce sa vie avec les autres membres de la communauté. Le printemps est la transition de la dépendance vers une maturité individuelle spirituelle et mentale. L’enfant entreprend sa quête  intellectuelle et s’affirme dans la communauté. Plus le Soleil s’approche de la Terre, plus la Vie se déploie avec énergie, plus l’environnement  renaît et se prépare à recevoir les semences.

 

Belotepnia (01/05) :le Feu de la Fertilité

Fête centrale dans le culte Avalonien, Belotepnia est la fêtes de l’Union Sacrée du Dieu Cornu et de la Déesse, Cernunnos et Ceridwen. Elle marque l’ascension de la Lumière. Le Feu est l’élément qui domine Beltane, avec l’air.

Traditionnellement, Les Feux de Beltane y étaient allumés, Deux feux, entre lesquels les participants et plus souvent les couples, passaient. La bétail aussi par ailleurs pour y être béni. Cette cérémonie présidée par les Druides et les Prêtresses était aussi l’occasion d’Oracles et de Bénédiction de la Terre pour que les récoltes soient fructueuses et la saison prospère. C’est aussi en ce sens une fête de fertilité symbole de l’union du Dieu et de la Déesse.

Belotepnia à marqué profondément les légendes. C’est durant cette fêtes que la plupart des héros sont conçus et ceux notamment de la lignée des Pandragon (Mordred notamment) car en effet une prêtresse est choisie pour représentée la déesse, parée d’une couronne de fleurs et notamment d’aubépine, et un homme de sang noble ou royal le plus souvent, ou druide, pour représenter le Dieu Cornu, lui-même portant les bois du Dieu-Cerf. D’une région à l’autres les traditions entourant Beltane ont été très variables. Plus généralement c’est une période où l’on unissait le plus de couples par le mariage ; et aujourd’hui encore par ailleurs.

Des cérémonies en l’honneur du Dieu Bélénos ont aussi lieu, et plus généralement de l’astre du jour à son levé.

Chez les Nordiques, c’est la fête de Balder, le dieu lumineux, de Sol la déesse solaire, mais aussi des Vanes, Frey et Freya, dieux de la fertilité, directement comparables à Ceridwen et Cernunnos.

L’arbre qui domine Beltane est le Bouleau, à l’écorce blanche immaculée, ainsi que l’Aubépine qui symbolise la purification et la protection, suivant des principes féminins.

Dans la continuité du cycle des saisons, Belotepnia marque donc l’Ascension de la Lumière , son Epanouissement après sa renaissance à l’équinoxe, le moment où la Lumière triomphe de la Nuit. Après la léthargie, et la renaissance, on entame une phase d’expansion ( à l’image du feu ), tant sur le plan spirituel et énergétique, que dans la vie quotidienne : la vie agricole reprend, et la floraison de la nature, du feuillage des arbres bat son plein. C’est un temps de croissance sur lequel chacun peut adapter son rythme !

L’Enfant de la Lumière atteint l’adolescence , l’éveil des sens et sa capacité sexuelle.  Ce jeune  homme  est dans une phase de transition qui lui donne la capacité de  perpétuer la Vie et s’éveiller aux plaisirs sensuels. Les fêtes du Mat de Mai témoigne de cette fêtes galante. Voir  notre rubrique  » Nouvelle-France » Ces fêtes étaient dénoncées par le clergé en Nouvelle-France. Ces fêtes celtiques  nous venaient de Bretagne avec la venu de nos ancêtres.

 

Eruina Alba

Solstice d’Eté (21/06) : Apogée du Soleil

Nommée aussi Eruina Alba, le 21 juin est le jour le plus long de l’année. Il marque l’Apogée de la Lumière, la période la plus prospère de l’année et le début de l’été. Mais s’il porte la Lumière en son plus haut point, c’est aussi le jour où cette dernière commence à décliner.

Dans la tradition druidique, les cercle de pierres marquaient ce jours dans leur positionnement jouant ainsi un rôle de « calendrier » (et pas seulement des solstices) c’est en leur sein que se pratiquaient les Cérémonie de Rites de l’Aubes pour célébrer la venue du jour le plus long.

C’est une fête de justice, de bonté et de vérité, d’illumination, de sagesse, de transcendance spirituelle très intime. C’est un jour aussi de bannissement du négatif.

C’est la Triple Illumination de l’Awen, le principe divin supérieur, manifesté dans les Trois rayons du Triban qui dominent cette journée. D’autres cérémonies enfin sont célébrées au Zénith, au paroxysme de l’ascension du Soleil. C’est une fête de Feu sous sa forme la plus pure qu’est la Lumière.

Cette journée marque donc aussi le jour le plus élevé, énergétiquement parlant. C’est une période d’expansion maximale pour chacun et chaque chose en la Nature. On est arrivé au point le plus haut de notre renouveau, de ce cycle précis et annuel d’évolution.

L’enfant de la Lumière est maintenant Roi . Il est à l’apogée de sa vitalité , le Roi de la lumière nourrit la Terre, les récoltes et il nourrit tout ce qui est vivant. Le Soleil est au Zénith de sa puissance. L’individu est  à l’apogée de sa carrière et de sa vie. C’est le guerrier au zénith de sa profession  et  de sa force physique et intellectuelle.

 

Lugnasaissatis  (01/08) : Paix et Prospérité

Littéralement, Lugnasad veut dire « l’Assemblée de Lug » dressée, dans les légendes, en l’honneur de la Terre-Mère pour ses dons aux hommes notamment. Par ailleurs Lug est le Dieu Solaire aux attributs royaux. C’est aussi un dieu Trinitaire dont le Tribann est un des symboles.

On trouve aussi une autre appellation à cette fête : Lammas. C’est une fête paysanne majeur car elle marque le temps de la récolte et des moissons en plein cœur de l’été. Traditionnellement cette fête était présidée par les Rois et Seigneurs.

Elle était très répandue parmi les populations celtiques, de l’Irlande en passant à la Gaule, et même jusque parmi les Germains.

C’est un moment très joyeux où se mêle à la solennité du moment, réjouissance, musique, danses, jeux…

En tant que première fête après le solstice et elle marque les débuts de la descente vers l’Automne. Mais c’est malgré tout un jour lumineux, ou chacun profite du fruit de son travail et de son labeur, où chacun constate l’avancée de son évolution et peut en jouir. C’est la Fête du Don, de la Richesse sur tous les plans, où l’on offre, reçoit, partage …

Lugnasad marque réellement un temps de quiétude, de pérennité de la Vie et de constance.Le Divin de la Lumière est dans sa phase de maturité. Il commence à récolter les fruits de ses efforts. La Terre donne les premier fruits et les légumes. La communauté , sous les conseils des anciens, commence à s’organiser pour les récoltes et les préparatifs engrangement des provisions.

Eluetias Alba
Equinoxe d’Automne (21/09): Recul et Equilibre

Désignée aussi sous le nom d’Eluetias Alba, l’Equinoxe d’automne marque à nouveau un temps d’équilibre et s’oppose dans l’année à l’Equinoxe de printemps. Celui-ci marque l’équilibre des forces du Jour et de la Nuit, avec aussi le début des jours où la nuit domine, ce jusqu’au solstice d’hiver. C’est les derniers rayons dorés du soleil qui éclaire une Nature s’apprêtant à s’endormir…

C’est un temps de recul, de repos, l’automne nous permet de faire un bilan de l’année avant l’hiver qui marquera notre retour à la Terre, notre régénération dans la matrice primordiale, comme les animaux qui hibernent.

C’est un temps où l’on engrange pour la saison froide toutes les vivres, c’est le moment des dernières récolte. Il ne doit pas y avoir de nostalgie, car c’est la promesse d’un renouveau au bout de la nuit dont témoignent ces derniers jours de chaleurs et d’été avant l’automne. Il faut regarder notre cycle qui s’achève avec plénitude et se préparer à entrer dans la phase de latence qu’est l’hiver, temps initiatique pour mieux renaître encore à la saison nouvelle.

L’élément Terre domine cette période de l’année et exprime parfaitement cet esprit de flegme et de calme que représente ce temps.

La forêt (et notamment le Chêne) et ses esprits de la Terre, comme les Gnomes, sont à l’honneur. Cette fête est spécialement dédiée au Dieu-Cerf dont la ramure symbolise autant l’expansion vers le ciel que le centrage de notre être en une unité « germinale » que l’on retrouve pendant l’hiver.

 

Samonios (01/11) : le Retour à la Source

De toutes les fêtes « païenne » Samonios est sûrement une des plus connues et qui persiste le plus sous sa forme originelle avec l’Halloween Anglo-Saxon. Si l’on rattache son symbolisme souvent à celui des morts,  c’est là une interprétation erronée, car Samonios rend honneur aux Ancêtres (tradition que l’on retrouve dans le culte des Saints à la Toussaint), aux esprits de l’autre monde qui jusqu’en cette extrémité de l’année ont accompagné chaque être dans leur périple évolutif tout au long de ce cycle.

D’un point de vu énergétique, Samonios est très élevé, c’est un moment particulièrement mystique, car c’est le moment de l’année où l’au-delà est au plus proche de nous, autrement dit, où le plan physique et le plan éthérique sont le plus en phase. Le portail de la Vie est aligné au portail du Monde des Morts.

C’est donc un moment hors du temps des plus propice pour entrer en contact avec les plans supérieurs. On comprend aussi pourquoi c’est un des meilleurs temps, en opposition annuelle avec Belotepnia pour réaliser les Oracles et autres actes de divination.

Festin et cérémonies étaient orchestrées par les druides. C’était un moment de réunion et de communion entre les incarnés et les esprits de la Nature et les Dieux. Lug et tout particulièrement le Dagda étaient à l’honneur durant cette fête. Dagda, le Dieu-Druide, est aussi maître de la vie et de la mort parmi ses nombreux attributs, ce qui explique sont rattachement à cette fête et plus généralement à cette période. Dans la Tradition gauloise, Dagda n’est autre que le Dieu Esus, du moins pour certains de ses aspects.

Samonios est la fête durant laquelle les Druides cueillaient avec une serpe d’or la plante sacrée , le Gui, et le recueillaient dans un drap blanc tendu

Samonios marque aussi le dernier moi lunaire (du calendrier de treize mois lunaires de 28 jours chacun), la fin de l’année et le début de la nouvelle dans la tradition populaire celtique. Or dans le le cycle diurne , le cycle astronomique débute au Solstice d’hiver.

Samonios, c’est donc pour chacun ce retour à nos origines, dont témoigne le culte des ancêtres dans la tradition celtique. Un retour à la Source Primordiale, l’Awen, après l’expérience de l’année précédente. C’est une sorte de mort initiatique qui durera tout l’hiver, un temps de régénération et de purification, d’apprentissage aussi parfois marqué par la souffrance, mais dont nous pourront jouir de tous les apports, à notre « réincarnation » symbolique, notre renaissance, lors du Retour des Longs Jours, au printemps.

En Nouvelle=France, on plaçait une chandelle à la fenêtre afin de guider les membres de la famille décédés au cours de l’année et guider leur  marche de retours à la résidence des parents vivants. Lors du repas de célébration de Samonios , la mère plaçait un couvert de plus, pour les visiteurs invisibles. À partir du XIXième siècle, cette place à la table sera remplacée par la « place du quêteux » en québécois ou du mendiant du village. Chez ma grand-mère Morin. dans les années 50, on avait maintenue la tradition de la chandelle à la fenêtre et le couvert supplémentaire.

L’Enfant solaire né  au solstice d’hiver, Artuana Alba, termine son cycle de Vie. Le monde est graduellement plongé dans l’obscurité. Les périodes de lumière régressent. Les communautés se regroupent autour des doyens  et écoutent autour du Feu les légendent qui font passer le temps et qui rassurent sur  les événements à venir. On attend  le moment où la Déesse donnera naissance à l’Enfant de la Lumière. 

GENISTOS

 

Merci ¸à :

http://www.luxsanctuary.com/article,4,169,-les-fetes-celtiques.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chandeleur

 

 

mp3 208circleofjoy.mp3         Musique:

Lisa Lynne -  #14 -Circle of Joy

Actualité

Créé par le 20 juin 2009

 

 Invitation aux nations autochtones

 

Depuis ses débuts, La Communauté des Druides du Québec a tissé des liens avec de nombreux visiteurs des nations autochtones. Ces personnes viennent célébrer avec nous les équinoxes et les solstices.  Après la célébration autour du Feu sacré, nous échangeons et discutons autour d’une table bien garnie. Plusieurs jeunes gens nous ont fait la remarque que nous partagions un même idéal: retrouver notre tradition ancestrale.  La culture et l’âme ne nos deux nations furent  saccagées par une tentative systématique  d’éradication.

 Pour les celtes et leur tradition druidique les répressions débutent en -12 : 1er août –12 : Rassemblement des Gaules sur l’Autel de Rome et d’Auguste au Confluent à Lyon sous la direction du prêtre gallo-romain C. Julius Vercondaridubnus. Rome tente déjà de remplacer les druides dans les grandes cérémonies celtiques. Recensement de la Gaule par Drusus. Doublement du tribut de la Gaule. Irritation en Gaule. C’est le début des persécutions qui se poursuivront avec l’arrivée au pouvoir romain des catholiques. Voir « répressions religieuses »

Il est intéressant de voir que le gouvernement Chinois utilisera la même stratégie contre nos frères Tibétains:  les pontifs du communisme chinois s’arrogeront le droit de choisir le prochain Dalai lama. L’ arrogance des communistes chinois n’a d’égale que leur manque de civilité; et c’est très peu dire!

Pour  nos frères amérindiens , la contaminations va s’installer avec l’arrivée des premiers jésuites. Or, beaucoup de nos ancêtres  bretons  fuyaient la tyrannie du Vatican et de ses serviteurs, l’aristocratie et la bourgeoisie française. Ces nouveaux arrivants pratiquaient une vieille spiritualité qui  s’était transmise dans la clandestinité et loin des regard des curés. Or, il est tout  à fait imaginable que ces bretons retrouvèrent chez les nations amérindiennes  des rites et des éléments de leur culture païenne et ancestrale. Partager une  même  vision spirituelle à dû faciliter le  rapprochement des deux peuples.

Nous voulons établir des liens durables entre les celtes du Québec et les premières Nations.  Nous voulons mieux connaître vos traditions et vous faire connaître la nôtre. Les celtes du Québec   ne rendent aucun culte au dieu des monothéistes. Nos rituels sont un hommage à la Conscience cosmique et aux  forces qui animent  la Nature. Nous sommes de tradition païenne  et nous ne recrutons personnes.

La Communauté des Druides du Québec est une tradition de Sagesse ancestrale. Notre Livre sacré est la Nature et l’Univers.

 

« Le divin dort dans la pierre,

respire dans la plante,

rêve dans l’animal et s’éveille dans l’humain»

Genistos

enorus@gmai.com.

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Répressions religieuses

Créé par le 26 déc 2008

Répressions  religieuses

Luc Ferry (né le 3 janvier 1951 à Colombes dans le département des Hauts-de-Seine en France) est un philosophe français et ancien ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche des premier et deuxième gouvernements Jean-Pierre Raffarin. C’est l’arrière-petit-neveu de Jules Ferry1.(Wikipédia)

INTOLERANCE ET RELIGION

Texte paru dans « La Nouvelle Revue d’histoire »

Dans son livre intitulé < Qu’est-ce qu’une vie réussie > ?, Luc Ferry écrit : « A ceux qui déplorent le reflux des religions, il faut redire combien, sous leurs formes traditionnelles au moins, elles continuent encore aujourd’hui d’être l’origine de la quasi-totalité des guerres et des conflits qui ensanglantent la planète ». Dans la bouche du ministre de l’Education nationale, de tels propos surprennent pour au moins deux raisons. La première est que la vaste majorité  des guerres —à commencer par les deux guerres mondiales qu’a connues le XXe siècle-n’ont pas eu des causes religieuses. La seconde est que Luc Ferry regroupe visiblement sous le terme générique de « religions »des croyances de nature bien différente, voire opposée.Ce qui frappe en effet, lorsque l’on étudie les plus anciennes religions de l’Europe — les religions païennes c’est précisément qu’elles ignorent toute forme d’intolérance proprement religieuse. Ce sont des religions polythéistes, auxquelles adhèrent des peuples qui n’imaginent pas un instant devoir reprocher aux autres peuples de sacrifier à d’autres divinités. Ces religions sont étrangères au fanatisme. Elles ignorent la persécution religieuse, la croisade contre les « infidèles » ou les « mécréants », la guerre au nom de Dieu. Orthopraxies plus qu’orthodoxies, elles ignorent également les notions de dogme, de schisme ou d’hérésie.L’empire romain a toujours respecté les croyances locales, au même titre que les usages juridiques des peuples soumis. S’il s’est opposé aux druides,lors de la conquête romaine, et par la suite aux chrétiens, c’était pour des raisons strictement politiques : aux premiers, les Romains reprochaient de galvaniser la résistance gauloise, aux seconds d’être mauvais citoyens. Les Grecs, quant à eux, allaient jusqu’à entretenir un culte au « dieu inconnu ».

 

 

La même tolérance se retrouve dans des religions à portée universelle,comme les religions asiatiques. Au cours de son histoire, le bouddhisme n’aguère été missionnaire. L’hindouisme traditionnel ignore pareillement le prosélytisme. Professant que Dieu est présent dans chaque forme de l’univers, il fait de la tolérance envers l’Autre un devoir, et non une concession.

 

Les Japonais n’ont jamais cherché non plus à exporter le shintoïsme, pas plusqu’Athènes n’a cherché à imposer à Sparte le culte d’Athéna.L’intolérance religieuse, génératrice de guerres menées au nom de la foi,n’apparaît en fait dans l’histoire de l’humanité que dans un contexte bien précis: avec la naissance du monothéisme.

A l’origine, le monothéisme n’est qu’une monolâtrie : pour les premiers Hébreux, Yahvé n’est qu’un dieu national, au côté des dieux protecteurs des peuples voisins. Dans les couches les plus anciennes de la Thora, rédigées auVIIIe siècle av. notre ère, élohim est un pluriel : Yahvé n’est que l’el ou l’éloahdes Israélites, un el que ces derniers placent au-dessus des autres.C’est ce qu’affirme Moïse : « Qui est comme toi parmi les dieux, Yahvé ? Qui est comme toi illustre en sainteté ? » (Exode 15,11). Yahvé lui-même ne nie pas l’existence des autres dieux. Il interdit seulement que l’on se prosterne devant eux, car il est un dieu « jaloux » (qana) (Deut. 5,9 et 6,14-15, Exode 20,5) Son nom même est Jaloux (Exode 34,14) L’idée proprement monothéiste ne commence à percer qu’à la fin de l’Exil,chez un prophète inconnu qu’on a dénommé le Second Isaïe. Formulée dans sa plénitude, cette idée implique l’existence d’un Dieu universel, d’un Dieu unique au double sens du terme : à la fois sans rival et Tout Autre.Dès lors, la règle est claire : « Hors du monothéisme, point de salut ».La plus célèbre des « Dix Paroles » (ou « Dix commandements »), « Tu ne tueras pas », n’est nullement un impératif moral absolu, qui proclamerait que toute vie humaine est sacrée. Seule est sacrée la vie du croyant orthodoxe. La preuve en est que Moïse, à peine redescendu de la montagne où Dieu lui aconfié le Décalogue, s’empresse de faire mettre à mort 3 000 idolâtres (Exode 32,28). « Tu ne tueras pas » n’arrive d’ailleurs qu’en septième position sur les tables de la Loi. La première prescription, celle qui commande toutes les autres, est : « Tu n’auras pas d’autres dieux (élohim) en face de moi » (Exode20,3).Ce premier commandement fonde une Alliance (B’rith), un contrat d’exclusivité entre Yahvé et son peuple. L’espace sacré des Hébreux étant avant tout structuré selon le haut et le bas, cette alliance élève le peuple juif. Par rapport aux autres peuples, elle l’astreint à des devoirs, mais elle lui donne aussi des droits. Elle en fait une « nation de prêtres » destinée à guider l’humanité vers un monde plus « juste ». L’ethnocentrisme s’épanouit ici en universalisme.

 

Les peuples idolâtres sont alors voués au « hérem », terme qui désigne à la fois l’exclusion, la mise à l’écart et l’éradication. Dieu demande auxHébreux d’exterminer les idolâtres (Deut ; 7,1-6 et 20,10-13), les Hébreux demandent à Dieu de faire périr leurs adversaires. Les impies, désormais, peuvent et doivent être tués. Yahvé déclare à son peuple : « Nul ne tiendra devant toi, jusqu’à ce que tu les aies exterminés » (Deut. 7, 24). « Les (autres) nations, les goyim, écrit Jean Soler, représentent le mal pour la seule raison qu’elles sont autres » (1) On a là la racine de l’altérophobie, liée à la hantise des mélanges (à commencer par les mariages mixtes, cf. Esdras10) : l’Autre est « impur ». Qu’il soit étranger ou simplement déviant, le mal, c’est l’altérité. Et le seul moyen de triompher du mal, c’est d’en extirper jusqu’aux racines.

 

 Après avoir ordonné le massacre des Madiânites, Moïse reproche auxHébreux d’avoir laissé la vie aux femmes et les fait tuer à leur tour, en même temps que leurs enfants du sexe mâle (Nombres 31, 15-17). S’ensuit une série presque ininterrompue de massacres. Après les Madiânites, ce sera le tour des Hittites, des Girgashites, des Amorites, des Cananéens, des Perizzites, des Hivvites, des Jabuséens, des Philistins, des Moabites. Génocides et nettoyages ethniques sont perpétrés par les Hébreux, résolus à faire payer aux idolâtres « le salaire de la vengeance de Yahvé » 

Tout comme Jéhu, David et Saül font couler des flots de sang. Josué détruit Jéricho : « Ils dévouèrent à l’anathème (hérem) tout ce qui se trouvait dans la ville, hommes et femmes, jeunes et vieux, jusqu’aux taureaux, aux moutons et aux ânes, les passant au fil de l’épée » (Josué, 6-21). De même tout le pays :« Il ne laissa pas un survivant et voua tout être vivant à l’anathème, comme Yahvé, le Dieu d’Israël, l’avait ordonné » (Josué 10,40).Le judaïsme historique ne renoncera jamais à combattre l’« idolâtrie »(avoda zara)

 

Il ne sera cependant prosélyte que d’une façon négative : les conversions seront découragées, mais les « nations » devront se soumettre aux sept lois noachides, qui ordonnent la répudiation des autres cultes.

L’islam, qui procède également du monothéisme biblique (par l’intermédiaire dess communautés judéo-chrétiennes des premiers siècles), affichera de son côté un universalisme intransigeant et missionnaire, ne dédaignant jamais de recourir à la force pour gagner de nouveaux adeptes. Avec le christianisme, la perspective se transforme.L’unité foncière de l’espèce humaine est toujours proclamée avec force, mais il n’y a plus de peuple élu : c’est sur un même pied d’égalité que Dieu appelle à lui tous les hommes. Par rapport au judaïsme, le christianisme représente l’universalisation du « nous ».L’amour (agapè) l’emporte sur la Loi, le pardon devient une valeur, au détriment parfois de la « justice » tel que la comprend la Thora.La notion-clé devient alors celle de conversion. En bonne théologie, le nonchrétien ne peut jamais jouir que d’une dignité imparfaite.La tolérance n’est au mieux qu’un compromis provisoire, une patience qui connaîtra sa fin. Dans une perspective eschatologique, la coexistence du Bien et du Mal, de la Vérité et de l’Erreur, est ultimement impossible. Seul le Bien a théologiquement le droit d’exister. Pour jouir d’une dignité parfaite, l’« idolâtre » (ou le « païen ») doit donc abandonner ses croyances d’origine, spécifiques, pour adopter une identité censée correspondre au Vrai et au Bien absolus.

 

Dans l’Eglise universelle, les différences de foi doivent céder la place au Même. Se voulant héritiers des apôtres, les missionnaires s’y emploieront, au risque d’acculturer tous les peuples du monde à un modèle de civilisation particulier.La théologie prend en même temps une forme dogmatique. Contrairement au commentaire talmudique, le dogme se veut univoque, fournissant ainsi de nouveaux motifs d’exclusion. Parallèlement aux « croisades » extérieures (en Terre sainte) ou intérieures (contre les Albigeois), la dénonciation des schismes et des hérésies justifiera de nouveaux massacres. La guerre« juste » est avant tout une guerre justifiée moralement. Livrée au nom duBien, elle transforme l’adversaire en figure du Mal, c’est-à-dire en ennemi absolu. D’où le caractère impitoyable des « guerres de religions ». L’Inquisition, elle, se fera juge du for intérieur, c’est-à-dire des pensées et des arrièrepensées.Il ne faut cependant pas oublier, comme le disait récemment Régis Debray,que « le religieux est à la fois ce qui permet aux hommes de vivre, d’aimer et de se donner et ce qui les pousse à haïr, à tuer et à prendre ». Cette ambivalence leur est constitutive. Si sacrés que puissent être ses textes fondateurs, toute foi reste inséparable d’une herméneutique. Aucune ne se réduit à l’interprétation que veulent en donner ses adeptes du fondamentalisme ou du littéralisme (Le jihad, qui désigne la « guerre sainte » dans l’islam classique, signie « effort sur soi-même » dans la mystique soufie). Au surplus, les contradictions ne manquent pas, y compris dans ces textes sacrés. Jésus semble cautionner la non-violence quand il dit :« Heureux les pacifiques » (Mt5,9). Mais il déclare aussi : « Pensez-vous que je sois apparu pour établir la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien la division » (Luc 12,51). C’est de la même Eglise que se sont réclamés Torquemada et François d’Assise, les papes incestueux de la Renaissance et Mère Thérésa.

 

Alain de Benoist

Jean Soler, L’invention du monothéisme, de Fallois, Paris 2002, p. 59.

Cet article fut emprunté à:

www.alaindebenoist.com/pdf/intolerance_et_religion.pdf

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La christianisation des pays celtiques débute curieusement en Grande-Bretagne à partir de la Méditerranée, Nice, Marseilles, Îles de Lérins, Alexandrie (Égypte) par voie maritime (avec un saut dans la péninsule Ibérique Galicie) et par voie fluviale en passant par le Rône (Lyons).
 Donc, – 52 E.V. (ère vulgaire) avec Jules César et la reddition de Vercingétorix, Jules César comprend très rapidement que pour subjuguer la Gaule il doit détruire les classes druidiques et guerrières qui encadrent globalement la société celtique.
Le jeu du pouvoir romain sera de couper les classes inférieures de l’élite et de remplacer la dévotion celtique par celle du culte à l’Empereur.

Dans un premier temps, Rome encouragera une dévotion païenne populaire en accord avec sa politique impériale.
Les divinités locales sont alors réinterprétées selon cette vision,: c’est l’interprétation romaine.

Malgré tout, les druides vont continuer à jouer un rôle plus religieux, moins politique, les libérant ainsi des lourdes tâches administratives auxquelles ils étaient jusqu’alors contraints.
Donc, la résurgence des théonymes et des anthroponymes celtiques dans la Gaule des IIe et IIIe siècles ne sont pas fortuites non plus.Comme disent Guyonvarc’h et Leroux (La civilisation celtique, p. 117), il ne s’agit pas là d’une renaissance ou d’un « revival », mais d’une survivance tenace, signe que les celtophones de Gaule s’étaient adaptés, ou résignés, à un nouvel état des choses.
Comme en témoigne ce tableau, cette survivance, bien plus que tenace, est une volonté affirmée et décidée à résister à l’imperium étranger.L’Irlande, terre d’accueil des druides étrangers, échappa à la loi romaine et pu maintenir le druidisme jusqu’à l’arrivée de Saint-Patrice au Ve siècle.

Cependant, même christianisée, la structure de la société celtique classique était toujours en place et les druides purent conserver sous la protection de certains rois un semblant d’indépendance.

La majorité des druides n’eurent d’autre choix que se convertir à la religion du Christ et le druidisme fut alors rapidement absorbé, plus rapidement d’ailleurs, que sur le continent où en Gaule le paganisme romanisé perdurait.

Certains druides convertis vont devenir les premiers évêques, abbés et moines irlandais et grâce à leur piètre connaissance de la nouvelle religion sauverons de l’oubli la tradition druidique en la consignant par écrit.

En Gaule, à la même époque, le christianisme, un phénomène urbain avant tout lié à l’occupation romaine, va mettre un temps fou d’usure patiente avant de s’infiltrer dans les campagnes longtemps considérées païennes, c’est-à-dire « paysannes et non-judéo-chrétiennes ». Il faut dire que le christianisme au temps du crépuscule de l’empire n’est qu’une secte orientale parmi tant d’autres. Les cultes, Isiaque Ptolémaïste Égyptien des riches, Mithraïste persan glorifié par la soldatesque romaine et messianistes Mosiaque et Christique de la diaspora juive, pauvre et urbaine, ne sont que quelques unes des sectes qui affligent l’Empire d’Occident.
Malgré l’aspect « historiquement vraisemblable » des débuts du christianisme, il ne peut s’agir là d’Histoire au sens où on l’entend de nos jours. Il est vrai que les Romains avaient tendance à historiciser leurs mythes. Ceci est aussi vrai pour les chrétiens.
En fait, le christianisme a été littéralement construit sur un amalgame de mythes ; en premier égyptiens, ensuite hébreux et par la bande, de tout ce qui était en cours dans l’Empire Romain d’alors. Les premières églises et les hagiographies des premiers « saints ( ?) » sont des légendes épiscopales dont les mythes fondateurs servent à combler les silences de l’histoire et à légitimer l’ancienneté des Églises.
Elles sont nées aux IVe et Ve siècles, surtout, d’un besoin d’affirmation et de légitimation du christianisme auprès des ignares et des illettrés. Et où, surtout, il fallait souligner l’antiquité des Églises face aux rebuffades habiles des savants païens qui la réfutait. À cette lumière, on comprend que l’histoire des villes épiscopales ait puisé dans les fausses chroniques et les compilations hagiographiques de quoi reconstituer le passé. En effet, presque toutes les histoires des villes ont été écrites sur base de fausses chroniques qui attribuaient à des évêques et à des saints des actions fabuleuses, voire magiques.
Disons aussi, que le christianisme va longtemps n’être que l’opium, l’ultime cause, des esclaves, des serviteurs et des opprimés… mais gare au jour où il va devenir la lame des guerriers.

Ce jour va venir quand un ex-cavalier romain va se convertir à la cause du Seigneur. 313 e.v. marque un point tournant pour la secte avec l’édit de Milan et la promulgation du christianisme comme religion de l’empire.

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- 58 à – 51, Jules César envahit la Gaule. La majorité des druides soutiennent Vercingétorix en appelant à la résistance à l’occupation romaine. Après la victoire de Rome sont exécutés les druides les plus compromis avec la résistance gauloise.

-12 : 1er août –12 : Rassemblement des Gaules sur l’Autel de Rome et d’Auguste au Confluent à Lyon sous la direction du prêtre gallo-romain C. Julius Vercondaridubnus. Rome tente déjà de remplacer les druides dans les grandes cérémonies celtiques. Recensement de la Gaule par Drusus. Doublement du tribut de la Gaule. Irritation en Gaule.

1er siècle è.c. : suite aux édits de Tibère (-42 à +37) et de Claude (-10 à +54), le droit d’enseigner, de devenir fonctionnaire, est retiré aux druides. « Il abolit entièrement, dans les Gaules, la cruelle et atroce religion des druides, qu’Auguste avait seulement interdite aux citoyens. Il tâcha, au contraire, de faire passer de l’Attique à Rome les mystères d’Éleusis ; et il proposa de reconstruire en Sicile, aux frais du trésor public, le temple de Vénus Erycine, qui était tombé de vétusté. » (Suétone – Vie des Douze Césars – Claude)
Rome, cependant, tolère officieusement le druidisme en tant que religion laïcisée, plus ou moins clandestine, dans la mesure où ses membres ne troublent pas l’ordre public et ne sont pas citoyens romains. Donc, sous Tibère, Claude, puis Néron, les druides sont pourchassés et tués par milliers. Selon Albert Grenier (Les Gaulois), « Les druides se trouvaient, dès ce moment, réduits à l’état de magiciens, devins ou médecins; du moins étaient-ils considérés comme tels et, au titre de magi, ils tombaient sous le coup du décret de Tibère contre les astrologues, les magiciens et, en général, les cultes étrangers qui commençaient à envahir l’empire romain. » Malgré tout, le culte druidique proscrit ne se maintint que dans les campagnes où il gardait des racines profondes. De là le nom païen, du latin pagus : district de campagne de Gaule et Germanie.

Vers 49 ? 53-54 ou 56-57 : Saint Paul évangélise les Galates d’Asie Mineure. Leurs druides, dits semnothées par les Grecs, dénoncent ces Galates qui se soumettent à la loi juive et se font circoncire. Dans deux de ses lettres aux Galates, Paul s’insurge contre ces païens superficiellement convertis et leur reproche de ne pas comprendre que l’accomplissement de la loi (juive) n’est pas un plus pour leur foi première païenne, mais au contraire, son anéantissement.

178 : Celse, philosophe grec écrit sa critique Le discours contre les chrétiens ou le discours vrai. Ironiquement, seules les citations de la contrepartie du théologien Origène ont survécu. Celse est l’un des rares penseurs de son époque à voir la menace que représentaient ces sectes nées du judaïsme messianique. Sa critique est l’un des ouvrages les plus révélateurs sur le raisonnement la résistance païenne face au christianisme exclusiviste et dogmatique. Celse oppose le pragmatisme relativiste polythéiste et moniste des religions classiques aux prétentions des sectes judéo-chrétiennes qui prétendent détenir la seule Vérité en s’appropriant l’Être suprême de façon exclusive. Celse perçoit justement la politique révolutionnaire judéo-chrétienne qui cherche à miner le pouvoir politique et social de Rome et détruire sa religion. En effet, les chrétiens refusent d’accomplir leurs devoirs civiques et respecter la religion civile du culte impérial. Il s’insurge contre la prétendue supériorité morale du christianisme par rapport aux religions païennes, en déclarant, à juste titre, que la morale chrétienne, vulgaire et stupide, manque d’originalité et qu’elle n’est qu’une pâle imitation de la morale des philosophes. Selon lui, le Christ ressuscité n’est qu’un simple mortel, un chef de bande, glorifié par la légende inspirée des mythes païens.
Voici quelques unes de ses citations :
« Il est un Logos d’une haute antiquité, toujours respecté par les peuples les plus sages, les villes, les sages. Les Égyptiens, les Assyriens, les Indiens, les Perses, les Odryses, les habitants de Samothrace et d’Éleusis, les Hyperboréens (sont) parmi les peuples les plus anciens et les plus sages. Les Galactophages d’Homère, les Druides de la Gaule, les Gètes sont des peuples antiques et de haute sagesse qui professent des doctrines apparentées à celle des Juifs. (Les) sages anciens qui ont bien mérité de leurs contemporains et, par leurs écrits, de la postérité, Linos, Musée, Orphée, Phérécyde, le Perse Zoroastre et Pythagore ont traité de ces questions, et leurs doctrines sont consignées dans des livres et ont été conservées jusqu’à ce jour. » (I, 14 et 16)

« Ce fut le cas, dit-on, en Scythie de Zamolxis, esclave de Pythagore, de Pythagore lui-même en Italie, de Rhampsinite en Égypte. Ce dernier, chez Hadès, « jouant aux dés avec Déméter », obtint d’elle « une serviette lamée d’or » qu’il remporta comme présent. Ainsi encore Orphée chez les Odryses, Protésilas en Thessalie, Héraclès à Ténare, et Thésée. Mais ce qu’il faut examiner, c’est si un homme réellement mort est jamais ressuscité avec le même corps. Pensez-vous que les aventures des autres soient des mythes en réalité comme en apparence, mais que vous auriez inventé à votre tragédie un dénouement noble et vraisemblable avec son cri sur la croix quand il rendit l’âme, le tremblement de terre et les ténèbres ? » (II, 55)

« On pourrait en citer bien d’autres de même genre. (Votre) culte pour ce prisonnier mis à mort est pareil à la vénération de Zamolxis au pays des Gètes, de Mopsos en Cilicie, d’Amphilochos en Acarnanie, d’Amphiaraos à Thèbes, de Trophonios à Lébadia. » (III, 34)

« Quel malheur vous est donc survenu, mes compatriotes, que vous ayez abandonné la loi de nos pères, et que, séduits par celui avec qui je discutais tout à l’heure (Jésus), vous ayez été bernés de la plus ridicule façon, et nous ayez désertés pour changer de nom et de genre de vie ? » (II, 1) « Si tous les hommes voulaient être chrétiens, les chrétiens ne le voudraient plus. A l’origine, ils étaient en petit nombre, animés de la même pensée ; à peine se propagent-ils en multitude, ils se divisent et se séparent, et chacun veut avoir sa propre faction : ils y aspiraient dès l’origine. Séparés (diistamenoi) de nouveau par l’effet de leur multitude, ils s’anathématisent les uns les autres ; ils n’ont plus de commun, pour ainsi dire, que le nom, si tant est qu’ils l’aient encore ! C’est du moins la seule chose qu’ils aient eu honte d’abandonner ; pour le reste chacun a embrassé une secte différente. » (III, 9-12)

« (C’est) aux plus incultes, aux esclaves, aux moins instruits que l’on divulgue les secrets de la sagesse divine. Imposteurs, (ils fuient) en désordre les gens distingués, non disposés à être dupes, mais (prennent) au piège les rustres. » (VI, 13-14)

« (Les chrétiens ressemblent) à ceux qui croient sans raison aux prêtres mendiants de Cybèle et aux devins, aux dévots de Mithra et de Sabazios, à tout ce qu’on peut rencontrer, apparitions d’Hécate, d’un autre ou d’autres démons. Car, de même que souvent parmi eux des hommes pervers prennent avantage de l’ignorance de gens faciles à tromper et les mènent à leur guise, ainsi en va-t-il des chrétiens. Certains, ne voulant pas même donner ni recevoir de raison sur ce qu’ils croient, usent de ces formules : « N’examine pas, mais crois ; la foi te sauvera. La sagesse dans ce siècle est un mal, et la folie un bien. » (I, 9)

200: Débute, selon la légende méiévale, la christianisation de la Grande-Bretagne.

248 – 251 : Sous le règne de l’empereur Dèce, contrairement aux prétentions légendaires des martyrs de saint Marcel et de saint Anatase, aucun signe de présence chrétienne n’est décelable en Gaule et aucun signe chrétien n’a été observé sur des objets gallo-romains.

250: Autour de 250 E.V., l’effort de la christianisation de la Gaule païenne débute dans la clandestinité. L’Église s’organise autour de la ville de Lyon utilisée comme base missionnaire.
Saint-Ciprien envoie ses missionnaires d’Afrique: ceux de saint Paul à Narbonne, de saint Trophime à Arles, de saint Saturnin à Toulouse, de saint Martial à Limoges, de saint Denis à Lutèce (Paris), de saint Austremoine à Clermont-Ferrand, et de saint Gratien à Tours.

Conversion de la Dacie à partir de 255 : À l’inverse de l’Empire romain où le christianisme s’est d’abord installé dans les villes, en Dacie, la conversion se serait faite à partir des campagnes. Suite au vide institutionnel créé lors du retrait romain en 255, les missionnaires chrétiens tentent d’encadrer la population païenne. Entre le IIIe et le XIe siècle, l’hagiographie mentionne la présence des horepiscopi dans les villages sous le contrôle des perihoreti (missionnaires). Aucune présence urbaine significative n’est décelable car les Goths arianistes occupant le territoire étaient farouchement contre tout clergé et particulièrement méfiants à l’égard des moines missionnaires inféodés aux églises.

258 : La Gaule fait sécession avec à sa tête Postimus qui se nomme Empereur des Gaules. Il rompt avec Rome et bat monnaie. Le christianisme est sévèrement réprimé dans tout l’Empire romain mais ceci n’empêche pas les missionnaires de tenter d’évangéliser la Gaule et de fonder des évêchés.

260: La christianisation de Grande-Bretagne est bien en cours autour de Glastonburry.

270 : Arles, haut lieu du savoir païen, voire druidique, depuis au moins 2000 ans av. l’ère vulgaire, fut mise à sac par les bandes chrétiennes détruisant temples, bibliothèques et sanctuaires. Les chrétiens n’hésitèrent pas à violer l’ancienne loi de l’inviolabilité des sanctuaires convenu dans le monde païen et en Gaule.

271 : Aurélien, devenu Empereur, réunifie l’Empire et rétablit la domination de Rome sur toute la Gaule. Rome demeure très méfiante de la secte chrétienne.

275 : Rome assouplit ses positions face aux chrétiens qui continuent de troubler l’ordre politique.

297 : L’Empereur Dioclétien procède à une profonde réforme administrative de l’Empire en concédant officiellement aux chrétiens le droit de se regrouper en diocèses. L’Empire est divisé en douze diocèses gouvernés par des vicaires. La Gaule comportera deux diocèses : Galliae au nord de la Loire et de la Saône; le Viennesis au sud. Après l’édit de Milan, la hiérarchie chrétienne de Rome organisera les évêchés sur ce modèle.

IVe siècle : Après qu’il eurent corrompu l’État de Rome, dès leur arrivée au pouvoir, les autorités chrétiennes créent le délit d’opinion religieuse et promulguent des lois interdisant la liberté de culte aux païens.

Vers 300 : Selon Alexander Wilder, « des hommes comme Irénée, Épiphane et Eusèbe (apologistes connus des débuts de l’expansion chrétienne) ont transmis à la postérité une telle réputation de mensonges et de pratiques malhonnêtes que le cœur se soulève devant le récit des crimes de cette période ». Dire que toute la doctrine religieuse chrétienne de cette période repose sur ces menteurs invétérés. Et selon Gerald Massey, « la thèse chrétienne, comme la qualifie judicieusement le Nouveau Testament, est une imposture. »
Eusèbe, surnommé Pamphile, célèbre évêque de Césarée (en Palestine), « le père de l’histoire eccléssiastique » (né vers 270, mort vers 338) fut fait évêque de Césarée en 315. Se méfia de l’empereur Constantin et refusa le siège d’Antioche qu’il lui offrait. Il assista au concile de Nicée (325) et eut part à la rédaction du symbole qui y fut rédigé. Il contribua en effet avec les évêques ariens à faire déposer Eustathe au concile d’Antioche (330) et sollicita de Constantin, dans les conciles de Césarée et de Tyr (334), l’exil de saint Athanase et le rappel d’Arius.
Un autre « saint », Épiphane, écrivit contre la Gnose antique « La réfutation de la fausse science » qu’on appelle aussi « Adversus hœreses » (Contre les hérésies). En fait, il s’agit d’une inversion car la fausse science était celle d’Épiphane. Il s’excusait de son mauvais style grec sur le dos des Gaulois : « Nous vivons chez les Celtes, et dans notre action auprès d’eux, usons souvent de la langue barbare. » Mais le contact avec ces barbares, qui portaient, gravé dans leur cœur par l’esprit, le message du salut, était salutaire. Pour vaincre les novateurs, il suffisait presque de révéler leurs doctrines. L’emploi de l’ironie, à propos de tous ces enfantements d’éons était facile. En fait, Irénée par ruse cherchait surtout à convertir les gnostiques grecs : « De toute notre âme, nous leur tendons la main, et nous ne nous lasserons pas de le faire. » En face de ses adversaires sophistiqués, sa théologie au cynisme morbide apparaît malveillante, démagogique et détournée : « Le Verbe de Dieu, poussé par l’immense amour qu’il vous portait, s’est fait ce que nous sommes afin de nous faire ce qu’il est lui-même. » Il pensait le contraire!
Saint Epiphane de Salamine, Juif hellénisant, converti, originaire de Palestine, fut évêque de Salamine dans l’île de Chypre durant trente-six ans. Pami ses nombreux écrits, son « Panarion » est largement cité par les historiens de l’Église. Il y pourfend quatre-vingt hérésies, dont certaines sont issues de son imagination. C’est un polémiste plein d’aigreur, jamais de bonne humeur, et avec cela, mauvais rédacteur. Et tout cela ne l’empêcha pas d’être considéré comme un saint. Beaucoup d’entre nous ne doivent donc pas désespérer de le devenir…

Vers 301-304 (selon L’Histoire d’Arménie de Moïse de Khorène) : L’action de Grégoire l’Illuminateur, fils d’un seigneur parthe selon la Chronique d’Agathange (milieu du Ve siècle), aboutit à la conversion au christianisme du royaume arménien. Selon la tradition, le roi Tiridate a été puni et transformé en sanglier pour avoir fait martyriser plusieurs religieuses, puis guéri après avoir accepté la foi chrétienne. Dans ce cas, la conversion officielle de l’Arménie aurait précédé la promulgation, en 313, de l’édit de Milan par lequel Constantin a décidé de tolérer le culte chrétien dans tout l’Empire. Cette conversion éloignait l’Arménie de la Perse sassanide et la rapprochait du monde romain. Tiridate décide la destruction des temples païens et Grégoire reçoit à Césarée de Cappadoce la consécration épiscopale des mains de l’archevêque Léonce. Le premier patriarche arménien dépend ainsi de Césarée. À son retour, il baptise dans les eaux de l’Euphrate le roi et sa suite et entreprend l’évangélisation du pays. Celle-ci s’effectue difficilement et Grégoire doit souvent, dans un premier temps, s’appuyer sur la force armée pour imposer la nouvelle religion. Il fonde des évêchés à Vagharchapat, à Artachat et à Dwin.

306 : Dans la péninsule ibérique, le concile d’Elvire, près de Grenade, réuni 19 évêques et vingt-quatre prêtres, venus des provinces d’Hispanie (Tarragone, Galice, Lusitanie, Carthagène et Bétique) pour tenter de régler les problèmes soulevés par l’expansion du christianisme et de la vitalité croissante du christianisme ibérique à une époque proche de l’édit de Constantin (313).
Les conciles d’Hispanie et de Gaule ont épuisé en vain la liste des mesures de précaution propres à garantir l’observance de la loi de la continence Outre cette thématique à caractère disciplinaire, c’est la lutte contre les cultes polythéistes et contre les juifs qui retient l’attention des évêques rassemblés à Elvire (cf. sur l’idolâtrie, par exemple, le canon 41 et sur les Juifs et leurs rapports avec les chrétiens.
À travers les canons qui concernent le paganisme, on s’aperçoit que le problème de sa propagation n’était pas considéré par la hiérarchie comme un problème pastoral, mais avant tout comme un problème politique, qui, menaçant l’ordre public, touchait directement la res-publica chrétienne. L’action missionnaire était d’ailleurs effectivement marquée par ce combat.
Elvire nous ouvre ainsi le thème de la confrontation des cultures provoquée par l’évangélisation où l’évêque agit en “colonisateur spirituel”. Comme chef de la militia christi, il avait pour rôle fondamental le combat de l’idolâtrie et des forces du mal.

312 : Sous Constantin, l’Église adopte le symbole de la croix emprunté aux païens celtes, grecs, persans, égyptiens, mithraïstes et à Tammouz. L’Église se structure et se hiérarchise: le premier pape (père) est mis en place ce qui est contraire d’ailleurs à la Bible: Matthieu 23-9: « Et n’appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. Ne vous faites pas appeler directeurs; car un seul est votre Directeur, le Christ.

313 : L’Édit de Milan décrété par Constantin Ier, au lendemain de sa victoire du Pont Milvius en 312, proclame la liberté de culte dans tout l’Empire. Cette libéralisation va profiter largement à l’expansion du christianisme.

314 : En août, se tient le premier Concile des Gaules à Arles, incluant la Belgique. Le but du Concile est de définir une stratégie face à l’hostilité des païens des Gaules. Celui-ci marquera un tournant important dans son histoire, car il constitue le premier reniement d’un principe évangélique : « tu ne tueras point » et le premier pas, par son officialisation, vers l’alliance du spirituel avec le pouvoir temporel, militaire et politique.
Désormais, les chrétiens pourront porter les armes et ceux qui se refuseront au service militaire seront excommuniés.

324 : Juste avant 324 E.V., interdiction des rites domestiques et sacrifices païens. Après 330, restriction de dévotion publique pour les non-chrétiens. Il est interdit aux fonctionnaires de sacrifier aux dieux dans les cérémonies officielles, et ils doivent s’abstenir de toute participation publique aux cultes païens.

325 : Aristakés, fils cadet et successeur de Grégoire, représente l’Église d’Arménie au concile de Nicée. Il sera assassiné ensuite par un seigneur demeuré païen. Son aîné, Vertanès, le remplace et échappe de peu au même sort dans l’église édifiée à la place du temple de Vahagn à Achtichat. Le fils de celui-ci, Grigoris, devenu patriarche des Ibères (Géorgiens) et des Albans est martyrisé par un prince arsacide resté fidèle au paganisme.

Vers 330-340 : Le christianisme arménien réussit à s’imposer.

Vers 350 : Le patriarche Nersès réunit à Achtichat un synode qui organise l’Église arménienne, condamne les survivances païennes et impose aux communautés religieuses une discipline inspirée de la règle du Grec saint Basile.

Seconde moitié du Ve siècle : Selon Zosime, un historien byzantin très attaché au paganisme et auteur d’une Histoire de l’Empire romain, en quatre livres (depuis Auguste à la prise de Rome par Alaric en 410) le déclin de Rome est dû à l’abandon des anciens dieux.
Voici ce que Zosime a à dire sur la conversion de Constantin au christianisme :
II, 29, 1-5 Lorsque tout le pouvoir fut aux mains de Constantin seul, il ne cacha désormais plus la méchanceté qui lui était naturelle, mais prit la liberté d’agir dans tous les domaines selon son bon plaisir; il célébrait encore les rites ancestraux, non pas par respect, mais par intérêt; c’est pourquoi il obéissait aussi aux devins, dont il avait éprouvé qu’ils avaient prédit la vérité au sujet de tout ce qui lui avait réussi; lorsqu’il arriva à Rome tout plein de jactance, il crut nécessaire d’inaugurer son impiété dans ses propres lares.
En effet son fils Crispus, qui avait été jugé digne du rang de César, comme je l’ai dit auparavant, et avait été soupçonné d’avoir une liaison avec sa belle-mère Fausta, il le fit mourir sans aucun égard pour les lois naturelles; comme Hélène, la mère de Constantin, s’indignait d’une telle violence et ne pouvait admettre le meurtre du jeune homme, Constantin, comme pour la consoler, porta remède à ce mal par un mal pire; après avoir en effet ordonné de chauffer outre mesure un bain et y avoir placé Fausta, il ne l’en ressortit que morte.
Comme il avait ces crimes sur la conscience, et qu’en outre il n’avait fait aucun cas de ses serments, il alla trouver les prêtres et leur demanda des sacrifices expiatoires pour ses méfaits; ceux-ci lui ayant répondu qu’il n’existait aucune sorte d’expiation assez efficace pour purifier de telles impiétés, un Égyptien, arrivé d’Espagne à Rome et devenu familier des femmes du palais, rencontra Constantin et affirma fortement que la croyance des chrétiens détruisait tout péché et comportait cette promesse que les infidèles qui s’y convertissaient étaient aussitôt lavés de tout crime.
Ayant accueilli très favorablement cet exposé, s’étant détaché des rites ancestraux et ayant admis ce que l’Égyptien lui proposait, Constantin entra dans la voie de l’impiété en concevant de la défiance envers la divination; comme en effet, grâce à elle, beaucoup de succès qui lui avaient été annoncés s’étaient effectivement réalisés, il craignit que l’avenir ne soit une fois révélé à d’autres aussi qui s’enquerraient de quelque point dans un sentiment hostile à son égard et en vint, sur la base de ce préjugé, à faire cesser ces pratiques. Lorsqu’arriva la fête traditionnelle au cours de laquelle il fallait que l’armée monte au Capitole et accomplisse les rites coutumiers, Constantin craignit les soldats et participa à la fête; mais l’Égyptien lui ayant envoyé une apparition blâmant sans réserve cette montée au Capitole, il se tint éloigné de la sainte cérémonie et excita la haine du Sénat et du peuple. ZOSIME (trad. F. PASCHOUD)

355 : Un décret impérial du 1er décembre 355, de Constantin, ordonne la fermeture de tous les temples païens de l’Empire et punit de mort tout manifestant à un culte païen. Saint-Martin de Pannonie, se porte bénévole à la milice volontaire chrétienne pour renforcer le décret impérial romain. Des bandes de voyous citadins désœuvrés, surtout chrétiens, sèment la terreur par leur banditisme en mettant le feu aux temples et en lapidant les païens. La ville de Tours servira de base à ces exactions.

380 : Theodose Ier (379-395) renouvelle l’interdiction des sacrifices païens et répand la terreur « divine ». Gratien (367-383) confisque les revenus des temples et des prêtres païens. En 392, la dévotion païenne sous toute ses formes est strictement interdite.

385 : Théophile est nommé patriarche d’Alexandrie. Avec le consentement tacite de l’empereur Théodose, il entreprend une violente campagne de destruction de tous les temples et sanctuaires non chrétiens en Égypte : à Alexandrie, les temples de Mythriade et Dyonisius puis en 391, la destruction du temple de Sérapis et de sa bibliothèque.

386 : Saint Jean Chrysotome écrit : « Que chacun s’attache à gagner son frère, fallut-il user de violence (…) N’épargner rien pour l’arracher des filets du démon ». Et selon les dires de Saint Augustin : « C’est la charité qui impose de sauver les gens malgré eux, qui impose la chasse à l’hérésie et donc l’intolérance ».

389 : Après avoir détruit Alésia, les bandes chrétiennes détruisent la cité sainte de Bibracte, un des derniers grands retranchements des druides de Gaule,. Bibracte abritait un collège druidique sacré qui offrait à quarante mille étudiants du monde païen des cours de philosophie, de religion, de littérature antique, de grammaire, de droit celtique, de médecine en plus des sciences naturelles, d’astronomie, d’astrologie et de traditions hermétiques ou ésotériques.

391 : défense de se promener autour des temples, de les regarder.

392 : défense de culte aux « idoles », d’honorer le lare par le feu, le genius par le vin, les pénates par des parfums, d’allumer des lumières, de brûler de l’encens, de suspendre des couronnes.

395 : La défense d’approcher un temple est réitérée.

399 : Ordre de détruire tous les autels, y compris ceux qui appartiennent à des particuliers et de détruire toutes les statues qui ont été l’objet d’un culte païen.

401 : Le philosophe païen Augustin, après avoir considéré la religion chrétienne comme une religion d’incultes, s’être tourné vers le manichéisme puis finalement après être nommé évêque de Carthage, Docteur de l’Église, est considéré comme le plus grand penseur de l’Église antique. Pourtant il passera une bonne partie de sa vie à détruire temples et statues antiques. C’est Saint Augustin qui introduit l’idée du « péché originel » et a commencé sérieusement la chasse aux hérétiques.

410 : Fondation d’un centre missionnaire chrétien sur l’île de Lérins au large de Cannes consacré à la conversion de la Gaule et des pays Celtes. L’aristocratie païenne résiste à l’intégrisme en frappant des pièces de monnaie dédiés aux empereurs païens, un signe de dérision à l’hypocrisie de l’empereur chrétien décadent. Renouvelant ainsi, l’habitude très ancienne d’offrir en cadeau, le jour de l’An, de vieilles pièces de monnaie (« contorniates »), notamment en 356 – 359 et en 395 – 410 ; ces pièces représentent des empereurs païens restés populaires, ou Alexandre le Grand, le conquérant victorieux, moquant ainsi le faible empereur chrétien. On en trouve jusqu’à Anthémius (467 – 472), représentant l’empereur régnant, avec des allusions politiques. Malgré la résistance organisée de l’élite païenne, les villes de l’empire sont rapidement gagnées aux Chrétiens, de là le terme péjoratif païen = « paysan » pour désigner les fidèles des fois autochtones.

412 : Cyril devient patriarche d’Alexandrie et exacerbe les rivalités entre juifs et chrétiens. Quelques années plus tard de violentes émeutes serviront de prétexte à la christianisation radicale de l’Égypte.

sanzio01hypatia.jpg       Hypatie d’Alexandrie 220px-Hypatia

415 : Hypathie, la dernière grande mathématicienne de l’école d’Alexandrie, par ailleurs fille de Théon d’Alexandrie, directeur de la bibliothèque, est mise en pièces et tuée par une foule de moines chrétiens inspirés par Cyrille, patriarche d’Alexandrie, que l’Église canonisera. Selon un rapport, la prêtresse païenne Hypatie sera brutalement assassinée par les moines Nitrian, une secte de chrétiens fanatiques, qui soutenaient Cyril. Selon un autre récit (de Socrates), elle fut tuée par la foule d’Alexandrie sous la menée de Pierre le précheur Son assassinat marque un tournant : Après sa mort, de nombreux chercheurs et philosophes quittent Alexandrie pour l’Inde et la Perse, et Alexandrie cesse d’être le grand centre de l’enseignement et de la science du monde antique. Désormais, la science régressera en Occident, et ne retrouvera un niveau comparable à celui de l’Alexandrie antique qu’à l’aube de la révolution industrielle. Les travaux de l’école d’Alexandrie concernant les mathématiques, la physique et l’astronomie seront préservés, en partie, par les Arabes, les Perses, les Indiens et aussi en Chine. L’occident, pour sa part, plonge dans l’obscurantisme et ne commencera à en sortir que plus d’un millénaire plus tard. À l’instar de l’Islam, à chaque période d’essor de la religion chrétienne, correspondra une régression de la condition de vie du peuple et réciproquement. Ces querelles provoquèrent des rumeurs et des litiges parmi les religieux et parmi le peuple byzantins, qui ne voulaient pas laisser ravir à Marie ce titre honorifique. Dans les débuts, la lutte fut anodine. Mais elle s’envenima le jour où Cyrille, patriarche d’Alexandrie, intervint. On sait que ce fougueux tyran, prêtre fanatique et sanguinaire, fut l’instigateur du meurtre d’Hypathie, une jeune femme remarquable par sa beauté et son esprit. Deux attributs qui manquaient à Cyrille.415 :Suite aux efforts de Saint-Cyrile, Alexandrie, dernier bastion païen d’orient tombe suite à la destruction de la grande bibliothèque d’Alexandrie et du meutre d’Hypatie (370 – 415).

418: un édit d’Honorius (395-423), contre-signé par les évêques gallo-romains Rennes et de Nantes, ordonne la démolition de tous les sites païens, sanctuaires et oratoires, ainsi que tous les emblèmes populaires. Valentinien III (425 – 423) réitère l’ordre du décret de la destruction des temples païens.

432 : Débute la christianisation de l’Irlande du nord par Saint-Patrice et ses sbires déguisés en druides. Création d’écoles pseudo-druidiques qui sont en fait des centres de conversion chrétienne. Le 1er Mai, lors de la fête dédiée au dieu Bel, déguisés en druides, Patrice et ses disciples se rendent à Tara, haut lieu druidique et siège d’Irlande, afin de déjouer les druides et de leur ravir la primauté sacrée. Tôt la veille, juste avant le levé du soleil, il allume un feu « de Pâques » dédié au Christ rendant ainsi caduques les feux sacrés dédiés au temples, à la cour et aux autels du foyer. C’est donc par la tricherie et la ruse que le « saint homme » fera tomber les druides érigés dans leurs codes d’honneur, de rectitude et de vérité. Des tours comme celui-là, Patrice en fera beaucoup, au point où selon ses propres aveux (Confessions), troublé par sa conscience, il aura du mal à dormir et priera son « Sol Invictus ». Il se consolera en concluant que tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins; et pour juger un arbre à ses fruits, Patrice usera de la naïveté des idolâtres et des superstitieux afin d’amener plus d’âmes au Seigneur. D’après sa biographie (Vie chrétienne de Saint-Patrice), l’anachorète aurait « brûlé au moins quatre-vingts livres druidiques. Détail intéressant, car, contrairement à ce qu’affirme César, les druides avaient des livres écrits. Il s’agit d’un de ces rares témoignages prouvant que les druides de la basse Antiquité finirent par lever l’interdit sur la transcription des textes sacrés.

435 : Ordre de démolir tous les temples ou édifices païens qui seraient encore debout. Si quelqu’un ose se jouer de cette loi, il sera puni de mort !451 : Attila, roi païen des Huns (le fléau de Dieu) entre en Gaule en semant la terreur chez les chrétiens.

 

452: Le Concile d’Arles (canon 23) déclare coupable de sacrilège tout évêque tolérant en son diocèse les feux sacrés, l’allumage des flambeaux, la vénération près des pierres, des fontaines et la dévotion aux divinités de la nature.

461 : Mort de Saint-Patrice et achèvement de la conversion d’Irlande à l’exception des îles isolées et des régions montagnardes.

Fin VIe : Théodose Ier proscrit le paganisme et les autres les hérésies. Son succeseur, Théodose II, promulgua le code « théodosien » qui a expressément banni trente six hérésies et jeté l’anathème sur le paganisme, les temples païens et les astrologues.

506 : Au concile d’Agde et au Concile d’Orléans en 511 on criminalise la consultation et la pratique des pythonisses. Ce sont en fait les premières chasses aux sorcières.

515 : Vers 515 – 520, Saint-Césaire (470 – 543), évêque d’Arles, fulmine dans un sermon (NO 129), contre les coutumes du jour de l’an (« … les uns ne revêtent que la peau d’un animal, d’autres en prennent la tête, d’autres se déguisent en femmes… ») et contre les pratiques de la fête des Morts du 22 février (« … ils portent des mets et du vin sur les tombeaux des défunts… »).

516 : Entre 516 et 537, Saint-Vigor, évêque de Bayeux, demande la protection du bras séculier pour faire interdire le culte païen qui était célébré par le seigneur du lieu sur le Mont-Phaunus (= Saint-Vigor-le-Grand, Calvados), brise les idoles et s’empare du territoire.

520 : Vers 520 – 525, aux environs de Cologne, subsistait un temple ayant conservé les statues de ses dieux auxquels les habitants continuaient à offrir des libations ; Saint-Gall (486 – 551) l’incendia.

524 : Le Concile d’Arles condamne les rites observés lors des éclipses de lune, lors des fêtes de Jupiter et au jour de l’An.

529 : Fermeture de l’académie de Platon. Le savoir antique, violemment critiqué par les Pères de l’Église tel Saint Augustin, disparaît des esprits. Un voile tombe sur les sciences antiques. C’est que l’empereur Justinien, au nom de Jésus Christ, décide de fermer les portes de la fameuse académie de Platon à Athènes et de forcer les philosophes à fuir en exil (vers la Perse puis l’Inde) et d’imposer le baptême ou la mort à ceux qui ne pouvaient pas s’échapper. À ces derniers on offrira la « sainteté » postume.

533 : Le deuxième Concile d’Orléans stigmatise ceux qui régressent en retournant au culte des idoles et mangent de la chair sacrifiée aux dieux.

532 : L’empereur Justinien fait fermer l’école de philosophie d’Athènes, considérée comme le dernier bastion du paganisme. Désormais, l’obscurantisme et l’ignorance règnent en maîtres dans tout le bassin méditerranéen.

541: Au quatrième concile d’Orléans, ancienne capitale sacrée des Druides, on réitère l’interdiction formelle sous peine de mort à tout culte païen de même que les serments faits aux dieux. Saint-Paterne (mort en 560) est réputé avoir dit d’avoir dit empêcher une cérémonie druidique à Chaussey où il avait renversé les contenus des derniers chaudrons sacrés connus.

Vers 550 : Les druides de Grande-Bretagne continuent dans la clandestinité sous le nom de gwyddoniaid, « les savants ». À la cour du roi Maelgwn de Gwynedd (Pays de Galles) il se tient des concours de bardes et on mentionne des druides. Ce sont ces bardes de cours royales qui transmettront la « matière bretonne » qui servira à la rédaction du cycle arthurien ou de la Table Ronde.

554 : Le roi Childebert 1er (511-558) renouvelle l’ordre de détruire les idoles et les mégalithes païens.

563 : Saint-Colomban quitte l’abbaye de Durrow pour fonder une abbaye à Iona, un des retranchements des druides.

567 : le deuxième concile de Tours ordonne de chasser de l’Église ceux qui honorent certaines pierres, arbres et fontaines en des lieux sauvages et cachés au fond des bois. Il interdit les fêtes du jour de l’an (auxquelles il substitue un jeûne solennel et la fête de la Circoncision), demande aux prêtres de ne point manquer de corriger par censure ecclésiastique (excommunication) ceux qui, retenant encore des restes de paganisme, offriront des viandes aux morts, ou mangeront la chair de ces animaux offerts en sacrifice ou encore feront des cérémonies inconnues de l’église auprès des lieux païens.

573 : Devant la résistance des cultes païens, Grégoire le Grand, Pape et Préfet de Rome, recommande au clergé : « Retrancher tout à la fois dans ces esprits incultes est une entreprise impossible. Gardez-vous de détruire les temples : détruisez seulement les idoles, remplacez-les par des reliques ».

574 : Saint-Colomban intervient en faveur des filidhs (poètes païens) à l’assemblée de Druim Ceta pour leur maintenir partiellement sous le couvert du christianisme quelques uns de leurs privilèges traditionnels.

578 : au Concile d’Auxerre est réitérée l’interdiction aux paysans de se déguiser en peaux de vaches et de cerfs à l’occasion des festivités du jour de l’an et d’allumer des cierges devant les fontaines, les arbres et les pierres érigées, de consulter les devins, de se livrer à la divination avec du bois ou du pain.

580 : Vers 575 -580, dans le pagus Cabalitanus (l’actuel Gévaudan), entre Margeride et Aubrac, se réunissait annuellement, aux bords d’un lac, une foule de paysans qui durant trois jours faisaient des libations et offraient aux divinités de ce lac des sacrifices en y jetant, pans d’étoffes, toisons de laine, fromages, gâteaux de cire et pains. Tout au long de ces journées se déroulaient fêtes et orgies que venaient interrompre les orages. Grégoire de Tours, affirme qu’après remontrances, un Saint prêtre mit fin à cette superstition. Étrangement, on notera en 1872 ! aux abords du lac Saint André, la pratique annuelle de rites et d’offrandes strictement identiques à celles décrites par Grégoire de Tours, avec toutefois pour les offrandes l’adjonction de pièces de monnaie.

581 : Le synode d’Auxerre interdit aux laïcs de danser dans les églises, d’y faire chanter des jeunes filles et d’y donner des festins.

585 : au Concile de Mâcon on condamne aux coups de verge tous ceux qui persistent à chômer le jeudi, jour consacré au Jupiter gallo-romain. À saint-Éloi, 588 – 660, évêque de Noyon près de Limoges, fut adressé ce message par un païen anonyme : « Romain que tu es, bien que tu nous rabâches toujours les mêmes choses, jamais tu ne pourras abolir nos coutumes. Nous célébrons nos cérémonies, comme nous l’avons fait jusqu’ici et il n’y a personne au monde qui puisse nous interdire nos divertissements antiques, qui nous sont si chers. »

590 : Grégoire I, dit Le Grand devient pape. Il invente la croisade. Outre la grammaire, il décourage ou interdit l’enseignement de la culture gréco-romaine en général, y compris les langues, la science, la philosophie et la mythologie.
Grégoire le Grand ordonne la destruction de tous les livres traitant de sujets autres que la doctrine chrétienne. Ainsi furent brûlés à Rome, entre 590 et 604, toutes les archives impériales. Maintenir le peuple dans l’ignorance permet de protéger et perpétuer les mensonges de l’Église.

590 : Saint-Gall fonde une série de monastères dans la Gaule païenne, dont Luxeuil (en Burgondie). Il suscita de nombreuses conversions dans les familles des grands propriétaires, dont les trois fils d’Autharius, Dadon, Adon, Radon, qui fondèrent l’abaye de saint-Ouen.

597 : Le pape Grégoire le Grand (590 – 604) prescrit à la reine Brunehaut d’interdire à ses sujets d’immoler des animaux, d’adorer les arbres et d’exposer les têtes des animaux sacrifiés ; mais vis-à-vis de l’empereur, l’attitude du pape est différente, voire même très humble : les flatteries que Grégoire le Grand prodigue à la bête brute que fut l’empereur byzantin Phocas (602 – 610), centurion usurpateur, passent la mesure.

600 : 33 ans après le deuxième concile de Tours (cf. 567), l’évêque de cette même ville constate, le 7ème jour de juillet 600, « qu’il y avait encore dans son diocèse et les diocèses voisins, un grand nombre de païens attachés au culte impie des fausses divinités, entre autres dans le pays qui est au midi de la Loire … Et ce qu’il trouva le plus difficile fut de faire observer le 22ème canon (interdiction d’offrir des viandes aux morts), surtout en de certains villages où les païens avaient embrassé le christianisme, retenant néanmoins beaucoup de superstitions du paganisme.

611 : Saint-Valery (562 – 622), évêque de Rouen fait abattre un arbre énorme que les paysans de la vallée de la Bresle adoraient.

À partir de 622: banditisme organisé par Mahomet depuis Médine (Arabie Saoudite), bataille de Badr où Muhammad et sa clique tuent 70 hommes et ramènent un imposant butin, multiples assassinats politiques contre les adversaires du pseudo prophète, nombreuses attaques et massacres de juifs de la région, puisque selon la loi coranique, l’Oumma a été élue par Allah entre les nations et a le devoir de prendre possession de son héritage, le monde entier, pour que la prétendue parole d’Allah règne universellement: le jihad consiste à rendre aux musulmans ce que les infidèles contrôlent illégalement, selon la loi divine.
Le Coran prescrit tout simplement le meurtre des « idolâtres », car « le meurtre est moins grave que l’association ».

626 : Le Concile de Clichy, en 626, renouvelle les interdictions du deuxième concile d’Orléans, de 533.

634 – 651 : Les Arabes après l’invasion de l’Iran et la défaite des Sassanides vers la fin du VIIe siècle, ont ordonné partout où ils pouvaient trouver un traité ou un écrit, de le détruire par le feu ou par l’eau. Ils ont aussi empêché les Perses de parler leur langue, le farsi, afin de les éloigner de leur racines culturelles et religieuses pour qu’ils leurs soient asservis à jamais comme les peuples de l’Égypte et de la Syrie. De même, pour assurer leur domination absolue, ils imposèrent l’islam et massacrèrent en nombres les Zoroastriens.
Toutefois, l’islamisation de la Perse fut lente et jamais tout à fait complète : des Mazdéens subsistèrent un peu partout en Médie, près de Téhéran, dans le nord et dans les montagne des Guèbres.
Cette œuvre d’oppression se poursuivit longtemps à travers les sectes de musulmans intégristes, jusqu’à l’époque de l’empereur (le Shah) Réza Pahlavi, qui mit fin à l’oppression contre les Zoroastriens et les adeptes des minorités religieuses en Iran. La majorité des iraniens, de gré ou de force, se convertirent donc graduellement à l’islam, mais il subsiste encore aujourd’hui une communauté. zoroastrienne en Iran (environ 40 000 fidèles) et qui se considère comme la gardienne de la tradition trois fois millénaire de Zarathoustra. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’environ 200 000 zoroastriens dans le monde, essentiellement en Inde (les Pârsî), en Iran et dans les diasporas en Amérique du Nord et en Grande-Bretagne. Le zoroastrisme reste, cependant, un des rameaux importants de la grande religion indo-européenne.

636 : Saint-Amand (584 – 679), évêque de Worms, constate que, dans son diocèse, les temples païens sont toujours fréquents, et obtient du roi Dagobert Ier (626 – 639) une ordonnance rendant le baptême des enfants obligatoire.

640 : Saint Omer, évêque de Thérouanne mort en 670, trouve des temples païens intacts lors de son arrivée dans le diocèse.

641 : Un sermon de saint-Eloi (588 – 669), évêque de Noyon et Tournai en 641, est fort intéressant, car il récapitule, en les stigmatisant, les pratiques païennes en usage de son temps (milieu du VIIe siècle) ; nous le résumerons brièvement car il est fait allusion à certains rites connus des traditions britannique et gaélique : interdiction d’observer les augures et les éternuements, d’écouter le chant des oiseaux, de célébrer le jour de l’An, de prolonger les festins pendant la nuit et d’y boire avec excès ; interdiction de faire passer les troupeaux par un arbre creux ou un fossé creusé dans la terre (1er Mai), de chômer, d’y danser et d’y chanter ; interdiction d’appeler « Seigneur » c’est-à-dire dieux, le Soleil et la Lune et de jurer par ces luminaires ; d’allumer des flambeaux dans les carrefours et d’y faire des vœux, de visiter les pierres, les sources et les arbres consacrés aux dieux ; interdiction de suspendre des amulettes au cou des hommes et des animaux, de l’ambre au cou des femmes ; interdiction aux femmes d’invoquer Minerve (la Belisama des Gaulois) avant de travailler la toile ; interdiction de pousser des clameurs lorsque la lune s’obscurcit, et d’éviter d’entreprendre un travail à la nouvelle lune, ainsi que de se livrer aux danses tournantes et sautantes, à des caroles ou à des chants diaboliques.

650 : Le Concile de Chalon en 650 réitère l’interdiction des chœurs de femmes dans l’église.

658 : Le deuxième Concile de Nantes ordonne de creuser des fosses profondes afin d’y enfouir les pierres païennes de sorte que leurs adorateurs ne puissent les retrouver.

698 : Le Concile de Rouen en 698 dénonce ceux qui font des vœux devant les pierres en leur offrant des cierges.

700 : Irlande : un pénitentiel du VIIIe siècle sanctionne de pénitences sévères le « péché de druidisme », druidechta dans le texte.

704 : d’après Adamnan, abbé d’Iona, il y avait encore des druides dans l’île quand il y arriva.

711 : TARIQ, un roi arabe musulman débarque par le détroit de Gibraltar et arrive à la tête de 9000 hommes.
Le traitement que les musulmans réservaient, en terre conquise, aux païens était encore pire que celui des chrétiens, c’était soit la mort ou l’esclavage.
En Espagne, l’armée musulmane aurait razzié 30.000 vierges rien que parmi la noblesse wisigothique. Cette main-d’œuvre gratuite fit l’objet d’un commerce dans tout l’empire. Et le commerce des esclaves, devenu très vite une activité des plus lucratives, fut élevé au rang d’une institution dans tous les pays musulmans.

712 : conquête de Sind en Inde par Muhammad B. Qasim, massacres au port de Debal (embouchure de l’Indus) pendant trois jours, entre 6000 et 16000 personnes tuées à Brahminabad.

742 : Un capitulaire de Carloman en 742 renouvelle l’interdiction des pratiques païennes, et Charlemagne, à son tour, vultupérera contre les « insensés » qui allument des flambeaux et pratiquent toutes sortes de superstitions auprès des arbres et des fontaines, dans un capitulaire promulgué le 23 mars 789.

769 : un autre capitulaire daté d’Aix-la-Chapelle, ordonne : « Que celui qui, suffisamment averti, ne fera disparaître de son champ les simulacres qui y sont dressées, soit traité comme sacrilège et déclaré anathème ».
Et pourtant, les archéologues retrouveront des liards de Louis XIII près des mégalithes et les folkloristes du XIXe et du début du XXe siècle observeront des coutumes attestées, et condamnées, douze siècles plus tôt.

792 : La dîme, qui était à l’origine une participation facultative des fidèles aux frais du culte, devient obligatoire par les capitulaires de 779 et de 792. L’église romaine, associée au pouvoir politique depuis 314, dans l’empire romain, va ainsi devenir une puissance économique considérable.

787 : L’imagerie traditionnelle des maçons architectes jugée trop païenne est soumise au pouvoir des évêques lors du second concile de Nicée.

804 : L’empereur chrétien Charlemagne convertit nombre de Saxons, en leur proposant le choix suivant : Se convertir au catholicisme ou avoir la tête coupée. Plusieurs dizaines de milliers de têtes tombent, avec la bénédiction de l’Église.

860 : Les annales d’Irlande mentionnent l’existence du druide Hona de Luimnech. La population de Munster lui reprochait ses prêches et ses dévotions en faveur des dieux païens. Hona et son compagnon, Tomrir Torra, seront lapidés sur les remparts de Port Làirge et massacrés à coups de pierres.

Vers 865 : rédaction du martyrologe d’Usuard, qui recueille le nom des saints, notamment des évêques de la Gaule qui ont combattu le paganisme.

Conversion de la Bulgarie à partir de 864 : Désirant pour des raisons diverses se convertir au Christianisme, Boris s’enquiert dans ce but auprès de Louis le Germanique en 863. Toutefois la Bulgarie est envahie la même année par l’Empire Byzantin pendant une période de famine et de catastrophes naturelles. Pris par surprise, Boris est forcé de parlementer et accepte de se convertir au christianisme selon le rite oriental, obtenant en contrepartie la paix et des concessions territoriales en Thrace. Au début de l’année 864 Boris est baptisé par une délégation de prêtres byzantins en secret à Pliska avec sa famille et quelques nobles bulgares. Boris prend Michel comme nom de baptême en l’honneur de son parrain l’empereur Michel III. Sa conversion provoque le soulèvement de ses sujets, dont plusieurs notables. En 865, avec l’exécution de 52 boyards et de leurs familles, la révolte est réprimée dans le sang. En 886, Saint Cyrille et Saint Méthode sont expulsés de Grande-Moravie et se réfugient auprès de Boris à Pliska. Leurs disciples sont alors accueillis à Belgrade par le gouverneur de Boris. En 889, abdication de Boris fait moine. En 893, son fils Vladimir lui succède et tente de restaurer le culte païen. Boris limoge Vladimir, lui crève les yeux, et reprend le pouvoir. Il intronise son troisième fils, Siméon Ier, en le menaçant du même sort si trouvé coupable d’apostasie. Boris retrouve son monastère, duquel il n’est ressorti que pour guerroyer les Magyars. Il y meurt cloitré en 907.

Xe siècle : Sous le règne du roi suprême d’Irlande Domnall hUa Néil (mort en 978), il y avait dans l’Ile des druides qui s’adonnaient toujours aux pratiques païennes de divination.

Vers 930 : Le roi gallois Howel le Bon (916 – 950), qui avait des bardes à sa cour, définit les privilèges des bardes dont le chef était nommé pencerdd, « chef barde ».

988 – 989 : Le christianisme s’introduit à Kiev en Russie sous le règne du prince varègue Igor (924 – 945) avec une église consacrée à saint Élie. En 955, la femme d’Igor (Ingvar en scandinave) se convertie. Sous Vladimir, malgré la pression de l’Islam et la présence insistante du Judaïsme, les bonnes relations entretenues avec l’empire byzantin (Vladimir a épousé Anna dite Porphyrogénète, sœur des empereurs byzantins) vont le faire fléchir en faveur de Constantinople. Le fait que de nombreux autres peuples d’Europe Centrale (comme la Hongrie et la Bulgarie) se soient convertis à la même époque au christianisme, est à l’origine du choix de Vladimir et de sa conversion au christianisme par l’intermédiaire de Byzance (et non de Rome, ce qui va avoir une importance non négligeable à partir du schisme de 1054 qui sépare catholiques latins et orthodoxes orientaux). Un beau jour, Vladimir ordonne à tous les habitants de Kiev de se réunir sur les berges du Dniepr afin de recevoir le baptême par des prêtres orthodoxes byzantins. Par contre, cette conversion qui s’est faite sans révolte apparente n’a pas complètement éradiqué l’ancienne religion. Le paganisme slave est resté très vivant (dans la région de Novgorod notamment) et le folklore russe en est toujours marqué.

1000 : Mille ans après la prétendue naissance du légendaire Messie Yoshua, dit le Christos en Grec, et suite à l’attente de l’Antéchrist annoncé par Jean dans ses Révélations, le monde chrétien européen, vieux de cinq siècles tout au plus, sombre dans l’immoralité et l’anarchie volontaire. Le passage à l’an mil laisse l’église dans sa peur des résurgences de toutes sortes et des pratiques ancestrales. Face à la généralisation de la débauche du clergé et de la recrudescence des pratiques païennes, Urbain II initie la réforme ecclésiastique qui se soldera par un durcissement de l’église et d’une chasse aux sorcières contre païens et juifs.

1081 : Réorganisation semi-officielle du bardisme gallois.

1097 : Les annales d’Irlande mentionnent le meurtre du chef druide poète Ua Carthaigh de Connaught par les gens de Connaught (qui reçurent sans doute la bénédiction de l’Église). C’est donc dire qu’à cette date il y avait non seulement des druides en Irlande mais qu’ils étaient toujours pourchassés sur la place publique.

1136 : Geoffroy de Monmouth, Histoire de Bretagne, compile tout ce qu’il trouve en relation aux cycles arthuriens.

1140 : En réponse à la menace de la popularité grandissante des cycles arthuriens jugés comme une invitation à la régression païenne ; premières contestations hérétiques au sein de l’église.

1142 : L’art traditionnel celtique irlandais jugé trop païen est interdit par les cisterciens de Mellifont.

1148 : Sous le duc de Bretane Konan III la répression s’organise autour de l’abbé du prieuré de Moinet de la forêt de Brocéliande accusé au Concile d’Épernay de régression païenne et pratique de la sorcellerie. Éon de Loudéac, dit de l’Étoile, est jeté en prison et ses compagnons sont pendus et brûlés. Aucun de ceux-ci renièrent leur foi païenne.

1154 : Nicolas Breakspear, Adrien IV (1154 – 1159), le seul pape anglais, encouragea par la bulle Laudbiliter, le roi d’Angleterre Henry II Platagenêt à conquerir l’Irlande « en vue d’étendre les bornes de l’Église » preuve que l’Irlande était encore perçue comme mal christianisée.

1165 : Le moine français Fulco est nommé évêque missionnaire d’Estonie par l’archevêque de Lund.

1176 : À la Noël sous le règne du prince Rhys, est tenue au Château de Cardigan la première assemblée officielle des bardes gallois, la seule fonction du système druidique ayant survécu au Pays de Galles.

1183 : Au Concile de Vérone, sous le Pape Eugène III, les « étoilistes » restants sont pourchassés et condamnés au bûcher.

1195 : Le pape Célestin III appelle à la croisade contre les païens des rives de la Baltique.

1199 : Par la bulle pontificale Vergentis in senium, Innocent III assimile l’hérésie au crime lèse-majesté.

XIIIe siècle : Saint François d’Assises popularise la crèche de Noël héritée des rites du dieu des céréales Tammuz (Adonis, dont la naissance était célébrée à Bethléem) et qui, comme Hermès, Dionysos, Mithra ou Zeus, naissaient dans une grotte symbole de la Terre-mère, de la matrice universelle

1202 : Fondation de l’ordre des chevaliers Porte-Glaive (Fratres militiae Christi), qui s’installent à Riga : véritable début de la conquête et de la christianisation des rives orientales de la Baltique.

1208 : Rome appelle à la croisade contre les Albigeois après l’assassinat du légat pontifical Pierre de Castelnau près d’Arles.

Vers 1200 : persécutions mahométanes envers les bouddhistes.

1210 : De nombreux manuscrits celtiques du Ier millénaire passent progressivement de l’école de Chartres vers Oxford lors du concile de Paris en 1210. L’Université d’Oxford devint le lieu privilégié d’un enseignement libéral de type platonicien ayant fui devant la pression de l’Inquisition romaine et continentale. Une impressionnante collection fut ainsi préservée du feu et des saccages.

1231 : Création de l’inquisition pontificale par le pape Grégoire IX. Elle se présente comme un tribunal d’exception, permanent, directement subordonné à Rome et qui intervient dans toutes les affaires intéressant la défense de la foi.

1233 : Le pape confie l’Inquisition aux ordres mendiants nouvellement reconnus par l’Église. Les inquisiteurs seront le plus souvent recrutés parmi les dominicains (Languedoc), plus rarement parmi les franciscains (Italie ou Provence).

1236 : Défaite des Porte-Glaive face aux Lituaniens à Saule (Šiauliai). L’année suivante, l’ordre est placé sous l’autorité de l’ordre des chevaliers teutoniques, apparus en Palestine en 1190, actifs en Prusse orientale depuis 1230. La branche baltique de l’ordre est connue également sous le nom d’ordre de Livonie.

1245 : À Oxford, on signale l’existence d’un Druid Coven, « bosquet druidique » appelé Mount Haemus qui continuera d’exister dans la clandestinité jusqu’à sa restauration au XVIIe siècle par l’antiquaire franc-maçon John Aubrey.

1251 : Le pape Innocent IV autorise enfin l’inquisition à pratiquer la torture. L’obtention d’aveux de culpabilité en est grandement facilitée. L’inquisition peut prononcer, sur la base d’aveux arrachés par la torture, des peines allant d’une simple prière ou un jeûne jusqu’à la confiscation des biens et même la prison à vie. Par contre, elle ne peut prononcer de condamnation à mort. Avec une hypocrisie caractéristique de l’Église catholique, l’inquisition peut par contre « passer » un hérétique au bras séculier de la justice pour une condamnation à mort sur la base des aveux obtenus sous la torture par l’inquisition.
Cette subtilité de procédure permettra à l’Église d’affirmer par la suite qu’elle n’a tué personne

1295 : Sous la coupe de l’Inquisition, assassinat sous Edouard Ier d’Angleterre (1239 – 1307) des bardes gallois Cadwallon, Mordred et Urien. Il interdit toute assemblée bardique, assimilant la renaissance culturelle bardique à la résistance galloise anti-anglaise. Il s’empare aussi de la fameuse « Pierre de Scone », la pierre des couronnement s des rois d’Écosse instituée par les druides qui deviendra dès lors la pierre de couronnement des rois d’Angleterre. Le bardisme gallois entre à nouveau dans la clandestinité. Certains bardes s’enfuient en Bretagne armoricaine. C’est au XIIe siècle que furent rédigés les récits mythologiques bretons appelés Mabinigion.

1312 : Le décret Multorum Querela du Concile de Vienne fixe les modalités de la collaboration entre les inquisiteurs pontificaux et les tribunaux épiscopaux. Il existe désormais des inquisiteurs diocésains, relevant de l’évêque.

1316 -1334 : Le pontificat de Jean XXII étend la notion d’hérésie à toutes les formes de dissidence et de déviance. Les Inquisiteurs sont désormais chargés de poursuivre les devins et les jeteurs de sort, mais aussi les adversaires temporels du Saint-Siège (les Visconti à Milan ou l’empereur Louis de Bavière).

1328 : Derniers bûchers d’hérétiques à Carcassone.

1344 : Narguant l’autorité romaine, sous Edouard III (1312 – 1377) un archidruide du nom de Trahairan Mor est élu lors de la convocation d’une « table ronde » et institua l’Ordre de la Jarretière. Ordre qui prétend encore maintenir des liens avec le paganisme Antique.

1375 : À Avignon, l’inquisiteur catalan Nicolas Eymerich rédige son Manuel des Inquisiteurs.

Vers 1400 : Sion Cent tente de restaurer le druidisme païen en organisant des conventicules secrets, les cyvail.

1440 : Débute la chasse aux sorcières en Dauphiné et dans les pays de l’arc alpin. C’est principalement à l’occasion des poursuites contre les magiciens, les sorciers, que les juges du prince, un peu partout en Europe, adoptèrent les techniques inquisitoriales à la fin du Moyen Âge et à l’époque moderne (XVe – XVIIIe siècle). Les relations avec le diable concernent les tribunaux de l’Église ; le sorcier est aussi homicide, avec l’aide du diable il assassine les hommes et offense autant la majesté des hommes pieux que celle de Dieu : les juges laïques peuvent donc poursuivre le sorcier. La grande chasse aux sorcières qui fit avouer le « sabbat » à des milliers d’accusés n’aurait pas pu avoir lieu sans l’institution de l’Inquisition.

1441 : Au concile de Florence, il est décrété que les païens, les juifs, les hérétiques et les schismatiques n’auront aucune part è la « vie éternelle » et que tous, à moins de se tourner, avant de mourir, vers la véritable religion, iront droit en enfer.

1450 : Réapparition des concours bardiques gallois (eisteddfod, pluriel : eisteddfodau) à Carmathen.

1484 : Dans une bulle du Pape Innocent VIII, la sorcellerie est déclarée hérésie; qu’un sorcier ou sorcière sert le Diable et répudie le Christ.

1485 : Sir Thomas Malory fait prisonnier à vie rédigera, en vingt ans, ses vingt et un livres du fameux « La Morte d’Arthur » qui paraîtront en 3 ou 4 publications; un récit mythologique, œuvre magistrale qui couronne une tradition de résistance païenne déjà vieille de mille ans!

1486 : Sprenger, Malleus maleficarum (« Le marteau des sorcières ») étend à la sorcellerie la définition de l’Hérésie.

1521 : Inspiré par l’Esprit Saint, un moine allemand, Martin Luther traduit le « Nouveau Testament » en quelques semaines. C’est le début du plus grand schisme de la chrétienté : Dans les siècles qui suivront, les chrétiens se massacreront enfin entre eux.

1535 : Le néo-celtisme anglais est avant tout politique et trouve sa première expression autorisée sous le règne d’Henry VIII dès qu’il se sépara de la tutelle romaine en 1535. Ce dernier, afin de réduire les prétentions historiques de Rome qui laissaient croire que tous les peuples du monde étaient issus d’une diaspora des douze tribus d’Israël – et que, par voie de conséquence, tous les commandements bibliques, dont les fiscaux, s’appliquaient au monde entier – mit en place, à Oxford, un collège de scientifiques qui prirent le nom d’Antiquarians. Comme en même temps, Henry VIII avait forcé à l’exil tous les ordres monastiques catholiques de son royaume, il avait aussi déplacé les archives desdits monastères vers sa bibliothèque royale et vers celle d’Oxford à des fins de préservation. Nombreux étaient les documents relatifs à l’histoire réelle du pays; nombreux étaient aussi ceux relatifs aux anciennes culdées irlandaises ou colombanites. Un gigantesque travail de compilation était à faire. Ce fut la première mission des Antiquarians. Henry VIII voulait prouver au monde et au Vatican que son acte de sécession n’était pas une rupture avec la « Tradition de ses pères », bien au contraire. Cette volonté de recherches des racines celtiques ou saxonnes n’avait qu’un but politique, émancipateur et progressiste, en un mot, très « pré-Moderne ». Ce mouvement réactiva les hérésies, mais aussi la théorie du paganisme.

1557 : En France, le roi règle seul et officiellement les crimes d’Hérésie.

1560 : Le grand barde gallois Lewellyn Sion de Llangewydd, qui préside à la chaire bardique du Clamorgan, consigne par écrit tout ce qu’il a pu collecter dans la tradition orale et dans les anciens manuscrits.

1566 – 1572 : Pontificat de Pie V ; dernière période active de l’Inquisition catholique romaine.

Cromwell (1599 – 1658) : fera rechercher, saisir et détruire systématiquement tous les documents et manuscrits soupçonnés de consigner d’antiques enseignements druidiques.

1600 : Giordano Bruno, condamné pour hérésie, est brûlé vif à Rome. Il avait osé prétendre que le Soleil pouvait être une étoile comme les autres, définir l’univers comme étant « infini » et émis l’hypothèse de l’existence de formes de vie hors de la terre. Au bout de huit ans de procès, au cours duquel des aveux lui sont arrachés par la torture, il est condamné à mort comme « hérétique obstiné et impénitent ». L’hypothèse de Giordano Bruno annonce le début de la déconfiture de la théorie ethnocentrique (et orgueilleuse) de l’Église : L’homme et la Terre sont au centre de l’Univers. La science, au fil des siècles révélera que la Terre tourne autour du Soleil qui est une étoile ordinaire qui fait partie d’une galaxie assez banale : La Voie Lactée.

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1600 : Le collège d’Antiquarians, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne va pas « poétiser » et deviendra au bout d’un siècle d’exercice un véritable fer de lance progressiste considéré comme gênant à partir de l’instauration des Stuarts en 1600. Deux hommes sont à citer: Sir Cotton et John Selden. Sir Cotton fonde la Cotton’s Library et son salon rassemble tous les Antiquarians de son temps, mais aussi tous les opposants aux Stuarts. Son but déclaré est une franche opposition politique aux Stuarts qui avaient, à ses yeux, une fâcheuse tendance à se rapprocher de la catholicité continentale; il voyait dans l’Antiquarism la matière idéale pour créer un frein politique sur des bases scientifiques.

1615 : Le juriste John Selden, élève et ami de Sir Cotton, porta en 1615 le problème des taxes fiscales de droit divin, toujours en vigueur, devant la Chambre. La nouvelle archéologie avait démontré scientifiquement que les premières taxes anglaises avaient été mises en place par les Saxons au VIe siècle, et non par une tribu d’Israël ayant divagué jusque-là. Toutes les taxes bibliques devaient donc être remises en question. C’est à ce moment-là que les Stuarts interdirent les Antiquarians car ils se mirent à craindre pour leur propre droit divin légitimant leur couronne.

Elias Ashmole (1617 – 1692) : humaniste, membre de la Royal Society, initié franc-maçon (16 octobre 1646), auteur du Theatrum chemicum Britannicum (1652) est donné par les archives du Druid Order de Londres comme étant celui qui aurais transmis aux premiers francs-maçons spéculatifs les initiations correspondant aux trois fonctions traditionnelles du druidisme, celle de vate, de barde et de druide, lesquelles auraient par la suite été regroupées en un seul grade sous le couvert du « Royal Arch », terme franc-maçonnique d’inspiration biblique masquant le fond druidique païen.

1640 : La révolution de Cromwell de 1640 n’arrangea pas les affaires des Antiquarians qui s’occultèrent pendant vingt ans dans les universités d’Oxford, tout en s’agrégeant au fameux Invisible College – lui aussi situé à Oxford – qui comptait parmi ses locataires tous les ressortissants de l’Utopie rose-croix d’Andréae. Il s’agissait de Robert Fludd – qu’il faut situer comme le père de l’Invisible College -, d’Elias Ashmole, de John Wilkins, de Robert Plot, de Thomas Vaughan, de John Locke, de Samuel Hartlieb, et plus tard, de personnages comme Isaac Newton ou sir Christopher Wren

1650 : C’est encore à Oxford, sous l’impulsion de l’Antiquarian John Aubrey, que nous pouvons en situer le germe dans le très mystérieux « bosquet » de Mount Haemus. Tout semble tourner autour de ce sympathique archéologue qui, à la fin de sa vie, avouait volontiers que ses travaux avaient quelque part fait de lui un druide moderne. Il avait l’estime de tous les membres de la Royal Society et participait à leurs travaux très humblement. Ses amis étaient Ashmole, Plot, Wilkins, Llwydd, les frères Gale, Desmaiseaux.

1660 : À la restauration des Stuarts en 1660, l’Invisible College, ayant fait allégeance au roi, se vit confier la mission de fonder la très fameuse Royal Society. Les Antiquarians, politiquement plus bridés, firent néanmoins de gigantesques avancées scientifiques, principalement sur la base des travaux de John Aubrey qui élucida le « mystère » de Stonehenge jusque-là attribué aux Romains.

1685 : Révocation de l’édit de Nantes en 1685 sous la pression politique des protestants de deuxième génération réfugiés à l’étranger. Pierre Desmaiseaux, Jean Théophile Désaguliers, Pierre Bayle, l’éditeur Prévost furent de ceux-là. L’exil de Saint-Évremond à Londres fut politique, mais son influence sur les mouvements libertins fut considérable. Il fut honoré d’une sépulture dans l’abbaye de Westminster

1690 : Bien que les travaux philologiques sur les langues celtiques aient continué après Wilkins avec ceux de Llwydd, bien que les frères Gale aient rassemblé toutes les recherches accomplies à l’Harleian Library, bien que les travaux d’Aubrey aient eu une large diffusion, l’Antiquarism sous contrôle depuis 1660 avait perdu quelque peu de son esprit combatif et contestataire.

1694 : Toujours à Oxford, un événement va se charger de remédier à un tel état de fait. Un étudiant irlandais va venir compléter ses études et se liera d’amitié avec le vieux John Aubrey: il s’agit de John Toland que l’on peut dès lors considérer comme l’héritier spirituel du vieux professeur (30 et 40). John Aubrey s’éteignit tranquillement en 1697.

À partir de 1700 : l’Irlandais catholique John Toland fait la rencontredu chef-druide écossais John Aubrey du bosquet Mount Haemus d’Oxford. John Aubrey suggère à Toland l’idée d’un regroupement des survivants de la tradition druidique. Cette date sonne les débuts de la renaissance druidique des temps modernes; 300 ans c’est déjà un tradition.

1717 : Le 24 juin constitution de la Grande Loge maçonnique spéculative d’Angleterre avec le concours de francs-maçons de quatre loges londoniennes. La Royal Society, ayant jumelé dès sa naissance la voie chrétienne libertaire des Rose-Croix avec celle, plus paganisante et politique, des Antiquarians, qui, après quelques phases préparatoires entre 1700 et 1717, mettra en place la Franc-Maçonnerie en juin 1717, restaureront la Society of Antiquarism – interdite depuis Charles Ier – en juillet 1717, et fonderont en septembre 1717 le fameux et méconnu Druid Order. Ces trois mouvements ont les mêmes fondateurs et possèdent totalement la même identité dans l’espace et le temps, ce qui est compréhensible puisqu’ils ont tous une racine unique: les spécialités scientifiques en pleine évolution de la Royal Society, donc progressistes, passant de l’empirisme à la science dite exacte. Physique et chimie avec Isaac Newton, astronomie avec Edmund Halley, mathématiques avec Désaguliers, archéologie avec William Stukeley, médecine avec Sir Christopher Wren, métaphysique et philosophie avec Lord Warburton, John Toland et John Locke, littérature engagée avec Pierre Desmaiseaux, devinrent des leviers modificateurs de la société. Toland n’est pas un historien ou un archéologue, mais un philosophe très engagé et un polémiste. Proche du parti whig et de ses thèses pré-républicaines, catholique, puis anglican puis panthéiste à la mode de Giordano Bruno et de Spinoza.

1717 : Le 22 septembre le libre-penseur John Toland réunissait à Londres les délégués de dix comté du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande avec les délégués de Bretagne amoricaine dans le but de constituer une fédération de « bosquets druidiques » baptisée Ancient Druid Order ou « Ancien Ordre des Druides ». Toland va réinsuffler le vent du combat progressiste en reprenant à son compte le vieux bosquet de Mount Haemus et en devenant le premier Grand Druide du Druid Order entre 1717 et 1722, date de sa mort. N.B. : Le bosquet de Mount Haemus se trouve toujours aujourd’hui au coeur du Druid Order anglais, ce qui relie traditionnellement ce dernier à la grande époque de l’Invisible College des années 1650.

1720 : Dans son testament philosophique, le Pantheisticon, Toland propose un retour à la sagesse antique des platoniciens sur un fond de panthéisme spinozien, et il utilise cette toute nouvelle et révolutionnaire matière celtique comme une étrave pédagogique. L’ennemi premier est l’impérialisme religieux du Vatican, cause de tant de massacres et de guerres. Le deuxième ennemi, ce sont les mauvais rois qui utilisent le dogme oppressif pour asseoir un pouvoir non justifié. Son bras droit, Pierre Desmaiseaux, deuxième fondateur du Druid Order, ex-secrétaire de la Royal Society, agent littéraire de l’éditeur Prévost de Londres, édite les oeuvres de Pierre Bayle et collationne celles de Saint-Évremond. Le jeune William Stukeley, antiquarian de renom et troisième fondateur du Druid Order, relance toutes les recherches sur les mondes celtiques. L’équipe est au complet et s’engouffre dans la multiple et complexe contestation culturelle qui oppose le Nord et le Sud de l’Europe. Ce néo-druidisme va croître et se diversifier. Aujourd’hui, il fait partie des institutions anglaises auxquelles participent les membres de la famille royale. La reine Élisabeth, son fils Charles, le prince de Galles, en font partie. Winston Churchill en fit aussi partie.

1762 – 1763 : James Macpherson (1736 – 1796) publie ses poèmes, sur son légendaire barde Ossian du IIIe siècle, qui vont déclencher le mouvement romantique et provoquer la celtomanie

1764 : Le Révérend Evan Evans publie ses « Spécimens de poésie des anciens bardes gallois », Specimens of Poetry of the Ancient Welsh Bards.

1770 : Edward Williams dit Iolo Morganwg, car né dans le Glammorganshire, compile et rédige les anciens manuscrits rédigés au VVIe siècle par le barde Llywelyn Sion et va publier son fameux recueil intitulé Barddas, « tradition des Bardes de l’île de Bretagne. Les Barddas, longtemps considérés comme fraduleux conservent néanmoins des éléments de l’antique pensée druidique qui ne sauraient échapper au regard du spécialiste : cycles karmiques qualifiés d’Abred, transmigration de l’âme, paradis celtique qualifié de Gwenwed, « Monde Blanc » etc. ; Bref, un véritable deuxième Évangile, la preuve d’un synchrétisme druidique chrétien oppéré par les bardes selon certains ou preuve d’une continuité de la « Religion du Grall » aux néo-druides selon d’autres.

1781 : Le charpentier Henry Hurle fonde le 28 novembre l’Ancient Order of Druids, « Ancien Ordre des Druides » au style plutôt franc-maçonnique et duquel William Blake fut un de ses premiers chef-druides.

1789 : En France, la révolution qui va engendrer la République laïque marque un tournant sanglant dans l’histoire : Le début du déclin de la religion et du catholicisme, l’essor des sciences et l’amélioration des conditions de vie du peuple.

1792 : Le 21 juin à Primrose Hill à Londres – là où avait lieu l’annonce de l’assemblée druidique de 1717 – le maçon Iolo Morganwg, Edward Williams de son vrai nom, réunit de quelques bardes gallois et institue la première Gorsedd (trône, assise, assemblée) Galloise des temps modernes en reprenant les travaux très paganisants de l’oxfordien John Wilkins (Invisible College de 1650) et édite les Mabi.

1835 : Le folkloriste Jacob Grimm émet l’hypothèse selon laquelle les contes renferment des éléments de l’ancienne region Teutonique pré-chrétienne.

1838 : Le viconte Hersart de La Villemarqué (1815 – 1895) est le premier Breton initié en bardisme par L’Eisteddfod (Assemblée bardique) galloise à Abergavenny.

1839 : De La Villemarqué publie son fameux Barzaz Breiz, « Bardes Bretons », qui eut les mêmes retentissements que les œuvres de Macpherson et de Williams

1855 : Fondation par De La Villemarqué de la Breuriez Barzed Breiz, « Fraternité des Bardes de Bretagne » regroupant des écrivains bretonnants tels : François-Marie Luzel, Milin, Le Scour et Jean-Marie Lejean.

1857-1861 : Friedrich Reinhold Kreutzwald publie Kalevipoeg, épopée nationale estonienne.

1860 : Dr. William Price (1800 – 1893), excentrique génie de la médecine, se fait connaître au Pays de Galles pour ses activités druidiques. Il sera accusé de désobéissance civile en prenant le parti des mineurs de charbon (Chartist Movement). Il se revendiquera  » Enfant de Lord Rhys (1132 – 1197) et se retrouvera au milieu d’une autre controverse lorsqu’il fera incinérer son fils mort à 5 mois. Par la Cremation Act, Price (1902) sera à l’origine de la légalisation de la crémation jusqu’alors interdite au Royaume-Uni.
.1869 : Du 8 décembre 1869 au 18 juillet 1870, à la Basilique de Rome sous Pie XI le dogme de l’infaillibilité pontificale est proclamé, provoquant ainsi le schisme des vieux-catholiques.

1870 : Débute très modestement le ministère de l’américain homme d’affaires Charles Russell (1852-1916), fondateur des Témoins de Jéhovah, groupuscule alors qualifié « Mouvement des étudiants », qui fut tour à tour presbytérien, congrégationaliste et adventiste.
Le nom de Témoins de Jéhova ne sera officiellement adopté qu’en 1931.
Il organisa donc, en 1870, à l’âge de 18 ans, des cours de Bible à Allegheny (Pennsylvanie) où il prédisait la fin du monde pour 1874, puis reporta la date à 1914 qui fut ensuite reportée à 1925 par son successeur.
Illettré, Russell publia néanmoins un livre intitulé « La clé de la Bible », œuvre millénariste et apocalyptique bien dans le style des petits prédicateurs intégristes américains d’alors.
Les Témoins se considèrent comme la seule vraie religion. « Toutes les religions dont les enseignements et les pratiques ne sont pas en harmonie avec le culte pur de Jéhovah font partie de Babylone la Grande, l’empire mondial des fausses religions. (Comment raisonner, p.42). Toutes les fausses religions sont des voies de perdition. Satan y est à l’œuvre.
Dans ce contexte, tout ce qui n’est pas de Jéhovah est païen. Noël, bien sûr, et sa crèche, les rois mages, le Père Noël, les festins des fêtes, la vierge, le culte des saints et la commémoration de morts, les icônes d’église et les divertissements sont de ces pratiques considérées païennes.
Ainsi les Témoins de Jéhovah vivent-ils dans la crainte permanente d’être contaminés par le paganisme qui les détournerait du seul culte qu’ils estiment légitime.
Les Témoins de Jéhovah se voient provisoirement en exil sur les terres païennes sans foi ni loi de ce monde jusqu’au jour de l’Armagédon et du jugement final.

1872 : Georges Smith découvre dans des tablettes rapportées de Ninive « L’épopée de Gilgamesh » (IIe millénaire avant JC). Et non ! la Bible n’est pas le plus vieux livre du monde, et de loin! La plupart des grands récits de l’Ancien Testament, comme le déluge ou la Genèse, ont été recopiés, dans le détail, de Gilgamesh.

                                           

                                            Vivekananda
1893 : Le grand sage hindou Vivekananda, disciple du saint Ramakrishna, se rend à Chicago à la séance inaugurale du Parlement des Religions présidé par le cardinal Gibbons. Le guerrier-prophète, par sa force et sa beauté, la grâce et la dignité de sa tête lumineuse, sa voix profonde et mélodieuse fit oublier tous ceux qui l’entourait. L’Amérique anglo-saxonne, sûre d’elle par son puritanisme enraciné, reçût la griffe du tigre indien à son flanc.

1899 : Charles G. Leland, à Londres, publie sa très synthétique Aradia ou l’Evangile des Sorcières (Aradia or the Gospel of the Witches) qui fait de la Diane romaine la Déesse Mère, d’Aradia, sa fille, la sorcière primordiale. Son œuvre sera reprise par théoricienne du culte de fertilité pré-chrétien Magaret Murray.

1899 : Les 13, 14 et 15 août 1898 eurent lieu à Morlaix et à Ploujean des fêtes bretonnes célébrant la création de Lunvaniez Broadus Breiz, « Union régionaliste bretonne.

1900 : Fondation de la Goursez (Gorsedd) de la Presqu’île de Bretagne par un groupe de néo-druides bretons en filiation avec la Gorsedd du Pays Galles.

1908 : L’Inquisition, en sommeil depuis un siècle, reçoit le nom de Congrégation du Saint-Office. Elle devient la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1965, à la suite du Concile Vatican II, et s’occupe des questions de doctrine et de mœurs.

24 juin 1914 : L’Église n’accorde plus qu’une « authenticité indirecte » dans « l’Épître aux Hébreux » de la Bible. Traduction: l’Église a été obligée de reconnaître un des faux manifestes de la sainte bible pourtant « directement inspirée par dieu ».

1925 : Le professeur Louis Rougier écrit:  » Les Évangiles sont rédigés pour l’endoctrinement des néophytes, la réfutation des hérétiques, la confusion des juifs endurcis, les besoins de la liturgie « .

1930 : L’abbé Turmel (alias Herzog) est excommunié quand il montre une des nombreuses falsifications de la Bible de Jérusalem pour augmenter le nombre de prophéties réalisées: dans Isaie 7,14, « la jeune femme » a été remplacé par « la vierge ». Ce qui montre au passage que l’évangile de Matthieu a été rédigé très tardivement, par un non-juif qui n’avait pas accès aux textes hébreux.

Philéas Lebesgue

1932 : À l’instigation des bretons Yves Berthou-Kaledvoulc’h et Taldir-Jaffrennou, le poète paysan d’origine picarde, Philéas Lebesgue reçut l’initiation druidique selon les rites de la gorsedd galloise. Le collège druidique des Gaules est re-né ce même jour. Ce collège sera à l’origine du néo-druidisme gaulois.

1936 : Fondation de la Kredenn Geltiek, à la fontaine de Barenton dans la forêt de Brocéliande en Bretagne, par cinq païens affirmés autour de Morvan Marchal, Druide Artonovios, Berthou-Kerverzhiou, Druide Vissurix, principalement.

1942 : Le 28 janvier, fut exécuté par les soviétiques le païen letton Ernest Brastins (né en 1892). Il fonda Dievturi ( » avec Dieu « )en 1926 qui sera officiellement enregistré à Riga et à Jelgava comme organisation religieuse.

1943 : fondation du Collège des druides, bardes et ovates des Gaules (Collège druidique des Gaules) : par Paul Bouchet (1897-1979) sous l’égide de Philéas Lebesgue.

1946 : Découverte des treize papyrus codices du IVe siècle à Nag-Hammadi en Égypte. Aucune trace de la naissance de la vie de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth.

1947 : Découverte des « manuscrits de la Mer Morte » à Qumran (Sokoka) dans 11 grottes par un bédouin qui cherchait une cachette pour des marchandises de contrebande.
Ces manuscrits contemporains de l’époque de Jésus de Nazareth de la Bible (de 250 av JC à 68 après JC, bien après la supposée mort du Christ) ont été écrits par des membres de la communauté des Qumraniens/Esséniens.
Ils traitent de religion, de justice, des psaumes, de récits de guerre. La plupart de ces manuscrits sont entreposés par les catholiques au musée biblique à Jérusalem (aujourd’hui musée Rockfeller).
Dans les exemplaires transmis aux historiens, on trouve des passages de l’Ancien Testament. Aucune trace des Évangiles, aucune mention des apôtres, de Jésus ou de sa résurrection ! Rien ! L’Église a été très longue à montrer les manuscrits.
54 ans après la découverte des manuscrits, l’intégralité, en 39 volumes a été publiée: certains manuscrits sont gênants: ils montrent que l’histoire de JC a été inspirée, entre autre du messie Ménahem, rejeté par les pharisiens, et mis à mort par les romains en -4 AV JC puis aurait été considéré comme ressuscité par ses disciples. Source: « L’Autre Messie », Israël Knohl Directeur du département biblique à l’Université hébraïque de Jérusalem: (Albin Michel).
« Il met notamment en évidence, pour la première fois, des correspondances extrêmement troublantes entre la biographie de Jésus et celle du leader messianique qui l’a précédé d’une génération : Ménahem l’Essénien » et pour cause..

« Le Maître galiléen (…) apparaît aussi, à bien des égards, comme une étonnante réincarnation du Maître de Justice. Comme celui-ci, il prêcha la pénitence, la pauvreté, l’humilité, l’amour du prochain, la chasteté. Comme lui, il fut l’élu et le Messie de Dieu – le messie rédempteur du monde. Comme lui il fut en butte à l’hostilité des prêtres. Comme lui, il fut condamné et supplicié. Comme lui il fonda une Église dont les fidèles attendaient avec ferveur son glorieux retour. » Dupont-Sommer
J.M. Allegro, chercheur anglais a avancé que le leader messianique de la secte de Qumran, le Maître de justice a été crucifié et que le récit du Nouveau Testament n’est qu’une version mythique empruntée de seconde main à l’original des manuscrits de la Mer Morte.
On pourrait en conclure que les manuscrits ont servi de source d’inspiration aux Évangiles qui leur sont nettement postérieurs. Tous ces textes ont puisé leur inspiration à une source commune et antérieure égyptienne, à l’origine de cette notion de résurrection des morts.
La mention de ce même miracle dans les manuscrits et les évangiles prouvent qu’elles proviennent d’un tronc commun.
« La lecture des manuscrits de Qumran sèmera le trouble chez tout ceux à qui les prêtres ou les apologètes chrétiens ont fait croire que les titres de Christ ou de Messie attribués à Jésus ne trouvent aucun antécédent dans la littérature apocalyptique et messianique du judaïsme » (Frank Cross).

En 586 av JC, la destruction de Jérusalem et l’incendie du Temple de Salomon met fin à la dynastie des rois David. A partir de là, ‘mashia’ désigne le retour au pouvoir de la lignée de David. Luc et Matthieu font descendre Jésus de David à travers Joseph. Bien que Jésus soit Galiléen, on le fait naître à Jérusalem. Luc et David voulaient donner plus de poids au statut de messie davidique accordé à Jésus.
« Nous devons loyalement reconnaître que nous ne possédons pas encore un fragment de texte de témoins oculaires de Jésus » Emile Puech, directeur de recherche au CNRS A long terme, les manuscrits de Qumran montrent que l’histoire de Jésus est le résultat d’une évolution continue midrashique et pourraient bien porter un coup sévère à la chrétienté.

1948 : Le mythologue Robert Graves, auteur de : Mythes grecs et de la Toison d’Or, publie The White Goddess (La Déesse Blanche), œuvre qui tente à prouver l’existence d’un culte à la Déesse Mère chez les Celtes par le biais de la mythologie gréco-latine. L’œuvre de Graves aura un effet déclencheur sur le mouvement néo-païen anglo-saxon à venir.

1950 – 1989 : Sous le régime communiste toute forme de pensée religieuse indépendante incluant le paganisme ou néo-paganisme est interdite. En Pologne, le groupe clandestin Oboz Federacji Balto-Slowian (Camp de la fédération Balto-Slave) fondé par Miazgowski est réprimé. En Lituanie, le paganisme, identifié au sentiment nationaliste, est aussi réprimé. Ce qui n’empêche pas Jonas Trinkunas et autres étudiants de l’université de Vilnius de fonder en 1967 Romuva dont le but officiel était l’étude de la culture balte et celui officieux de développer le paganisme lithuanien.

1954 : L’ancien théosophiste (Fraternité de Crotona) Gérald Brousseau Gardner (1884- 19..) publie Wichcraft Today, largement inspiré des œuvres de Charles Leland, Margaret Murray et de Robert Graves reprenant le thème central de la Déesse Mère et qui prétend par la bande réformer la Wicca ou « sorcelerie » Antique d’Angleterre.

1959 : ANTAIOS est aussi le nom d’une prestigieuse revue fondée par Ernst Jünger et Mircea Eliade (1959-1971), dont l’objectif était de réagir contre le nihilisme contemporain. Antaios publia F.G. Jünger, Cioran, L. Ziegler, H. Michaux, R. Nelli, J. Evola, J.L. Borges, H. Corbin, M.M. Davy, J. de Vries, bref une pléiade d’esprits libres et de grands Européens

Au début des années 1960 : Said Qutb, théoricien des Frères Musulmans, introduit les notions de rupture par rapport à la société impie et de reconquête. C’est dans ces écrits que certains groupes islamistes trouvent la justification théorique de l’usage de la violence pour islamiser la société.

1962 : Du 11 octobre 1962 au 8 décembre 1965, deuxième Concile du Vatican tenu dans la basilique Saint-Pierre de Rome en quatre sessions, sous les pontificats de Jean XXIII et de Paul VI. Ce concile, réuni pour la première fois en présence d’observateurs non catholiques, aura pour objectif d’assurer le renouveau de l’Église face au monde moderne laïcisé, relancer les missions dans le tiers monde tout en restaurant l’unité chrétienne. Il se soldera par un énorme fiasco, celui de la débandade des fidèles héréditaires et de l’abandon des églises.

1963 : Fondation du néo-druidisme américain au Carleton Collège de Northfield au Minnesota avec la Reformed Druids of North America (R.D.N.A.). Ce qui commence par une contestation étudiante, va finir par l’institution d’une religion officielle. Les étudiant rejetant l’obligation de fréquenter l’église ou la synagogue, se réuniront dans un local dit «temple druidique » pour l’occasion. Suite à ceci, l’administration du collège finira par retirer le règlement. Les étudiants finirent par réaliser que le druidisme est une option valable et persisteront dans cette voie. Dans cette mouvance sont nés d’autres « clairières : Ar nDraiocht Fein (ADF) fondée par Isaac Bonewits et la Henge of Keltria qui en est issue.

1964 : Suite à la mort du chef-druide Robert MacGregor Reid, fondation dans le Surrey en Angleterre de l’O.B.O.D. par le druide pédagogue Ross Nichols décédé en 1975 et repris par la suite par Philip Carr-Gomm.

   

Ross Nichols                           Philip Carr Gomm

L’écrivain psychothérapeute druidisant Philip Carr-Gomm, est l’auteur de « The Druid Way », de  » The Elements of the Druid Tradition, co-auteur de « The Druid Animal Oracle », éditeur du « Book of Druidry »,et de la « Renaissance Druidique » …

Il fut initié en druidisme par Ross Nichols, son tuteur, à l’âge de 15 ans.
En 1988, on lui demanda de reprendre la tête de l’Ordre des bardes, des Ovates et des Druides, un des plus importants collèges druidiques modernes.
D’après ses dires :
 » Il y a trente ans je rencontrais un universitaire qui avait dévolu sa vie à la réinterprétation de la Tradition Druidique – un vieux Druide, du nom de Ross Nichols. Il devint mon premier père spirituel. Des années après sa mort, on me demanda de prendre sa place en tant que chef de l’ordre des Bardes, des Ovates et des Druides. A l’époque j’ai plutôt lutté contre le fait d’accepter ce nouveau rôle alors que j’étais investi dans mon travail de psychothérapeute.
Je n’aimais pas le terme de « Grand Druide », qui possède une connotation hiérarchique, mais j’ai accepté cela comme un titre traditionnel, espérant qu’un jour je pourrais le repositionner différemment dans notre époque égalitaire. Initialement , en tant que psychologiste et à l’aise dans cette situation, je voyais ma position de Druide comme étrange : comment être un Druide au XXeme siècle ?
Lâchant prise, je m’ouvrais au monde de la magie, monde que le psychologue en moi n’aurait jamais pu atteindre. J’ai ritualisé avec des douzaines d’amis Druides sous le soleil et la lune, près des rivières et des grands arbres, au centre des Pierres de Stonehenge, et j’ai pu constater l’importance de tout cela.
Les gens changent en rencontrant le Druidisme. Cette vieille religion de la Terre a le pouvoir de remuer l’âme et de changer les vies.
Elle parle au besoin de notre monde moderne avec une pertinence et une urgence qui se prolonge maintenant au – delà des racines européennes pour être précieuse à touts sortes de personnes, indépendamment de leur origine, de leur nationalité ou même de leur éthique religieuse. »

1965 : Le Swami Prabhupàda, brillant védantiste dans la foullée de Vivékananda et d’Aurobindo, débarque à New York et fonde l’Association pour la Conscience de Krishna, mouvement vaishnavite d’Inde qui aura un effet énorme sur l’éveil des consciences en Occident. Le védantisme, tel que rêvé par Vivekananda, retrouve enfin sa place en occident.

president.jpgNov. 1968 : À Montréal, le naturo-thérapeute, Jaques-Baugé Prévost fonde le Collège des Druides, Bardes et Ovates du Québec. Le mot est lancé, ce qui fera dire à Gérald Godin que le Dr Jacques Ferron est un « Druide du Québec ». Dans cette foulée, il faudra attendre après le Dr Baugé-Prévost, une dizaine d’années avant de voir le « blé lever »… C’est-à-dire voir arriver les fils spirituels du premier « Druide du Québec ».

1972 : Fondation de l’Association Païenne d’Islande le jour du solstice d’été, date de la seule fête païenne à survivre la christianisation. L’année suivante, la petite communauté de 70 membres recevra enfin la reconnaissance en tant que deuxième religion officielle du pays. Avec plus de 400 membres, l’Asatru, religion des Ases, est en pleine expansion. Jörmundur Ingi en est présentement l’Alsherjagoði ou grand prêtre (goði).

1991 : En Ontario, l’arbitrage religieux en matière familiale est possible depuis 1991. Le 21 décembre 2004, l’ancienne Procureure générale de l’Ontario, Marion Boyd, qui avait reçu le mandat de revoir la loi ontarienne, remettait son rapport et recommandait le maintien de l’arbitrage religieux dans des causes de droit de la famille et de succession et l’instauration de la charia islamique. L’islamisme des frères musulmans, prône notamment l’instauration de la charia, l’encadrement de l’individu musulman, puis de la famille musulmane, de la communauté musulmane et enfin la création de l’État islamique. Ils utilisent la voie politique, lorsque leurs partis ne sont pas interdits. L’islam est en effet très expansionniste et divise le monde en deux types de territoires : la terre d’islam (Dar el Islam) et celle qui a vocation à le devenir (Dar el Harb). Les musulmans sont en plein essor partout dans le monde. Portés par l’esprit de conquête propre à cette religion (djihad) et épaulés par une très forte vitalité démographique, les musulmans sont donc de plus en plus nombreux. L’expansion de l’islam est financée de par le monde par les pétrodollars d’Arabie saoudite et du Koweït et par le Pakistan. Ces financements occultes ne tariront pas de sitôt. La prochaine cible pour l’islam est l’Europe et le Canada qualifié de « ventre mou d’occident ». Dans les réunions islamistes, on échange souvent des courbes de populations, on cherche à savoir quand les musulmans deviendront majoritaires. France, Grande-Bretagne : tels sont les deux pays qui, selon les islamistes, tomberont inévitablement entre leurs mains (si rien n’est fait). L’Allemagne, autre pays-clé en Europe, intéresse également beaucoup les islamistes ; la population allemande vieillit et se renouvelle peu alors que les immigrés musulmans ont des taux de natalité importants.

1992 : ANTAIOS, Revue d’Etudes Polythéistes a été réactivée le 8 novembre 1992, date anniversaire de l’interdiction par l’Empereur chrétien Théodose de tous les cultes païens, par l’helléniste Christopher Gérard, traducteur de l’Empereur Julien (Contre les Galiléens, éd. Ousia, Bruxelles 1995) pour rassembler en un large forum tous ceux qui pensent que le recours à la mémoire païenne est indispensable pour affronter une modernité particulièrement destructrice. Antaios est la principale revue néo-païenne de langue française. Elle a déjà publié des entretiens et des textes de M. Eliade, E. et FG Jünger, A. Daniélou, M. Maffesoli, G. Rachet, F. Périn, M. Mourlet, G. Féquant, A. de Benoist, R. Jaulin, CJ Guyonvarc’h, M. Eemans, J. Dierkens, J. Parvulesco, M. Conche, etc. Elle est strictement indépendante et fonde son travail sur le refus du dogmatisme et de l’intolérance. Une Société d’Etudes Polythéistes a été fondée le 8 novembre 1998 pour soutenir la revue et diffuser ses travaux.

1992 : Suite aux efforts soutenus tout le long du XXe siècle, la religion baltique est finalement restaurée et enregistrée officiellement. Initiée par un petit groupe de fervents romuvistes, en dix ans, cette communauté va progresser pour qu’en 2002, on y compte plus de 2,000 membres et sympathisants.

22 décembre 1993 : Le pape Jean Paul II, dans la foulée de Saint-Patric, reconnaît que le 25 décembre est une fête païenne. Il déclare : « Chez les païens de l’Antiquité, on célébrait l’anniversaire du soleil invincible, ce jour-là afin qu’il coïncide avec le solstice d’hiver. Il a semblé logique et naturel pour les chrétiens de remplacer cette fête par celle du seul Soleil véritable : Jésus-Christ « .

1997 : Six cent ans après l’instauration du christianisme balte, le 19 octobre, Jonas Trinkunas, lauréat du prix J. Basanavicius (1997), est ordonné prêtre selon les rites de Romuva, l’antique religion baltique de Lituanie et reçoit le titre officiel de krivis, l’équivalent du brahmane indien et du druide celtique.

Juin 1997 : Fondation du Conseil Suprême des Hellènes Gentils pour la défense et la restauration de l’ authentique Tradition Hellénique (CSHG).
Son but est de défendre et de restaurer la Religion et la Tradition polythéistes helléniques dans la société hellénique contemporaine, qui est durement dominée par l’ » église  » orthodoxe chrétienne et les sombres ethos dits  » byzantins « .
Depuis sa fondation, l’YSEE a envoyé plus de 140 protestations à la Presse et aux Autorités du pays et a organisé plusieurs cérémonies publiques dans les enceintes sacrées d’Hellas, malgré l’intolérance et le fanatisme de l’ » église chrétienne « .

1999 : l’Åsatrufellesskapet Bifrost (La fraternité Asatru de Bifrost) formée en 1996 (200 membres déclarés en 2005) et la Foreningen Forn Sed constituée en 1999 ont reçu la reconnaissance légale du gouvernement Norvégien. Reconnaissance qui inclut l’autorisation de tenir des assemblées et de célébrer des cérémonies religieuses et des mariages.

1999 : Monseigneur Hippolyte Simon dans une longue diatribe anti-païenne intitulée « Vers une France Païenne » passe sous silence l’islamisation massive de l’Europe en s’attaquant aux divers mouvements païens contemporains confondant paganisme et désacralisation ; invitant ainsi à croire que l’âme européenne est exclusivement chrétienne.

2000 : Jubilé de l’an 2000, excuses papales pour exactions commises par l’Église; le Pape Jean-Paul II fait ses excuses aux femmes, aux Juifs, aux Protestants et aux victimes des missionnaires tout en oubliant les païens d’Europe et les Hindouistes, que l’Église cherche toujours à convertir.
La Secte de Rome, en ajoutant l’insulte à l’injure, classe le druidisme sous la rubrique des « NOUVELLES RELIGIONS »!!!??? A-t-elle la mémoire si courte ?

2001, 11 septembre : le terrorisme djihadiste islamique frappe l’Amérique en son cœur. Le grand djihad du Prophète est une guerre sainte légale. L’islam codifie la guerre et la légitime quand les gens de l’Umma (panislam) se sentent menacés et quand les non-musulmans refusent l’islam ou refusent de se faire islamiser. Ceux qui contesteront la légitimité du djihad seront « condamnés au feu de l’enfer pour l’éternité ». La tendance « politiquement correcte » molle de l’élite politique et journalistique occidentale est de disqualifier les islamistes djihadistes en les opposant aux musulmans modérés,déclarant que le Coran est un message d’amour qu’il condamne le terrorisme.Or cet énoncé fréquemment colporté est erroné, jugez en par vous-mêmes :

2001, 11 septembre : le terrorisme djihadiste islamique frappe l’Amérique en son cœur. Le grand djihad du Prophète est une guerre sainte légale. L’islam codifie la guerre et la légitime quand les gens de l’Umma (panislam) se sentent menacés et quand les non-musulmans refusent l’islam ou refusent de se faire islamiser. Ceux qui contesteront la légitimité du djihad seront « condamnés au feu de l’enfer pour l’éternité ». La tendance « politiquement correcte » molle de l’élite politique et journalistique occidentale est de disqualifier les islamistes djihadistes en les opposant aux musulmans modérés, déclarant que le Coran est un message d’amour qu’il condamne le terrorisme. Or cet énoncé fréquemment colporté est erroné, jugez en par vous-mêmes :
« 25. Allah a repoussé les mécréants dans leur rage, et ils sont repartis les mains vides. Il assista les fidèles dans leur charge de bataille : puissant est Allah, l’intransigeant.
26. Il fait descendre de leurs hauteurs (places fortes), ceux des Gens du Livre (Juifs et Chrétiens) qui les assistaient, instillant en leur cœur la terreur. Vous en avez massacré plusieurs et vous en avez capturé d’autres.
27. Il vous a fait maîtres de leur terre, leurs maisons, leurs biens, et encore dans un pays que vos pieds n’avaient jamais foulé auparavant, en vérité, Allah a pouvoir sur toutes choses. »
(Coran, Sourate 33. – LES PARTISANS AL-AHZÂB)

Le 26 février 2001, le chef suprême des talibans, le mollah Mohammad Omar, ordonne, par un décret, la destruction de toute la statuaire bouddhique en estimant qu’elle était « anti-islamique » et que la faire disparaître était « une injonction de l’islam ».

Octobre 2002 : Le Vatican cautionne un ouvrage sur les mensonges et lieux commun dans la Bible:
Agence France-Presse – Rome: »Jésus n’est pas né un 25 décembre, était petit, pas très beau, Ève n’a jamais mangé de pomme et les dix Commandements n’ont jamais été dictés par Dieu à Moïse, affirment deux journalistes catholiques dans un livre cautionné par le Vatican publié en Italie. « Les onze commandements », écrit par deux collaborateurs du quotidien des évêques italiens Avvenire, est consacré aux « équivoques, mensonges et lieux communs dans la Bible et les Évangiles ».
Le sérieux du « travail précieux de démythification » réalisé par Roberto Beretta et Elisabetta Broli sur la base de l’étude de textes sacrés authentiques est souligné dans une préface par Mgr Gianfranco Ravasi, membre de la Commission pontificale pour les Biens culturels de l’Église, le ministère de la Culture du Vatican.

2002 : Premier grand congrès mondial pour la préservation de la diversité religieuse (« World Congress for the Preservation for Religious Diversity ») :
Alain Le Goff,Gobannogenos, Le Uer-druis de la Kredenn Geltiek Hollvedel,a eu l’immense privilège d’avoir été invité en tant que délégué du Druidisme par les plus hautes instances de l’Hindouisme et personnellement par le Swamiji Dayananda Saraswati au Congrès mondial pour la préservation de la diversité religieuse. Ce colloque, qui s’est tenu à Delhi, en Inde,rassemblait d’éminentes personnalités des spiritualités et religions ethniques, de l’Hindouisme (de l’Inde et de Bali) évidemment, mais aussi du Jaïnisme, du Sikkhisme, du Bouddhisme thibétain, du Bahà’isme, du Shintoïsme, du Confucianisme, du Taoïsme, de l’Asatrù germanique, des cultes amérindiens (maya, aztèque, brésiliens et nord-américains), des religions natives africaines, etc., soit une bonne centaine de délégués, auxquels s’ajoutaient, lors des séances, de très nombreux participants divers.La cérémonie inaugurale fut ouverte par Sri Swamiji Dayananda Saraswati, allocution immédiatement suivie par la bénédiction et l’adresse de Sa Sainteté le Dalaï Lama. Puis intervinrent Sri R. Venkataraman, ancien président de l’Inde et l’Honorable Sri Atal Behari Vajpayeeji, actuel premier ministre.

Le thème de la première journée était le sens à accorder à l’expression de Liberté de religion; la deuxième journée fut consacrée l’Histoire des religions spécifiques et à la Préservation de la diversité religieuse à l’époque de la mondialisation; la troisième journée visait à dégager les Stratégies à promouvoir afin de favoriser compréhension et respect entre les différentes religions.Il doit être signalé que la plupart des intervenants ne se firent pas faute de stigmatiser les menées prosélytes et de conversion – par l’intolérance, la médisance, la coercition, les tueries, l’intimidation ou la corruption, tout au long des deux derniers millénaires et sur tous les continents – des « néo-religions », c’est-à-dire de ces croyances exogènes que sont le christianisme et l’islam.Il a également été souligné que ces intrusions « spirituelles » d’origine étrangère ont abattu les fois autochtones, en détruisant les civilisations dont elles étaient l’âme et l’ossature, massacrant les dissidents et récalcitrants « pour assurer leur coup ». Après l’Europe christianisée dans l’antiquité, ce fut le Proche-Orient et l’espace méditerranéen qui furent islamisés avec virulence; les Amériques et l’Afrique seront elles aussi, plus récemment, violemment coranisées ou évangélisées. C’est maintenant l’Asie, et d’abord l’Inde, qui sont dans le collimateur; les musulmans y ont naguère raté leur proie, mais les adeptes du Christ entendent beaucoup mieux réussir: Karol Wojtyla, alias Jean-Paul II, l’a d’ailleurs implicitement promis lors de son passage en Inde, en novembre 1999, et les hindouistes, désormais conscients de la menace qui pèse sur eux, ont bien l’intention, quant à eux, de ne pas laisser faire, protestant de façon véhémente contre les prétextes pseudo-humanitaires de missions en fait essentiellement tendues vers les conversions. La liberté de religion n’inclut pas et n’implique pas la liberté de dénigrer, de discréditer ou de médire des autres religions; Le prosélytisme à l’encontre d’une personne adhérant à une tradition religieuse particulière est un acte de violence contre cette personne, sa communauté et sa tradition religieuse; La conversion systématique d’enfants faisant suite à la conversion des parents à une autre religion, ou toute action ayant cet effet, est une violation des droits des enfants puisque selon la loi ceux-ci n’ont pas la capacité légale d’exercer leur libre-arbitre avant leur majorité; La défense d’une tradition religieuse contre le prosélytisme est une démarche légitime de liberté religieuse des individus et des groupes; Il est un impératif de préserver la diversité religieuse et d’entretenir un égal et mutuel respect pour toutes les religions par le biais d’une législation appropriée.

2002 : Selon plusieurs idéologues islamistes, dont fait aussi partie Tariq Ramadan : « La défaite du christianisme face au paganisme doit être contrecarrée par une éclatante victoire de l’islam… »

Selon le Daily de Riad : «Avant l’islam, l’Arabie était un pays païen – belle époque… Mais aucune coutume païenne n’a survécu à l’islam. Absolument aucune. » Le péché de l’Église Catholique est de s’être pliée aux demandes du bas-peuple païen d’Europe, et comme dit l’éditorialiste de Riad : « Ce genre d’arguments – ‘le peuple le voulait vraiment, donc l’Église l’a permis’ – était inconcevable. » L’Église, selon l’auteur, a donc failli à sa tâche dans l’éradication complète des païens. Mais, comme vous pourrez lire, l’Islam fera mieux : « L’islam a complètement éradiqué, non seulement les croyances, mais aussi les coutumes et les symboles païens. Ceci est en soi un miracle sur lequel devraient se pencher les étudiants sérieux en Religions comparées. » Bref, le fait d’avoir complètement éradiqué le paganisme là où il était avant l’islam est la preuve de la supériorité du dernier prophète sur le précédent : « C’est une preuve vivante de l’authenticité du Dernier messager (Mahomet, que son âme repose en paix). Jésus (que son âme repose en paix) est un prophète parmi d’autres.
Ces prophètes ou messagers ont été envoyés à certaines nations bien définies, à l’exception du prophète Mahomet (que son âme repose en paix) dont le message divin représente le dernier guide de moralité, l’ultime révélation, et s’adresse à toute l’humanité. »
Donc, païens du monde frémissez devant votre maître à venir, il a sur vous l’ultime « solution finale ».
Après tout, Jésus n’était pas vraiment promis aux gentils : « Jésus, lui (que son âme repose en paix), était un messager envoyé vers un peuple particulier : les Juifs. » ».

Il est courrant de nos jours voir les protestants fondementalistes accuser les catholiques de gentilité pas trop catholique, de leur reprocher leurs fêtes jugées trop païennes. Nous voilà donc en présence d’une autre caste de moutons « plus blancs que neige ». Mais est-ce la vérité toute crue ?

Entre 570 et 632, à l’époque de Mahomet, la péninsule Arabique abritait des Bédouins nomades polythéistes qui vivaient de l’élevage et de razzias sur les caravanes. Les Arabes sédentaires installés dans des villes pratiquaient, quant-eux, le commerce. La religion des Arabes était aussi polythéiste (dite idolâtre par les Juifs et les Chrétiens). Il existait donc au sein de ces populations une tradition du monothéisme, ou tout au moins, une croyance en une divinité suprême héritée soit des Juifs, soit des Manichéens ou soit des Chrétiens. Ainsi, les communautés juives, persanes et chrétiennes ambiantes contribuèrent à promouvoir des doctrines monothéistes.

D’importants éléments du judaïsme, du zoroastrisme et du christianisme furent non seulement introduits dans la religion naissante de Mahomet, mais ils s’y trouvaient aussi déjà enracinés dans la tradition arabe pré-islamique ; des institutions importantes telles que le pèlerinage et le lieu saint de la Kaaba furent empruntées au paganisme arabe et introduites sous une forme différente. En réformant la tradition arabe pré-islamique, Mahomet la confirma aussi. L’Islam, à l’exemple du christianisme, est un syncrétisme du judaïsme et du paganisme!

2002 : Assassinat de Jordi Magraner par les musulmans, au Pakistan.
Parce qu’il avait choisi de venir en aide aux Kalashs, un peuple menacé d’ethnocide culturel parce que coupables du paganisme indo-européen hérité de leurs pères, ce que l’Islam fanatique ne supporte pas.

L’Européen, Jordi Magraner avait choisi de vivre chez les Kalashs , en partageant avec eux leurs joies et leurs peines.
Il savait que la résistance à l’intolérance musulmane est une guerre qui ne pardonne pas. Il l’avait choisi, en toute connaissance de cause, lui le défendant de la cause païenne enracinée.
Sans illusions sur la réalité que livraient les talibans sur ce terrain, il menait son bonhomme de chemin. Jordi mena ce combat dans les sentiers des rishis.

6 novembre 2003 : Forn Siðr, la Société des Ases et des Vanes au Danemark, fondée en 1997 à Odense, obtient du ministère des affaires religieuses le statut de religion reconnue. Forn Sidr, qui rassemble des groupes locaux dans plusieurs régions du Danemark, compte autour de 600 membres. La première grande assemblée ou « Althing » fut tenue en mai 1998.

   

Membres de la Communauté des druides du Québec

lors d’une cérémonie druidique au Festival mondial de la Terre de Rimouski en Juin 2010

20 septembre 2004 : Sous l’égide de la Communauté des druides du Québec, des druidisants québécois obtiennent du gouvernement du Québec la reconnaissance de corporation religieuse. Il existe au Québec et au Canada plusieurs groupes locaux, indépendants ou affiliés à différentes associations néo-druidiques européennes et américaines. Il est presque impossible d’évaluer le nombre exact de ces groupes ainsi que de leurs adhérents.

2005 : Aujourd’hui encore, les Kalash, montagnards polythéistes indo-européens de l’Hindu Kush, au nord-ouest du Pakistan, résistent à l’Islam environnant. Au cours de leur histoire, aucune des grandes religions constituées, présentes en Himalaya, bouddhisme, christianisme n’a réussi à dominer leur mode de pensée. Seul l’islam s’évertue obstinément à vouloir les faire disparaître.

2005 : Rome, le cardinal allemand Joseph Ratzinger, élu pape dans l’après-midi du 19 avril 2005 sous le nom de Benoît XVI, avait dressé un tableau plutôt noir de l’Eglise, de certains de ses prêtres ainsi que des grands de ce monde, dans les méditations et prières du chemin de croix qui s’était déroulé le 25 mars dernier au Colisée, à Rome. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi (l’ex tribunal de l’Inquisition sous un autre nom) n’avait pas hésité à y comparer l’Eglise à une « barque prête à couler ».
Le préfet de l’ex- »Saint-Office » jugeait que « les chrétiens, en se détournant de la foi, ont abandonné le Seigneur ». Il affirmait que « les grandes idéologies, comme la banalisation de l’homme qui ne croit plus à rien et qui se laisse simplement aller, ont construit un nouveau paganisme, un paganisme plus mauvais, qui, en voulant mettre définitivement Dieu (donc pas n’importe lequel!) à part, a fini par se débarrasser de l’homme ».
Le cardinal allemand priait ensuite le Seigneur de détruire le pouvoir des idéologies, « afin que les hommes reconnaissent qu’elles sont tissées de mensonges » et lui demandait de ne pas permettre que « le mur du matérialisme devienne insurmontable“. Lors de la douzième station, le gardien de la doctrine de l’Église affirmait qu’« en cette heure de l’histoire précisément, nous vivons dans l’obscurité de Dieu ».

Juillet 2005 : « La guerre de l’ombre » – Le Jihad (ou Djihâd) est une guerre sainte contre tout ce qui n’est pas musulman. Certains croyants musulmans contemporains tentent de donner à ce mot un sens bien plus large et plus spirituel que celui utilisé par le prophète alors qu’il combattait les juifs et les mécréants de toute sorte, arabes chrétiens et païens inclus.
Le terme est utilisé dans le Coran, sourate 9:5. Il affirme qu’une révélation est reçue par Mahomet et l’enjoint de livrer la guerre aux idolâtres de l’Arabie afin de les forcer à se soumettre et à accepter l’Islam. Mahomet se livra ensuite à ce qui est maintenant appelé le djihad. Ses disciples utilisèrent la force de l’épée pour étendre leur empire dans tout le Proche-Orient et en Afrique du Nord, et même jusqu’en Europe et en Asie Centrale. Il arrive encore de nos jours que des païens soient forcés, avec violence, d’embrasser l’Islam. Certains musulmans essayent d’amener les non-musulmans à leur foi et espèrent établir l’Islam comme système religio-politique mondial. Il en résulterait un monde divisé en deux fractions hostiles : celui des croyants et celui des infidèles, et une guerre qui durera jusqu’à ce que l’armée d’Allah détruise toute opposition.
Pour certains, le djihâd en tant que guerre sainte ne constitue que l’un des trois aspects du djihâd : prosélytisme large, conversion universelle (majeur), consolidation de la foi (mineur interne), et propagation de la foi (mineur externe). Quoi qu’il en soit, « l’armée de l’ombre » est en guerre!

Rituel de la flamme olympique
2007 : Dimanche le 21 janvier, les membres d’Ellinais, une association hellène, tiennent à Athènes une cérémonie païenne clandestine en honneur de Zeus. Quelque 200 personnes ont assisté à cette cérémonie païenne célébrant Zeus, père des Dieux du panthéon de la Grèce antique, au temple de Zeus olympien en plein cœur d’Athènes.
Malgré l’interdiction du ministère de la Culture, les fidèles membres de l’association Ellinais, qui milite pour le retour du culte antique, ont appelé le « roi des Dieux » à apporter la paix dans le monde. Kostas Stathopoulos, l’un des trois prêtres présidant cette cérémonie des noces de Zeus avec Hera, déesse de l’amour et du mariage, a mis l’accent sur le message écologique du groupe, qui a également exhorté le dieu à « apporter la pluie sur la planète ». Il a également souligné la « liberté de pensée » de ces croyances mythologiques, pour une religion opposée au « dogme et décrets » des religions monothéistes. Ellinais, fondée en 2006, compte 34 membres officiels, pour la plupart des universitaires. Le groupe a obtenu la reconnaissance de la religion grecque antique, et cherche désormais à voir reconnaître ses bureaux comme lieu de culte. Les rituels antiques sont mis en scène tous les deux ans à l’ancien sanctuaire d’Olympie, dans le sud de la Grèce, où est allumée la flamme olympique. Malgré qu’il s’agisse d’une mise en scène théâtrale, cette cérémonie est la réplique d’un ancien rituel païen.

2010 : Suite à la demande du Druid Network, le druidisme reçoit enfin la reconnaissance en tant que religion légale en Angleterre et au Pays de Galles. Malgré qu’il n’y ait que 350 membres inscrits du Druid Network, un rapport de la BBC déclarait qu’il y avait en 2003 au Royaume-Uni plus 10,000 personnes se réclamant du druidisme. Selon Emma Restall Orr, la fondatrice du Druid Network, l’instance semi-gouvernementale de « la Charity Commission a maintenant une plus grande compréhension des religions païennes, animistes et polythéistes, et que d’autres groupes appartenant à ces religions minoritaires, du moment qu’elles rencontrent les critères financiers et publiques pour s’enregistrer en tant qu’organisme caritatif, pourront s’inscrire dans un délai beaucoup plus court que ce fut pour nous. »

Sources :

- Catarnos, in Ialon, notes publiées dans « Mediolanon » no 5 – Nantes 1965, p. 13 – 17. Citant :

- Jules Toutain : Les cultes païens dans l’Empire romain, III : Les cultes de la Gaule romaine (1917).

- Émile Thevenot : Les Gallo-Romains (1948).

- Emile Male : La Fin du paganisme en Gaule et les premières basiliques chrétiennes, (1950).

- Ferdinand Lot : La fin du monde antique et les débuts du moyen âge (1951).

- J.J. Hatt : Histoire de la Gaule romaine (1959).

- Fernand Niel : Dolmens et menhirs (1961).

- Gérard Walter : Histoire des paysans de France (1963).

- Charles Lelong : La vie quotidienne en Gaule à l’èpoque mérovingienne (1963).

Autres sources

Christian Bouchet : Les Nouveaux Païens, Éditions Dualpha, Paris, 2005.

- Dun, Robert. Vers l’Europe retrouvée ou la mort, Éditions Crève-Tabous, Saint-Étienne, 2000

- Histoire. Vol. IV, Histoire du christianisme des origines à nos jours, 2001.

- Le gros mensonge de la Bible. URL :
http://www.bible.chez.tiscali.fr/

- L’Histoire. Dossier, Le livre noir de l’Inquisition. no 259, novembre, 2001.

- Blanchet, Régis. Site des Carbonari et Charbonniers. http://www.carboneria.it/carbochar.htm

- Raoult, Michel. Les Druides, Les sociétés initiatiques contemporaines. Éditions Du Rocher, Monaco, 1992.

- Site officiel des hellènes païens : http://www.ysee.gr/html/fre/index.html

- Site officiel des Asatru d’Islande : http://www.asatru.is/

Présenté avec l’autorisation de

LES DRUIDES DU QUéBEC /|\

La communauté des druides du Québec

Créé par le 27 mar 2008 | Dans : page d'acceuil

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INVOCATION DES DRUIDES

 

Dits Ater,

donne nous Ton appui,

Et avec Ton appui, la force,

Et, avec la force, la compréhension,

Et , avec la compréhension, la science,

Et , avec la science, la Sagesse

Et ,avec la Sagesse ,le pouvoir d’aimer

Et en aimant ,  l’amour de toute chose vivante

Et avec l’amour de toute chose vivante,

L’ Amour de la Vie

Aweentia    

 

Fondée en 2002,la Communauté des Druides du Québec célèbre ses 15 ans d’activité.

Voir le texte au bas ce cette page.

 

INVITATION À LA CÉRÉMONIE DE BELOTEPNIA

 

2017 è.v.En l’an 4591 de l’ère Catus Magos Turetion (Mag Tured)(Bataille de la Plaine des Tours),ou en l’an 4391 de l’ère Celtique de la Renaissance.

 Organisé par la Clairière du Cygne,Partie intégrante la Communauté des druides du Québec

 

Bonjour à tous les Celios et Celiai (compagnons et compagnes) de notre communauté, vous êtes cordialement invité à participer à la cérémonie de à la cérémonie druidique de BELOTEPNIA qui aura  lieu samedi le 6 mai 2017 à 14h30 à Rawdon, dans la région de Lanaudière, au Québec, situé à environ 70km de Montréal.La Clairière du Cygne est reconnaissante de l’hospitalité de Bhashan et Julie d’organiser cette cérémonie sur son site privé à Rawdon, qui tient lieu d’accueil pour l’Alliance des Nations, dont vous pouvez visiter le site internet à l’adresse suivante :

http://alliancedesnations.org/L’Alliance Des Nations

4533 Langlois
Rawdon, Québec
J0K-1S0
Téléphone : (450) 834-1006

 

Pour assister à nos cérémonies, aucune expérience n’est nécessaire, seul l’élan du cœur compte et le désir sincère de participer à une célébration spirituelle en pleine nature, sous l’œil du Soleil, selon les rites de nos ancêtres Celtes, Gaulois et Indo-européens.

Aux dires du Druide Boutios /I\:BELOTEPNIA (< Beltaine) ou la fête Sacerdotale Belotepnia est la fête sacerdotale par excellence dont les traits ont été
largement effacés par la christianisation qui en a fait la fête des travailleurs. Toutefois, nos ancêtres canadiens – français célébraient cette fête de fertilité dans leurs champs par l’érection du mat de mai aux XVII e et XVIII e siècles.« Beltaine, feu de Bel, feu bénéfique, à savoir un feu que les Druides faisaient par leur magie ou leurs grandes incantations; et on amenait les troupeaux pour les protéger contre les épidémies chaque année à ces feux. Ils faisaient passer les troupeaux entre eux. (Glossaire de Cormac) »

 Le sens de la fête est inscrit dans le nom : Belo- tepnia <Belos + tepnia = »Feu lumineux » ou « Feu de Belos ». Beltaine est donc la fête de la chaleur et de la lumière initiant la saison estivale.

Aux dires de Iuos Uedons : «Belotepnia est la dernière fête printanière et la première fête célébrant l’arrivée de l’été; la lumière est de retour et la chaleur également. Cette cérémonie célèbre l’engagement sous toutes ses formes; car elle symbolise l’union du ciel et de la terre permettant la fertilité, l’éclosion de la vie et la promesse de l’abondance. C’est un temps propice aux fiançailles et au mariage, à la célébration de la vie sous toutes ses formes, à l’amour et à la fécondité.»Veuillez prendre note que les photos et vidéos des cérémonies sont interdites, à moins d’autorisations expresses.

DÉROULEMENT- Accueil et visite du site- Recueillement, pouvant inclure asanas (postures de yoga) et pranayama (exercices de respirations)- Bâtir le bûcher sacré, sous forme d’offertoire selon l’adage d’Hermès Trismégiste, selon lequel «ce qui est en haut est comme ce qui est en bas» de façon à représenter dans l’harmonie les principes cosmiques, en utilisant différentes essences d’arbres ainsi que des feuilles de plantes médicinales dans un ordre précis.- Allumer le feu sacré- Procession et recueillement  /|\- Explications de la CérémonieLes différents cercles de Gwenved, Abred et Keugant- Ouverture
– Prières, Invocations / incantations- Offrande au Feu du Sacrifice (Chaque personne qui le désire peut faire une offrande: elle peut être fait par un vœu que l’on écrit et que l’on jette dans le Feu, ou elle peut consister en une offrande matérielle, apporter au choix, céréales, noix, fruits, pain)

- Chaîne d’Union fraternelle

- Communion

- Clôture de la cérémonie
– Festin communautaire et discussion

Banquet fraternel («Pot luck»): Comme toujours, un somptueux festin composé de toutes les bonnes choses de la Terre apportées par les invités viendra clore avec brio cette joyeuse assemblée.

Il s’agit d’apporter un plat à partager (il peut aussi s’agir également de pain, fromage, fruits, desserts); apporter de la nourriture qui se mange froid, tel que salade et légumes; salade de riz; salades tofu, fèves, fromage, fruits, noix, céréales, etc. ainsi  que la boisson (non alcoolisé ou alcoolisé) pour vous-même ou que vous désirez également  partager avec l’ensemble des convives.

Pour ceux désirant venir en co-voiturage, le départ s’effectue à partir de Montréal. Prière de communiquer avec nous à ce sujet. Une participation au coût de transport est appréciée.

/|\ Par Belenos, Lug et Belisama!

Par le souffle de l’Awen! Que cela soit!

Iuos, pour la Clairière du Cygne

cducygne@outlook.com

 

 

Vision du monde  chrétien durant  l’Antiquité
 Nos connaissances actuelles

 

 

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L’humain et la religion.

Tant que l’humain ignorait tout de sa place dans cet univers, il sentit le besoin de se donner un cadre qui donnait un sens à cette immense interrogation. Les communautés humaines se donnèrent des légendes et une mythologie. Delà, s’élabora le mythe nordique, celtique, sumérien, égyptien, maya,…ect. Même le dieu Yaweh, Jéhova ou Adonaï du monothéisme fut créé autour du 7 ième siècle avant notre ère. Les croyants ignorent qu’avant la création du Judaisme, la région de Canaan était habitée par de nombreuses communautés polythéistes. Deux événements importants forceront les tribus de Canaan à s’unifier en un seul peuple, se donner un dieu et un temple commun. Pour comprendre cette page de l’histoire de la naissance du Judaisme je vous invite à lire l’œuvre du Professeur Israël Finkelstein:  » La bible dévoilée » Ceci dit, nous pouvons dire que là où l’humain du passé voyait une divinité, l’homme moderne, armé de ses connaissances en physique, en chimie,en astronomie, en physique quantique est capable d’ y voir un Tissus cosmique d’une extrême complexité et de  prendre sa place dans cet Univers infini. Non seulement nous sommes de la poussière de la terre, mais cette poussière est de la poussière d’étoile. Chacun de nos atomes est le produit du Big Bang. Il est dit «  rien ne se crée, rien ne se perd; tout se transforme. » Nous sommes le produit de l’Univers et l’Univers se perçoit en nous. image LCMD3  

L’humain du troisième millénaire.

L’humain est fondamentalement un animal. Je sais que cette vision va déplaire aux croyants qui se voient régnant au-dessus « de la création » et issu d’un dieu qui fabrique ses créatures à son image. Nous partageons 98% de nos gènes avec les grands singes. Comme nous, ils souffrent, pensent, utilisent des outils, aiment, détestent et vivent en communauté. Notre évolution nous a forcé à développer notre hémisphère gauche et elle nous a placé ainsi dans un univers mental plus structuré et mieux géré que chez nos frères des autres espèces. Ce développement s’est fait aux dépend du développement de l’hémisphère droit. Les autres espèces animales vivent intimement en symbiose avec les forces de l’Univers. Elles perçoivent une dimension de l’Univers qui nous échappe totalement. Cette dimension subtile est le propre  des artistes, des créateurs et des personnes qui cultivent par la méditation une hypersensibilité, une perception intuitive, une activité hors du commun de l’Hémisphère droit. Le druidisme adhère au monde de la science qui nous éclaire sur l’Univers et notre relation avec lui, mais il demeure fidèle à la vision du passé où l’humain est à la fois une conscience individuelle qui est inconsciemment en relation avec cette  immensité cosmique.

L’Univers est matière, énergie , vie et conscience. Nous ne sommes pas isolé de cet Univers mais chacune de nos fibres de matière et notre conscience sont issues de cet Univers. Dans l’histoire de l’humanité, nous voyons apparaître des individus que l’on dit inspirés et qui nous parlent d’un « humain réalisé ». Chez les bouddhistes nous parlons d’un « Bouddha » , l’éveillé , et chez les druides de « Budhios », le glorieux. Cet humain, animal qui réalise son « être global » prend conscience de son état véritable et de son infinité. Accéder à cette vision globale défini un état de connaissance, la Ouidia ou en sanskrit Vidya. La Ouidia ,une expérience spirituelle qui fait basculer une vision archaïque du monde et de l’Univers. Une fois cette expérience vécue, il est impossible de retourner en arrière et de s’attacher à la vision première. A travers la Ouidia, l’humain réalise sa véritable humanité: il devient un Être humain réalisé, éveillé, un Bouddha, un Budhios. L’humain moderne est conscient de sa multi-dimensionnalité et donc incapable de se replonger dans l’état de soumission et de dépendance face à une divinité créatrice et contrôlante. L’humain libéré ne peut retourner à un état d’esclavage. Nous assistons à une croissance continue d’une humanité qui s’assume et qui fait une plus grande place à un humain renouvelé. Les religions monothéistes orthodoxes meurent lentement pour être remplacées par une vision qui répond  aux préoccupations de l’humain moderne. L’humain du futur sera un être qui assume son rôle de protecteur de la Terre Mère, un individu qui équilibre sa dimension spirituelle à sa dimension rationnelle et un être éclairé par une connaissance véritable et non contaminé par des superstitions qui sont responsables du chaos du monde actuel. Le Druidisme est tournée vers la réalisation de l’humain du futur, un véritable « Être humain » un être en devenir et un être réalisé.

 » Bible dévoilée de Israel Finkelstein »  4 vidéos Conférence: https://www.youtube.com/watch?v=4j04JeJYRa8   Genistos   .images Le Druidisme

Pour l’individu occidental, la « spiritualité » présente deux  voies :  le monothéisme créé au Moyen-Orient et importé en Occident  et  le Druidisme un courant de sagesse issue de la psyché indo-européenne et développé sur plus de 3 millénaires. Nous sommes donc  face à  deux  visions aux antipodes :le monothéisme  qui est une religion, alors que le Druidisme insiste sur une approche de Sagesse. Le premier impose des dogmes, des obligations et il exige une soumission à une divinité, et dans l’Église catholique romaine une soumission à l’institution. Le Druidisme propose une démarche intelligente et intuitive sur les grandes questions existentielles. Le succès de la démarche réside sur la volonté et la détermination de l’adepte. Il est seul responsable de son échec ou de son succès.La Sagesse est de se tenir debout et d’assumer son humanité. Le Druidisme est un organisme vivant qui est capable d’assimiler tout ce qui aide à sa croissance et qui parle  le langage de l’homme moderne. Malgré son âge, il n’est pas un cadavre momifié qui est bourré de concepts inutiles. On ne peut pas étudier le chant des oiseaux sur des modèles empaillés.

Mais qu’est-ce que l’éveil? <Être plus, c’est s’unir davantage>  ( Pierre Teilhard de Chardin)  L’éveil est une prise de conscience. Tout individu  conçoit le monde et la Vie à partir des notions et des enseignements de ses parents et de sa communauté. L’enfant n’a pas les outils et la capacité d’évaluer la véracité des valeurs et des principes qui lui sont imposés.Une fois à l’âge adulte, l’individu qui est encadré par l’establishment social et religieux , ne sentira pas le besoin de questionner les valeurs qui dominent sont environnement. Il vivra toute sa vie dans l’illusion et l’ignorance , en vivant dans les valeurs des autres. Vous n’avez qu’à penser aux enseignements religieux qui excluent les non-croyants, qui entretiennent le racisme et le mépris de l’autre qui n’est pas conforme aux valeurs de la communauté. Pour des  millions d’individus, cette attitude méprisante est dans l’ordre des choses et surtout imposée par la divinité; ce qui justifie tout, même l’injustifiable. La première étape dans l’éveil est de sentir intuitivement que nous sommes plus que ce qu’on veut nous faire croire. Sommes-nous seulement l’individu qui porte un nom et qui habite l’Univers ou y’a-t-il une relation entre l’humain et l’Univers? L’expérience spirituelle de l’Éveil peut se définir comme la fusion de la conscience individuelle à la Conscience cosmique. Devenir plus, étreinte l’Univers, devenir l’Univers. Dans la physique Quantique, cette perception n’a rien d’ésotérique mais décrit très bien la relation de l’individu avec l’Univers. Il est dit : « Le sage fusionne  cette énergie avec sa conscience . La conscience individuelle devient énergie cosmique ; et l’énergie cosmique devient la conscience individuelle L’humain est en harmonie, en total unité avec le système cosmique. Dans le Druidisme, l’individu  fait l’expérience de la totalité. On n’est plus dans la théorie académique mais on accède  au ressenti. Le ressenti est  ce qu’on appelle la Connaissance. Qui dit Connaissance dit inévitablement Ignorance. Comme deux diapasons, quand  la conscience de l’individu résonne à la même fréquence qu’à la Conscience Universelle, il n’y a pas deux sons, mais un seul où les diapasons perdent leur identité.Au moment de l’Éveil, il n’y a plus d’individu, l’égo  s’estompe ; il n’y a plus d’Univers, il n’y a plus d’individualité; il n’y a que le son! L’objectif du Druidisme est de dissoudre l’Ignorance. Ce qu’on appelle ignorance n’est pas l’absence de connaissance ou de notions académiques, mais le trop plein de notions et de prétendues vérités.  L’esprit de l’individu est comme une pièce remplie de détritus et de débris académiques, intellectuels et religieux et dans laquelle la lumière du soleil ne peut pas pénétrer. Le coeur de cette Ignorance est la perception de la Vie et de la Mort. L’existence de la Mort crée une angoisse qui trouble le quotidien. Les religions monothéistes ont tenté de libérer l’humain de cette souffrance en lui donnant une mythologie divine. Le Druidisme s’est attaqué au problème en poursuivant une démarche qui s’appuie sur l’intelligence, la lucidité et l’intuition.. Le Maître de sabre du 17e siécle ,Miyamoto Musashi  disait qu’il faut respecter  et honorer les dieux ( les kami) mais qu’on ne doit pas dépendre d’eux. Le programme du Druidisme est simple : le Bonheur  est ce qui perpétue la Vie et c’est le résultat d’un équilibre et d’un sentiment d’harmonie. Tant et aussi longtemps que la peur de la Mort habite l’individu l’équilibre est rompu et l’harmonie intérieure ne peut pas se positionner. La majorité des individus s’accommodent de l’anxiété morbide. Ils essaient de ne pas y penser ou ils compensent avec les théologies religieuses. Le sage est celui qui mets tout en œuvre pour résoudre cette énigme. Aucun enseignement ne peut apporter de réponse.Comme pour connaître  le vin ,son bouquet et ses qualités gustatives  et olfactives., il faut y goûter ! Tout le reste n’est que verbiage oiseux. Notre manière de percevoir est  à partir de points de références; Mort ou Vie, réalité ou illusion, l’Univers ou l’individu,etc. Nous vivons dans un Univers dualiste créé par la dualité de notre cerveau : hémisphère gauche et hémisphère droit. La vérité n’est pas dans l’un ou dans l’autre, mais au de-là des deux extrêmes. Harmoniser les opposés et retrouver un équilibre. Voilà le terme la démarche du Druidisme. Cette vérité n’est pas  par un processus de logique ou d’analyse. Le Triban,  /I\ symbolise  les trois phases de l’Éveil. Perception vulgaire, ordinaire,  puis l’instant de la fusion totale et de la perte d’identification individuelle et finalement le regard  renouvelé par l’expérience de fusion. Cette prise de conscience  intuitive surgit de l’hémisphère droit dans une action spontanée. Finalement, quand cet instant éclatant s’atténue l’individu revient  à un état  « normal ». L’individu constate que sa perception  a  changé, les  oeillières sont tombées et le regard embrasse une plus grande perspective de la Vie et de  la Conscience.  La conscience qui a goûté  au bien être de la Lumière ne peut plus se réfugier dans l’obscurité. Genistos  2013

 

La communauté des druides du Québec dans page d'acceuil images-1             

Druidisme:     relation de l’humain et de  l’Univers    Nous  ne pouvons exister hors de l’Univers. Le père Teilhard de Chardin  positionne ainsi l’humain : « L’Homme ne saurait se voir complètement en dehors de l’Humanité ; ni l’Humanité en dehors de la Vie, ni la Vie en dehors de l’Univers. »  L’Univers ne peut pas être réduit à de la matière. À partir du Big Bang, la matière a suivi un cheminement qui la rendait de plus en plus complexe. Les particules se regroupaient pour former des éléments, les éléments pour former des structures, des structures définissaient les nouvelles formes,etc. Ce regroupement alla jusqu’à ce que la matière ait atteint une telle complexité qu’elle devait  s’ouvrir à un autre stage de l’évolution. Poursuivant son évolution, la matière monopolisa toute sa complexité et engendra la Vie. Cette vie se manifesta en premier dans les monos cellulaires et sur des millions d’années se complexifia au point d’en arriver à une forme de vie hautement raffinée, les primates. Déjà dans ces créatures la Vie  n’est plus qu’une action programmées mais  elle témoigne d’une certaine indépendance d’activités , d’individualisation , se manifeste et imprègne dans  la mémoire l’expérience de vie. Puis , un nouvel animal, fit l’expérience de l’existence : l’humain.  Cette nouvelle espèce animale allait pousser la Vie à un autre niveau, celui de la créativité, de l’imaginaire et de la conscience de soi. Le vivant devenait conscience. La conscience devint humaine. Mais toute cette trame de complexification est traversée par une constante énergie qui retient et vitalise chacune de ces particules. Cette trame se déroule premièrement dans l’Univers, puis elle crée  une trame similaire qui favorise le même développement au niveau de la Géosphère, de la Biosphère et de la Noosphère. La conscience humaine est en somme un reflet de la Conscience Cosmique. Nous pouvons dire que l’humain et toutes les autres formes intelligentes dans l’Univers sont des miroirs de l’Univers. L’Univers pousse plus avant sa Conscientisation à travers l’activité des intelligences qui peuples l’Univers. L’Univers prend conscience de lui même par le truchement des consciences individuelles, et les consciences individuelles prennent conscience de leur globalité en se fusionnant à la Conscience Cosmique. La véritable démarche spirituelle n ‘est autre chose que l’Éveil de la conscience individuelle à sa véritable nature. Cette nature est habituellement défigurée par l’idée que l’individu est une créature dépendante d’un divin, qu’elle  est incapable de survivre par elle-même et qu’elle est une quantité négligeable et dérisoire dans un univers infini. Les religions ont entretenu ce mythe afin de maintenir les nations sous leur joug. Le Druidisme, s’appuyant sur les dernières connaissances scientifiques,  reformule le rôle de l’humain dans cet Univers. L’humain n’est pas au-dessus des autres formes de vie, il est parmi ces formes et en tant qu’être conscient de son privilège  de sapience, il doit exercer ses responsabilités de protecteur du Grand Jardin qu’est la  Terre. L’humain ainsi que toutes les formes vivantes et matérielles sont des fibres du Tissus cosmique. Notre vision  archaïque de l’humain dominant et privilégié des dieux, nous a conduit directement dans la fosse où s’agite actuellement l’humanité et qui sera notre nécropole, si nous ne prenons pas conscience de notre ignorance et notre arrogance  démesurée. Spiritualité  Au cours des siècles nous avons totalement dénaturé le mot « spiritualité ». Les religions monothéistes en particulier se sont servies grassement dans le buffet de la spiritualité. Soyons clairs sur le sujet; il n’y a pas de spiritualité dans les systèmes religieux. Spiritualité et système sont des antagonistes. Les religions sont des systèmes. Ces systèmes utilisent des textes que l’on dit inspirés. On y impose des dogmes dont la compréhension défit les bases de  la logique et on appelle « spiritualité »  la démarche qui tente d’imposer une vision dont les objectifs est de s’assurer la soumission  des adeptes et leur adhésion totale. Afin de renforcer la diffusion de cette doctrine, les leaders ont recours à des rituels . Ici les rites ont pour fonction de  percuter l’imagination du fidèle, d’encrer dans l’inconscient, à la manière du chien de Pavlov le message que ce groupe possède la Vérité et que de s’en éloigner attire sur soi toutes les malédictions divines. Cette portion de l’endoctrinement est efficace à deux périodes; chez l’enfant où l’esprit est incapable de faire la part des choses et remettre en question les concepts qu’on lui impose et souvent quand l’individu  est dans une phase très vulnérable, que tout dérape dans sa vie ou qu’il  est en période de désintoxication de drogue ou d’alcool. Ici l’individu laisse une béquille pour une autre. L’histoire des religions montre clairement que la soumission des peuples et des nations passe par trois étapes : créer un mythe afin de forcer la cohésion de tribus disparates, imposer  une fiction sous le couvert  d’une révélation et encadrer les comportements des groupes sociaux par des règles strictes, réductrices et qui exigent un complet abandon et une totale soumission. À cela s’ajoute les rétributions et les châtiments corporels, pouvant aller jusqu’au meurtre. L’histoire des religions est exemplaire à ce chapitre. Ceci dit, on doit souligner que ces systèmes artificiels ont donné certains grands personnages dans l’histoire. Ce résultat n’est pas dû au système de valeurs et de croyances, mais à une démarche personnelle du personnage. Tous et toutes furent des marginaux dans leur communauté. Certains furent persécutés et mêmes brûlé par leur propre autorité religieuse. Encore aujourd’hui, les prêtres, les imans ou les rabbins qui  dénoncent les abus de leur système religieux sont persécutés et intimidés par l’establishment religieux. Alors qu’est-ce la spiritualité? La Vie est spiritualité.  Le spirituel est l’état originel et primordial de la conscience humaine. On ne pratique pas la spiritualité, on ne développe pas sa spiritualité et  on ne devient pas spirituel. La spiritualité, esprit, spiritus, est un état , non une acquisition. La connaissance véritable, la Vidya ou Ouidia en  druidisme, est au cœur de notre conscience, comme l’électron est au cœur de la matière. Or cette connaissance est ensevelie sous un ramassis de détritus accumulé par notre éducation académique, sociale et religieuse. Nous vivons dans l’ obscurité alors que sur le sol, sous  cet amoncellement de faussetés ,la lumière brille de tous ses éclats. Avant, les années 60, au Québec,   la « spiritualité » était associée aux pratiques religieuses de l’époque. Le catholicisme dominait la scène et le clergé était omni présent. Puis vint une bourrasque qui balaya  le religieux et laissa un vide. Dans les années 70, la nouvelle génération  découvrit avec le reste du monde les traditions asiatiques, orientales et le mouvement Nouvel-Âge  issu des communautés hippies. Le New Age (ou nouvel-âge) est un courant spirituel occidental des XXe siècle et XXIe siècle, caractérisé par une approche individuelle et éclectique de la « spiritualité ». Défini par certains sociologues comme un « bricolage » syncrétique de pratiques et de croyances, ce courant sert de catégorie pour un ensemble hétéroclite d’auteurs indépendants et de mouvements dont la vocation commune est de transformer les individus par l’éveil spirituel et par voie de conséquence changer l’humanité.  Ceci dit, le mouvement s’est transformé en  une sorte de marché des cristaux, de poudres magiques, de bling-bling de symboles de toutes sortes et de métissage de paganisme de surface et de monothéiste décadent. On remarque que les adeptes pratiquent une démarche naïve et parfumée d’encens. La spiritualité authentique  nous est rappelée par cette phrase : « Nous nous déplaçons dans l’obscurité,  une chandelle à la main, alors que le soleil, à nos pieds explose de tous ses feux. » Tout dans l’Univers est spirituel. De l’Énergie universelle des cordes quantiques,  au regroupement de plus en plus complexe des particules, aux  formes  vivantes, aux systèmes solaires jusqu’aux galaxies, une spiritualité que seule peux ressentir l’humain émane de ce grand Tout. Le Tissus cosmique est à la fois matière et Vie, Vie et Conscience. Notre conscience, au moment où elle désintègre  le tas de détritus encombrants, libère la place et  le  spirituel, la lumière de la connaissance intuitive, la prise de conscience de la réalité se manifeste, nous réalisons notre véritable nature.  Il est dit : «  la conscience  sommeille dans la pierre, s’active dans la plante, rêve dans l’animal et s’éveille dans l’Humain. » L’instant de l’éveil, nous révèle notre état  d’osmose avec l’Univers. La spiritualité  nécessite que l’individu livre un combat  avec toute son intelligence s’il veut  se libérer de sa prison.  La première condition est de s’affirmer. L’acte de se soumettre à une divinité est dévitalisant pour la conscience et rien de bon ne peut sortir de cet état de torpeur et de dépendance. Il est aussi ridicule de parler de spiritualité dans les religions que d’étudier le chant des oiseaux sur des modèles empaillés. Le Druidisme du 21e siècle s’est épuré d’une certaine façon. Dans sa forme primitive d’il y a 2000 ans , il ne correspondrait plus aux préoccupations de l’homme moderne. Mis à part qu’il serait une fascinante curiosité archéologique, il serait lourdement hypothéqué  par son manque de modernisme.  En tant qu’institution,  nous avons conservé les éléments intemporels et un héritage culturel  du passé . Dans le Druidisme moderne, la préoccupation de la relation de l’humain avec son environnement et la Nature redevient un sujet de réflexion et d’hygiène morale. Le druidisme insiste sur  la nécessité de rétablir un contact et une harmonie avec les forces de la vie, avec la Nature. Durant l’antiquité, le druide était avant tout un savant, un philosophe, un chercheur de vérité. Aujourd’hui, cette poursuite  occupe toute la place. La vérité ,dans le quotidien est en mouvement perpétuelle. Le sage sait qu’il faut toujours tout remettre en question, toujours questionner ses convictions. La Vérité comme l’Univers est en perpétuel changement. Le monde fixe d’Aristote et des religions est une hérésie. La Sagesse doit être vivante, surtout pas  être emprisonnée dans des textes poussiéreux. Finalement , disons que le druide n’impose rien, ne prétend pas posséder la Vérité, mais il  questionne, il questionne et écoute les réponses de son intuition. A titre de leader, il  est le gardien du Grand Jardin. Géosphère :

  • Partie minérale, non vivante, de la Terre, qui sert de support à l’ensemble des êtres vivants. (Elle comprend l’atmosphère, l’hydrosphère et la partie externe de la lithosphère.)

Biosphère :

  • Système planétaire incluant l’ensemble des organismes vivants

et des milieux où  ils vivent. Noosphère : * Pierre Teilhard de Chardin dans Le Phénomène humain7, C’est la représentation d’une couche de faible épaisseur entourant la Terre (qu’on comparerait presque aujourd’hui à un biofilm) qui matérialiserait à la fois toutes les consciences de l’humanité et toute la capacité de cette dernière à penser. Genistos 2012

 

 

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 Hémisphère gauche

Hémisphère droit

Pour débuter, je vous invite à lire le livre du Dre Jill Bolte  Taylor . Dre. J.B.Taylor  est une neuroanatomistede l’Université de  Havard.dans son  livre « Voyage au-delà de mon cerveau » elle raconte les événements où elle fut victime d’un AVC—accident vasculaire cérébral– dans l’hémisphère gauche et comment elle a expérimenté l’hémisphère droit. Comprenez  que ce n’est pas un exposé scientifique sur les théories neurologiques  qui font frémir de plaisir les académiciens, mais une académicienne en neurologie qui décrit son expérience : la perte de l’hémisphère gauche et les conclusions de vie qu’elle en a tirées.                                                                                                                                                                                                              Ceci dit, les septiques intégristes sont priés d’aller vomir ailleurs. Il faut comprendre qu’en général nous n’avons pas accès directement à notre Hémisphère Droit (HD). Son accès doit se faire d’une manière  indirect : visualiser des symboles, des images, associer des symboles ou des images à une action volontaire ou en utilisant  des moyens virtuels. Les méthodes de méditation et de relaxation accordent une très grande place   aux  techniques qui permettent  à l’Hémisphère droit de se manifester consciemment sous forme d’intuitions. La démarche vise à « fermer la gueule »  à l’hémisphère gauche qui crie à tue-tête et écrase la petite voix de l’intuition. Dans le « silence » l’hémisphère droit est à l’écoute de l’environnement et de  l’Univers. Screen-shot-2010-10-16-at-6.06.27-AM     Dans un exposé médiatisé en vidéo, Dre. Jill Bolte Taylor  présente le sujet de l’asymétrie cérébrale.Elle affirme que les deux hémisphères cérébraux sont complètement séparés physiquement (mais reliés par un pont, le corps calleux), et qu’ils traitent différents sujets de différentes manières, de sorte qu’ils auraient des « personnalités » distinctes : http://www.dailymotion.com/video/x8agq2_jill-bolte-taylor-sous-titre-franca_tech

  • Le « cerveau droit » fonctionnerait comme un processeur parallèle (qui traite toutes les informations simultanément), fonctionnant dans l’« ici et maintenant ». Il transposerait en images (voir aussi pensée visuelle), et apprendrait « par kinesthésie » à travers les mouvements du corps. Il gérerait et associerait dans l’instant le ressenti global des sens : bruits, odeurs, images, état du corps dans l’espace, etc.

Fonctions de l’hémisphère droit:

  • Féminin
  • Intuition
  • Inconscient
  • Esprit de synthèse
  • Créativité
  • utilise les émotions
  • Les énergies  activées par les énergies
  • orienté vers le tableau général
  • l’imagination a préséance
  • symboles et images
  • le moment présent
  • philosophie et religion
  • spontanéité
  • Ici et maintenant
  • croit
  • connaît la fonction des objets
  • impétueux
  • goût du risque
  • Ressenti des sens

 

  • Le « cerveau gauche » fonctionnerait comme un processeur série (qui traite les informations de manière séquentielle). Il penserait de façon linéaire et comparative, notamment dans le temps. Il serait destiné à extraire les détails du moment présent pour les catégoriser et les organiser, les comparer aux événements passés afin de projeter les possibilités futures (voir aussi abstraction). Il transposerait en langage et gérerait la séparation et la distinction des choses. Il serait à l’origine du ressenti d’être ce que l’on est, distinct des autres, ce qui selon elle est le plus important de ce qu’elle a perdu au moment de son AVC (qui touchait la partie gauche du cerveau).

Fonctions de l’hémisphère gauche:

  • Masculin
  • utilise la logique
  • Conscient
  • mémorisation
  • orienté vers les details
  • esprit d’analyse
  • esprit qui a tendance à structurer
  • le temps est linéaire
  • les faits ont préséance
  • mots et langages
  • présent et passé
  • mathématiques et sciences
  • sait
  • connaît le nom des objets
  • basé sur les réalités
  • pratique
  • sécurité

Le concept de HG et HD ne se présente pas comme une vérité scientifique absolue. Il semblerait que cette vision donne des vers solitaires aux académiciens intégristes.  Selon ces Imans, ce qui n’est pas dans les textes sacrés de la science n’a pas le droit de citer. Le vécu n’est d’aucun intérêt! Ce  concept  n’est qu’un outil  facilitant la compréhension  des mécanismes du ressenti et de la  connaissance intellectuelle.. C’est comme déguster du vin : je peux prendre quelques gouttes de vin, les déposer dans un appareil qui analysera le précieux liquide et qui imprimera une longue liste de molécules et de substances chimiques. Ici la science sera bien servi. Or « On n’a pas d’avis tant qu’on n’a pas goûté » Max Léglise.  L’essentiel du vin, se révèle au moment où le nectar entre dans la bouche. A ce moment-là , seulement, vous faites connaissance avec les odeurs, les arômes et les sensations gustatives. N’en déplaise aux intégristes septiques, il y a des dimensions de la vie qui échappent aux éprouvettes et aux instruments de laboratoire.C’est très bien ainsi et c’est ce qui donne une saveur à la Vie. Oh,pardon! C’est vrai….. ( : «  Illogique, la vie n’a pas de saveur! ( Spock) Je n’ai pas besoin de connaître la composition des éléments qui forment la construction d’un instrument de musique.La raison d’être d’une guitare est de résonner sous les doigts de l’artiste et de transmettre des émotions. L’essentiel n’est pas dans la fabrication de l’instrument mais  la sensation, le rythme et la sensibilité  qui guident le toucher de l’artiste. Un acteur sur la scène est un mélange des deux activités des hémisphères. Il prend possession de son rôle en étudiant l’histoire et le comportement du personnage.  Tout ce qui est mémorisation du texte, relève de HG. Si le comédien est un véritable  acteur, il  va créer son personnage . Plus l’égo du comédien a tendance à s’évanouir, plus le personnage prend forme, plus le personnage créé est crédible. On est dans un HD. Quand le personnage prend  vie et qu’un courant d’énergie  circule entre les  comédiens et les spectateurs on est  aussi  dans HD. Si je regarde un tableau de Vincent Van Gogh, je peux analyser la technique de l’artiste et  tout connaître sur l’histoire du tableau, mais si je me contente d’un regard logique et rationnel, je viens de passer complètement à côté de la dimension humaine de l’oeuvre.  Pour apprécier l’oeuvre, on doit contempler, s’imprégner et ressentir. On doit laisser l’hémisphère droit faire son travail.                        Finalement,  si vous assistez à un concert de musique  classique, pour bien profiter  de cette période vous devez décrocher votre gros cerveau gauche et devenir réceptif  (HD) aux vibrations émises par les musiciens . Si vous ne comprenez pas ces simples exemples alors retourner faire la conversation avec votre ordinateur! Quand on aborde la spiritualité nous  centrons l’expérience spirituelle sur Hémisphère droit. Dans le Zen, l’expérience du « satori »  relève de HD. Les techniques et les méthodes d’entraînement  visent à favoriser une prise de conscience qui est déclenchée dans HD. Saisir la réalité dans  le moment présent, sans le processus analytique. Si je marche sur la rue, et que j’ai l’impression d’être suivi par un individu, ce sentiment ou ce ressenti est  déclenché dans HD. Il en va de même quand je dois imaginer ou visualiser une scène,une situation ou un rituel Pour comprendre et juger de la pertinence  de la célébration de rituels de magie ou religieux, il faut tenir compte des rôles des hémisphères, droit et gauche, et des mécanismes qui s’activent  lors du déroulement des célébrations. ****Attention.      Certains éléments de cet article furent empruntés à: http://fr.wikipedia.org/wiki/Jill_Bolte_Taylor Awentia     brigit111-240x300

Déesse Bélisama    » Tout homme qui  méprise  les femmes, de ce fait rejette  sa mère, ses soeurs et ses filles. Un tel homme n’est pas digne de partager cette vie avec  d’autres hommes. Même le chien respecte et protège sa femelle! »

Genistos enorus@gmail.com

 

La fondation  de «  La Communauté des Druides du Québec »   Un appel solennel   La Communauté des Druides du Québec a été fondée par un appel public solennel lors de la célébration de Belotepnia (01/05) :le Feu de la Fertilité en mai 2002, organisé par la Communauté païenne de Montréal au Parc Maisonneuve de Montréal, appel prenant effet l’année suivante. En effet, l’union de trois forces vives, réunissant Boutios, un druidisant de plus de 30 ans d’expérience, Genistos et Iuos, a permis de concrétiser cet appel, lors de la célébration du solstice d’été 2003, fondant ainsi ladite Communauté. Notre calendrier sacré est à l’image de la Grande Roue Cosmique, à savoir 8 cérémonies de nature solaire et lunaire sous l’œil du Soleil, selon l’adage druidique : La Vérité à la face du Monde! Reprenant ainsi sur une base annuelle, la Grande Roue des cycles de la Vie. Les membres de notre Communauté entretiennent des liens fraternels avec  plusieurs associations celto-druidiques du Québec et de l’étranger. Le 11 novembre 2004,  La Communauté des Druides du Québec, obtenait un status officiel du Gouvernement du Québec, à titre d’ordre religieux de tradition païenne, avec privilège de célébrer les baptêmes, les mariages et les funérailles de ses membres.  Selon  le Régime constitutif sur la Loi sur les corporations religieuses et le Régime courant,  Loi sur les corporations religieuses ,La Communauté des Druides du Québec et l’Ordre des Druides du Québec furent la première entité religieuse païenne reconnue officiellement en Occident par un gouvernement démocratique.  

https://www.registreentreprises.gouv.qc.ca/RQAnonymeGR/GR/GR03/GR03A2_19A_PIU_RechEnt_PC/PageEtatRens.aspx?T1.JetonStatic=0b6bb2cc-ba9d-4459-a7ea-209ce6c5377f&T1.CodeService=S00436

Nos racines Celtiques La plupart des québécois  ignorent  tout de leurs racines celtiques  et de la mystique qui les relie  à  l’Univers et  à  la Nature. En effet, le druidisme appartient à la tradition Indo-Européenne, basée sur la Tripartition de la société civile. Elle provient de l’enseignement des Sages du Septentrion, ultime sagesse appelée Dru Uidia. Cette démarche spirituelle, plusieurs fois millénaire définissait l’âme et la culture de nos ancêtres. Puis vinrent les bandes prosélytes de la  chrétienté romaine et avec elles les persécutions. Mais voici que le temps a démontré que l’on ne pouvait pas greffer une religion  étrangère  sur l’âme d’un Celte.  Tôt ou tard il la rejette. Des centaines de milliers de nos ancêtres Gaulois et Bretons sont morts dans la torture et les feux des bûchers  parce qu’ils  refusaient de vendre leur âme à des mythologies importées du Moyen Orient. Depuis une centaine d’année nous assistons à un retour en force de notre culture celtique et des valeurs spirituelles  qui nous sont propres. Les anciens druides ont disparu mais la tradition a continuées sa marche à travers les siècles, par le biais de la culture et des traditions orales, les coutumes ancestrales, les traditions familiales, des écrits reproduits par les clercs, les pratiques ésotériques, la maçonnerie, les arts et la musique celtique.

Participer en toute égalité

Pour découvrir votre âme véritable, votre spiritualité et la démarche qui  vous convient, communiquez avec nous, venez  participer à nos cérémonies celtiques qui se déroulent en pleine nature. Venez célébrer les forces divines, cosmiques et telluriques que chantaient et priaient nos ancêtres. Nos ancêtres véhiculaient une religion cosmique de l’environnement sacré. Chez nous, contrairement  aux  religions du désert, les femmes  participent  en toute égalité à la vie et aux rites religieux de  la Communauté. La femme est reconnue l’égale de l’homme et de ce fait peut officier aux différentes cérémonies en tant que Druidesse. Nos cercles de rencontres sont une occasion unique de célébrer le vivre ensemble. Il s’agit d’un lieu de formation personnel et de développement du Soi véritable. La tradition primordiale druidique est aux antipodes de l’individualisme, du sectarisme et du dogmatisme. Par la recherche de la Transcendance et de l’Immanence, elle favorise la fraternité et l’entraide mutuelle.

Aimer, créer et apprendre

Les membres de notre Nemeton souscrivent à l’adage druidique suivant :              Fais le bien et pratique l’honneur, la vérité et le courage ! Notre méthode, outre l’observation et la participation aux cérémonies, consiste en des lectures dirigées, du tutorat, de la recherche personnelle, des travaux, des ateliers et séminaires, une ascèse personnelle, (yoga, méditation et arts martiaux celtiques) et une alimentation équilibrée, de préférence végétarienne. Pour participer, aucune expérience ou connaissance requise en matière de celto-druidisme, seul compte l’élan du cœur et le désir sincère de partager et d’approfondir cette expérience spirituelle en lien avec les forces divines de la Nature. La Communauté est sans but lucratif; il n’y a pas de frais annuels, seulement des frais à la carte servant à défrayer les coûts des activités.à La Communauté des Druides du Québec ne fait pas de recrutement . Notre Mission est de faire découvrir les racines celtiques à notre peuple. Nous célébrons les rites celtiques afin de faire découvrir  les liens entre l’humain et l’Univers. Pour le reste l’individu doit faire lui même sa quête. Il n’y a pas de Vérité à conquérir seulement une Voie à découvrir. ( Genistos) Bienvenue à notre Nemeton. Pour communiquer avec nous : Communauté des druides du Québec

 

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